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Interview dans le cadre d'un salon virtuel :"Dévalisée", "Taper la route" et "Chambre 69"

Publié le par Eric Bertrand

Dans le cadre de la préparation d’un salon virtuel auquel je participe (et sur lequel je reviens prochainement), voici l’interview réalisée par Fabien Dedieu Cardebook à propos de trois de mes livres, « Dévalisée », « Taper la route » et « Chambre 69 »

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Rêverie d'Actéon et des autres au bord de l'eau...

Publié le par Eric Bertrand

En un clair jour d’été, accompagné de ses chiens assoiffés, Actéon tombe sur un point d’eau et se laisse enivrer. Les nymphes sont au bain et assurent un spectacle tel que n’importe quel homme seul peut le fantasmer. « J’ai embrassé l’aube d’été et le wasserfall blond » écrira Rimbaud, « Dans l’eau de la claire fontaine, elle se baignait toute nue » confiera Brassens…

Et quand le peintre pose sa palette et son miroir sur le coin du rocher, l’eau vive est prompte à lui griser l’esprit.

 

Rêverie d'Actéon et des autres au bord de l'eau...

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La Bulgarie aux portes de l’Orient : Dans la carriole de Vassilev

Publié le par Eric Bertrand

La Bulgarie aux portes de l’Orient : Dans la carriole de Vassilev

Nessebar, Burgas, Sozopol, Plovdiv, Sofia, Rila, Tryavna, Rousse… Autant de noms de lieux, villes ou villages qui résonnent dans ce récit. Comme dans la carriole de Vassilev, au rythme de l’écriture de Francis Lepioufle, le lecteur est entraîné du côté de la Bulgarie profonde et surtout pas de celle des grands hôtels de la mer Noire. « Serions-nous tous des gypsies dans l’âme et aimerions-nous par-dessus tout nous rêver en voyageurs insouciants sur les chemins d’un grand rêve imaginaire » écrit-il justement en commentant le joyeux tableau du peintre Ange Vassilev.

Depuis qu’il consacre une partie de son temps à relater ses voyages au Mexique, en Roumanie, en Irlande, l’auteur des Chevaux de la mémoire s’attache de plus en plus à ce que Todorov, cité en exergue, appelle « La connaissance de l’humain » et le célèbre essayiste considère ce choix à juste titre comme l’un des objectifs majeurs de la littérature.

Sitôt qu’il flâne, marche ou trottine, sitôt qu’il roule ou s’envole, Francis se plaît à deviner les hommes, à les observer avant de les aborder pour mieux tenter de les comprendre. Et tous les moyens lui sont bons, conversations au cours d’un repas, dans la rue ou dans un bus, livre d’histoire, roman, poésie. Il prend le temps d’échanger avec des enfants qui jouent près d’un camp de Roms, avec des femmes à la cuisine, avec de sages vieillards qui ressemblent un peu à celui de la Propontide à la fin de Candide.

En bon auteur, il est toujours à l’affut d’informations qui pourraient lui permettre de mieux cerner encore l’évolution complexe de ce pays marqué par le joug ottoman et soviétique. En bon touriste, il est aux aguets, étudie les paysages, les pratiques des habitants, admire les simples et les héros, mais se défie des roublards. Et puis il pose son appareil photos (son ouvrage offre de jolis clichés couleur en appui au récit). En bon éducateur, lucide et expérimenté, il rêve devant la première école laïque de Bulgarie, celle qui a bravé l’interdit ottoman. Il regarde, pensif, tous ces jeunes qu’il voit aller à l’école, fiers dans leur uniforme blanc.

 

 

La Bulgarie aux portes de l’Orient : Dans la carriole de Vassilev

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Dosette de lecture n°95 : « Au cœur des forêts » de Christian Signol. La puissance affective des arbres

Publié le par Eric Bertrand

       Comment les arbres et les forêts peuvent-ils souffler sur nos vies et nos organismes au point d’oxygéner le destin ? Bastien, le héros que campe Christian Signol, est aussi le narrateur de ce roman : il exerce le métier de forestier et voue un attachement profond à ce milieu qui le modèle et le détermine.

Les membres de sa famille, sa femme, ses deux filles, sa sœur Justine ont ressenti différemment la présence des arbres, surtout Justine qui les redoutait. Car s’il a ses clairières et ses essarts, le temps est une forêt inextricable : il pousse ses ramures et plonge ses racines tout en lisière de la cabane des hommes…

Au moment où commence l’histoire, le narrateur recueille Charlotte, sa petite fille, atteinte d’une mauvaise tumeur à la jambe. Mais le grand-père, qui vit à l’écart de l’agitation moderne, lui assure que « Le cœur des forêts ne cesse jamais de battre ». Quoi que fasse la médecine, c’est aux côtés des arbres qu’il faut que la jeune femme cherche la guérison.

Bastien est un chêne, et à aucun moment il ne perd espoir : à son contact, Charlotte change peu à peu de vie et finit par comprendre au fond de son être la leçon qu’il lui a transmise : « Regarde bien les arbres, ils savent comme nous qu’ils doivent mourir un jour, mais ils ne pensent qu’à une chose : grandir, monter le plus haut possible ». 

Dosette de lecture n°95 : « Au cœur des forêts » de Christian Signol.  La puissance affective des arbres

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Dosette de lecture n°94 : Marcel Cohen, « Sur la scène intérieure » Du côté de ceux qui jouent pour l’éternité

Publié le par Eric Bertrand

Comment redonner vie à ces « anonymes », à ces chers disparus, victimes du génocide dans les années sombres du nazisme ? L’auteur, Marcel Cohen, était encore tout enfant quand il a échappé par miracle à la rafle qui a emporté plusieurs de ses parents. Mais « Sur la scène intérieure », il garde encore d’eux une trace précieuse, quelque chose d’impalpable que les nazis n’ont pas réussi à lui enlever. Il les évoque, l’un après l’autre, ces parents, chacun avec son prénom, le numéro de son convoi, la date de son décès puis une petite photo en noir et blanc.

Marie, sa délicate et coquette maman… odeur délicate de son sac à main, mélange de poudre de riz et de rouge à lèvres un peu fondu. Jacques, son papa, violoniste à ses heures perdues… L’instrument qui a miraculeusement traversé les années et échappé au désastre diffuse encore « l’éclat d’une petite comète ». Jacques l’a entendu pour la dernière fois à Birkenau lorsque les chefs nazis ordonnaient à leurs musiciens de jouer au seuil de la chambre à gaz… De Jacques, il sent encore l’odeur de la gomina sur les cheveux ; il se souvient du « petit vertige » quand le géant soulevait son fils de terre et le mettait sur ses épaules…

De Monique, sa petite sœur déportée à quelques mois, il ne lui reste que la gourmette… De Sultana, sa grand-mère, il perçoit toujours le parfum citronné de l’eau de Cologne et l’odeur âcre de la soupe aux poireaux pommes de terre mangée dans une assiette à bords rouges (ce qui lui a donné à jamais la phobie du rouge…) Ce plat ne valait vraiment rien, comparé aux spécialités turques type « l’imam s’est endormi », que la tendre cuisinière mettait tant de soin à mitonner le dimanche matin… De Mercado, le grand-père, emballé dans sa grosse couverture et plongé dans ses livres, il revoit l’ombre qui lui faisait penser à une espèce de vieux sage, à un Mallarmé domestique. Sous le capuchon du grand dossier de son fauteuil, Mercado affirmait tranquillement que personne ne viendrait jamais chercher un seul membre de sa famille et que la rectitude morale et la droiture intellectuelle mettraient toujours les gens honnêtes à l’abri de tous les périls…

 

 

Dosette de lecture n°94 : Marcel Cohen, « Sur la scène intérieure » Du côté de ceux qui jouent pour l’éternité

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