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Kilt : toute la "panoplie"

Publié le par Bertrand

              Après cet intervalle, revenons au kilt. Lorsque les sorcières s’en prennent à Max (cet échange n’est pas dépourvu de lubricité, du moins dans le jeu de scène et dans les éclats de voix de Suzy à qui j’ai suggéré de lancer sa phrase comme si elle invoquait un objet aphrodisiaque…), elles lui reprochent de manquer d’élégance parce que, justement, il n’a pas de kilt… 
 
« Lou : Va te laver les mains ! Va te laver les mains ! Et toi, quitte ton pantalon !
Diana : Va enfiler un kilt !
Suzy : Le kilt des Mac Leod !... Tartan jaune et noir… C’est la tenue de bataille !
Diana : Choisis d’abord le tartan vert et noir, c’est la tenue de soirée !
Lou : Mais ne reste pas en froc ! C’est indigne d’un tel soir ! »
 
              Aux yeux d’un Ecossais, le kilt est sans contestation le vêtement qui fait honneur. Les hommes le portent à l’occasion des mariages, des soirées chics, au cours des « fêtes » comme les « Highland games » (sortes de tournois tribaux entre villages) ou les fameux « ceilidh ». Mais j’ai aussi vu un petit monsieur faire ses courses au supermarché équipé de son kilt ! Le fait est qu’il est naturel d’en porter un et qu’il n’y a là rien de folklorique, ni d’efféminé… Bien au contraire. Le kilt est revendiqué comme signe de virilité. Beaucoup de jeunes attendent de leurs parents qu’ils leur offrent ce signe de reconnaissance dans une lignée. L’habit est fait sur mesure, pour qu’il tombe bien.
              L’extrait de la pièce que je viens de citer n’est pas seulement une plaisanterie de sorcières ! Même si elles le disent avec une pointe d’excitation sur la scène, elles rappellent que souvent, il existe, pour le même clan, deux types de tartan : l’un connoté « guerrier » et l’autre connoté « convivialité ». Le kilt de bataille des Mac Leod ressemble à la robe du frelon et n’est pas très gracieux, il faut le dire. En des temps de cordialité, j’avais bien sûr opté pour l’autre tartan… On y revient demain.  

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"That's my land ! " (Collection personnelle)

 

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Répétition du 22 mars (suite)

Publié le par Bertrand

             L’autre défaut signalé chez les jeunes comédiens, c’est aussi celui lié à la monotonie vocale : un texte est vivant et doit permettre au comédien de jouer sur les nombreuses  facettes de son personnage. Toute la supériorité de l'acte de théâtre sur l'acte de lecture est ici vérifiée et atteste de la validité de la formule de Kafka qui dit : « si la lecture n’est pas une expérience physique, ce n'est pas la peine de lire ». Le public au théâtre n'est pas forcément consommateur de livres, mais il peut être captivé par ce qui est dit sur scène, à condition que le comédien l'entraîne avec lui !  Prenons un exemple toujours dans le même extrait et suivons Rebecca quand elle dit :
 
« Rebecca :Alors emmène-moi loin d’ici, Ronald ! Un jour, tu m’as dit qu’on partirait ensemble pour le Brésil ! Alors, ne tardons plus ! Lou appartient à une grande famille. Elle nous a assuré que là-bas, elle connaissait des gens haut placés, et que nous y vivrions comme des princes… Je ne veux plus de cette vie de saltimbanque ! Tu as les moyens de vivre autrement et d’entretenir comme une reine l’ex Lady Macbeth ! Eh bien, tu sais que Lady Macbeth est prête à tout pour nous deux ! Elle est prête à mordre, pourvu qu’on lui donne viande à son ambition. »
              Après la détresse, la frénésie tragique dans laquelle nous l’avons vue, elle redevient un instant la femme amoureuse, implorant son amant. Alors emmène-moi loin d’ici, Ronald ! Un jour, tu m’as dit qu’on partirait ensemble pour le Brésil ! Alors, ne tardons plus ! Lou appartient à une grande famille. Elle nous a assuré que là-bas, elle connaissait des gens haut placés, et que nous y vivrions comme des princes… Une femme amoureuse, c’est indéniable mais une femme amoureuse qui a l’énergie et l’impatience de Lady Macbeth et qui connaît la lâcheté de son compagnon, celui en qui « coule le lait de la tendresse humaine »… Alors, elle le secoue (et Ronald profite de la situation, se met derrière elle, la laisse retrouver la pleine mesure de son tempérament car c’est justement de ce tempérament là dont il a besoin pour se débarrasser de Heather). Je ne veux plus de cette vie de saltimbanque ! Tu as les moyens de vivre autrement et d’entretenir comme une reine l’ex Lady Macbeth ! Quand elle reparle de Lady Macbeth, elle le fait avec la mâchoire, et ce mouvement de rage doit être à nouveau effrayant et ramener la coloration tragique Eh bien, tu sais que Lady Macbeth est prête à tout pour nous deux ! Elle est prête à mordre, pourvu qu’on lui donne viande à son ambition.

              Et ainsi on avance encore à petits pas sur des séquences courtes mais intenses dans la qualité du travail des acteurs…

 

F1000017.JPGDawn at Urquart Castle near Loch Ness : 4 a.m on a june morning (collection personnelle)

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La baie des Sinclair : répétition du 22 mars

Publié le par Bertrand

               Petite maille à part dans l’évocation du kilt aujourd’hui et demain... En effet, je reviens, comme je le fais rituellement à la suite de chaque répétition, sur les événements de l’après midi. Il y avait blocus ce matin au lycée mais, pour le théâtre, ils étaient tous là, et ça, c’est appréciable. La tension monte et le niveau de concentration, de jeu aussi.
              Nous sommes revenus longuement sur la grande scène entre Rebecca et Ronald. Je les ai laissés la dire presque sans heurts, simplement quelques hésitations, et puis je suis revenu sur l’importance des silences, du maintien et du changement de rythme dans une scène comme celle-ci. La scène quatre de l’acte un est, rappelons-le, celle qui pose la machination de Ronald et, si ce dernier sent la situation lui échapper, il reprend malgré tout le contrôle grâce à l’attraction qu’il exerce sur Rebecca.
              Au lieu de se dandiner nerveusement sur scène, le comédien doit s’efforcer de  maîtriser son maintien de façon à donner plus de force au message qu’il veut aussi faire passer au public. Prenons l’exemple de cette tirade froide qu’il laisse tomber dans ce début de pièce et qui prendra tout son sens au moment du dénouement. Pour tomber comme un couperet, la dernière formule doit s’imposer après un silence mesuré.
 
« Ronald : En effet, il fait sombre ! Un épais brouillard vient de se lever sur la mer. Le brouillard est le masque du crime… »
 
A l’acte deux, Sheumas, le complice, reviendra sur le thème avec la même froideur :
 
« Sheumas : C’est encore plus beau, la Baie des Sinclair, quand le soleil se couche ou quand le brouillard monte de la mer tout comme ce soir »
 
Et Ronald, à l’épilogue :
 
« Ronald :Avec l’épais brouillard qui s’est répandu dans la région, et tout l’alcool que nous avons bue, nous aurons été précipités au bas de la falaise ! La police peut nous chercher ! La mer est notre couverture ! Tout a fonctionné à merveille. »
 
Ainsi, cette lucidité froide des machinateurs s’impose-t-elle beaucoup plus fortement par une maîtrise du corps et une dialectique entre le silence du comédien et les mots du texte.
              Je reviens demain sur un autre aspect qui m’a permis de faire travailler Julie : le rythme de la voix.
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Along Wick River at the edge of the day (collection personnelle)

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La force symbolique du kilt

Publié le par Bertrand

 
             J’ai revu avec plaisir le film « Brave Heart » qui rend hommage à l’un des héros de la nation : William Wallace ! Les Ecossais ont gardé un sens profond de leur histoire et tous ceux qui se sont battus pour l’honneur et l’indépendance ont droit à une place de choix dans leur panthéon. J’ai des amis écossais qui m’ont dit qu’au moment où le film est sorti, les gens applaudissaient dans la salle…
              Depuis Ossian, puis Walter Scott et Robert Burns, on trouve dans toutes ces romances qui mettent l’accent sur un héros du pays les mêmes valeurs : la force physique, la générosité, la bravoure, l’esprit de liberté, la mélancolie, l’enthousiasme et … le kilt ! Le kilt est l’enveloppe du mythe… Le kilt est le signe de reconnaissance du Highlander.
              Très élégant, très commode à porter dans les contrées humides où les chemins et la bruyère détrempés mouillent le bas d’un vulgaire pantalon. Et puis il indique l’origine familiale et le fief, bref, le clan ! Car en Ecosse, chaque région est marquée par la présence d’un clan dominant. Dans le Ceilidh, Sheumas le rappelle au public :
 
Même si, cette année, pour des raisons professionnelles, je me suis installé à Londres, je reste au fond de moi profondément écossais comme vous autres. Mes ancêtres sont originaires de l’île Harris, dans les Hébrides. C’est pour cela que je porte le tartan des Mac Leod of Harris.
 
              Pas étonnant donc si l’Angleterre, chaque fois qu’elle parvenait à soumettre l’Ecosse, interdisait aux habitants le port du kilt comme elle interdisait la langue gaélique.
 
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Le port du kilt

Publié le par Bertrand

Ceux qui sont friands de clichés, de stéréotypes concernant les peuples considéreront à juste titre qu'une pièce de théâtre sur l'Écosse sans cornemuses et sans kilts n'est pas une pièce de théâtre sur l'Écosse ! Entendons-nous bien ! Je ne cède pas à la tentation du folklore : s'il y a effectivement dans le Ceilidh, un kilt et un joueur de cornemuse, c'est parce que je considère ces deux éléments là comme des éléments fondateurs…
              J'ai déjà évoqué la difficulté que nous avons eue à trouver avec Arlette un joueur de cornemuse. Il semble à présent que notre problème soit réglé. Affaire à suivre… Je ne parle pas de la cornemuse qu'on entend aux arrivées dans les aéroports, ou dans la rue quand on se promène à Édimbourg, Inverness et tous les lieux touristiques. Je pense à la cornemuse mélancolique, celle que l'on entend parfois dans la lande parce qu'un sonneur a eu la bonne idée de venir s'isoler dans ce cadre qui convient le mieux.
              Quant au kilt, le vêtement d'honneur du Highlander, il convient de ne pas l’escamoter. On trouve chez Jules Verne dans le roman le Rayon vert qui se déroule en Écosse, (chapitre deux) la description suivante du parfait Highlander :
 
Invariablement vêtu du costume traditionnel des montagnards, il portait la toque bleue bariolée, le kilt en tartan qui lui descendait jusqu'aux genoux par-dessus le philipeg, le pouch, sorte de bourse à longs poils, les hautes jambières, maintenues sous un losange de cordons, et les brogues de peau de vache, dont il faisait ses sandales.
 
              Je vais consacrer plusieurs articles à cet attirail ( le sporan et le skean dhu, la bonnie prince jacket, les brogs, les chaussettes avec le thistle…) qu’on trouve chez tous les kiltmakers (et à des prix exorbitants…) : d'abord, j’évoquerai le symbole que le kilt  représente, ensuite, la signification du tartan, enfin, comme dans les publicités qui annoncent le vêtement, je me livrerai à l’objectif du photographe pour, en même temps, relater mes péripéties en kilt ! Car je suis l’heureux propriétaire d’un kilt depuis 1986, le kilt des Mac Leod (il faudra d’ailleurs que je m’explique sur le choix de mon clan !)…
 
PS : pour les fidèles du site de l’atelier, Jenny a effectué dimanche une petite remise à jour avec notamment quelques photos … http://www.atelier-expression-artistique.com

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