Certains des amateurs de ce blog et du travail mené pendant une dizaine d’années avec les lycéens s’étonnent
de ne pas voir l’aventure reprendre sous une autre forme ici. A ceux-là je répondrai simplement : je n’ai jamais été un « forcené du théâtre ». J’ai pris plaisir à
en faire en compagnie d’élèves volontaires et désireux de progresser dans la connaissance des relations humaines et l'approfondissement des valeurs humanistes.
J’ai trouvé dans les lycéens un public attentif, sensible aux thématiques que j’avais envie de développer dans mes
pièces. Les élèves que je côtoie cette année sont trop jeunes. Ils ne disposent pas de plage de temps libre (excepté entre midi trente et treize heures trente, entre la
dernière gorgée et la seconde rafale des cours de l’après-midi…)
Je ne veux pas m’agiter dans une petite salle à côté de la permanence après avoir connu la salle du
Moulin à Sons. Je ne veux pas les voir brailler un texte et ricaner devant leurs camarades de la cour de récréation. Pour moi, le théâtre est en veilleuse. Je dispose de temps
pour vaquer à d’autres occupations qui me demandent elles aussi du temps libre et qui ont notamment l’avantage de me donner de l’espace.
Les lecteurs de ce blog savent que mon amie Marina, Américaine, est en train de travailler avec vaillance à la traduction et adaptation du "Ceilidh" pour une scèe américaine. Cela a aussi pour
effet d'améliorer son niveau de français qu'elle lit mieux qu'elle ne parle. Voici un mot que je viens de recevoir de sa part et qui montre que l'affaire est en bonne voie...
"(...) Je continue à travailler à "Le Ceilidh". En novembre nous aurons une exposition de mode au centre irlandais. Peut-être je rencontrerai un directeur artistique (...) "
Back to the "Ceilidh"... right to the gaelic area !
C’est la théorie de Michel Schneider (écrivain psychanaliste, découvert dans ce blog l’an dernier à
propos de son beau roman sur Marilyn Monroe) : tout écrivain, tout individu même ne fait que reproduire des mots qui ne lui appartiennent pas.
Cela me rappelle les propos désobligeants d’une collègue à propos de mon « Loft History
2084 » qu’elle accusait de « plagiat ».
A cette époque, mon intention était, dans mes pièces, de servir la littérature par des œuvres revisitées et
recréées. Par des clins d’œil littéraires, je voulais rendre Orwell ou Tennessee plus accessibles, et montrer en même temps leur incroyable modernité dans des domaines
comme celui de la téléréalité ou de « l’ultra moderne solitude » chère à Souchon…
J’ai en effet participé à deux reprises à cette opération qui vise à promouvoir la
littérature contemporaine dans le cadre des lycées. Comme je l’évoquais rapidement dans l’article précédent, l’association qui organise l’expérience intérieure des régions me proposait ce titre
d’intervenir au cours d’une réunion afin de présenter plus particulièrement le travail que j’ai proposé dans le cadre de l’utilisation de l’outil internet.
On se souvient peut-être que, sitôt que l’opération avait commencé, j’ai voulu la mutualiser les expériences
menées en classe et en lecture avec l’ensemble des collègues afin de collaborer en direct. Je vais donc présenter une synthèse de ce que cette collaboration accrue a apporté à l’esprit
du Goncourt des lycéens.
On se souvient de la grande époque du Goncourt des lycéens qui avait doublé ce blog (à
l’époque consacré à la mise en scène du « Ponton ») d’une rubrique spéciale (voir les pages écrite entre septembre et décembre 2006)
Grand moment de partage autour des livres de la rentrée littéraire et plaisir de se retrouver
autrement que dans la structure des cours habituels. Voici la bonne surprise mail que j’ai reçue récemment.
Nous fêtons cette année les 20 ans du Goncourt des lycéens en
organisant une journée destinée aux anciens participants,
enseignants, documentalistes et élèves... Le rendez-vous est fixé à
Rennes le samedi 20 octobre prochain (oui c'est très bientôt...) pour
une journée d'études et d'échanges baptisées "le Goncourt des
lycéens, 20 ans après".
Nous y prévoyons une série de témoignages d'anciens participants
entrecoupés d'extraits des 19 romans lauréats lus par des lycéens
rennais, une analyse sociologique de la formation du jugement dans le
cadre de cette opération (par Martine Burgos), un regard critique sur
les choix des lycéens depuis la création du Prix (par Philippe-Jean
Catinchi), le tout sous le regard bienveillant d'Edmonde Charles-Roux.
Dans ce courrier d’invitation, on m’offre une intervention, laquelle ? J’y reviens demain.
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/