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Découvrir "Chambre 69" avant sa sortie en librairie...

Publié le par Eric Bertrand

              Avis aux amateurs de Gainsbourg, de polars, de littérature... Pour tous ceux qui l'ont commandé, il est arrivé ou il va arriver avant la publication officielle en librairie le 4 août, avec Éditions Hello Il n'est pas trop tard pour obtenir votre exemplaire en suivant la marche suivante : Lien : https://www.helloeditions.fr/article/chambre-69/
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Découvrir "Chambre 69" avant sa sortie en librairie...

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Dostoïevski : Les Frères Karamazov : dosette de lecture n°74

Publié le par Eric Bertrand

       Comment saisir la « logique Karamazovienne » dans un roman qui offre en même temps, à travers l’analyse des trois frères et de leur père, une méditation sur l’homme et sur la religion ? Malraux disait des personnages de Dostoïevski qu’ils étaient des espèces de silex que l’auteur frottait l’un contre l’autre pour en faire jaillir le brasier de la réflexion. Les grandes questions de la foi, de la politique, de l’amour, de la mort sont abordées : « Le cœur de l’homme n’est qu’un champ de bataille où s’affrontent Dieu et le Diable ».

          A noter également cette réflexion sur le destin de la Russie qui prend aujourd’hui une sinistre résonance : « Notre troïka fonce à bride abattue et peut-être fonce-t-elle vers sa perte. Et il y a longtemps déjà que dans toute la Russie, on tend les mains et on supplie que soit arrêtée cette course furieuse qui n’épargne rien. Et si les autres peuples s’écartent encore devant la troïka qui galope à tombeau ouvert, ce n’est peut-être point par respect pour elle mais simplement par effroi. Par effroi et peut-être aussi par répulsion pour elle ; encore est-il heureux qu’ils s’écartent sinon ils pourraient bien cesser de s’écarter pour se dresser en une barrière solide devant le spectre qui s’élance et arrêter eux-mêmes la course folle de nos débordements afin de se sauver , eux, ainsi que la culture et la civilisation. »

 

 

Dostoïevski : Les Frères Karamazov : dosette de lecture n°74

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Jack London : Martin Eden, dosette de lecture n°73

Publié le par Eric Bertrand

Comment un matelot fruste et inculte devient-il un grand écrivain assoiffé d’idéal ? C’est l’histoire étonnante que raconte Jack London dans son roman où le personnage de Martin Eden lui ressemble trait pour trait. Dès les premières pages, le héros trouve sa motivation dans sa volonté inflexible de se mettre au niveau de la délicate Ruth Morse dont il tombe éperdument amoureux ; mais la jeune fille n’appartient pas au même monde que lui et elle fréquente les salons mondains et les hautes sphères de l’université. Martin, lui, ne connaît que « le peuple d’en bas » et dans ses mains calleuses de marin, il n’a jamais tenu de livre. Les vers du recueil de Swinburne qu’il feuillette par hasard dans la bibliothèque de la famille Morse le font étrangement trembler et entrent aussitôt en écho avec son être profond :

« Libérés de nos peurs et de nos espérances

De notre soif de vie vienne la délivrance ! »

Mais en ce début du roman, il est jeune et n’a aucun revenu fixe. Il lui faut avant tout songer à vivre et à se débattre avec les difficultés de son milieu et de sa condition. Peu importe ! Après sa rencontre avec Ruth, Martin s’enflamme et se lance de façon éperdue dans la conquête des livres. Son comportement offre au lecteur, à l’étudiant qui prépare un examen, un exemple magnifique de détermination. Et ce ne sont pas des petits jobs qu’il enchaîne pour payer ses études, mais un véritable travail de forçat qui le conduit souvent à l’abrutissement.

Rien ne l’arrête dans sa quête acharnée. Sa passion inépuisable, son intelligence sauvage et sa résistance à l’effort l’amènent à gagner sur le sommeil et sur la fatigue et à s’émerveiller toujours plus devant le mirage des Idées et de l’Art d’écrire. À ses yeux, le Savoir ne se résout pas à un simple jeu ou à un moyen de trouver « une bonne situation » comme ont tendance à le croire ceux qui, à ses côtés, sont inscrits à la fac. L’Art, la Vérité philosophique, la Connaissance se profilent à l’horizon comme une grande aventure à mener. Et Jack London, écrivain aventurier qui a fréquenté toutes les contrées du monde, qui a exercé tous les métiers, sait de quoi il parle.

Le maitre mot de la réussite, c’est la ténacité.

C’est de cette façon qu’il a pu un jour de son adolescence, vaincre à coups de poings un type plus âgé que lui, membre d’une bande rivale : l’affreux « Tête de Fromage ». Quand, au bout d’onze ans de bagarres, de blessures et d’humiliation, il réussit enfin à lui écrabouiller la figure, il comprend que ce qu’il a accompli ado dans les bas-fonds, il l’accomplira adulte dans les hautes sphères. À condition de ne rien lâcher et de toujours chercher à accéder au degré le plus élevé de ses aspirations, à « cet éclair de lumière blanche, lumière de plus en plus vive » qu’il décrit à la fin du roman. 

Jack London : Martin Eden, dosette de lecture n°73

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Daniel Pennac : Chagrin d’école : dosette de lecture n°72

Publié le par Eric Bertrand

Comment échapper à « la cancrerie » et, contre toute attente, devenir écrivain ? C’est ce que raconte Daniel Pennac qui relate dans cet ouvrage ses chaotiques années d’école.

Pourtant, rien ne semblait prédisposer cet enfant à l’échec scolaire... « Père polytechnicien, mère au foyer, pas de divorce, pas d’alcooliques, pas de caractériels, pas de tares héréditaires, trois frères bacheliers... » Peut-être l’explication est-elle à trouver dans cet épisode de la poubelle dans laquelle on l’a enfoui à huit ans ou dans cette impression tragique qu’avait l’enfant d’être condamné à rester toute sa vie « un nul aggravé ».

Mais c’est là que le bon prof peut jouer son rôle et faire comprendre au prétendu « cancre » qu’il a sa place dans la classe et qu’il peut sortir de l’ornière dans laquelle il se croit prisonnier : la phrase qui suit est à méditer et sert de garde-fou à toute dérive : « Une bonne classe ce n'est pas un régiment qui marche au pas, c'est un orchestre qui travaille la même symphonie. Et si vous héritez du petit triangle qui ne sait faire que ting ting ou de la guimbarde qui ne fait que bloing bloing, le tout est qu'ils le fassent au bon moment, le mieux possible, qu'ils deviennent un excellent triangle, une irréprochable guimbarde, et qu'ils soient fiers de la qualité que leur contribution confère à l'ensemble. Comme le goût de l'harmonie les fait tous progresser, le petit triangle finira lui aussi par connaître la musique, peut-être pas aussi brillamment que le premier violon, mais il connaîtra la même musique... » 

Ce qui amène l’ancien croque-notes à conclure de la façon suivante : « Le problème, c'est qu'en général, on veut lui faire croire à un monde où ne valent que « les premiers violons ».

Daniel Pennac : Chagrin d’école : dosette de lecture n°72

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Oscar Wilde : Le Portrait de Dorian Gray. (Dosette de lecture n°71)

Publié le par Eric Bertrand

Se peut-il que, suite à l’accumulation des mauvaises actions, l’âme fasse vieillir le visage et qu’avec les années, ce dernier se voile d’un hideux rictus et de rides malveillantes ? C’est l’idée qui dirige ce roman de nature fantastique où Dorian Gray, bel Adonis de dix-huit ans, se voit portraiturer par le peintre Basil Hallward qui réalise là son œuvre la plus aboutie.

A ce moment, Dorian voudrait toujours garder cette apparence, cette « beauté du diable » en échange de quoi, son portrait vieillirait à sa place. C’est en tout cas le pacte fou qu’il passe avec un Méphisto de l’ombre… Et aussitôt, ironie du sort, le visage de l’adolescent du tableau à qui tout semblait sourire devient « peau de chagrin ».

« On aurait dit que la bouche présentait une touche de cruauté(…) La lumière du jour, ardente, palpitante, lui montrait les plis de cruauté autour de la bouche aussi clairement que s’il s’était regardé dans un miroir(…) Il se le rappelait parfaitement. Il avait exprimé un vœu insensé : que lui-même pût rester jeune et le portrait vieillir ; que sa beauté à lui échappât à toute flétrissure et que le visage fixé sur la toile portât le fardeau de ses passions et de ses péchés ; que l’image peinte fût marquée des rides de la souffrance et de la méditation mais que lui conservât l’éclat délicat, le charme et la beauté de son adolescence alors à peine consciente d’elle-même. » Chap 7, p180

Terrifié, le héros voit peu à peu, au fil des épreuves et des turpitudes, les dégâts qui s’affichent avec le Temps. D’autant que Dorian a pour mentor un cynique du genre d’Oscar Wilde, Lord Henry, qui le pousse chaque jour à l’égoïsme et à la dépravation…

Oscar Wilde : Le Portrait de Dorian Gray. (Dosette de lecture n°71)

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