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Répétition du 24.04 : conjonction entre comédiens et musiciens

Publié le par Eric Bertrand

              La conjonction des musiciens et des comédiens opère peu à peu, mais ce n’est pas sans difficultés que nous partageons la scène. Beaucoup de monde, d’instruments, de larsens, de sensibilités diverses… On interrompt souvent pour accorder un instrument, fixer un morceau, guider un chanteur… Les comédiens ne retrouvent plus les conditions de jeu habituelles, ils sont perturbés, obligés d’attendre sur la scène ou en coulisses, ou dans la salle que le morceau soit réglé. « L’Italiano » ne démarre pas ! « Gigi l’Amoroso » ne trouve pas la « note bleue » ! Paolo Conte piétine… Et puis par moments, la magie prend, un air en suspension, un enchaînement particulièrement réussi, une complicité entre le texte et la musique, le comédien et le musicien… Image oasis qui donne une image rêvée du spectacle à venir…
              Nous n’en sommes pas là, il y a, à l’issue de cette répétition (et dans la perspective des nombreux fériés qui s’annoncent…), nécessité de fixer des rendez-vous et de jouer à la fois « dissociation » et « conjugaison » des deux groupes. Je propose aux comédiens deux rendez-vous pour « redonner la priorité au texte » : jeudi 3 et jeudi 10 à partir de 19h30 au Moulin. A ce rendez-vous s’en ajoute un autre avec les musiciens qui promettent de se rôder d’ici là, le samedi 12 mai à partir de 13h00 au Moulin. A ce moment, les choses devraient avoir progressé…
Musica sulla barca...

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Question de parcours

Publié le par Eric Bertrand

« (…) Carolina : elle plongea dans le Détroit de Messine, entre Charybde et Scylla, longea longtemps la côte, s’écarta un peu sur les collines, cueillit les fleurs et les oranges, marcha dans les temples et les théâtres antiques, s’enfonça dans la montagne, but du bout des lèvres le vin de l’Etna, grignota quelques amandes (…).
 
              A la veille d’un bilan sur la répétition d’hier, je reprends en écho à ce que relatent les diapos, le fil du reportage… Le voyageur en Sicile est confronté à l’embarras du choix. Où aller ? L’île est immense. Les routes sont sinueuses dès qu’on quitte les rivages. Les courbes de niveau sont importantes. Axons notre parcours sur l’itinéraire indiqué dans le ponton.
              Détroit de Messine, port de Milazzo, plage de Capo d’Orlando, s’enfoncer dans les collines et traverser les sites archéologiques (Ségeste, Selinunte, Piazza Armerina…) Et le fantasme des produits de la Terre, les oranges déjà mûres, les amandes, le vin de L’Etna, il porte le nom de « Cyclopeo », et puis du côté de la mer, poulpes et espadons : ce sont des pêcheurs locaux qui apportent le poisson. Je les ai vus mouiller la barque un matin, alors que je m’étais installé sur les galets de la plage de Torremuzza pour traduire en italien la légende d’Angelika. (Je reviendrai sur ce motif)
Pescatori a Torremuzza...
PS : à la demande de certains de mes lecteurs, je donne une traduction des commentaires italiens qui ont été récemment postés par Marinella.

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Diapositives sur fond de ponton (dans la transparence de la mer !)

Publié le par Eric Bertrand

D’abord, je signale un article sur « le Ponton » sur le site « Lirado » dont il faut souligner la qualité et le caractère éclectique : une mine pour les adolescents qui aiment lire…
 
             Voici comme promis la présentation chronologique des moments de scène où l’image viendra relayer le jeu des comédiens et des musiciens :
-          Le début du prologue, et pendant la tarentelle, pour planter le décor de Porta Messina. Dix vues prises Porta Messina mais aussi quelques céramiques en gros plan photographiées devant les boutiques de Santo Stefano ; l’idée est de mettre l’accent sur la tradition.
-          Le moment de rêverie sur « le voyage d’Angelica » pendant la chanson de Cocciante : des vues de Sicile : vingt vues à travers toute le pays (paysage et histoire…)
-          A la scène 1, quand Gilda se prélasse sur le ponton : dix photos de plages pour camper le décor de la mer mais aussi du village de Santo Stefano et de la « Porta Palermo » qui donne sur la plage.
-          Pendant la chanson « gli amanti di Roma » : dix images de mer mais aussi de villages en hauteur , cette série prolonge la précédente et relate la « promenade en ville » qu’a effectuée la jeune fille, la veille.
-          A la scène cinq, au début, treize images pour planter le décor de la Porta Messina, porta Palermo et des bars. On revient là dans l’enceinte de la petite ville avec ces quelques vues de l’ambiance aux bars, jeunes ou vieux dans les rues de Santo Stefano.
-          A l’épilogue, au début, décor de fin de saison, mer agitée. Une série de onze clichés dont le point commun est « le ciel chargé de nuages ». Le but est de faire sentir au spectateur cette impression si particulière et mélancolique du fameux « hors-saison » que chante Cabrel.
-          A l’épilogue, « Sono belle le cose », détails de vie et de beauté… Pour finir sur cette touche d’espoir, une série de treize clichés qui montrent la valeur des petites choses, « plaisirs minuscules » qu’évoque Delerm. « La dernière gorgée de café ou de capuccino » par exemple.
Adesso, un spettacolo unico... C'est la soirée de la conteuse !

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Projection de diapos en fond

Publié le par Eric Bertrand

              Nouvelle parenthèse dans le reportage pour informer le lecteur d’un aspect important de la mise en scène : le diaporama. L’un des objectifs du voyage que je suis en train de relater, c’était précisément de réaliser quelques prises de vue utilisables à la fois pour le blog et le spectacle.
             Nos mises en scène sont toujours, comme disent par snobisme les gens de théâtre, « minimalistes ». Loin des effets de mode, je trouve simplement que ce type de mise en scène permet notamment aux comédiens de se colleter plus physiquement au texte. Et puis, comme les pièces prennent pour toile de fond des pays lointains, j’ai pris l’habitude depuis quelques années d’utiliser un fond de diapos.
              Avec l’évolution des techniques, cet aspect de la mise en scène repose sur un outil plus fiable et plus performant : le vidéoprojecteur. Je mettrai prochainement en ligne chaque matin l’ordre du diaporama tel qu’il défilera sur grand écran devant le spectateur. En attendant, dès demain, l’énoncé des six « épisodes » diapositives…
Andiamo a vedere la Sicilia sul teatro !

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Torremuzza

Publié le par Eric Bertrand

« (…) La scène se déroule au large d’une petite plage, sur un ponton.
Le ponton est matérialisé par une estrade au milieu de la scène.
Une jeune fille y est allongée et se prélasse dans son peignoir.
 
Gilda : il est à peine huit heures du matin… Qu’on est bien ! Elle se redresse, fixe l’horizon. Ma nouvelle maison est en face, à Torremuzza... Tout là-bas, sur la plage… Elle est blanche. Blanche sous le ciel bleu. Elle est belle ! Une maison de carte postale… Sur la colline, on distingue le village de Santo Stefano di Camastra. Le village de la céramique !... C’est l’été. Au printemps dernier, peu de temps après notre arrivée ici, j’ai demandé à mon père d’installer ce ponton à cinquante mètres de la plage ! J’y suis tous les matins, bien avant tous les autres !… A la vérité, je n’aime pas la populace ! (…) »
 
              Je n’ai pas voulu faire de la littérature trompeuse mais force est de constater… Les lieux réels n’ont pas grand-chose à voir avec le texte de référence. Ce n’est pas un parti-pris de transformation du réel mais tout simplement la volonté de suivre la logique d’une Gilda FERRARI qui ne supporterait pas un tel environnement… La beauté est ailleurs, là où son oeil n’irait pas…
              A Torremuzza, pas de ponton, de plage de sable, de villa blanche ou d’allée d’oliviers. Mais de gros galets ronds, des maisons appuyées sur des échafaudages, la vieille voie ferrée et des rails dont la rouille voyage au rythme des tortillards en provenance de Palerme sur les énormes barils, citernes, hangars, bidons d’une usine désaffectée, sous le pont pisseux de la voie ferrée, sur le blanc terni des galets de la plage.
              Une femme met une poubelle dans un containeur. Soudain, elle sursaute, deux chats affamés et faméliques sortent du tas de détritus, l’œil fâché. Un clan de chats à élu domicile sur le fond crevé d’une vieille barque isolée sur les galets comme un ponton à la dérive. Mais sur la colline en face, la petite ville de Santo Stefano pointe dans le matin, mauve sous le soleil, et sous le miroir de l’eau, les galets sont devenus bleus. Comme le dit Gilda, contemplant du ponton la colline :
 « La musique du grand jour monte de la place du marché et je referme les yeux pour l’écouter. »
 
Faites comme elle, écoutez cette chanson très en vogue en ce moment en Sicile : http://www.youtube.com/watch?v=FiohgoiKw40
Ferrari, Gilda Ferrari... "Quel bolide !"

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