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Dosette de lecture n°134 : Kessel : « Les Mains du miracle ». La torture part de l’estomac

Publié le par Eric Bertrand

                 Est-il possible, quand on est seul, de contrer l’action dévastatrice de l’un des fidèles lieutenants d’Hitler ; de tordre le bras d’un fonctionnaire zélé et prêt à tout pour servir la cause de son führer ? Oui, à condition que l’opération se joue entre deux hommes, dans le huis-clos qui réunit le médecin et son patient.
                  Le sinistre Himmler, Chef de la Gestapo, remplit aveuglément sa fonction, mais tout son corps semble s’y refuser et manifester une forme de rejet inconscient par de terribles maux d’estomac. Seul, le docteur Félix Kersten, ostéopathe surdoué, peut éteindre le feu de ce « tank » où bouillonnent à la fois la haine et la fureur gastrique … Mais s’il parvient à ses fins, c’est seulement à condition que le tankiste enragé, avant de s’en remettre aux « mains du miracle », veuille bien accepter de dévier sa route et de laisser, quelques instants au moins, l’empreinte de ses chenilles maléfiques tourner dans le vide.

 

Dosette de lecture n°134 : Kessel : « Les Mains du miracle ». La torture part de l’estomac

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De « L’homme à la tête de chou » à « Chambre 69 », épisode 4 : la mise en scène.

Publié le par Eric Bertrand


                Tout au long de ces années avec Gainsbourg, j’ai eu la chance de partager ma passion avec les élèves mais aussi avec des partenaires présents sur scène ou hors de scène. J’ai évoqué l’atelier d’expression artistique en Bretagne et la volonté de mêler les arts. Ainsi, la danse et notamment les claquettes ont tenu une grande place dans la mise en scène. Le rythme des musiques de Serge a inspiré de nombreuses chorégraphies à mes deux collègues, par exemple celle sur l’air de la chanson « Bubble gum ».
                 Pour canaliser l’énergie et l’exubérance des personnages sur scène, il fallait aussi pouvoir compter sur le professionnalisme des metteurs en scène. Camille Geoffroy avec qui j’ai travaillé pendant une dizaine d’années au lycée Vieljeux de La Rochelle est danseuse de formation. Elle a su créer des « tableaux » et des moments forts répartis entre les trois « lieux » et les trois actes de la pièce : le « Lunatic asylum » (lieu de la folie et du souvenir), le bar du Kangourou Club (lieu du fantasme et de la séduction) et la route (lieu du désenchantement et de l’affrontement).
                 Par ailleurs, elle a dirigé avec sensibilité, tact et ténacité des acteurs adolescents qui ne sont pas toujours « dans le rôle » et qui gèrent au quotidien une infinité de conflits personnels. Malgré le déséquilibre entre garçons et filles, malgré les humeurs et les tensions liées au choix de la distribution, elle leur a donné une silhouette, une voix, une fonction à l’intérieur de la pièce et le résultat a été éblouissant : la vidéo qui suit le souligne bien.
                 La semaine prochaine, je reviens sur l’image que ce spectacle donne de l’univers de l’artiste.


https://youtu.be/evud2pq466o?si=8z58ceH7QSpdXjd6

 

De « L’homme à la tête de chou » à « Chambre 69 »,  épisode 4 : la mise en scène.

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Dans l’atelier d’un livre sur le livre : épisode 3 : « ce que suscite la lecture »

Publié le par Eric Bertrand

           Plutôt qu’une plongée dans les sphères des établissements scolaires, hypothèse que j’avais, au préalable, retenue pour évoquer la problématique de la lecture (la critique de l’institution est cependant présente dans mon livre) j’ai préféré une nouvelle fois m’évader et « sortir des murs des écoles, collèges et lycées » afin de revenir à la réalité plus générale de la lecture. Le seul de mes livres qui renvoie d’ailleurs à l’univers de l’école, c’est « L’Organisme » (Aléas, 2010) dont la trame se déroule au sein d’un collège et dont le héros est un adolescent en souffrance.
             Que recherche-t-on au juste quand on se saisit d’un livre ? La réponse est vaste et diffère d’un individu à l’autre. Je vous suggère d’écouter ce riche point de vue décliné avec facétie par l’écrivaine Suzie Morgenstern mercredi dernier dans l’émission de « la Grande Librairie » consacrée justement au sujet qui nous préoccupe en ce moment ! https://www.youtube.com/watch?v=66ksDjw-gU4
Dans mon roman, cette question des enjeux tient une grande place car je mets en scène plusieurs types de lecteurs dont la position vis-à-vis du livre est radicalement différente, ne serait-ce que du fait, d’abord, de leur différence d’âge. Mon but n’a pas été de faire une sorte d’hymne béat en faveur de la lecture mais de confronter au contraire les points de vue.
               L’un des aspects que j’ai voulu mettre en avant, en même temps que l’aspect intellectuel et indépendant du livre, c’est la place quasi charnelle qu’il occupe pour certains. La relation qu’établit avec son livre l’un de mes personnages principaux, la lycéenne Manon, est de cette nature. Mais elle n’est pas la seule dans le roman tant il est vrai que le livre, quand il nous « tient », nous suit un peu partout, parvient à occuper nos esprits, à se glisser dans nos pensées comme un partenaire obsessionnel. Il a sa « chair de papier », son « sui generis » et nous sommes nombreux à le palper, à en respirer le papier avant de l’ouvrir et de lui imposer les caprices de nos organismes, et ce quels que soient le moment et le lieu.
Ce sera le sujet du prochain épisode.

 

 

Dans l’atelier d’un livre sur le livre : épisode 3 : « ce que suscite la lecture »

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Dosette de lecture n°133 : Barjavel, « Ravage », la clé Deschamps

Publié le par Eric Bertrand

                Et si le monde de 2052 ressemblait au nôtre à s’y méprendre ? Le romancier Barjavel est un de ces auteurs de science-fiction foncièrement pessimistes sur le sujet de la nature humaine. Lorsque son roman commence, le bien nommé François Deschamps (François le Champi aurait écrit George Sand !) vient de quitter sa Provence natale où il cultivait encore la terre et il arrive dans la capitale qui déroule sous ses yeux un tapis d’artifices.
               Très vite, le lecteur qui adopte le point de vue du jeune rustique et aussi celui de Barjavel (qui par maints aspects rappelle Giono) observe les comportements des Parisiens, dépourvus d’humanité et d’énergie physique. La nourriture qu’ils avalent est devenue entièrement chimique ; les automates remplacent la main d’œuvre, la nature a disparu et les sentiments eux-mêmes sont pollués par l’affairisme et la fébrilité. Quelle part de potentielle réussite reste-t-il à François, ce malheureux « paysan du Danube » qui est amoureux d’une jeune femme trop séduisante et qui prétend obtenir un diplôme important par le seul mérite de son intelligence et de sa persévérance au travail ?
Dans ce contexte inquiétant, la géopolitique joue aussi un rôle important qui en dit long sur la pensée de Barjavel en matière de Progrès. Lorsque, le soir venu, François allume l’écran télé, il tombe sur la tragique annonce que fait un belliqueux empereur couvert d’or et de diamants : pour punir le bloc occidental, il a ordonné d’envoyer une flopée de missiles ; et, bien évidemment, les nations agressées s’empressent de répliquer …
              Face à cette déroute de la science et de l’humanité, comment assurer l’avenir et le bonheur des générations à venir ? En 1952, René Barjavel posait déjà la question.

 

 

Dosette de lecture n°133 : Barjavel, « Ravage », la clé Deschamps

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De « L’homme à la tête de chou » à « Chambre 69 », épisode 3 : les conflits.

Publié le par Eric Bertrand

            Quand on écrit des pièces pour des ados, des pièces destinées à être jouées en fin d’année devant des classes de lycée, il y a intérêt que ça bouge et que ça explose sur la scène, et avec Gainsbourg, il y a justement matière à explosion ! Drogue, « casser la gueule aux dealeurs », alcool, « je bois à trop forte dose » et « le dieu des ivrognes guide mes pas », passion, « je sens mon rythme cardiaque qui passe brusquement à mac 2, tic tac, tic tac… », conflits et violence : « ils disent que nous tuons de sang-froid… » et bien d’autres choses encore.
            La chanson de « Bonnie and Clyde » m’a donné l’idée du scénario. Le personnage principal, un fan du genre Humbert Humbert et qui se fait appeler Clyde, tombe amoureux d’une Lolita qu’il appelle « Bonnie », strip-teaseuse au Kangourou Club. Dans le but de la séduire, il entraine dans la grande délinquance sa bande de « déménageurs de piano », eux aussi sous le charme des autres filles du club.
Les copines de cette « Bonnie » aiment « les grosses bagnoles, les Harley Davidson et les Ford Mustangs ». Elles se laissent d’abord griser par l’argent facile et les courtoisies des « vieilles canailles », mais la tension monte vite entre les deux clans sitôt que les belles s’aperçoivent que leur « princes charmants » ne sont que des Pieds Nickelés, « des minables, des ploucs, d’abominables boucs » …
             Dans cette guerre intestine, la mise en scène joue un rôle capital, on en parle la semaine prochaine.

 

De « L’homme à la tête de chou » à « Chambre 69 », épisode 3 : les conflits.

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