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Lirado : interview 3

Publié le par Eric Bertrand

          Au lendemain du café littéraire de Dinan, je réserve mes commentaires à plus tard et, par souci de continuité, publie l’étape trois de cette interview dont les questions sont pertinentes et témoignent d’une réflexion intelligente sur la démarche que j’ai adoptée dans cette aventure de l’écriture. Je fais également une parenthèse dans le diaporama écossais !
 
Comment avez-vous eu l'idée d'écrire des pièces de théâtre pour vos élèves afin d'ensuite les jouer ?
              J’animais un atelier de théâtre au lycée et l’ambiance était bonne et décontractée avec les élèves. Le problème qui se posait en début d’année, c’était de trouver des pièces qui présenteraient suffisamment de personnages pour satisfaire à la demande… Par ailleurs, j’avais à chaque spectacle, envie de mettre de la musique dans les textes, pour en souligner le rythme. Une collègue me parlait de son activité claquettes qu’elle pratiquait avec passion. Je lui ai donc suggéré de nous rejoindre et de former certains des comédiens à cette activité. Pour ma part, je ferais en sorte de donner aux claquettes une fonction particulière dans la pièce. Une autre collègue, professeur d’anglais, nous a rejoints et nous avons tourné nos spectacles vers un horizon anglo-américain. Dans mon travail d’écriture, je trouvais amusant et stimulant de respecter ce cadre défini. Et puis j’avais envie d’écrire dans une langue et à partir de thématiques qui toucheraient davantage les jeunes. Le souvenir de l’espace américain continuait de me hanter. J’avais envie de faire des planches une espèce de bateau ivre sur lequel j’emmènerais les élèves dans une aventure particulière...
              La première aventure fut celle de « Jack on the route again », pièce qui racontait comment l’écrivain Jack Kérouac partait sur les routes des Etats-Unis. Pour cette première réalisation en 2001, les élèves de l’atelier ont collaboré avec moi à l’écriture et mon éditeur a accepté de prendre le risque de la publication. (Colette If du Loup des Acqs, aléas, 2001). Puis ce fut Gainsbourg, « l’Homme à la tête de chou est au cœur d’artichaut » (non édité du fait des problèmes liés aux droits d’auteur), puis le « Loft History 2084 », (Aléas 2003), puis « le Tennessee club » (Aléas, 2004) drame qui se jouait au beau milieu du désert californien, enfin, cette année, c’est l’Écosse et ses Highlands, « le Ceilidh » (Aléas, 2006). Cette mémoire se trouve sur le site suivant : http://www.atelier-expression-artistique.com

J’ajoute que j’essaie aussi, dans chacune de mes pièces, d’ouvrir les comédiens et les spectateurs à l’univers particulier d’un grand auteur de la littérature anglo-américaine : dans l’ordre, Kérouac, Lewis Caroll et Nabokov, Orwell, Tennessee Williams, Shakespeare…

 

 

Meurtre à l'extincteur dans "l'Homme à la tête de chou et au coeur d'artichaut"

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Lirado : interview 2

Publié le par Eric Bertrand

                   Aujourd’hui, jour du « café littéraire » à Dinan, et occasion de ressusciter le Ceilidh et sa genèse (notamment par rapport à Macbeth), je publie le deuxième épisode de cette interview, il concerne la naissance de l’écriture. Question délicate à laquelle je peux donner toutefois une date précise.
 
Depuis quand écrivez-vous ?
              J’ai commencé à écrire des poèmes à quinze ans, mais le véritable travail d’écriture a commencé pour moi en 1984, lorsque que j’ai voulu raconter mon voyage en auto-stop autour des Etats-Unis. Il m’était arrivé de nombreuses aventures et mésaventures, j’avais croisé « on the road » beaucoup de gens intéressants ou insolites, vu des paysages fabuleux. À chaque fois que j’en parlais, je trouvais le témoignage insuffisant. Les gens focalisaient toujours sur les épisodes les plus marquants (nuit en prison, tribunal, vol de nos affaires par un petit malfrat, violences diverses…) et passaient à côté de tout le reste... J’ai donc décidé de prendre la plume et je me suis attelé à une tâche lourde, complexe, passionnante : c’est vraiment là que j’ai découvert le travail d’écriture…c’était mon premier récit qui allait trouver dix ans plus tard son éditeur : la Route, la poussière, le sable (Aléas, 1993)
 
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Quite morning in Caithness

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Lirado : interview 1

Publié le par Eric Bertrand

              Je profite de cette période de transition entre deux aventures théâtrales pour publier une interview qui devrait être accessible sur le web à partir du 15 juin prochain. C’est aussi l’occasion de faire le point sur la démarche que j’ai adoptée dans le processus de l’écriture : il y a sept questions qui m’ont été posées : elles serviront de base à mes articles à venir après quoi, c’est promis, j’en dirai plus sur l’an prochain et je reprendrai le fil du voyage en Ecosse et de ses révélations !
 
Qu'est-ce qui vous plait dans l'écriture ?
              J’ai le sentiment que l’écriture est un objet physique qu’il faut travailler comme un objet brut. C’est ce travail-là qui m’intéresse, celui d’une matière qu’il faut malaxer, pétrir, façonner afin de parvenir à la plus juste expression. J’avais un grand-père sculpteur, (celui que j'évoque dans les Nouvelles pour l'été, un arrière-grand-père bourrelier (son métier consistait à faire des selles pour les chevaux et à travailler le cuir). Je me souviens que, tout petit, je les regardais faire avec admiration et je me disais qu’ils avaient de la chance de parvenir à donner une si grande élégance à de la matière brute.
 
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Sunset on the loch ...

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Et maintenant ?

Publié le par Eric Bertrand

Je vous devine, au détour de ce blog : ça y est, le spectacle est terminé… Et maintenant ? L’objectif même de ce blog semble devoir se diluer alors même que les acteurs se sont déjà séparés, égarés comme un vol de moineaux, fin des cours, prépa de bac, corrections diverses…
              Et pourtant, tout n’est pas réglé avec l’Ecosse : il me reste à rassurer les inconditionnels de ce pays (et j’en connais quelques uns)… Je vais en effet continuer mon journal de voyage que je n’ai pas encore terminé. J’ai promis des révélations importantes à venir.
              D’autre part, l’aventure du « Ceilidh » n’est pas encore achevée. Comme tout livre, il vit sa propre vie. Par exemple samedi soir, à partir de 20h30, je vais animer une « conversation littéraire » au Café Poche de Dinan. J’ai déjà évoqué cette opportunité de rencontre avec les familiers de ce café qui fonctionne, grâce à son libraire, Edouard Rumel, un peu à la manière d’un café philo.
               Et puis, il n’y a pas que « le Ceilidh », il y a le reste de l’œuvre. Prochainement paraît sur le web une interview à propos du Loft. Dans les jours qui viennent, j’en publie les fragments dans ce blog.
              Enfin, l’aventure de la scène s’enracine dans cette période précieuse qui me laisse un peu plus de temps libre (ce blog a un an depuis le 1er juin dernier et ses premiers articles renvoyaient bien à « la genèse » et aux aternoiements de ce « ceilidh »). En d’autres termes, il me faut envisager l’année à venir… J’ai ma petite idée là-dessus et j’y reviens prochainement (un peu de suspense !)

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What is to come now ?

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Réactions parmi les élèves

Publié le par Eric Bertrand

Il ne faut pas attendre pareil enthousiasme chez nos élèves. Certains sont venus là avec la ferme attention du « tuer du cours ». Et puis la paresse intellectuelle de beaucoup qui achoppent à la mise en abyme s’exprime un peu trop facilement : « trop compliqué ! ». C’est vrai qu’il faut faire un effort, mais l’effort est un exercice stimulant.
              J’ai croisé des élèves qui ont adoré et qui sont revenus. Les réactions sont donc très diverses et c’est pourquoi j’ai opté pour un questionnaire sur la pièce, de façon à tirer des conclusions plus fines. Je viens d’en récolter la plupart. Quelle conclusion ?
              Ils ont aimé le jeu des sorcières, le machiavélisme de Ronald, les diapos qui « les emmènent et les font voyager », la musique, la chanteuse, les scènes violentes (« celle où Matthieu explose la tête de Ronan ! »)… Quelqu’un souligne la qualité cynique de Sheumas qui fait rire tant il est froid : par exemple, quand il avertit John au sujet de la ration d’eau et qu’il se tourne vers le public : « l’eau coûte cher ! ». Un autre signale « le rap de la sorcière ». Tous apprécient le mélange des genres (comique et tragique) et des registres : en effet, musique, claquettes, textes disent tous à leur manière quelque chose sur le sujet…
              Je finirai sur un avis de spectateur qui en dit long sur le niveau de certains de nos élèves : à la question « quel personnage avez-vous préféré et pourquoi ? », il répond : « la sorcière Diana parce qu’elle boit ! »

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The open loch at Drumnadrochit.

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