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L’atelier : et après ?

Publié le par Eric Bertrand

              Beaucoup de lecteurs ou amis me posent maintenant la question : est-ce désormais « la fermeture de l’atelier » ?
              Ce n’est pas avec le lycée de Loudéac que l’aventure s’achève… Bien au contraire ! J’espère bien la reprendre dans un autre endroit et qui sait, remonter des pièces avec des nouveaux élèves et un nouveau public.
              Je prendrai plaisir à revoir sur la scène de nouvelles incarnations de Gilda, Ronald Mac Donald, Tom, Thelma, Tarzan, Serge ou Jack… Bref, il faut le temps de « sentir » les nouveaux lieux et de recommencer quelque chose. Le site de l’atelier vivra toujours et nous l’alimenterons, ainsi que le blog qui sera le meilleur repère…

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PS : reçu des nouvelles de Raphaël, patience, le montage du "Ponton" avance !

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« Répliques » sur France Culture : une réflexion sur l’appauvrissement du langage et de la culture

Publié le par Eric Bertrand

Cette question était au centre de l’émission d’Alain Finkelkraut sur France Culture samedi matin. Inévitablement, cela nous ramène à un retour au « Loft History 2084 » sous cet angle.
 
              N’oublions pas que dans ce loft particulier, nos lofteurs étaient des défenseurs de la belle langue et de la grande culture. Ils défendaient ardemment Shakespeare et Marivaux et l’objectif de Big Brother dans ce séminaire expérimental d’un nouveau loft était de les « assommer » en direct et d’imposer un langage appauvri, déshydraté, nourri d’une culture au degré zéro !
              Finkelkraut faisait le constat d’une « infantilisation de la langue » et d’une fâcheuse manie de l’apocope qui l’ampute progressivement de sa richesse et de ses nuances…
              Glissons-nous dans le loft pour entendre les deux « formatrices » (aux noms particulièrement symboliques et crétins !) avertir nos lofteurs des exigences de l’émission…
 
(« … Happy Face : (les faisant se rasseoir). Shut up ! on a dit shut up !
 
Piou piou : Mister le beau parleur, il va falloir parler more simply ! understand ? Vous comprenez ?
 
Happy Face : More simply, simply, simply ! Words ! Only words ! Rien que des paroles simples ! Des paroles simples !
 
Diva : (agacée, elle se met à chanter). « Paroles, paroles, paroles… »
Lex : (elle la foudroie du regard). La principale règle du loft est la suivante : il faut savoir s’effacer à l’écran. et pour cela pratiquer un langage unique, un langage déshydraté, directement accessible à tous : cela s’appelle le « novlangue » et vous en êtes les promoteurs !
 
Fleurette : (sceptique). Difficile de déshydrater Shakespeare !
 
Diva : Difficile de déshydrater Tarzan !
 
Tarzan : Difficile de déshydrater Diva ! (Diva entonne pour le faire taire « la fille aux yeux couleur menthe à l’eau »
 
Happy Face : (s’énervant). Notre époque a bien déshydraté la chanson ! … »
 
Loft History 2084 (Acte 2, scène 2)

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Birds to rule the loft !

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Julien Clerc : et maintenant ? (4/4)

Publié le par Eric Bertrand

             Il y a dans la constitution profonde de tout individu cet effet d’imprégnation qu’exerce l’œuvre d’un auteur quel qu’il soit. Cette imprégnation peut être de différentes natures, et il ne faut pas négliger l’influence que peut avoir l’univers musical d’un chanteur
              En ce qui me concerne, il faut bien dire qu’entre neuf ans et vingt ans, j’ai été considérablement marqué par les chansons de Julien Clerc. Un fan, un réel fan à cheveux bouclés ! Jusqu’à quinze ans, je n’écoutais pratiquement que celà… Et celà, c’était les textes d’Etienne Roda Gil et ceux de Maurice Vallet qui ont eu un impact extraordinaire sur la constitution de mon imaginaire.
              C’est donc à une remontée dans le temps et les années soixante-dix que je convierai le lecteur dans mon prochain ouvrage à dominante autobiographique. J'y suis attelé depuis juin dernier, mais le temps manque en ces temps de mutation profonde.
 
"Sur la piste des savanes, je suis le caravanier..." 
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Le point de vue de Julien Gracq : Et maintenant ? (3/4)

Publié le par Eric Bertrand

               Avant de donner des précisions sur la question laissée hier en suspens, parcourons les lignes suivantes citées par Pierre Assouline dans son blog le 29 mai 2007 dernier, à propos d’une interview parue dans « le Magazine littéraire » au sujet de Julien Gracq.
 
“Une des particularités de l’écrivain, et qui conditionne profondément son oeuvre, me semble être -s’il n’est pas un polygraphe plus ou moins assujetti à la commande des éditeurs- qu’il secrète de bonne heure autour de lui une bulle, liée à ses goûts, à sa culture, à son climat intérieur, à ses lectures et rêveries familières, et qu’il promène partout avec lui, autour de lui, une pièce à vivre, un “intérieur” façonné à sa mesure souvent dès la vingtième année, où il a ses repères, ses idoles familières, ses dieux du foyer, où son for intérieur se sent protégé contre les intempéries et à l’aise. Sans l’existence de cette bulle protectrice, deux choses demeurent mal explicables. D’abord que l’oeuvre d’un écrivain reste dans son ensemble cohérente et articulée au milieu d’un monde déchaîné -le XXème siècle pour ma génération- qui n’a  souvent été que catastrophes, renversements brutaux, guerres d’extermination et mutation accélérée de toutes ses structures sociales, comme de son environnement technique. Et sans cette “bulle”, il est difficile aussi de comprendre une certaine indifférence de l’écrivain aux vicissitudes de la vie littéraire à laquelle il se trouve mêlé. Il n’est en général ni un grand découvreur de talents nouveaux, ni un lecteur boulimique de ses contemporains. Il se nourrit de son temps, mais il se protège aussi de ses agressions. Il nous semble, à distance, avoir traversé son époque comme le capitaine Nemo dans Jules Verne traverse les océans, passionné par le spectacle, mais toujours derrière la vitre à l’abri de laquelle il a son orgue et sa bibliothèque, et qu’il ne quitte que pour de brèves incursions et descentes dans les abîmes extérieurs. La cohésion de l’oeuvre de l’écrivain est à ce prix; vers la fin de sa vie sa dominante, en fait de lecture, devient souvent la relecture, signature ultime d’une vie intérieure toujours sur la défensive, qui s’est arc-boutée contre les événements qui le menaçaient dans sa continuité organique, tout autant qu’elle en a nourri, une fois filtrée, sa substance littéraire”.
 
              Je reviens demain sur cet « effet Nautilus » auquel fait référence Julien Gracq.

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L’autobiographie : et maintenant ? (2/4)

Publié le par Eric Bertrand

              J’ai laissé filtrer l’information dont sont friands les journalistes au moment où s’achève un projet : quel est le suivant ? On ne sera pas trop étonné de voir le théâtre recalé au profit d’un projet de nature… autobiographique.
              Je me suis toujours méfié de ce genre, depuis le début… Exception faite de « la Route, la Poussière et le Sable » (mais c’est un récit de voyage qui prend aussi des allures de roman d’initiation avec de nombreux « arrangements » fictifs), et de la nouvelle consacrée à mon grand-père dans « Nouvelles pour l’été » (« le dernier été ») je n’ai jamais été à l’aise dans l’étalage au grand jour de mon vécu. Je préfère le maquillage que permet la fiction ou la démultiplication qu’offrent les personnages de la fiction.
              Il me fallait donc aborder ce genre de l’autobiographie (très en vogue à notre époque) non de front mais de biais… J’y reviens demain. 

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