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Michel Tournier : Vendredi ou les Limbes du Pacifique (Dosette de lecture n°66)

Publié le par Eric Bertrand

          Comment l’homme nu est-il armé pour affronter seul la nature et la solitude ? En s’inspirant de l’aventure vécue par le marin écossais Alexander Selkirk au XVIII° siècle, l’écrivain Daniel Defoe avait répondu à cette question en évoquant le modèle à ses yeux absolu de l’homme occidental, civilisé et capable de tirer profit de l’île déserte.

          Mais, quand Michel Tournier, fidèle élève de l’ethnologue Claude Lévi Strauss, décide de reprendre le récit à sa façon, c’est avec une distance critique et un regard neuf. Tout pétri de civilisation, son Robinson n’en reste pas moins un homme nu face à sa condition, nu et démuni face à cette nature dont, à l’instar de n’importe lequel de ses concitoyens, il s’est éloigné. A moins qu’un « sauvage » ne vienne lui mettre sous les yeux des beautés et des évidences qu’il n’avait jamais observées…

 

Michel Tournier : Vendredi ou les Limbes du Pacifique (Dosette de lecture n°66)

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Camus : La Peste (Dosette de lecture n°65)

Publié le par Eric Bertrand

         Comment, en tant qu’individu membre d’une collectivité, réagir au sein de la cité lorsque cette dernière est confrontée à une menace réelle ? Qu’elle soit de nature épidémique comme la peste qui envahit la ville d’Oran ou idéologique comme la pensée du nazisme qui sous-tend cette œuvre écrite en 1947 par Camus, il faut s’impliquer, dans un sens ou dans un autre.

             Camus se positionne à la fois comme un chroniqueur (le docteur Rieux engagé dans la lutte contre la peste aux côtés de quelques autres) et comme un philosophe, analyste de la condition humaine... Chemin faisant, à bord du vaisseau infesté, il ne cesse de s’interroger sur la grandeur et la petitesse de l’homme soumis à ces conditions extrêmes.

             Car en effet, dans cette ville qui « ressemble à une salle d’attente », lorsque la mort borne tout l’horizon, elle établit une sorte de frontière, de quarantaine, et elle conduit l’écrivain (et le lecteur) à s’interroger sur sa propre fin.

Camus : La Peste (Dosette de lecture n°65)

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Émile Zola : La Mort d’Olivier Bécaille : (Dosette de lecture n°64)

Publié le par Eric Bertrand

         Que se passe-t-il dans l’environnement immédiat d’Olivier Bécaille au moment précis où la mort le frappe ? Comment la lumière parvient-elle encore à filtrer derrière ses paupières ? Comment les oiseaux persistent-ils dans leur chant ? Quelle orientation les voix prennent-elles et quels visages découvrent ceux qui le connaissaient ?

C’est la question que pose Zola dans cette nouvelle qui n’a rien de surnaturel. En effet, le cas de catalepsie qu’il rapporte est bien d’une nature sinistrement réaliste. Pour reprendre cette formule d’un personnage de Molière : « N’y a-t-il pas grand danger à contrefaire le mort ? »

 

Émile Zola : La Mort d’Olivier Bécaille : (Dosette de lecture n°64)

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Neal Cassady : Première jeunesse : (Dosette de lecture n°63)

Publié le par Eric Bertrand

          Quel est le lecteur qui, comme le narrateur de Sur la route, n’a pas été tenté de suivre ce « gars de l’Ouest, de la race solaire » ?             

         Ce Dean Moriarty est la figure romanesque de l’écrivain vagabond Neal Cassady qui raconte ses premières années à Denver, son apprentissage de la vie et de l’Amérique des années 30, aux côtés d’un père faible et alcoolique.

 

Neal Cassady : Première jeunesse : (Dosette de lecture n°63)

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Olivier Rolin : Port-Soudan : (Dosette de lecture n°62)

Publié le par Eric Bertrand

         Pourquoi revenir en arrière quand on a tout quitté ? On s’est coupé du monde, on a largué les amarres et on s’est éloigné de ses proches, de ses amis et de tout ce qui constituait le passé personnel… C’est en tout cas ce choix-là qu’a fait le narrateur de Port-Soudan qui ressemble beaucoup à l’auteur, l’écrivain voyageur Olivier Rolin, ancien activiste de gauche en mai 68… Dans un livre postérieur à celui-ci, cinglant et savoureux, il racontera d’ailleurs l’épopée dérisoire des « tigres en papier » dont il faisait partie.

          Au cœur de ce Port-Soudan qui fait tristement l’actualité depuis quelques semaines, on le retrouve désabusé, et il suffit de la nouvelle de la mort d’un « ancien de la Cause » pour que ce passé ré émerge, emmenant avec lui un cortège de silhouettes, de rêves brisés et de drames. Son ami ne lui a laissé qu’un début de lettre, mais ce support vibrant suffit à déclencher en lui le processus et le brouillage de l’écriture contre le Temps qui a roulé sous les pavés la plage…

Olivier Rolin : Port-Soudan : (Dosette de lecture n°62)

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