Juke-box n°13 : Pierre Perret : « Ma nouvelle adresse », quand on n’en peut plus...
On râle, on s’insurge, on milite, on s’indigne : “Indignez-vous ! » - l’expression est à la mode - Et puis un jour, on a envie de tout laisser tomber, de tourner le dos à « cet air de robot content, à cette course avec le temps », et surtout à cette civilisation bâclée, avec ses « matches à la télé », ses « pubs de mousse à raser » et de produits cosmétiques, ses infos détraquées et ses gangsters « pavoisés ».
Alors, comme Brel, Perret, Souchon ou Aznavour, on a envie de « mettre les bouts », de « tailler la zone » et de se laisser « emmener vers des pays inconnus où l’on vit presque nus dans l’éternel été ». Et, parce que c’est souvent impossible, on s’imagine une « nouvelle adresse », un lieu de décrochage sous « le vent sucré des îles nacrées », un archipel épargné où soufflent « les alizés ».
Par chance, on aperçoit une voile qui s’élève à l’horizon et on entend, sur l’infini de la mer, la chanson de « mon ami Jacques » ; derrière le brouillard de la vie, il chante « Les Marquises » et, avec des frissons dans la voix, affirme que « le rire est dans le cœur » ; lui aussi laisse aux « cocotiers » le soin « d’écrire des chants d’amour » pour des « filles qui s’amusent à rire » de nos souvenirs.
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