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Pirandello et le Ponton (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

Comme à chaque période de spectacle, je vais entamer, à partir de la semaine prochaine, une série de présentations de la pièce dans les classes, ceci afin de préparer nos élèves à, à la fois respecter le travail de leurs camarades, mais aussi à mieux apprécier le contenu du texte qu’ils vont entendre.
              A la différence des autres années, dans le Ponton, je n’ai pas travaillé aussi profondément dans le sens de la réécriture d’une œuvre connue. Cette démarche de nature pédagogique était, on s’en souvient peut-être, explicite dans le Ceilidh (référence à Macbeth) ou encore dans le Tennessee club (référence à Tennessee), dans le Loft History 2084 (Orwell et Huxley), Jack, on the route again (Kérouac)… L’idée était donc de donner envie aux élèves, par le biais de la pièce, d’aller par eux-mêmes, à la découverte de ces grandes œuvres.
              Avec le Ponton , la référence est beaucoup plus subtile. Il s’agit de Pirandello, auteur sicilien né à Agrigente, célèbre à la fois pour son théâtre et pour ses œuvres de fiction. En outre, Santo Stefano s’enorgueillit du fait que Pirandello ait situé l’une de ses 365 nouvelles au pays de la céramique : « la giara »…
              Je reviens sur l’auteur du célèbre Six personnages en quête d’auteur demain.
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Il tempo del Pirandello...

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Le sirocco

Publié le par Eric Bertrand

« (…) Pendant une longue semaine, le sirocco, avait soufflé, tenace sur les terres déjà brûlées de Sicile.
Ce vent tenace, chargé de sable et de poussière saharienne, descend d’Afrique. Il roule avec lui un ciel jaune, une boule de soleil blanc et des restes de cendre. Plus d’étoiles la nuit, plus de lune, plus de mer, une étendue grise, sinistre, un voyage sur un autre globe… »
Extrait de la version narrative du Ponton (chap 2)
              Chaque pays a sa « petite hantise ». Dans les Highlands, à l’honneur l’an dernier, ce sont les fameux « midges », ces moustiques minuscules qui volent en nuées et qui empoisonnent l’existence du campeur par les beaux soirs d’été… En Sicile, le fléau, c’est le sirocco…
              Nos amis se réjouissent pour nous : « le temps peut être si agréable en Sicile au printemps » et en effet il l’a été. « Mais il faudra revenir en été ! L’été est si beau, la mer tellement chaude ! Il n’y a que des Français ou des étrangers du Nord pour oser s’y baigner… Mais en été, c’est un tel ravissement !... Excepté quand le sirocco se lève. Le sirocco est terrible. Il t’anéantit, te condamne à la pièce close. Tu ne peux pas sortir de chez toi, c’est insupportable et parfois, il dure, il dure… »
              Le sirocco est le vent du désert. Quand il s’abat sur la Sicile, son effet est redoutable, d’autant qu’il transporte du sable qui aveugle et qui étouffe. La lumière est pâle, la chaleur insupportable, la nuit comme le jour, et la tiédeur du souffle n’a rien de sensuel comme le voudrait l’image qu’emploie Francesca dans sa tirade sur l’éveil d’Angelika :
 
« (…) Francesca : rien ne la troublait, ni les parfums suaves des fleurs et des fruits, ni les odeurs fortes de la mer, ni la caresse tiède du sirocco qui passait dans ses cheveux et entre ses jambes. Les hommes la regardaient, lui envoyaient des baisers… elle ne se retournait pas et son visage restait de marbre (…) »
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Chiudi la porta, c'é lo sirocco !

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Fiat 500

Publié le par Eric Bertrand

Miteuse, pneus crevés, carrosserie piquée de rouille, mais sans bosse, derrière l’écran d’élégance de la jeune mannequin qui posait pour les photos d’un magazine dans l’article d’hier, la Fiat 500 était déjà mise en vedette….
                  On la voit partout en Sicile. J’imagine très bien un Salvatore un peu plus âgé, arriver sur la scène non pas sur sa trottinette mais à bord de sa Fiat 500. Il faudrait aussi les moyens techniques du cinéma…
                  La Fiat 500 est une voiture tout en rondeurs, en ventre gonflé et en fesses, et pourtant tellement passe-partout. Voiture poisson-pilote, pour circuler dans le madrépore palermitain, avec sa cuirasse et sa silhouette de créature des profondeurs, sans branchies, sans rétroviseurs. La ville glisse sur le fer de sa carlingue.
                  "Topolino" comme la surnomment les Italiens. Voiture du club Mickey. Epave à la sortie du « mercato » de Palerme, sommeillant dans l’arrière-cour d’un vieux palais, cavalière, à cheval sur un trottoir dans une rue de Messine, audacieuse, sinuant dans la circulation à l’entrée de Palerme, silencieuse dans la vitrine d’un concessionnaire Fiat, sagement garée entre une alfa Roméo et une grosse Fiat, torse nu, toutes portes ouvertes sur le port de Cefalù, légère, au sprint, carosserie bariolée, maillot à pois rouges, « éléfantino » sur la montée pavée qui, du centre de Santo Stefano, monte à la colline...
Dov'è la bicicletta Gigi ? 
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La référence

Publié le par Eric Bertrand

Ecco la Primavera !

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Botticelli : apparition (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

HPIM1815.JPGD’abord une info pratique : suite à un problème inattendu (au niveau salle) la répète du 12 mai prochain est annulée : elle sera remplacée par une répète le mercredi 9 dans l'après midi en présence de tous les musiciens. Puis viendra celle du jeudi 10, celle du mardi 15 enfin, qui devrait être LA GENERALE, à partir de 19h00.
 
« (…) A ce moment, au beau milieu du corso, il vit s’avancer dans leur direction un « spécimen » qu’il ne put identifier. Interloqué, et tout entier à l’examen de la créature, il ouvrait la bouche, ajustait ses lunettes. Ce qui le saisissait, c’était la blondeur et l’élégance. Cette fille-là avait quelque chose de particulier dans la démarche et dans le vêtement, une grâce spéciale qui touchait tout, les pieds, les jambes, la taille, le ventre, la poitrine, le visage et jusqu’au petit bout de langue qu’elle tirait.
Le temps s’était suspendu. Le café faisait probablement effet : les doigts de Gigi s’étaient mis à trembler et le souffle haletait (…) » Version narrative, extrait chapitre 7
 
              Un mannequin qui pose pour un magazine… Une beauté au ralenti puisque, à la différence des autres passantes, elle ne passe pas…au contraire, elle appuie le geste, avance, recule, sourit avec un plaisir insisté. Le rouge à lèvres est à point, le pantalon moulant la toile des jambes, les cheveux artistiquement arrangés « à la Primavera » de Botticelli.
              Elle le sait, elle passe une main dans les cheveux qui ondulent. Les doigts tièdes de printemps. C’est devant la cathédrale, il Duomo, qu’elle pose pour un petit groupe de photographes et de techniciens complices du jeu de scène. Une Fiat 500 est posée là, devant la cathédrale, comme un volume supplémentaire, pour faire jouer les contrastes, les couleurs, les symboles, les anachronismes, que sais-je ce qui se passe dans l’esprit affolé du photographe qui joue de l’appareil comme d’une gachette.
              Et le matin suivant, sur un passage clouté, au détour d’une place remplie de palmiers, elle porte une robe à fleurs courte, le soleil est plus chaud. Elle a retrouvé le même sourire, le même pas de danse, au ralenti, Botticelli est peut-être derrière elle. Mais cette fois, le car de l’aéroport ne fait que passer, le chauffeur klaxoner et le photographe courrir derrière ce spectre de beauté prisonnier dans la lumière.
 
Momento di Primavera.
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