Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Dosette de lecture n°129 : Aragon : « Aurélien ». Lorsque Racine « chante dans la vie » d’un rescapé de la guerre de 14

Publié le par Eric Bertrand

Quelles blessures un jeune homme qui a connu à 18 ans l’enfer des tranchées porte-t-il en lui lorsqu’il revient à la vie parisienne et légère des années 20 ? C’est dans un Paris de la galanterie et du dilettantisme où l’art et l’ennui tiennent une grande place que le héros désabusé de ce roman rencontre une femme mariée, Bérénice Morel.  Son charme étrange et inattendu finit par le captiver. Elle porte le prénom de la Reine égyptienne qu’aime l’empereur Titus dans la pièce de Racine. Ce simple détail contribue à envelopper Aurélien dans la draperie d’une passion dévorante. De son côté, la jeune provinciale en séjour pour quelques semaines dans la capitale idéalise leur relation au point d’imposer une distance et un frein à l’urgence de leur désir.

Pendant plus de vingt ans, les deux amants ne se revoient pas et chacun vit sa vie de son côté, même si la mémoire subsiste ainsi que le récit hagiographique de leur rencontre à Paris. Lorsque la guerre de 40 arrive, le hasard les réunit enfin : comment le temps les a-t-il changés ? Que gardent-ils de leur passé ? Quel rapprochement l’épisode furtif des retrouvailles autorise-t-il encore ? « Vous êtes tout ce qui a jamais chanté dans ma vie » murmure Aurélien au moment où il constate que « cela le dérangeait, cela lui détruisait sa Bérénice, cela mesurait la distance qu’il y avait entre la poupée de sa mémoire et cette femme vivante »

Dosette de lecture n°129 : Aragon : « Aurélien ». Lorsque Racine « chante dans la vie » d’un rescapé de la guerre de 14

Voir les commentaires

Site d’auteur remanié : vers davantage d’échanges avec les lecteurs...

Publié le par Eric Bertrand

Mon site d’auteur existait depuis des années (autour de 1997 !) et devenait un véritable pachyderme, alourdi d’articles, de vidéos, de photos et d’extraits de pièces de théâtre, de conférences, d’émissions télé ou radio… Tous ces documents illustraient à la fois mes pièces de théâtre et mes livres (environ 25 publiés depuis 1993).

Il était temps de lui faire subir un allègement et de braquer les projecteurs sur les derniers événements… Merci à Jennifer pour cette importante remise à jour. L’idée est de clarifier l’ensemble et de fluidifier la visite afin de faciliter les échanges avec une communauté de lecteurs que je vais aussi constituer sur le site auteur de mon compte Facebook. N’hésitez pas à m’adresser vos retours !

Site d’auteur remanié : vers davantage d’échanges avec les lecteurs...

Voir les commentaires

Dosette de lecture n°128 : François Mauriac : Génitrix : Les forces de chaux et de sable

Publié le par Eric Bertrand

Quel effet le sol et le milieu peuvent-ils exercer sur les personnages des romans de Mauriac ? « Toi, bâti à chaux et à sable » ironise la vieille Cazenaze à propos de l’état de santé de son quinquagénaire de fils qu’elle évalue du haut de son autorité de « génitrice ».

             On s’étiole et on ne bouge pas chez ce romancier. Les forces centripètes régissent l’univers des bastides au creux desquelles déclinent les vieilles familles bourgeoises, enferrées dans leurs principes et leurs certitudes. C’est la raison pour laquelle la rumeur, la terre, les pulsions qui ne sortent pas de leurs gonds tiennent une place si grande dans ces romans écrits pour la plupart dans l’une de ces propriétés des Landes ou du Bordelais qu’a habitées l’écrivain.

             D’après son propre témoignage, il sentait sur sa table la vibration des trains qui passaient dans la vallée. « Autour du drame interrompu, les grands arbres : tulipiers, peupliers carolins, platanes, chênes, agitaient leur feuillage pluvieux sous le ciel amolli. Rien n’est moins accessible aux regards, ni plus propice au mystère que ces domaines ceints de murs et enserrés si étroitement d’arbres qu’il semble que les êtres qui vivent là n’aient aucune autre communication qu’entre eux ou avec le ciel »

             Cette réalité décrite vaut aussi comme métaphore de tout le roman.

             Au début de Génitrix la femme de Fernand est délaissée dans la chambre où elle vient de faire une fausse couche et elle regarde « un verre d’eau vert à filet d’or que la manœuvre d’une locomotive fit vibrer car la gare était voisine ». Mathilde n’est pas la belle-fille souhaitée, elle a ordre de se tenir à l’écart. Le silence doit régner dans ces maisons où la sieste est sacrée. Pas un bruit ne vient troubler les dormeurs comme dans la demeure du Baiser au lépreux, autre roman de Mauriac où le père impose aussi un silence rituel.

             Mathilde est une « intruse » dans le huis-clos des propriétés. Quand il l’a connue, le fils est allé la guetter, la petite institutrice, cousine de la famille Lachassaigne : dans le parc des Lachassaigne situé à côté de celui des Cazenaze, il était attiré par cette fille qui arrivait de l’extérieur pour donner ses cours à une « enfant étique et demeurée ». Elle venait d’une maison basse de Bordeaux, « ce qui à Bordeaux s’appelle une échoppe » et, « accoutumée à cette gloutonnerie du regard, à cette attention goulue des hommes », elle a vite remarqué le manège de Fernand Cazenaze qui l’épiait à travers la haie et qui fumait là, en cachette de sa mère.

             Mais, comme « le soleil maternel » n’était pas à ses côtés, comment le fils, « terre désorbitée » pouvait-il bien « tourner dans le vide » ?

Dosette de lecture n°128 : François Mauriac : Génitrix :  Les forces de chaux et de sable

Voir les commentaires

Dosette de lecture n°127 : Barbey d’Aurevilly : « Un Prêtre marié ». L’extase frénétique.

Publié le par Eric Bertrand

Quel charme extravagant une jeune fille diaphane, issue d’un prêtre défroqué à la réputation satanique peut-elle exercer sur le fils d’un aristocrate resté fidèle à ses ancêtres et à leur conviction religieuse ? Le prêtre s’appelle Sombreval ; sans rien révéler de son hérésie, il a, dans son jeune âge, pratiqué la chimie et les sciences occultes avec un associé dont il a séduit la fille.

Quand elle apprend l’identité sulfureuse de son mari, cette dernière, mystique exaltée qui a lui donné comme enfant la belle et énigmatique Callixte, ne survit pas. Dans une lointaine contrée au fond de ce Cotentin sauvage si cher à Barbey, Sombreval se retire dans un grand manoir près de l’étang fantomatique du Quesnay. Il y élève seule cette fille qu’il vénère et qui vit retranchée, affaiblie par la maladie et exaltée à la fois par Dieu et par l’amour du fougueux Néel de Rotrou, lui-même ensorcelé par le pouvoir étrange et maudit de la jeune femme. Dès le début, le lecteur s’attend au pire lorsqu’il entend les prédictions de la Malgaigne, vieille magicienne capable de voir dans l’avenir.

Comme un symbole supplémentaire des forces occultes qui la mènent, Callixte porte sur son front une marque de sang qui dessine une croix et qui marque aussi, dans sa chair, la volonté frénétique de la repentance afin de racheter la faute de son père et de s’unir à Dieu. Mais la dévotion et le mysticisme offrent-ils la seule voie pour retrouver la paix ? Il semble bien que le prêtre marié ait trouvé la réponse à la fin du roman.

Dosette de lecture n°127 : Barbey d’Aurevilly : « Un Prêtre marié ». L’extase frénétique.

Voir les commentaires

Prix du roman à St Xandre pour "Over the Rimbaud"

Publié le par Eric Bertrand

Sur les traces de Rimbaud et de sa jeune amante (fictive), la rebelle et passionnée Jeanne-Marie. Grâce au jury du salon "Le livre en fête" de St Xandre, mon roman "Over the Rimbaud" Éditions Hello a été récompensé hier du prix du roman. L’occasion m’est ainsi donnée d’échanger davantage avec les lecteurs à propos du voleur du feu de la lecture. Merci aux organisateurs. Le salon est ouvert aujourd'hui de 10h00 à 18h00, les 50 auteurs et exposants vous y attendent pour de savoureux temps d'échange.

 

Prix du roman à St Xandre pour "Over the Rimbaud"

Voir les commentaires