Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Julien Clerc : et maintenant ? (4/4)

Publié le par Eric Bertrand

             Il y a dans la constitution profonde de tout individu cet effet d’imprégnation qu’exerce l’œuvre d’un auteur quel qu’il soit. Cette imprégnation peut être de différentes natures, et il ne faut pas négliger l’influence que peut avoir l’univers musical d’un chanteur
              En ce qui me concerne, il faut bien dire qu’entre neuf ans et vingt ans, j’ai été considérablement marqué par les chansons de Julien Clerc. Un fan, un réel fan à cheveux bouclés ! Jusqu’à quinze ans, je n’écoutais pratiquement que celà… Et celà, c’était les textes d’Etienne Roda Gil et ceux de Maurice Vallet qui ont eu un impact extraordinaire sur la constitution de mon imaginaire.
              C’est donc à une remontée dans le temps et les années soixante-dix que je convierai le lecteur dans mon prochain ouvrage à dominante autobiographique. J'y suis attelé depuis juin dernier, mais le temps manque en ces temps de mutation profonde.
 
"Sur la piste des savanes, je suis le caravanier..." 
 Juju.jpg

Voir les commentaires

Le point de vue de Julien Gracq : Et maintenant ? (3/4)

Publié le par Eric Bertrand

               Avant de donner des précisions sur la question laissée hier en suspens, parcourons les lignes suivantes citées par Pierre Assouline dans son blog le 29 mai 2007 dernier, à propos d’une interview parue dans « le Magazine littéraire » au sujet de Julien Gracq.
 
“Une des particularités de l’écrivain, et qui conditionne profondément son oeuvre, me semble être -s’il n’est pas un polygraphe plus ou moins assujetti à la commande des éditeurs- qu’il secrète de bonne heure autour de lui une bulle, liée à ses goûts, à sa culture, à son climat intérieur, à ses lectures et rêveries familières, et qu’il promène partout avec lui, autour de lui, une pièce à vivre, un “intérieur” façonné à sa mesure souvent dès la vingtième année, où il a ses repères, ses idoles familières, ses dieux du foyer, où son for intérieur se sent protégé contre les intempéries et à l’aise. Sans l’existence de cette bulle protectrice, deux choses demeurent mal explicables. D’abord que l’oeuvre d’un écrivain reste dans son ensemble cohérente et articulée au milieu d’un monde déchaîné -le XXème siècle pour ma génération- qui n’a  souvent été que catastrophes, renversements brutaux, guerres d’extermination et mutation accélérée de toutes ses structures sociales, comme de son environnement technique. Et sans cette “bulle”, il est difficile aussi de comprendre une certaine indifférence de l’écrivain aux vicissitudes de la vie littéraire à laquelle il se trouve mêlé. Il n’est en général ni un grand découvreur de talents nouveaux, ni un lecteur boulimique de ses contemporains. Il se nourrit de son temps, mais il se protège aussi de ses agressions. Il nous semble, à distance, avoir traversé son époque comme le capitaine Nemo dans Jules Verne traverse les océans, passionné par le spectacle, mais toujours derrière la vitre à l’abri de laquelle il a son orgue et sa bibliothèque, et qu’il ne quitte que pour de brèves incursions et descentes dans les abîmes extérieurs. La cohésion de l’oeuvre de l’écrivain est à ce prix; vers la fin de sa vie sa dominante, en fait de lecture, devient souvent la relecture, signature ultime d’une vie intérieure toujours sur la défensive, qui s’est arc-boutée contre les événements qui le menaçaient dans sa continuité organique, tout autant qu’elle en a nourri, une fois filtrée, sa substance littéraire”.
 
              Je reviens demain sur cet « effet Nautilus » auquel fait référence Julien Gracq.

HPIM0264-copie-2.JPG 
 

Voir les commentaires

L’autobiographie : et maintenant ? (2/4)

Publié le par Eric Bertrand

              J’ai laissé filtrer l’information dont sont friands les journalistes au moment où s’achève un projet : quel est le suivant ? On ne sera pas trop étonné de voir le théâtre recalé au profit d’un projet de nature… autobiographique.
              Je me suis toujours méfié de ce genre, depuis le début… Exception faite de « la Route, la Poussière et le Sable » (mais c’est un récit de voyage qui prend aussi des allures de roman d’initiation avec de nombreux « arrangements » fictifs), et de la nouvelle consacrée à mon grand-père dans « Nouvelles pour l’été » (« le dernier été ») je n’ai jamais été à l’aise dans l’étalage au grand jour de mon vécu. Je préfère le maquillage que permet la fiction ou la démultiplication qu’offrent les personnages de la fiction.
              Il me fallait donc aborder ce genre de l’autobiographie (très en vogue à notre époque) non de front mais de biais… J’y reviens demain. 

HPIM0266.JPG

Voir les commentaires

Départ vers La Rochelle. Et maintenant ? (1/4)

Publié le par Eric Bertrand

              Derniers articles, derniers pots, derniers échanges, les aveux, les cadeaux, les émotions, les serrements de mains… L’heure a tourné sur le cadran et le moment du virage est venu. Egalement dans ce blog dont le premier des objectifs était lié à l’aventure de la mise en scène… Quel avenir ?
              D’évidence, la mise en scène semble devoir s’effacer puisqu’aucun projet d’écriture théâtrale n’est au programme de l’année prochaine. Mais les pièces existent et leur renouvellement est possible. La caractéristique du texte de théâtre, n’est-ce pas de renaître sous une autre forme ? Je tiendrai le lecteur informé de ces éventuels « renaissances ». A commencer par mon action dans ce domaine au niveau de La Rochelle. Et puis n’oublions pas le projet américain de Marina sur « le Ceilidh ». J’y consacrerai prochainement un article.
              L’autre objectif de ce blog, c’est aussi de rendre compte de l’évolution du travail de création. A ce propos, si j’abandonne pour un temps l’écriture pour le théâtre, je reprends l’option narrative et nourris un projet d’écriture dont certains détails sont parus dans la presse locale, j’y reviens demain.
              En ces temps de départ, un clin d’œil à tous les anciens de Tennessee par le biais de ce lien sur lequel je suis (par hasard) tombé récemment :

Voir les commentaires

Traduction du prologue en italien

Publié le par Eric Bertrand

                 Pour tourner provisoirement la page de la Sicile, j’ai déjà indiqué dans ce blog que j’avais travaillé pendant mon séjour sicilien à une traduction du prologue afin de le rendre accessible à tous ceux de mes amis qui ne comprenaient pas le français. En voilà donc la réalisation, spécialement dédiée à tous ceux d’entre vous qui comprennent l’italien ou à ceux que les langues attirent !
 
L’opera comincia da una legenda racontata da due vecchie donne : « la Befana sotto le stelle ». Questa legenda é stata sentita dagli protagonisti. Come Angelika, gli adolescenti Salvatore, Gigi, Ornella e Tiziana che sono di Santo Stefano di Camastra, scoprono l’amore… E poi le due narratrice rivelano i segreti della lora giuventù… Ma questo é il segreto del libbro che e scritto in francese…
 
Prologuo
 
Arrivano sulla scena due vecchie donne che si fanno chiamare « la Befana sotto le stelle » : sono bene conosciute nel paese perché racontano fabole ai bambini. Francesca é la narratrice principale e Carolina é quella che aiuta e che illustra le fantasie colle sue ceramiche. Tutte due sono ballerine (ma ora si stancano presto !) Quando entrano in scena, Carolina tira Francesca che é seduta su una caretta tipicamente siciliana, svetita di una vestita di camera.
 
Carolina : adesso, un spettacolo unico ! Stasera per i bambini e per i giovani, un spettacolo unico !Stasera è la serata della narratrice. « La Befana sotto le stelle » ! Ogni estate torna la Befana sotto le stelle sulla piazza del villaggio, porta Messina ! E l’estate siciliano che ricomincia e le tele della tradizione sono ricamate nel cielo. Seguite la storia, perché ecco Francesca che tiene il filo della narrazione !
Francesca : che esce della caretta : ecco Carolina che dipinge e illustra le fantasie ! Benvenuti ragazzi ! Quanto avete cresciuto dall’anno scorso, non ci credo ! Non si vede il tempo che sfuge ! Ma siete sempre fedele !
Le due donne : mostrando giovanni nel pubblico : Giorgio, Sandro, Gigi, Ornella, Tiziana, Lauredana, Alessandro, Ricardo, Giuseppe, Giusy, Carmella, Angelita, Maria, Giuseppina, Enzo, Gaetano, Luigi, Andrea, Lucia, Patrizia, Diletta, Ariana, Francesco, Marinella, Nino …
Francesca : Ancora quest’anno, qua, a Santo Stefano di Camastra, la città della ceramicha e del sole, fedele a la sua tradizione spirituale, « la Befana sotto le stelle » vi raconta una legenda e vi fa sognare e forse riflettere !(Butta la sua vestita di camera)
Carolina : e per cominciare, ragazzi, un po di fantasia e di danza ! (incominciano a ballare)                                    
 
 
Musica e danza : Paolo Conte : « Via con me »
 
 
Francesca : (senza soffio) : un po stanca !... Ho perso l’abitudine di ballare !
Carolina : avvicinate ! Presto ! Avvicinatevi ! Presto ! Presto ! Giovanotto !... Dai !... Ragazzina !... Dai !...Cio che Francesca vi racontera questa sera, non lo domenticarete mai !
Francesca : una volta, da lungo tempo, il cielo stellato copriva il mare e le montagne di Sicilia. L’Etna stava fumando l’ultima cigaretta prima di dormire quando, subito, una striscia luminosa e « badaboum ! », una stupenda specie di ragazzina cade a terra, sotto un olivo. Da dove arrivava ? Chi era ? Nessuno lo sa !
Carolina : chiede al pubblico : forse discendente del Piccolo Principe ?... No ! Strano tipo di pesce volante facendo il surf su un onde di nuvole ?... No ! Specia di sognatrice coi capelli d’oro caduta cosi del cielo ?... No ! No, no e no ! Niente cosi… Assolutamente niente ! Una cosa incredibile!
Francesca : Carolina esce dalla sua valigia il puppo Angélika. Quella notte, i pescatori che stavano a pescare colle lampare dissero che la creatura cavalcava su una stella sfilante.
Carolina : cavalcava perché era vestita con una armatura di cavaliere… Cavalcava su una cometa perché i suoi capelli erano biondi come i capelli delle comete. Capito ?
Francesca : con tutta quella ferramenta sulle spalle, produsse une grande rumore quando cade sulla terra.
Carolina : la ferraglia é pesante ! La ferraglia non é discreta !
Francesca : la ragazzina ruzzolo, pero, la ragazzina non anche sentisse male. Il suo corpo era tanto protetto, blindato, ricoperto di ferro…
Carolina : un cavaliere coll’armatura ! Una corrazza ! Un impenetrabile conchiglia !
Francesca : ma una conchiglia vuota ! Una     conchiglia scavata. Senza nocciolo. Un osso di sepia ! Un osso senza medollo !
Carolina : difficile inizio in nostro mondo per la viaggiatrice degli astri! Sotto la gogna, impossibile sentire ! Impossibile godere! Impossibile sognare ! Impossibile sorirdere ! Impossibile piangere! Impossibile amare !... Si ! Impossibile amare ! Capite questo ?... Lo potete imaginare ?... Appena il momento della sua nascita, la ragazzina sembrava di essere condannata ad un esistenza di folia morta !
Francesca : la povera ragazzina si messe allora a sorvolare su una terra sconosciuta. Forse viaggiando, forse maturando, le cose si arrangierrebero... Si rassuro cosi, quando si alzi colle sue fragile gambe, sotto la pesante armatura.
Carolina : si immerse nello Stretto di Messina, tra Scylla e Charidde, costeggio a lungo lungo il mare, si allontano un po verso le colline, colse i fiori e le arancie, cammino nei templi ed i teatri antichi, penetro nella montagna, bevve a fior di labbra il vino dell’Etna, sgranocchio qualche mandorla.
Francesca : e effettivamente, ogni giorno, cresceva un po di piu... Maturava... Apriva lo specchio dei suoi occhi fissi, cosi grandi come periscopi... I suoi capelli si muovevano come le onde sulle spalle e anche sull’armatura... Sotto il metale, il sole, la luminosità del mare, il calore tiepido della primavera sbocciovano le forme del suo corpo... Tutti gli uomini parlavano di lei e di quella armatura pesante che non lasciava alcune scia.
Carolina : parlavano di lei dappertutto in Sicilia ! A Messina, a Cefalù, a Palermo, a Taormina, a Catagna, ad Agrigente, a Syracusa, a Caltanissetta, nelle isole Lipari, Vulcano e Favignana, anche nei paesi come qua, a Santo Stefano di Camastra !   
Francesca : non si fermava mai a qualche parte la ragazzina.
Carolina : non poteva fare altro che sorvolare la terra siciliana !
Francesca : niente la disturbava, neanche i profumi saporosi dei fiori e delle frutte, neanche le fragranze forte del mare, neanche la carrezza tiepida dello scirocco tra i suoi capelli e le sue gambe. Gli uomini la guardavano, li mendavano baci... Lei non si ritornava ed il suo viso stava di marmo..
Carolina : una ceramicha rosa e fissa. Un viso di terra cotte, con un po di rosso sulle labbre. Era solamente sulla terra per sorvolare cosi...
Francesca : ma una notte, si é finalmente adormentata, in un posto non lontano di qua... Sulla spiaggia di Capo d’Orlando... E allora, e allora, per la prima volta, ha sentito qualche cosa che tremeva nel suo corpo, sotto l’armatura... Ha cominciato a sognare...
Carolina : allungia il puppo : un lungo sogno, un sogno tumultuoso, un sogno d’amore! Un bel sogno d’amore !
 
Musica e romanza italiana - Richard Cocciante : « Il mio rifugio »
 
Francesca : una lacrima é venuta nel suo occhio asciugato e blu... Una lacrima scorse… Poi un’altra, poi un’altra. Un ruscello inesauribile che si é sfuso nella sabbia, li ha solevata dolcemente e l’ha portata sulle onde. E poi, il mare ha tirato il suo bello corpo verso il largo. Allora, la ragazza ha stuffato a prossimita delle isole Eolie. Ed al mattino, rimaneva solamente la sua armatura sulla spiaggia, la sua armatura che brillava sulla sabbia come una conchiglia vuota… Ma certi pescatori di tono racontano che la contrano qualche volta. Racontano che lei é seduta su una zattera fantastica dove abondano fiori e frutta. I suoi capelli biondi ondeggiano, i suoi occhi sono aperti di stupore, ed il suo corpo luminoso e tiepido assomiglia a la prua d’un nave di sirena.
Carolina : cosi finisce la legenda di Angelika, la bella signorina impriggionata nella sua armatura !
Francesca : (si arrabia subito) : stai zitta ! Non é finita la legenda !
Carolina : lo so perfettamente che non é finita !... Ho detto cosi per lasciarti un po di tempo, per rimettere colori sul penello della tua ispirazione !
Francesca : non c’è bisogno !... Allora, io continuo !Un mattino dopo, una vecchia donna che racoglieva le conchiglie, trovo l’armatura sulla spiaggia… Quando vole raccoglierla, tutti i pezzi di metale se dispersero sotto le sue ditta e si solevarono come tanti petali nell’aria legera… Carolina, dai ! Piuttosto di fare il muso, apri il libbro della legenda !
Carolina : (dopo un momento si decide ad aprire il grosso libbro du fabole che sta sulla caretta) : una pioggia di petali si abbaté quello mattino a Santo Stefano di Camastra, provincia di Messina. Subito, e come se fossero animati da una forza sornaturale, gli abitanti si precipitarono per cercare tutto cio che tingeva colore : vino, frutta, fiori, pitture di tutte le colore, pitture vive come l’amore, porpore, rose, gialle, verde, azzure, sole, mare, passione, frenesia… Gli uomini e le donne ridevano e si abbraciavano, e poi… e poi, subito, i ragazzi e le ragazze coi pennelli incominciarono da pingere, da pingere dapertutto, sui piatti, sui bicchierri, sulle brocche, sulle giarre, sui muri delle case, sui marciapiedi delle vie, sulle scale, sui sciottoli della spiaggia… Cosi nacque la ceramicha nella città di Santo Stefano di Camastra.
Francesca : e cosi il futturo era iscritto perCarolina che è diventata pittore di ceramicha !
Carolina : e cosi il futturo era iscritto perFrancesca che è diventata narratrice !
Francesca : adesso é venuta l’ora del raccoglimento ! Giovanni, ragazzi, tornate nelle vostre conchiglie e rifflettete sul senso di questa legenda !
Carolina : quando andrete sulle vostre vespe, mettete i casqui, chiudete le cerniere lampo dei vostri giubotti, tirate il lincuolo fino agli orecchi e fate bei sogni !
 
Francesca torna nella caretta e Carolina tira…

HPIM1852.JPG   A Palermo...

Voir les commentaires