"Gloomy Sunday" pour Jane Birkin...
Elle vient nous dire qu'elle s'en va et nos sanglots longs n'y pourront rien changer... Tombée des nuées, elle a toujours eu cette voix de Baby alone et d'ex fan des sixties. Derrière le fantôme de Lolita, elle se balançait dans son rocking-chair. Puis, dans sa Babylone à elle, effleurant les pylônes, elle était la Vénus d'argent du radiateur et de la radio. Sous le saphir de sa voix et la pudeur des sentiments, sillonnaient les lignes courbes d’une petite baby doll qui nous parlait de ces années folles. Elle a rejoint Serge un Sunday, comme un ardent espoir. Lui aussi a déjà trop souffert. Il lui dira qu’il l’aimait plus que sa vie.
La dernière nouvelle de Milan Kundera
Il aurait raconté, juste pour rire, l'histoire d'un vieil écrivain qui se fait passer pour mort et qui ne parvient pas à échapper à sa plaisanterie. Le personnage ouvre aux journaux les pages de sa vie intime, extrait de ses tiroirs des clichés enfouis, rit du visage éclatant, du fard et des oripeaux de ses maîtresses, abat les cartes de ses engagements politiques, tape le carton avec Dieu.
Et pendant tout le temps de la mascarade, il fume un gros cigare en regardant le ciel où s'allument des étoiles.
La vie comme réservoir à la fin du « Guépard » : dosette de lecture n°75
L’une des beautés du roman de Lampedusa, c’est la méditation sur la condition humaine et sur la figure courageuse de son héros, le prince Salina, qui assimile la vie humaine à un « réservoir » s’épuisant lentement ... Un long passage situé à la fin de l’histoire développe subtilement la métaphore du réservoir et fait mieux appréhender au lecteur ce qu’il y a d’impalpable en l’homme comme les idées, les émotions, les sentiments…
La vie s’échappe du corps du vieil aristocrate en « vapeur au-dessus d’un étang », elle est une vapeur, une « nappe » formée, grossie, roulée au fil des années. Le roman s’achève, après « bruit et fureur », et le prince se meurt dans la chambre d’un hôtel de Palerme qui a vue sur mer. L’impression qu’il ressent finit par s’élever tel un modeste « résidu » face à l’immense océan. « C’était un lundi de la fin juillet, à midi, et la mer de Palerme, compacte, huileuse, inerte, s’étendait devant lui, invraisemblablement immobile... »
Le Guépard offre au lecteur une aventure à fois historique, sociale et intime qui mêle le feu de l’Etna et le bleu de la mer, les pluies torrentielles de l’hiver et le soleil cuisant de l’été, les fruits, les fleurs, le mélange des langues et des voix, les odeurs fortes ou âcres, les parfums légers et toute la beauté tumultueuse de la Sicile.
Sur ces notes exotiques, je mets un terme estival à ces dosettes et vous donne rendez-vous à la rentrée. Bonnes vacances et bonnes lectures !
Signatures à Chatelaillon
Avant une petite pause pour les vacances, dernier chapitre autour des livres et des contacts avec les lecteurs dimanche matin à la Librairie du Chat qui lit de Chatelaillon. Trois livres sur la table, "Dévalisée" à l'honneur, "Ma Ré haute, ma Ré basse", et l'avant-première de "Chambre 69"...
Très bon accueil dans un climat serein de début de vacances. La mer est à côté et transporte des idées de voyage et de littérature...
Rendez-vous à la librairie du Grand Largue de St martin de Ré le 14 août prochain pour la sortie officielle de cette oeuvre consacrée à Gainsbourg.
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