La scène 2 de l’acte 1… Je rappelle qu’il s’agit de la scène où Tiziana montre aux autres filles le
« repaire » de Gilda. On essaie autre chose ce soir, pour changer la mise en scène. Au lieu de rester allongées toutes les trois, à se chamailler à propos des
jumelles et du comportement de l’encombrante Américaine, elles vont s’affronter plus directement.
Salvatore, non me ne preoccupo !
Je suggère à Tiziana de se déplacer sur la scène de façon à
« attaquer » Ornella au sujet de Salvatore. Aussitôt, sa comparse la suit à l’avant-scène (côté cour) pour jouer la médisance et l’agacer à son tour. Puis elles
reviennent au contact de leur rivale, se traitent (de tous les noms d’oiseaux !)… Moustiques entêtants, malfaisants, à l’issue d’une sorte de danse du
serpent, Tiziana et Lauredana enferment le visage d’Ornella entre leurs deux têtes, ce qui l’oblige à se dégager et à trouver un compromis après l’affrontement.
Ainsi, la scène gagne en intensité. J’aime assez la façon dont Diane sussure à
l’oreille d’Hélène. Elles ont pris un fou-rire à ce moment, signe de bon fonctionnement.
Tiziana : elle adresse un clin d’œil à Lauredana et
provoque Ornella : Qu’est-ce que tu dirais, toi, si, par exemple, Salvatore se mettait à la reluquer celle-là ?
Lauredana : oui, parfaitement ! Elle s’exprime dans
un registre parodique. Si Salvatore descendait jusqu’à la plage avec son caleçon blanc et son beau vélo, pour poser à l’horizon son bleu regard si romantique…
Tiziana : si Salvatore descendait de son vélo pour aller
prendre un bain... Lui qui, soi disant, craint l’eau tiède !
Lauredana : si Salvatore se mouillait un peu les cheveux, lui
qui porte toujours son peigne à la ceinture pour arranger les mèches folles…
Tiziana : si Salvatore……..
Ornella : arrêtez avec Salvatore, voulez-vous !
D’abord, je me moque de Salvatore ! Salvatore ne m’intéresse pas !… Gigi ou Salvatore ou un autre, peu importe !
Tiziana : comment ça “Salvatore ne m’intéresse pas »…
« Gigi ou un autre, peu importe ! » … Hypocrite ! On te voit tourner autour de Salvatore depuis six mois !... Même que tu lui écris des mots doux que tu n’oses pas
lui envoyer !
Lauredana : tu n’oses pasavancer tes lèvres vers les siennes et te frotter à lui, espèce d’anguille !
Tiziana : tu ne sais que bourdonner autour de lui, sale
mouche !
Ornella : et vous, sauterelles !... Vous passez votre
temps à fantasmer sur les garçons, c’est tout ! Vous n’êtes encore que des gamines, de vieilles gamines et vous avez la frousse ! Depuis six mois vous aussi, vous vous disputez pour
avoir Gigi et Salvatore et vous n’êtes toujours pas arrivées à vous mettre d’accord !… Vous êtes comme deux vieilles libellules aveugles : vous vous excitez dans la lumière au-dessus de
la lagune et vous ne réussissez même pas à vous poser !…
Tiziana : qu’est-ce que tu en sais,
jalouse ?
Lauredana : oui, qu’est-ce qui te fait dire
ça ?
Feux de projecteurs. Répétition du 28.11 (1/4)
Des temps difficiles pour les répétitions avec les conseils de classe et les
réunions parents, l’organisation des Rencontres Goncourt à Rennes… Bref, la prochaine est seulement prévue le mardi de la rentrée de janvier !
Il n’empêche que nous avons bien travaillé hier malgré l’apparition
d’une Gilda posée sur des béquilles et incapable de jouer le spectacle de son corps ! Il y a comme ça, au fil des répétitions, des empêchements majeurs qui rappellent constamment, à
travers ces incidents de coulisses chrysalides, combien le théâtre est un art de la fragilité et de l’éphémère.
Les papillons étaient sous le lampadaire à chauffer leurs
ailes ! Et cela n’est pas une vaine métaphore : elle renvoie avant tout aux premiers jeux de projecteurs qu’a essayés Alain pendant la répétition. Ils ont contribué à
l’intensité prometteuse de certains moments délicieux. J’y reviens dès demain pour une série de trois épisodes.
Tante cose da fare ! Non ne possiamo piu !
Auto-stop aux Etats-Unis : La Route, la Poussière et le Sable
Répétition hier soir, j’y reviens dès demain. En
attendant, je poursuis la réflexion sur le voyage…
Ce premier récit s’inspire largement de mon voyage autour des
Etats-Unis en auto stop. Mésaventures, espaces, suspense, péripéties, personnages pittoresques, situations cocasses, bref de quoi alimenter un récit haut en couleurs à
partir de la simple expérience vécue. A 22 ans, faire du stop à deux aux Etats-Unis, (sur plus de 16000 kms, entre New York et la Californie), c’était s’exposer...
J’ai effectué pourtant dans cette aventure à travers un territoire inconnu,
un bricolage romanesque à travers lequel j’ai, notamment, essayé de raconter un apprentissage et de montrer aux lecteurs le décalage entre les
rêves d’adolescent et une réalité impitoyable (prison, vol, violence, vices, mensonges…)
Quoiqu’il en soit, cet ouvrage annonce ceux qui
suivront : les States de Jack, on the route… du Tennessee club, mais aussi, dans le Ponton, ce n’est pas tout à fait par hasard que Gilda est américaine
et que Carolina a vécu aux Etats-Unis son unique histoire d’amour…
Gilda non era nata, a quest'epoca !
On the road ! Les planches voyageuses.
J’affirmais dans ce blog que le déplacement et le voyage étaient inscrits dans mon écriture et l’esprit de l’action que j’ai menée au sein
de ce lycée dont je refuse, comme me l’a déclaré l’an dernier une ancienne élève, d’être « l’un des piliers » !
L’orientation de mes ouvrages, depuis l’origine, est
avant tout voyageuse. Quand il n’y aura pas répétition, ni événement particulier, c’est ce que je me propose de montrer dans les jours qui viennent (en alternance avec les
articles qui concernent l’évolution de la pièce) en évoquant, sous l’angle du voyage, chacun des éléments de la série.
Dans l’ordre, la Route, la Poussière et le Sable, Black
Polaroïd, Chaussée de la Madeleine de Proust, les deux travaux sur Hugo parus chez Ellipses, Jack, on the route again !, L’Homme à la Tête de chou et au cœur
d’Artichaut, Loft History 2084, le Tennessee club, les Nouvelles pour l’été, le Ceilidh, le tout chez Aléas, l’Ami du Livre,
l’Editeur Astucieux et Sagace : http://www.aleas.fr
Ecco la valigia e un programma viagiatore !
Du vent dans les voiles
Plusieurs personnes m’ont demandé quels étaient mes projets pour la prochaine fois… Je n’aime pas répondre à cette question tant que
le projet en cours n’est pas complètement assuré… Disons quand même qu’un « élément perturbateur » intervient pour la première fois dans la machine de l’atelier si bien
huilée depuis maintenant onze ans… Décision arrêtée d’un changement d’horizon. Nous ne resterons plus longtemps au lycée…
Après la série des six pièces voyageuses (« Jack, on the
route again » 2000, « L’homme à la tête de chou et au cœur d’artichaut »2001 - non édité -, « Loft History 2084 », 2002, « le Tennessee Club », 2003, « Le
Ceilidh », 2005, « le Ponton » : cf : le site : http://www.ericbertrand.fr ), la fièvre du départ m’a repris. Est-ce un hasard si mon sac de cours est une valise? (Cf : photo ci-jointe
!)
Et le théâtre ? Il va s’expatrier !... Suivre son
tropisme… (Il faudra que je réalise un de ces jours un florilège d’extraits de mes pièces pour montrer à quel point, sous la fable, ce thème du départ a fait son chemin… !)
Si tout va bien, nous quittons donc l’établissement l’an
prochain pour partir, soit par simple mutation dans la région nantaise, soit à l’étranger – ce qui serait une suite logique à mon travail sur les voyages et les planches depuis le début !
Départ pour l’étranger… Vers où ? Si on se tourne du côté des grands thèmes, c’est l’Amérique du Nord qui s’imposerait (l’Est-Ouest de Kérouac, le Bagdad Café de Tennessee)
ou l’Ecosse de Macbeth dans le Ceilidh. Les dossiers de candidature AEFE, Mission Laïque, sont en tout cas bouclés depuis cette semaine.
Andare via, Gigi !
Rubrique Goncourt :
Voici le programme officiel des Rencontres tel qu’il vient
de nous être communiqué :
- Les écrivains présents à
Rennes : Audeguy, Boulin, Miano, Vallejo.
- Les académiciens : E.C Roux,
D. Decoin, B.Pivot
- Des éditeurs
- Des critiques
journalistes
Nous avons donc en qualité de classe Goncourt, à nous insérer dans
la préparation des activités associées à ces deux journées qui conjuguent notamment séances plénières et ateliers.
Par ailleurs, du fait de l’absence de J. Littell, un
comédien proposera des lectures que nous devons « préparer » puisque nous sommes l’une des classes à avoir intégré les Bienveillantes à notre tiercé.