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Le masque du théâtre dans le théâtre

Publié le par Eric Bertrand

J’ai reçu dernièrement ce point de vue de lecteur qui m’amène à revenir sur la difficulté essentielle de la pièce : le jeu entre le réel et la fiction sur lequel réside le principe de la mise en abyme.
              « J'ai relu et je peux dire que j’avais chinté pas mal de choses. Ce qui m'a interrogé un moment dans une page (que j'ai été contraint de lire plusieurs fois) c'est l'indifférenciation entre le jeu et la personne elle-même ; par la suite j'ai retrouvé cela en clair, le personnage et la personne jouant en discontinu leur rôle et leur soi ; à la fin est-ce cet amalgame que tu veux montrer ou bien le ceilidh est-il, plus que la rencontre avec l'autre, la rencontre avec ses personnages ? »
              Comme quoi, ce principe de construction amène le lecteur perspicace à se poser de bonnes questions… Je suis tombé sur un article qui évoque l’une des pièces baroques de Corneille : l’Illusion comique : il y est question d’un jeune homme en opposition avec son père parce que ce dernier l’empêche de s’adonner à sa passion du théâtre. Le jeune homme est d’abord banni par son père. Ce dernier parvient ensuite à le retrouver grâce à l’intervention d’un magicien qui fait apparaître son fils : celui-ci est en train de jouer une pièce… Et nous y voilà, la pièce dans la pièce donc
              L’auteur de l’article écrit à ce propos : « Qu’on ne s’imagine pas que Corneille innove ici dans la forme, annonce Claudel ou Pirandello ; Shakespeare bien avant lui avait déjà usé du procédé… Plein de préjugés quand le spectacle commence, le père du jeune Clindor s’en débarrassera au fil de la représentation que met en scène pour lui le magicien Alcandre. Initiation à la contemplation, école de l’œil, l’IIlusion Comique devient une curieuse fable sur la véracité de ce qu’on observe, le prétendu réalisme, la supposée vraisemblance… On ne sait jamais vraiment ce qu’est le réel. »
              Analyse qui pourrait tout à fait convenir à la lecture du Ceilidh
 
Jack on the route again : "le vrai problème de l'auto-stoppeur, ce sont les chaussettes !"

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Le film

Publié le par Eric Bertrand

              Comme prévu, nous sommes allés mercredi rencontrer Florian qui a pratiquement achevé le montage du film de la pièce et qui souhaitait notre présence pour finaliser l’ensemble.
              Je redoutais ce moment de « retrouvailles avec l’instant théâtral ». C’est finalement une bonne surprise. Pour la première fois depuis que nous visionnons des vidéos après les spectacles, nous sommes pleinement satisfaits.
              Pertinence du cadrage, rythme du film, qualité du son… Le secret insiste Florian, c’est de trouver suffisamment de ressources pour ne pas lasser le spectateur et lui offrir de la variété tant au niveau des plans que des montages. Par exemple, alternance des plans rapprochés et des plans serrés, montrant tour à tour le visage d’un comédien, d’un musicien, ou la dynamique d’une scène.
              Quelques plans sur le public également et surtout, la restitution de l’atmosphère de l’Ecosse telle qu’elle était traduite par la musique et la succession des diapos. Très adroitement, Florian a aussi intégré, en pleine image parfois, certaines des meilleures diapos. Par ailleurs, les génériques de début et de fin sont particulièrement soignés et s’attachent notamment à rendre hommage aux différents intervenants.
              Nous disposerons à la fois d’un support VHS et d’un support CD, de même quelques séquences seront prochainement disponibles sur le site. Il reste donc quelques fignolages à terminer, mais je devrais récupérer l’ensemble avant la fin juin. Si l’un(e) d’entre vous souhaite acquérir ce support par la suite, je crois qu’on peut s’arranger… N’hésitez pas à me le faire savoir. Nous verrons comment cela peut se négocier !

Extrait de "Jack on the route again !"

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Café littéraire

Publié le par Eric Bertrand

L’interview est donc terminée et je reviens au journal de l’événementiel avant de retrouver l’Ecosse. J’ai donc été invité samedi dernier au café littéraire de Dinan. Le charme de ce type d’animation, si on la compare aux traditionnelles signatures, c’est de pouvoir aborder en profondeur le contenu d’un livre, d’abord parce qu’il y a, de la part du public, l’attente d’un exposé de présentation, ensuite, parce que ceux qui sont venus ont des questions précises à poser. Ils ont lu le livre ou ont l’intention de l’acheter. Ils réagissent à des éléments de l’exposé.
              Edouard, le libraire, a créé une ambiance conviviale. Les tables sont arrangées de façon à favoriser l’écoute de l’intervenant. Il propose des boissons à chacun, fait circuler le livre… La conversation roule sur l’implication des comédiens dans leur rôle, sur l’intérêt du tragique et bien évidemment, sur Macbeth. Il y a là des Britanniques : Dinan est une ville qui les attire ! Et ils connaissent leur Shakespeare sur le bout des doigts !
              Ils sont surpris par le dénouement de l’œuvre. J’aime bien l’analyse qu’ils proposent : dans Macbeth, le mal vient essentiellement de la femme, de « lady Macbeth » et, dans le fond, Macbeth est un pauvre homme qui aime son roi et qui se laisse manipuler par une épouse frustrée. Au début, Lady Macbeth n’a rien, aucun pouvoir, et elle saisit l’occasion de s’affirmer à travers son mari. Dans le Ceilidh, les choses sont radicalement différentes : tout le mal vient de l’homme qui imagine les crimes, délègue la mission, envenime le discours de Rebecca, tire les marrons du feu...

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Whom is the worst ? Male or female ?

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Lirado : Interview 7

Publié le par Eric Bertrand

C’est aujourd’hui que devrait paraître l’article auquel j’ai consacré les derniers jours. Je donne l’adresse dés que cette publication est effective. Voici en tout cas la dernière question.
Comment se déroulent l'écriture et la réalisation de chaque pièce ?
              Lorsque finit une pièce, en général courant mai, je me mets à penser à la suivante. Je perçois chez mes élèves, ceux qui ont joué dans la troupe, des demandes ou des attentes. (Pour le « Loft », c’était particulièrement le cas car, cette année-là, mes comédiens n’avaient pas échappé à la vague du « loft Story ».)
              Je réfléchis, je relis certains grands textes, j’essaie de les interpréter, j’imagine un scénario et puis je passe à l’écriture. Une partie de l’été est consacrée à cela. Cependant, et cela concerne la réalisation, je sais que des « ajustements » seront faits courant septembre, lorsque j’aurai songé à la distribution et lorsque j’aurai rencontré les futurs comédiens… Cette épreuve est redoutable car il s’agit de faire rentrer la création dans une sorte de lit de Procuste ! Commence ensuite le véritable travail de la mise en scène.
 
La troupe du Tennessee club devant le Moulin à Sons au soir de la dernière (juin 2004)

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Lirado : interview 6

Publié le par Eric Bertrand

Avant dernier épisode de ce feuilleton que je publie avant d’indiquer le lien sur lequel vous pourrez trouver l’interview et le reportage. La question cruciale et pédagogique de l’objectif !
 
Quel est le but que vous avez lorsque vous animez vos ateliers ?
              Il y en a plusieurs. D’abord celui de vivre une aventure collective avec les élèves, les différents partenaires et les textes que j’écris. Mais cette aventure est essentiellement liée à la notion de plaisir. Il s’agit avant tout pour nous tous de prendre du plaisir, plaisir à jouer, plaisir à risquer des choses, plaisir à découvrir des horizons nouveaux. On peut tout combiner sur les planches et j’ai la chance de les anticiper lorsque j’écris. Je m’amuse beaucoup dans mon coin !

Dans le loft, l'un des organes répressifs : Shotgun, contre la rebellion du dandy Tarzan...

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