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Table des matières

Publié le par Eric Bertrand

              Suite du journal du 9.08 : Par souci de clarté et de rigueur dans la narration, j’ai également tenu une sorte de table des matières que j’ai intégrée le 3.08 dernier : en voici la suite : 
 
-         Jour 3 -
-         10 :p46 : Un peu avant sept heures du matin : Salvatore a donné rendez-vous à Tiziana et Ornella. Les autres ne sont pas encore là. Tiziana arrive la première et rencontre Gilda.
-         11 :p48 : entre sept heures et sept heures trente : à l’arrivée de Salvatore, Gilda s’efface et Salvatore commence une scène de séduction.
-         12 :p50 : aux alentours de huit heures : Francesca, Carolina et Lauredana rejoignent le ponton. Salvatore et Tiziana quittent le ponton en leur compagnie.
-         13 :p53 : après neuf heures. Le couple Gilda et Gigi se forme : scène érotique.
-         14 : p55 : La scène a lieu à proximité du bosquet. Le reste du groupe épie le couple. Colère de Gigi. Ornella reste avec Salvatore.
-         15 :p56 : le discours amoureux. Alchimie.
-         16 :p58 : la rencontre de Gilda et de Francesca et Carolina.
-         17 :p60 : conversation chez Gilda et fâcherie.
-         18 :p62 : début octobre. Epilogue.
 
 
HPIM1942.JPG
Bambini per la Beffana sotto le stelle...
 
Rubrique Goncourt : « Le journal d’hirondelle »
 
              Il est difficile de trouver matière dans ce livre qui se lit tout seul et qui enchaîne, un peu trop facilement, les épisodes. J’y ai repéré cependant un passage dans le livre au cours duquel l’auteur se livre à un intéressant exercice de réécriture.
              Son personnage de tueur sombre de la manière la plus inattendue qui soit dans la mélancolie de l’amour. Mélancolie au sens fort puisque, une fois de plus en littérature, Eros rejoint Thanatos ! (Amour et mort indissociablement liés) Et pour cause ! Le malheureux vient d’abattre froidement la jeune fille dont il tombe ensuite amoureux…
              Cela donne lieu à un plaisant vague à l’âme de l’abatteur abattu dans le lieu hautement romantique du Père-Lachaise. C’est l’occasion de rappeler le sens littéraire de « romantisme » et d’évoquer la figure de Nerval qui est implicitement cité dans le passage choisi.
 
Texte pages 96-97
 
Rappel de la situation. Après le crime de la jeune fille et l’épisode de l’hirondelle.
Un jeu sur la figure de l’assassin : des éléments attendus, qui renvoient à la réalité du crime dans lequel il est impliqué : relever ces éléments… et, en même temps, des éléments de surprise qui correspondent à un tournant dans son existence (et c’est tout l’enjeu du roman, montrer comment l’assassin peut être sensible et tomber amoureux) : relever les éléments qui renvoient à la tendresse et à la sentimentalité. Commenter la formule « révolver constellé ».
Un univers romantique : le romantisme du XIX°, celui qui est associé au sentiment des ruines et à cette attirance particulière pour les cimetières et la mort. Des noms et des références à fixer… Ce cadre et le sentiment que le héros ressent sont à l’origine d’une transformation : un autre rapport au monde (dans la façon de le ressentir mais aussi de le comprendre) : sensibilité à fleur de peau, lyrisme, idéalisme.
Remarque : comment le narrateur a-t-il acquis cette culture littéraire au point de tutoyer les poètes et d’intégrer les citations de vers à ces rêveries ? Cela aurait supposé un travail supplémentaire sur la personnalité du narrateur à moins que le narrateur ne soit simplement que le masque fantasmé d’un auteur cultivé, amateur de poésie romantique.
 
Réaction de collègue :
Un petit mot à propos des rencontres de Nantes. C.laurens, S.Audéguy et A.audouard ont été parfaits, passionants. Mes élèves ont particulièrement apprécié la gentillesse d'Audouard(et sa disponibilité: il n'a pas hésité à s'assoir et à deviser avec eux), et le naturel et la franchise D'audéguy. JE Boulin , en revanche a eu quelques soucis avec son public. Il est entré dans la salle comme pour un show télévisé , puis lors des questions a sans doute voulu ressembler à l'image qu'il se fait des adolescents: aucune tenue, langage relâché, ne répondait pas aux questions ou les contournait... Bref, les élèves n'ont pas été dupes et sont rentrés à Angers en colère contre lui. CEux qui n'avaient pas encore lu son livre,  ont déclaré qu'ils ne le feraient sans doute pas car le personnage les avait énormément déçus. j'ai bien sûr essayé de leur dire qu'il ne fallait pas mélanger la valeur littéraire et le personnage public que se forge l'écrivain, mais je ne sais pas si j'ai été entendue. Il faut dire , pour sa défense, qu'il est passé juste après un Audouard qui a su captiver son auditoire comme en témoignait le silence qui accueillait certains de ses propos.
Voilà pour la rencontre de Nantes. Elle a tout de même eu un effet très bénéfique, il me semble qu'elle a redonné un second souffle à la classe puiqu'ils sont sortis du Cdi tout à l'heure , chacun avec plusieurs livres sous le bras.
Cela m'intéresserait de savoir ce que d'autres classes ont pensé de la prestation de Boulin à nantes ou ailleurs.
 
 
 
bonsoir; pour nous Troyes avec lapouge, bataille, audouard, nothomb
c'est elle qui a plu... à mes élèves: directe, très très brève, frisant le mépris à mes yeux pour des questions qu'elle disait ne pas comprendre(si je leur répondais comme cela!) . Lapouge a bien expliqué son projet de livre "gentil", mais les élèves n'aiment guère. Bataille a intéressé. Audouard bien, mais je ne crois pas qu'il ait paru aussi convaincant qu'à Nantes.
Le choix du délégué est fait, même s'il n'a pas encore tout lu; comment faire pour le vote à la rentrée? Sans doute un calcul par pourcentages, pour tenter de rendre compte des tendances...
La Fnac vous a-t-elle donné des info précises sur la rencontre des délégués à Metz? comme d'habitude, notre responsable n'est pas pressé de me tenir au courant (horaire, lieux précis)
Je me sens un peu lasse: élèves très bavards, ne sachant pas se maîtriser. Je suis assez contente de la séance sur les paroles rapportées avec extraits de Disparaître,  Bois des amoureux
et ouest ds un ordre de difficulté croissante avec de bonnes remarques sur les effets. J'avais pensé à Boulin pour le polémique mais je ne me sens finalement pas assez à l'aise avec ce texte

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La scène au bar / Fils unique.

Publié le par Eric Bertrand

Nous avons essayé la scène du bar qui débouche sur l’entrée en scène de Gilda… nous travaillons sur la lenteur, et l’impression de chaleur, de canicule. Gigi s’ennuie quand son ami le rejoint, il n’a pas très envie de discuter. Dans le rôle de Salvatore, Ronan est un peu trop énergique et sautillant. Il faut se livrer à un jeu sicilien qui consiste surtout dans une phase de parade. Il arrive sur scène sur son beau vélo blanc, il prend le temps de se montrer, de sinuer autour de la scène avant de poser le vélo.

 

              Gigi est de mauvaise humeur, on comprend, à travers les premières répliques, qu’il ne supporte plus beaucoup ce rituel journalier de la sieste auquel il refuse de se soumettre. Il faudrait que quelque chose se passe dans son pays pour qu’enfin il sorte de son engourdissement. Mathieu doit travailler sur cette ambiguïté du personnage : c’est un volcan qui sommeille… engourdissement et fulminations doivent diriger les différents moments de son discours. Car il ne s’agit pas non plus d’endormir le spectateur mais de l’emmener en Sicile.

 


Ceramiche per Carolina !



Rubrique Goncourt :
« Fils unique » en son genre !
 
On connaît l’austérité du petit frère (Jean Jacques !) lequel n’évite pas les épisodes savoureux et scabreux dans ses Confessions, mais on ignore tout des frasques du frère, François Rousseau !... C’est réparé !
              Fils unique fournit en tout cas l’occasion d’un travail sur le libertinage. Objet d’étude de la première : « un mouvement littéraire et culturel du XVI° au XVIII° ». Le roman offre le regard précis et décalé d’un personnage haut en couleur… François prend sa part du plaisir associé au libertinage de mœurs, généralement attaché à ce mouvement (on pense à Dom Juan, Valmont et autres Casanova, mais il appartient aussi au libertinage de pensée qu’on a trop facilement tendance à oublier au sujet de cette période. L’éducation que François a reçue est en effet marquée par la libre pensée si caractéristique du XVII° siècle qui a vu fleurir la première pensée libertine…
              Cette évidence m’amènera à choisir tout naturellement par la suite l’étude de Don Juan de Molière. Cet aristocrate bourreau des cœurs tient notamment des discours sur les femmes qu’il sera intéressant d’éclairer par le biais du roman d’Audeguy. Les discussions dans le « salon des Poissonnières » qu’il relate à la fin de son roman sont édifiantes. Il y a là des énoncés qui s’opposent et révèlent des conceptions radicalement opposées. Je fais lire aux élèves un extrait de la Coloniede Marivaux pour bien montrer que ces idées-là sont dans l’air du temps…
              En même temps, un détour par une lettre de Valmont (et peut-être aussi la projection du film les Liaisons dangereuses seront les bienvenus… Des extraits du roman soulignent certains aspects de la société du XVIII°. La barbarie de « la nation civilisée », la légèreté des mœurs, les privilèges des nobles, le développement de la pensée scientifique aussi bien dans les salons que dans les lieux expérimentaux : en particulier, cet épisode cocasse du roman où le héros, expert en horlogerie, met au point un automate doté de performances sexuelles assez édifiantes !
              Ajouter au passage la référence à l’illustre petit frère : pourquoi a-t-il écrit ses Confessions ? Il y a des aveux difficiles à Jean Jacques, des aveux qui font rire sous cape le libertin, aveux d’une perversité refoulée, un penchant à un certain masochisme… Evoquer aussi ces aveux de Jean Jacques dans le cadre d’une réflexion sur la difficulté d’écrire sur soi et de rester sincère. Et puis, à cette occasion, en venir au fameux épisode du ruban volé dont Audeguy nous offre une version nouvelle : ce travail figurera dans l’objet d’étude « réécriture ».
 
Organisation de ces pistes pour le cours de présentation
Ce travail vise notamment à donner des pistes pour l’objet d’étude : « un mouvement littéraire et culturel : le libertinage »
 
Exposé de Manon. Manon présente les différentes étapes de ce roman qui couvre tout un siècle puisque François, né en 1705 meurt à plus de 90 ans…
 
Présentation du livre en contexte
 
Intro : au cœur du XVIII° siècle connu pour être le siècle des Lumières mais aussi un siècle traversé par les courants de pensée libertine dont l’origine remonte au XVII°, pensée critique qui met à distance les fondements de l’édifice social en place (société de l’Ancien Régime). Cette dimension du mouvement est encore très présente au XVIII°, mais elle se mêle également à une autre tendance : celle du libertinage de mœurs…
 
Les deux frères en tête à tête
Rousseau dans Fils unique 
Rousseau dans les Confessions (Extrait du livre 1)
Le cas Jean Jacques : origine des Confessions. Pourquoi Rousseau a-t-il décidé d’écrire cette œuvre ? (Les sources du biographique)
Les douloureux aveux. L’objectif des Confessions est la réhabilitation de l’auteur.
Un exemple de « l’examen de conscience » : l’épisode du peigne brisé : dans les Confessions, dans Fils unique (p82-83)
 
Activités dirigées
 
Cavalcade au cœur du XVIII° siècle à partir de quelques extraits du roman d’Audeguy :
La société de l’Ancien Régime et ses usages (p131-132).
La persistance de la barbarie (p155-156). 
La liberté des mœurs et la corruption (41-42 / p131-132).
L’esprit scientifique (expériences et conception d’automates « d’avant-garde » ! p140-141).
Le goût de la conversation et du choc des idées (p224-229)
 
Discussion de salons
Le club des Poissonnières et le statut de la femme (p224-229)
Le théâtre tribune : extrait de la Coloniede Marivaux
 
Réaction de collègues :
 
Nous avons reçu les livres le 15/09 et après 2 semaines de lecture certains
élèves s'accrochent, alors qu'au départ ils étaient tous affolés. Comme nous
allons rencntrer Schneider, Laurens et Audouard à Marseille lundi 3/10, ils
essaient de lire assez vite ces 3 bouquins. Marilyn et Ni toi ni moi ont un
certain succès, surtout auprès des filles. En revanche, Un pont d'oiseaux
recueille assez peu de suffrages. Pour les autres titres, les élèves disent
adorer Journal d'hirondelle, ne rien comprendre à Quartier général du bruit.
Ouest, qui a été assez peu emprunté à ce jour, est paraît-il "intéressant",
avec des personnages "attachants". Je ne l'ai pas encore lu.  J’ai attaqué le
9° roman aujourd'hui et celui qui me laisse la meilleur souvenir pour
l'instant, c'est Fils unique.Je garde le "dictionnaire" (c'est ainsi que mes
élèves appellent Les Bienveillantes) pour la fin car à lui seul il en vaut
bien trois... J'avance donc vaillamment dans ce marathon en espérant que je
ne vais pas m'essouffler ni regretter de ne pas être allée au ciné depuis 3
semaines (à cause du "privilège" d'avoir les romans une semaine avant qu'ils
ne soient livrés aux élèves).

En ce qui concerne les activités que je pratique avec mes élèves, et à part
ce que certains d'entre vous ont déjà proposé, j'ai demandé de repérer au
cours des lectures les portraits dans les romans et d'ici quelques jours
nous les recenserons pour effectuer une étude de certains d'entre eux.
Je peux aussi vous dire qu'afin de favoriser l'intérêt que génère une
lecture  rapide, je fais venir la classe entière pendant les heures de
module et d'AI.
Merci à tous ceux qui envoient des propositions d'activités liées aux
oeuvres : on y trouve son bonheur.
 

 

 

 

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La scène au bar / Norma Jean Baker.

Publié le par Eric Bertrand

              Après la scène du "safari" au Ponton, nous avons essayé la scène du bar qui débouche sur l’entrée en scène de Gilda… nous travaillons sur la lenteur, et l’impression de chaleur, de canicule. Gigi s’ennuie quand son ami le rejoint, il n’a pas très envie de discuter. Dans le rôle de Salvatore, Ronan est un peu trop énergique et sautillant. Il faut se livrer à un jeu sicilien qui consiste surtout dans une phase de parade. Il arrive sur scène sur son beau vélo blanc, il prend le temps de se montrer, de sinuer autour de la scène avant de poser le vélo.
              Gigi est de mauvaise humeur, on comprend, à travers les premières répliques, qu’il ne supporte plus beaucoup ce rituel journalier de la sieste auquel il refuse de se soumettre. Il faudrait que quelque chose se passe dans son pays pour qu’enfin il sorte de son engourdissement. Mathieu doit travailler sur cette ambiguïté du personnage : c’est un volcan qui sommeille… engourdissement et fulminations doivent diriger les différents moments de son discours. Car il ne s’agit pas non plus d’endormir le spectateur mais de l’emmener en Sicile.
 
 

Ceramiche a Santo Stefano di Camastra
 
Rubrique Goncourt : la légendaire Norma Jean Baker…
 
              L’un des attraits de ce roman, outre le travail de recomposition de la vie d’une personnalité aussi complexe que celle de Marilyn, c’est celui qui consiste précisément à retrouver un peu de cette période et de ce contexte qui fut celui de la légendaire Norma Jean Baker…
              Tout est bien vague dans mon esprit quand j’entreprends la lecture. Mais l’un des bénéfices de la lecture n’est-il pas justement de jeter de la lumière sur des zones d’ombre ? Et puis j’ai le plaisir du guide, celui dont la tâche consiste à defricher le terrain pour les élèves.   Qu’est-ce que Marilyn pour des adolescents ? Il faut programmer un film, afin qu’ils la voient, qu’ils s’attachent peut-être au personnage, qu’ils aient envie d’en savoir plus. Ce sera « les Désaxés » dont il est question dans le roman. 
              A la page 383, on trouve cette réflexion de Marilyn : « Ma vie, je pourrais l’écrire rien qu’avec les titres des chansons de mes films… » Suit un inventaire de ces titres. J’ai une collègue qui me propose le CD des chansons de Marilyn. Je vais leur en faire écouter un échantillon. Puis, en guise de « récréation d’écriture », je leur demande d’adopter la même méthode et de raconter leur vie à partir des chansons de leur choix.
              Je leur photocopie également les chansons de Gainsbourg, « Norma Jean Baker » et « Baby alone in Babylone » afin qu’ils réfléchissent aux conditions énigmatiques de sa mort. Les textes de Gainsbourg figureront en poésie, en croisement avec le biographique. Demain, « Fils unique ».
 
Réaction de collègue (à propos de culottes courtes)
Ce bouquin m'a mise mal à l'aise. S'il a satisfait mes désirs de 
syntaxe (rien à dire de ce côté-là), si j'ai admiré le style, tout de 
même très proche du strict pastiche, je ne sais quoi faire de 
**l'histoire**, qui me paraît en effet relever d'une variété 
d'autobiographie, [genre proliférant à l'endroit duquel à quelques 
exceptions près j'ai de sacrées réserves : si je peux être triviale, 
l'autofiction, ça me gave, et je trouve le "roman" de Laurens 
ridicule] avec un penchant au fétichisme y compris lexical (j'ai 
compté 62 occurrences de "culottes courtes" entre la page 359, moment 
où j'ai décidé de me mettre à compter, et la fin) dont je ne sais pas 
quoi faire parce que je ne sais pas quelle est la position de lectrice 
qu'il m'accorde. Autrement dit, je ne suis pas sûre que le lecteur ne 
soit pas dans ce texte saisi dans le même genre de relation que celle 
qui "unit" Barbara et Allan, relation ANALOGUE je veux dire : voyeur 
impuissant à se déprendre mais pour quel "bénéfice" ? A côté du brio 
du style par exemple, il y a la simplicité sommaire du découpage, il y 
a le ressassement du lexique, celui des gestes quotidiens, il y a le 
côté attendu d'une narration explicitement proustienne, et qu'est-ce 
qu'on en fait ?
            Il faut que j'aille au lycée m'occuper de la mise au monde 
de notre-finalement-blog, j'arrête un peu vite mes remarques en vrac, 
en ajoutant que je comprends absolument le malaise des élèves : c'est 
leur histoire, et ils sont bien trop jeunes pour en goûter le parfum 
de retour sur soi, d'où les accusations de pornographie.
 
 ici aussi  Nothomb a le vent en poupe mais Disparaître, Contours, Pontsd'oiseaux et Marilyn suivent de près. Tenez bon, essayez de garder du plaisir dans cette aventure………….
 

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Les actrices face à Gilda : ce qui se joue sur la scène.

Publié le par Eric Bertrand

Pour entrer dans le jeu et commencer à réfléchir sur les personnages et leurs intentions, mardi soir, nous travaillons sur deux scènes qui se jouent entre les adolescents. D’abord la scène initiale, celle qui se joue en face du ponton. Gilda est en train de se pavaner à l’avant-scène tandis que les trois autres guidées par Tiziana l’observent de la plage à l’aide de leurs jumelles…
              Ce qui est en jeu là, c’est l’affirmation des tempéraments. D’un côté, Ornella, fascinée par l’assurance et l’arrogance impudique de Gilda, et de l’autre, Tiziana et Lauredana, choquées par le scandale de sa position et de son comportement. Ce désaccord souligne bien les caractères.
              Diane, qui joue le rôle de Tiziana trouve assez bien le ton moqueur qu’il faut mettre dans certaines des répliques en même temps que cette intolérance à la limite de la xénophobie dans laquelle elle cherche à entraîner ses camarades. Samantha la suit assez bien sur ce terrain, bien qu’encore timide. De son côté, Hélène joue assez bien sur le registre de la provocation et de la fantaisie. Cette fille qu’elle observe révèle en son personnages des envies qui la troublent et elle parvient assez bien à montrer l’excitation. Demain j’évoque la scène des garçons.
 
 
HPIM1960.JPG
Quando arriva Gilda, Porta Palermo...
Rubrique Goncourt : Jeu d’écriture
 
              En parallèle à la réflexion sur les livres de la sélection, je trouve toujours intéressant de travailler en ce moment sur l’idée de l’effort de lecture, idée d’une errance sinon d’un voyage, d’une épopée à travers la « jungle » des treize romans…
 
              Après avoir demandé aux élèves « comment ils lisaient » (cf : dernière suggestion), je leur ai demandé de présenter l’une de leur lectures non pas simplement comme une lecture mais comme une aventure à travers un espace géographique inscrit dans le roman, ce que le spécialiste appellera « topos ».
              Le recours à cette notion d’espace peut engendrer un intéressant travail sur la métaphore et, en même temps, leur permettre de s’exprimer autrement sur un roman de leur choix. Par ailleurs, cela les oblige à revenir peut-être davantage à la réalité géographique d’un univers romanesque (Orient de « disparaître », Afrique de « contours du jour qui vient », Londres de « l’amant en culottes courtes », Basses Alpes de « le Bois des amoureux », landes breto-normandes de « Ouest », Amérique de « Marilyn, dernières séances »…
 
Exemple : j’avance sur le Sunset Boulevard de ce roman au bout duquel je vois briller, comme sur une enseigne lumineuse, le visage tourmenté de Marilyn. Les sables du désert de Mojave rentrent un peu sous mes paupières, mais le moteur des grosses limousines, les Pontiac, des Buick se mêle à la rumeur des caméras qui filment, jusque dans mon sommeil, les stars de Hollywood.
 
Réaction de collègue :
Dans l’interview qui est sur le site de la FNAC, Fleischer dit et redit « 
c’est la premier texte autobiographique d’ampleur, le premier texte
strictement autobiographique « .
Alors roman ?

Je me demande si le sous-titre roman n’est pas plutôt à prendre dans l’air
du temps et du triomphe de l’autofiction.
A Marseille Camille Laurens a fait un flop quand elle a fini par lâcher
qu’elle en s’appelait pas Camille Laurens dans la vraie vie, et que donc ce
n’était pas elle etc…le pacte de lecture instauré au début, dans la note
liminaire, au feu. Et c’est vrai que les élèves lui en ont beaucoup voulu…
 

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Répétition du 17.10

Publié le par Eric Bertrand

              La première répétition a lieu comme prévu. Après le passage des journalistes et d’une ancienne actrice très émue, (« la très talentueuse Rebecca Darlington » comme la présentait Ronald MacDonald dans le Ceilidh !) nous avons commencé le travail. Le groupe des adolescents est au complet et c’est Francesca qui manque à l’appel.              
Nous faisons donc travailler les scènes autour du ponton… Le groupe ne se connaît pas encore bien et je propose quelques exercices à la fois d’occupation de l’espace et d’articulation à partir des expressions italiennes présentes dans le texte : « Ciao ! », « Che calore ! », « Ecco l’Americana ! ».

 

              Outre le caractère linguistique de l’exercice (il s’agit de les faire collaborer à l’ambiance italienne), l’intérêt est surtout de les faire bouger dans l’espace, et d’indiquer quelques notions élémentaires de jeu : le rôle du partenaire sur la scène, les relations de force au théâtre, l’importance de la voix, du regard et du geste. Du contact et de l’ouverture à l’autre aussi car je décèle un peu de timidité et une tendance au « petit groupe », tendance qu’il faut abolir…

 

              Demain, je reviens sur les premières scènes.

 

hpim1174.jpgPorta Messina...

 


Rubrique Goncourt :
« Les Bienveillantes »
              La compréhension de ce roman dont il faut percevoir la profondeur passe aussi en amont par une réflexion sur les conditions du génocide. D’où le rôle du cours d’histoire dans cette approche d’une œuvre que je n’ai, hélas, pas encore lue !
Exposé de Mélinda : Mélinda est arrivée à lire environ 450 pages et elle trouve que la lecture en devient de plus en plus intéressante au fur et à mesure que l’on progresse dans l’œuvre. On rentre davantage dans la psychologie des personnages et dans l’analyse des éléments sociaux et historique…
Comprendre le contexte dans lequel agit le narrateur du roman
Anna Arendt : réflexion sur le régime totalitaire.
Il s’appuie sur la volonté de soumettre le plus grand nombre. Ce type de régime se met en place en s’appuyant sur les masses, ce que Ionesco a pu appeler « les rhinocéros ». Dans la masse, l’homme perd sa singularité et croit aveuglément ce que la tête lui demande de croire. Les règles élémentaires de la pensée sont abolies. L’esprit critique disparaît. Faute de mots, la pensée s’appauvrit et « s’exécute » au sens à la fois où elle se donne la mort et où elle obéit, elle suit « les ordres », sans comprendre. On peut évoquer en cela la société totalitaire imaginée par Bradbury dans Fahrenheit 451 où les livres ont disparu car ils sont considérés comme des ferments de danger.
Anna Arendt : les camps d’extermination.
Dans le camp d’extermination, le « programme » mis en place est un programme d’élimination systématique. Anna Arendt se pose la question suivante : comment exécuter un programme d’une telle barbarie ? Comme l’indique Lévi, ce ne sont plus des hommes qui sont éliminés mais des marionnettes humaines, de sorte qu’aux yeux des exécutants, l’exécution aille de soi. Extrait des Origines du totalitarisme dans lequel l’auteur explique que le camp d’extermination n’est pas seulement un lieu d’exécution mais un lieu d’expérimentation de la déshumanisation. Extrait de Si c’est un homme de Primo Lévi : l’arrivée au camp d’Auschwitz. L’auteur y explique le processus de destruction à laquelle le prisonnier du camp est soumis.             .
Anna Arendt. Le procès d’Adolf Eichmann ou la banalité du mal.
Un tel homme n’est pas un monstre (ce qui aurait été rassurant) mais un homme ordinaire. La réflexion avait été déjà menée par Robert Merle dans son livre : la mort est mon métier. L’auteur explique que le camp fonctionne de la même manière qu’une machine infernale, et que tout fonctionnaire l’actionne avec la même froideur que le personnage de Kafka dans la Colonie pénitentiaire. Le personnage (Rudolf Hoess, commandant d’Auschwitz dans la Mort est mon métier) est le produit d’une société totalitaire qui engendre des individus incapables de penser par eux-mêmes, des individus qui ont perdu ce qui caractérise l’exercice de la liberté et qui n’agissent que par rapport à ce qu’on leur a enseigné.
Extrait de l’interview de J. Littell et de Raul Hilberg sur France Inter. Raul Hilberg : la Destruction des Juifs d’Europe. Lecture d’un article de Claude Lanzmann dans « le Nouvel Observateur ». La question des limites de la fiction par rapport à la réalité effroyable d’Auschwitz.
 
Réaction de collègue :
Moi aussi, j'aime Gilles Lapouge et pour les mêmes raisons. Mais que 
ma lecture est lente ! Et après il me reste Nothomb pour la soirée.... 
Franchement, nos rencontres de demain ne m'enthousiasment pas. Pour ce 
qui concerne Bataille, j'ai l'impression qu'outre sa propension à la 
boursouflure, il a des problèmes avec la déontologie : son roman est à 
peu près une entreprise publicitaire-Grasset, chez qui il est lui-même 
éditeur, voire, me disait un copain libraire, secrétaire général.
En fait de chataignes, ce sera le Grand Théâtre de Troyes...
Au moins lis-je  le texte avec la voix de Lapouge dans l'oreille, et 
Giono & Pierre Magnan en arrière-fond.
"Professeur d'honnête homme", c'est charmant, non ?
A bientôt, et merci pour votre chronique bloguesque

 

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