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Juke-box n°30 : France Gall : Résiste ! et trouve la bonne musique en toi…

Publié le par Eric Bertrand

Quand les repères disparaissent et quand « tu marches sur la tête », quel sens peux-tu encore donner à ta vie ? Te reste-t-il au moins l’espoir d’un « début du monde » et d’un autre bouleversement, d’un genre différent ? – un « nouveau big bang » comme l’écrivait, pour Julien Clerc, le regretté Maurice Vallet…

Déjà en son temps, Rimbaud voulait « créer toutes les fêtes, tous les triomphes » et « changer la vie ». Pari audacieux et ô combien d’actualité ! Pour cela, nous dit aussi la chanson de Goldman, il faut que tu trouves le bon cordonnier, celui qui se révèlera capable de « faire des souliers si légers que la vie semble moins lourde à porter » ; il faut que tu puises en toi la force de cette petite musique intérieure qui te nourrit et te détourne « de la musique sans âme ».

« Résiste ! Suis ton cœur qui insiste ! » L’injonction de France Gall à te dresser contre la Bêtise et la Haine et à ne pas te laisser manipuler ni dominer par tous les agents extérieurs est un appel à l’indignation chère à Stéphane Hessel : « Bats-toi, signe et persiste » … Face aux aberrations et aux filets dérivants de notre époque, libère la place, gonfle tes muscles, débride ton imagination et tes rêves les plus fous et « cherche le bonheur partout ».

Même si, au rythme de cette fichue « musique sans âme », beaucoup de choses tournent mal, même si « ce monde égoïste n’est pas le tien », tout n’est pas foutu d’avance, loin de là, si tu « résistes ».

Juke-box n°30 : France Gall : Résiste ! et trouve la bonne musique en toi…

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Dosette de lecture n°196 : Maupassant : Fort comme la mort, le sablier du vieillissement

Publié le par Eric Bertrand

Quel effet les jolies femmes ont-elles sur l’inspiration d’un peintre qui s’est spécialisé dans les portraits et qui, de ce fait, a multiplié les modèles jugés à la hauteur de son art ? En tenue de deuil, la Comtesse, qu’il appelle très vite Anne, possède tous les atouts pour séduire le peintre Olivier Bertin et le pâmer pendant de nombreuses années au point de lui faire regretter d’être resté garçon.

Mais cette irrésistible attraction qui semble tenir dans la durée va-t-elle diminuer au contact d’Annette, la fille de la Comtesse qui fait son entrée dans le monde ? Tout le monde vante sa beauté et sa ressemblance avec sa mère ? Voix, démarche, traits, silhouette, l’effet de miroir est sidérant et, confronté à cet être double, Bertin en est profondément perturbé : entre les deux portraits et les deux modèles qui se superposent, vient s’infiltrer la question de la différence d’âge.

Face à l’énergie conquérante de la jeune fille qui ne cesse d’embellir et de devenir elle-même au fil des semaines – et confrontés à cet autre Dorian Gray au féminin - le peintre et sa maîtresse font l’épreuve redoutable du vieillissement.

 

Dosette de lecture n°196 : Maupassant : Fort comme la mort, le sablier du vieillissement

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Dosette de lecture n°195 : Serge Joncour : « UV », UV à hauts risques …

Publié le par Eric Bertrand

Comment perturber le calme estival d’une villa cossue située dans l’île de Bréhat alors que, pour la petite famille, tout semble se dérouler normalement et selon un rythme immuable : plage, sieste, piscine, marché à Paimpol, bateau… jusqu’au jour où un homme, décontracté, séducteur et habile arrive pour annoncer le retour de Philip, « le fils prodigue ». Il s’appelle Boris, plaît au père - entrepreneur qui a laissé l’entreprise à son gendre André-Pierre - plaît aussi à la mère, aux deux filles Julie et Vanessa, et même aux enfants du couple.

Seul André-Pierre décèle l’escroc et c’est là que bascule l’intrigue. 

Dosette de lecture n°195 : Serge Joncour : « UV », UV à hauts risques …

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Juke-box n°29 : Michel Berger : Le paradis blanc, la vigueur des poissons d’argent...

Publié le par Eric Bertrand

Qui n’a jamais eu l’envie de crier au ras le bol, de tout laisser tomber et de s’échapper loin du monde afin de rejoindre l’espace dont on rêve dans « nos rêves d’enfant » ? On a déjà évoqué ici « la nouvelle adresse » de Pierre Perret ou « le rafiot craquant » de Charles Aznavour. Avec Michel Berger, c’est encore plus loin, c’est « le paradis blanc » ; pas le Groënland façon Trump, mais l’espace libre où on peut « courir » et même « dormir, tout seul avec le vent ». Se dérouter, oublier le temps qui passe et la folie de tous les jours : « Tant de vagues et de fumée », « de regards de haine et de combats de sang », de « téléphones qui sonnent » qui ne portent que du vent, et puis surtout, tout « ce faux, ce vrai » qu’on « n’arrive plus à distinguer ».

Au bout du compte, on en est là ; on se sent « blanchi comme un cheval fourbu, glacé dans un lit de hasard », on a l’impression amère d’avoir « tout donné » et d’avoir « usé les claviers ». Alors l’issue est ailleurs, du côté des « baleines et des poissons d’argent » ; il faut en effet recommencer autre chose et se laisser gagner par cette « future vigueur » chère à Rimbaud, vigueur imitée des « manchots qui s’amusent dans le soleil levant » parce que « l’air est si pur qu’on se baigne dedans » et parce qu’on peut parler de tout « aux poissons d’argent », sauf d’argent.

 

Juke-box n°29 : Michel Berger : Le paradis blanc, la vigueur des poissons d’argent...

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Dosette de lecture n°194 : Mickhaïl Boulgakov : « Le Roman de monsieur de Molière », le théâtre dans le confessionnal.

Publié le par Eric Bertrand

Comment un enfant de « bonne famille » du XVIIème siècle échappe-t-il à son milieu, et à l’emprise de son père, tapissier du Roi, qui pourrait lui offrir une situation toute faite ? Est-ce à cause de l’influence de sa mère et de son grand-père qui lui donnent le goût des « lubies » et du théâtre ?

En vérité, c’est une passion précoce qui conduit Jean-Baptiste Poquelin et qui le mène, dès qu’il a du temps, devant diverses scènes, des plus nobles aux plus vulgaires et sans aucun souci d’honorabilité : « Que de merde peuvent répandre ces culs qui ne connaissent pas les caleçons » écrit le poète Scarron à propos de certaines comédies. Avec le soutien de son grand-père, le futur Molière tourne le dos à la carrière qu’on lui avait assignée et intègre le prestigieux collège de Clermont où il se forme aux côtés d’autres élèves aux destinées exigeantes.

Puis viennent les années sur les routes, avant le retour à Paris et au Petit-Bourbon, la rencontre de personnages hauts en couleurs, proches ou adversaires, spectateurs ou acteurs : Scaramouche, les Béjart, Gros-René, la Du Parc, Jodelet, le Prince de Conti, Philippe d’Orléans, Corneille, Racine, La Fontaine et même le Roi qui, face aux épreuves que réservent toujours l’audace et la gloire, lui sera un fidèle allié…

Et arrivent les grandes pièces où Molière fait vaciller les dévots, la morale et la religion, bouscule la justice, les médecins, les bourgeois, les nouveaux nobles, interroge le statut des femmes et le sens de l’intelligence, les pouvoirs de l’esprit et ceux de l’hypocrisie sans jamais reculer, quitte à dire comme Alceste : « Je ne hais rien tant que ces contorsions de tous ces grands faiseurs de protestation… Et quand je vois vivre entre eux les hommes comme ils font, je ne trouve partout que lâche flatterie, qu’injustice, intérêt, trahison, fourberie. »

Dosette de lecture n°194 : Mickhaïl Boulgakov : « Le Roman de monsieur de Molière », le théâtre dans le confessionnal.

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