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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°43) Beaumarchais : « le Mariage de Figaro » et le droit des femmes.

Publié le par Eric Bertrand

Les occasions de « balancer son porc » sont nombreuses dans notre société moderne où les groins et les mufles finissent toujours par déchirer le masque. Elles l’étaient aussi sous l’ancien régime et la littérature nous en donne quelques fameux exemples. Le sinistre comte Almaviva, maître de Figaro, s’impose comme tel dès la première scène du Mariage de Figaro puisqu’il entend abuser de son droit de cuissage sur la future de son valet qu’il trouve bien à son goût.

À cette époque de monarchie absolue, l’usage paraît tout à fait normal, et Figaro, fouetté de jalousie, se sent prêt à partir en croisade contre ce genre de privilèges. Ainsi, la bataille privée qu’il mène contre plus puissant que lui est aussi une bataille politique dans cette pièce écrite à la veille de la Révolution. Le théâtre est devenu tribune et le spectateur comprend très vite que le domestique domine largement celui qui « s’est donné la peine de naître ».

Théâtre. Droits des femmes

Théâtre. Droits des femmes

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Signatures à Loudéac et article dans le Courrier indépendant

Publié le par Eric Bertrand

Merci à Angélique Goyet du Courrier Indépendant.

Signatures à Loudéac et article dans le Courrier indépendant

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°42) Evguéni Zamiatine : « Nous »

Publié le par Eric Bertrand

Comment résister à un « bonheur arithmétique », formule magique qui ouvre sur un bonheur total, confortable et collectif ? Tout n’est qu’affaire de renonciation et de résignation. Dans la société futuriste imaginée par Evguéni Zamiatine, prédécesseur d’Orwell et de Huxley, l’individu est devenu un « numéro » et il s’en remet entièrement à la politique du « Bienfaiteur » qui se charge de tout et qui promet, derrière les parois de verre d’une civilisation parfaitement policée, un ciel toujours bleu, sans nuages, sans « vermine », sans angoisse. Cette conception du pouvoir politique passe aussi par la volonté impérialiste de coloniser un maximum de planètes au sein du cosmos… Le Bienfaiteur a confié la mission au héros de l’histoire, responsable du vaisseau « l’Intégrale » et narrateur d’un journal de bord.

Mais « le conquistador » est-il à ce point écrasé par le système et ne subsiste-t-il pas en lui un ferment de résistance ? Sous « la meule » du Pouvoir et de la Raison, qu’est-il advenu de l’énergie individuelle, des forces de l’imagination, des instincts du corps et des élans de l’âme ? La réalité dans cette société, c’est qu’il vaut mieux comme le confie le narrateur : « Oublier que l’on pèse un gramme et se sentir comme un millionième de tonne »…

Pour optimiser les résultats et obtenir leur part de confort et « d’extase », tous les membres du corps social doivent en effet se synchroniser dans la collectivité, obéir aux mêmes normes, au même rythme journalier, au même agenda. Sans quoi, ils risquent d’être « désintégrés » pour délit d’hérésie. À la fin du processus, tous sont attachés « au piquet » et vénèrent le « Bienfaiteur tout de blanc vêtu, qui les tient pieds et poings liés dans les rets sages et bienfaisants du bonheur ».

« En lisant, en écrivant »… (Dosette de lecture n°42) Evguéni Zamiatine : « Nous »

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette n°41) Olivier Rolin : « Vider les lieux »

Publié le par Eric Bertrand

Comment quitter un lieu où on a vécu longtemps, très longtemps ? Bref comment « déménager » et plus violemment « vider les lieux » puisque c’est la situation dans laquelle se trouve l’auteur Olivier Rolin quand on lui demande de partir de son appartement parisien en pleine crise sanitaire.

L’écrivain voyageur qui a laissé une grande partie de sa vie dans cette habitation de la rue de l’Odéon se retrouve confronté à tous ces objets qu’il avait accumulés et dont la plupart ont un sens intime, à tous ces livres ramenés de son « extérieur monde », à ces pages qu’il a feuilletées ou dévorées dans les trains, les bateaux, les avions, les hôtels. « Hantés » sous les plissures du Souvenir, tous se mettent à rechigner, à s’accrocher, à résister…

Avec le lecteur, dans ce livre expérimental, l’auteur plonge dans le passé, palme parmi les rangées de livres corail, les bulles d’information, flux et reflux. La métaphore marine est chère à l’enfant de St Nazaire et de Penhoët, tout autant que cette lame de fond de références littéraires qui remontent toujours sous son écriture tandis qu’un Présent kafkaïen cogne à la porte et le somme de déguerpir en plein confinement.

Et voilà que le vieil appartement s’indigne, le retient, le rappelle : debout, guidant le peuple et l’écrivain depuis avant 89, il a lui-même accumulé la poussière du Temps et il grince, et il tremble et il secoue sa bannière.

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette n°41) Olivier Rolin : « Vider les lieux »

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« En lisant, en écrivant »… (Dosette n°40) Ma bibliothèque sent le soufre

Publié le par Eric Bertrand

En parcourant les rayons de ma bibliothèque, je m’aperçois qu’y figurent en bonne place des ouvrages suspects, calamiteux, ignobles, discriminatoires… Pêle-mêle ce tas d’escrocs et de mauvais citoyens, Cendrars, Céline, Verlaine ; ces gens qu’on traîne en procès, Baudelaire, Flaubert, Oscar Wilde, Lewis Caroll ; ces dépravés, Rimbaud, Nabokov, Gainsbourg ; ces bannis, Hugo, Dostoïevki, René Frégni ; « ces fous, ces marginaux, ces rebelles, ces clochards célestes », qui ont « la démence de vivre » et l’indécence des mots, Kérouac, London, Villon ; ces grossiers personnages, ces mal polis qui lancent des « pleines bouches de mots crus », Brassens, Rabelais, Rutebeuf ; ces dévergondés, ces débraillés, qui sortent les poumons gonflés, la casquette de travers, qui ont « la tendresse des loups » et qui se cachent dans les fossés et « les chemins noirs ». 

Puisque cela semble devenir une mode, vais-je à mon tour les corriger, les bannir, les envoyer au bûcher ou les jeter au feu ? Vais-je moi-même, à l’exercice, stériliser ma plume et lui mettre un préservatif dans le bouchon ? L’autoriser seulement à glisser sur du papier glacé et lui interdire de griffer, de cogner les mots et de se les tatouer sous le poil ? Vais-je aligner les lignes plutôt que de les tordre ? Siffloter les syllabes et ne plus les gueuler ? Délaver la couleur de l’encre ? Passer du rouge vif au rose bonbon et du noir foncé au gris clair ? Et consentir à tremper le langage dans la bouilloire et le bain marie ?

 

« En lisant, en écrivant »… (Dosette n°40) Ma bibliothèque sent le soufre

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