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Travailleurs de la mer and co : Hugo, le retour !

Publié le par Eric Bertrand

              Rentrée hier et première réunion de l’atelier ce soir. Fidèle à son habitude, le blog va suivre les aléas et le cheminement de la mise en scène. Il sera émaillé, pour commencer, des « événements », réflexions diverses de ces vacances. Je commence par un chantier qui est en cours depuis quelques semaines et qui concerne autre chose que le théâtre
              J’avais un peu laissé de côté la lecture de Hugo depuis mes deux essais parus chez Ellipses et puis, courant décembre, le responsable de collection m’a contacté pour me suggérer de reprendre l’étude d’un aspect des romans de Hugo : les personnages… L’ouvrage à paraître est un collectif qui couvrira un pan du programme de première de l’an prochain, lequel s’ouvre enfin sur les grands romans du 19° siècle. J’ai donc remis la main sur mes romans favoris : Misérables, Notre Dame de Paris, Quatrevingt-treize, Homme qui rit, Travailleurs de la mer
              Evidemment, cela supposait un petit travail de relecture, Hugo ne fait jamais dans l’économie ! Mais j’ai de bons souvenirs et un survol m’a permis d’isoler certains passages qui me sont nécessaires pour élaborer une théorie du personnage. Je commence par les Misérables et reviens notamment sur la part d’ombre qui rôde dans ce livre, en même temps que sur la part que tient le personnage dans la réflexion historique que mène Hugo. Des personnages secondaires comme Enjolras, Thénardier, la bande à Patron-Minette, sont précieux à analyser parce qu’ils comportent des clés pour des personnages importants d’autres romans…
 
 
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Octopus nel mare !

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Highland d'Ecosse : Le Ceilidh.

Publié le par Eric Bertrand

Retour sur la dernière aventure évoquée l’an dernier dans ce blog : l’Ecosse… Tous les détails y sont, c’est l’avantage du principe du blog, et c’est à l’occasion de la volonté d’exploration de cet univers si méconnu que je l’ai créé.
              On peut dire qu’entre la Sicile et les Highlands je suis dans ce que l’on pourrait appeler mes deux « tropismes » ! Et c’est vrai qu’en termes de voyages, j’ai passé beaucoup de temps dans l’un et l’autre de ces deux pays. Plus en Ecosse qu’en Sicile toutefois puisque j’y ai vécu deux ans. Mais comme pour le Ceilidh l’an dernier, j’emmène le Ponton dans son pays d’origine aux prochaines vacances de Pâques…
               Quoi qu’il en soit, j’ai voulu donner à l’Ecosse une tragédie car c’est une terre âpre et sauvage qui ne supporte pas l’eau de rose !
 
« Dans les eaux du Pentland Firth, au seuil des Iles Orcades, se dresse depuis des siècles The Old Man of Hoy, pointe de falaise évincée du reste de la côte, poignard de roche rouge aiguisé d’eau de mer. Et de l’autre côté du Pentland Firth, s’étend la région sauvage du Caithness, à l’extrémité nord est de l’Ecosse. Terre battue par les vents, verte et mauve sous le soleil, quand les nuages s’absentent. Dans des temps anciens, les vikings ont fait de cette terre étrange leur hangar à blé.
 
         Lorsqu’elle était adolescente, Heather Mackenzie parcourait à vélo les collines du Caithness. C’est là qu’elle a aimé les pierres levées dans lande, les cairns au sommet des tertres, les falaises au creux desquelles se réfugient les oiseaux de mer, les châteaux et les ruines le long des côtes, la douceur ourlée de la Wick ou de la Thurso River.
         Ce sont des lieux pleins de légende.
         Heather les connaît toutes.
         Naguère, elle interrogeait les anciens, elle cherchait le détail dans les livres, à la bibliothèque. Elle confrontait les points de vue (…) ».
 
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Un castello prima il pontile...

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Le vélo au centre des Nouvelles pour l’été (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

Avant de passer à la rubrique du jour, je signale du nouveau sur le site que Jenny vient de remettre à jour avec notamment les photos des comédiens qui incarnent les personnages du Ponton… Bonne visite au http://www.atelier-expression-artistique.com
La dernière nouvelle de ces récits est consacrée à mon grand-père, l’Italien à la mandoline que j’ai déjà mentionné. Elle est intitulée « Aimer la vie. Le dernier été » et elle rend hommage à cet amoureux de l’été qu’était aussi ce grand sportif frappé cruellement dans ses dernières années par la maladie.
              Voilà pourquoi le thème du vélo est très présent dans la nouvelle et le recueil. Il faut y lire une métaphore du cycle de la vie ! Témoins ces deux extraits qui se font écho au début et à la fin de la nouvelle, qui opposent les autres étés et le dernier été…
 
Extrait 1 : …Quand tu enfourches ton vélo, tu es un autre homme. La mécanique de tes jambes est lancée.
Plus rien ne t’arrête. L’horizon est grand ouvert et tu fonces tête baissée.
Dans ta chambre, il y a cette image de Fausto Coppi, découpée dans « Miroir du Tour ». Les épaules bien écartées, la tête dans le guidon, les fesses levées vers l’arrière comme deux grandes ailes maladroites, l’ombre du Campionnissimo plane sur ta course.
Dans les côtes, tu peines, tu es lourd. Ta référence, c’est Bartali, plus tard, Francesco Moser. Mais dès que la route descend, tu deviens terrible. Tu calcules ta trajectoire, tu coupes les virages, tu relances aussitôt.
Sous la pluie, tu es redoutable.
 
Quand tu reviens, tu hurles comme une bête sauvage. Le cri du guerrier.
Tu remets le précieux engin à sa place, tu montes une à une les marches des escaliers, tu revis le film de ton « étape » et personne ne t’écoute(…) »
 
Extrait 2 : « (…) Tu rejoins ta cave plusieurs fois par jour.
La bicyclette avec les sacoches est remisée dans un coin, derrière des piles de catalogues.
L’autre trône au milieu de la pièce noire, toujours briquée, toujours huilée. Tu lui as ménagé un autel !
Assis sur un petit tabouret, tu la regardes osciller, tu l’inspectes sous toutes les coutures, tu fais tinter la sonnette en cognant avec l’ongle de l’index. Elle t’écoute respirer.
 
Tu te lèves. Tu retires le chiffon qui protège le pédalier et tu laisses lentement tourner les pédales. Tu joues avec le dérailleur, tu changes de braquet, tu actionnes les cocotes de frein. Ca revient doucement, ça remonte du fond de toi et la pièce s’emplit d’une odeur familière.
 
Tes yeux sont apaisés. Sur le fond de mur gris, tu assistes au spectacle.
 
La roue tourne. La roue majestueuse tourne comme la grande roue de la foire de Metz, ou les aiguilles sur le cadran de l’horloge de Tambre d’Alpago !
La roue tourne, les rayons luisent, les pignons glissent et la graisse chante.
Tu caresses la surface du pneu, la gomme creuse sur tes mains des routes sinueuses, des courbes dans le matin clair, des virages et des faux plats sous la pluie, des côtes et des panneaux de pourcentage dans la brume en plein midi, des descentes vertigineuses vers le soir éclatant.
 

La roue s’est arrêtée. Tu éteins la lumière. Tu te hisses en haut de l’escalier(…) »

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Ricordo di bicicletta...
 
 

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Les Nouvelles pour l’été (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

Pas de théâtre cette année-là, (ou presque pas !) je suis en stage à Rennes avec des étudiants étrangers à qui je propose… une activité théâtre destinée à améliorer leur pratique de la langue. J’en ai tiré un ouvrage à paraître quand j’aurai le temps de m’y consacrer à nouveau.
              Je profite de l’opportunité pour revenir au genre que j’affectionne particulièrement : le récit… J’écris donc une série de nouvelles qui, dans le fond, annoncent le Ponton pour deux raisons : d’abord, parce qu’elles baignent dans la chaleur particulière de l’été, (l’une d’elles a pour cadre la Sicile) ensuite, parce qu’elles prennent le prétexte d’un espace temporel bien délimité qui m’a fourni l’occasion d’une réflexion sur l’un des « âges » de la vie. Chacun trouve dans l’été l’occasion de laisser libre cours à ses passions et aux penchants de sa nature. Cela va du petit garçon de sept ans qui s’éveille dans le jardin au vieillard qui se souvient assis dans la fraîcheur de la cave.
              Premier extrait : « le domaine enchanté », cet adolescent de banlieue qui part faire un tour en VTT et qui, tel le Grand Meaulnes, tombe sur le domaine enchanté, espace initiatique :
 
« … La nuit est complètement tombée quand ils franchissent le seuil d’une grande propriété dont les murs sont masqués par les arbres et la forêt. Des lampions éclairent une joyeuse compagnie autour d’une immense table en bois. A l’invitation de son mystérieux guide, Mario dépose son vélo. On l’accueille, on lui donne à boire, on le fait allonger. D’une voix suave, une jeune fille blonde et fine lui demande s’il a faim et va chercher sous une treille, une assiette remplie de fraises au sucre. Deux musiciens sont assis sur un banc, l’un d’eux joue de la guitare et l’autre du violon. Mario ne dit rien, il regarde hébété. Il y a une autre fille un peu plus effrontée, une brune au regard malicieux, qui s’approche tout près de lui, lui demande comment il s’appelle et le soigne avec du coton et du Mercure au Chrome. Subrepticement, elle lui adresse de petits sourires en coin, ses lèvres sentent bon, elle porte un tatouage sur l’épaule. Mario n’a jamais vu de lèvres aussi rouges et de joues aussi blanches. Il essaie de balbutier quelque chose... Gloup ! Après, il ne sait plus… »
A l’autre extrémité, c’est le vieillard, j’y reviens demain…
 
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Bicchiere di Chianti, bicicletta, mandolina, nonno, fiori, mela, profumo, tempo che sfuge...
 

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Le Tennessee club (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

Dans le Tennessee club, le thème du départ est bien évidemment au centre de la pièce ! Ce que dit par exemple l’un des personnages secondaires est assez symptomatique… Mais en même temps, ce thème est repris par chacun des personnages qui sont, comme chez Tennessee Williams, des rêveurs insatisfaits
       
         Stanley : (se parlant à soi-même, dans la stupéfaction qui a suivi le départ de Thelma) moi non plus, je reste pas une minute de plus dans c’te bicoque ! y’a de quoi s’arracher les cheveux ici ! Ici tu végètes !… Faut changer de coin, mon Stan, faut changer de coin !… Y’a plus rien à en tirer de ce Tennessee Club de malheur ! (Sifflant puis appelant) Lily ! Maguy !… Allez les filles, on se tire ! On se tire ! En route pour Los Angeles ! (Il sort).
Blanche : (elle a réagi à l’appel de Stan et revient aussitôt sur la scène avec un air de conquérante et appelant à son tour) Lily, Maguy !… eh les filles, y’a Stan qui prend sa caisse ! Si vous y voyez pas d’inconvénient, moi j’me tire avec vous ! Pas le temps de réfléchir davantage, pas vrai Charlie !… (Avec un air de désinvolture et d’arrogante provocation) Tu voulais que je te montre comment je me tortillais sur scène !… eh ben, je vais vous montrer à tous comment je me « tortille » quand je suis hors de scène, en coulisses comme diraient Miranda et Sissy ! (En roulant des hanches, elle s’approche de lui, très affectueuse). J’ai bien compris la leçon tu sais, et je perds plus une seconde !… Je connais des gens à Los Angeles !… Je vais me débrouiller, t’inquiète pas !… Si je pouvais, je t’emmènerais dans mes bagages, petit papa Charlie ! Et de toute façon, je te ferai signe (Elle chante) « Allo papa tango Charlie, allo papa tango Charlie, répondez nous vous cherchons !… » MUSIQUE : Pink Martini : « Amado mio ». (Allant vers Miranda et Sissy qui sont revenues, alertées par la musique et le ballet). Pas la peine de me regarder comme ça vous deux ! Si vous saviez où je me les mets, vos claquettes !… Clic, clac, je prends mes clique et mes claque, clic, clac, je vous claque entre les doigts ! (Retournant vers Charlie). Regarde donc un peu la tête qu’elles font ! (Lily et Maguy l’ont rejointe, elle les tient dans ses bras. Elle s’adresse aux coulisses). Allez, maintenant bouge-toi Stanley ! Fais-nous tâter de ta « Ford Mustang… et bang, mus à gauche, tang à droite, et à gauche à droite » *! (Elles sortent).
MUSIQUE : Johnny Halliday : « Quelque chose de Tennessee ». (Piano et violon). (Ballet qui dit à sa façon la séparation entre Blanche, Miranda et Sissy).
 
* ça, c’est un clin d’œil à Serge, dans la bouche de Blanche (Céline) qui disait cette phrase dans « l’Homme à la tête de chou et au cœur d’artichaut » en 2001, sous le pseudonyme de Jane B…
 
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Let's go with Papa Charlie !
 

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