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Retour aux planches

Publié le par Eric Bertrand

 
              La trêve liée à la période de grandes vacances et du renouvellement de la matière est maintenant terminée. Je fais donc aujourd’hui une parenthèse dans le journal de l’élaboration de la nouvelle pièce pour évoquer l’un des premiers moments forts de « de la saison », celui de la présentation du projet aux élèves intéressés.
              J’ai fait afficher depuis la semaine dernière une annonce afin que tous les acteurs intéressés (comédiens, mais aussi claquettistes et musiciens) viennent se manifester et, le cas échéant, proposer leur participation. Il y a, comme l’année dernière, peu de rôles à distribuer du point de vue de la pièce elle-même : deux rôles masculins, et quatre rôles féminins, (elles sont six dans le Ponton, mais deux rôles sont déjà retenus par nos deux actrices attitrées qui, depuis maintenant quatre ans, cumulent les rôles de composition !
              Le lycée reçoit une assistante américaine cette année. Si elle est intéressée par le théâtre, j’aimerais bien lui proposer le rôle de Gilda qui est américaine : son accent donnerait un charme supplémentaire au personnage. La collaboration avec l’assistant américain d’il y a trois ans, avait produit des éclats sur le Tennessee club.(Christopher jouait bien mais en plus, faisait des claquettes à un très bon niveau…) Nous verrons en fonction de la demande... Le fait est que nous avons prévu le dispositif habituel pour une audition en bonne et due forme…
 
 
Una vista sul mare...
Rubrique Goncourt : ça démarre vraiment cette semaine. Les documentalistes ont affiché la sélection avec la photo des couvertures, d’autres élèves s’associent à l’opération et veulent rédiger des critiques Goncourt, certains collègues commencent à « courtiser » les romans. La course est entamée entre les élèves, un certain climat d’émulation dans l’équipe, prof, documentalistes, élèves… Par ailleurs, le courrier que j’ai envoyé à l’ensemble des 60 collègues qui participent à l’opération produit ses fruits. Il est intéressant de mêler nos expériences et de voir comment, au sein de chaque établissement, l’aventure est vécue. En guise d’illustration, je retiens quelques témoignages dont je maintiens cependant l’anonymat. Que l’aventure continue !
……………………….
"Nous avons commencé par préparer une expo sur l’ Académie Goncourt, les prix Goncourt et les « goncourables » que nous avons affichée dans le hall du lycée ; Nothomb passe tout seul ainsi que les « Poivre ». Les élèves ont eu à imaginer une lettre à l’un des goncourables pour leur présenter les avantages de préténdre à un prix (après débat oral) , vendredi nous avons prévu « coups de cœur et coups de gueule » petits articles très courts et spontanés, le tout avec le soutien des documentalistes. Pour aider les élèves à tenir dans l’effort , les docs et moi avons construit un classeur de toutes les critiques que nous avons trouvées dans la presse écrite et une doc a téléchargé des interviews d’auteurs (mais je n’ai pas eu le temps de les exploiter avec les élèves…). Voilà où nous en sommes mais je m’inquiète fort des délais, je trouve qu’ils ne lisent pas très vite (moi non plus d’ailleurs !)   en même temps je ne veux pas les brusquer et les bloquer !......................................
La prof est un peu dépassée par l'enthousiasme des élèves... Certains avancent vite, vraiment (certains élèves ont déjà fait un sort à Ni toi ni moi ou à L'amant en culotte courte...), et l'enthousiasme des autres lycéens a poussé à la création d'un prix en interne. Une cinquantaine de lycéens volontaires, de la seconde SMS à une terminale S veulent aussi se plonger dans les oeuvres et donner leur point de vue. Le Goncourt a crée au lycée une véritable dynamique de lecture, et c'est tout aussi effrayant qu'enthousiasmant…………………………………….
 
    "Même enthousiasme au lycée … les
élèves  ont commencé leurs lectures
 et  certains bons lecteurs attaquent le 3ème  livre : pour l'instant,
Amélie Nothomb, Stéphane Audéguy,  Camille Laurens
semblent ceux qu'ils ont lu le plus rapidement. Premiers débats
également par petits groupes avec des regards critiques plutôt
stimulants. Un travail d'équipe se met en place avec les autres
collègues de la classe………………………………………………………………………………….
 
"Nous avons mis en place dans notre lycée un forum
accessible à tous les participants. N'hésitez pas à y faire écrire vos
élèves, c'est fait pour cela :
http://www.lpi.ac-poitiers.fr/www/rubrique.php3?id_rubrique=101
N'hésitez pas à le nourrir vous aussi en tant que professeurs et
documentalistes (à ce propos, je ne crois pas qu'ils ou elles soient
dans cette liste; je viens d'y rajouter celui de notre lycée afin que ce
message lui parvienne aussi)……………………………………………………………..

"Ici aussi, certains élèves en sont au troisième roman 
depuis mardi dernier, avec des enthousiasmes divers (peu sont 
lecteurs). J'ai souri en lisant sur le forum de Poitiers (nous avons 
aussi un projet de forum en cours de réalisation) l'unique critique 
sur Gilles Lapouge : un de mes élèves s'est littéralement mis en 
colère contre le roman, qu'il a abandonné à la centième page, et m'a 
dit souhaiter en parler avec l'auteur... Pour l'instant, les favoris 
semblent être Vallejo, Miano et Nothomb, au hasard des bavardages de 
fin de cours car notre première rencontre a lieu ce soir. En tout cas, 
nombre d'entre eux prennent l'aventure très au sérieux ! Chez nous, 
les classes concernées sont une première L/ SI (innovation 
provisorale...) et une ES.
J'ai fulminé d'avoir loupé les émissions sur FC, nous allons tâcher de 
les récupérer. C'est une bonne idée que ceux qui repèrent les passages 
d'auteurs le signalent à tous.
Cette avalanche de courriers de toute la France est un autre plaisir 
de l'aventure !...............................................................................................................................


"Pour le moment le moral est au beau fixe, même si certains élèves sont un peu   déconcertés par certains des livres...Ce qui m'angoisse le plus: maintenir la flamme! ……………………………..
 
 
"Le Goncourt a commencé. Il
nous manque encore des livres mais ils devraient arrivés aujourd'hui. Pour
le moment les élèves sont fiers et inquiets. Certains sont sûrs de ne pas
tout lire, cetains sont des "rats de CDI". On leur a procuré une priorité à
la cantine et une salle dans le CDI est consacrée à la lecture pour tous les
élèves qui le désirent. Les tables rondes vont commencer. Véra la
documentaliste nous abreuve en revue de presse. Comment allez vous mener les
tables rondes ? Je ne sais pas trop comment faire. Par livre, par groupes
d'élèves ? A quelle fréquence ?.............................................

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Gilda, Hélène de Troie !

Publié le par Eric Bertrand

              « Journal du 22.07 : je continue à travailler le personnage de Gilda. Je la décris sur le ponton, « son ponton »… Ce que je veux suggérer c’est une sorte de « Naissance de Vénus ».
              Pour mieux la cerner, je la mets en scène en ville, lorsqu’elle fait son apparition. L’occasion d’élargir la scène et d’ironiser sur le regard des vieux siciliens qui la découvrent un peu comme les vieillards de Troie découvrent la silhouette d’Hélène.
              Que fait-elle à Santo Stefano ? Elle est montée jusqu’à Porta Messina pour manger une glace... C’est là qu’elle va rencontrer Salvatore et Gigi… Dans l’intervalle, je vais consacrer un chapitre à Francesca et Carolina. Je vais laisser Gilda en suspens et envisager à quel moment j’intercale leur intervention. »
 
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Una principessa ...

 
 
Rubrique Goncourt : après le Fils unique que j’ai dû lire en deux jours, je m’empare de deux autres romans. Dans la fin de lecture, j’ai encore repéré un passage qui serait susceptible d’être utilisable : celui qui évoque le combat des femmes pour une éventuelle « parité ». Ce qui est intéressant, c’est de faire sentir aux élèves l’immense chemin parcouru par les femmes depuis cette époque post-révolutionnaire. Le passage que je sélectionne montre très bien l’hostilité des hommes mais en même temps la soumission de certaines épouses. Peut-être un rapprochement avec la Colonie de Marivaux... L’auteur a eu la bonne idée de surnommer cet espace féminin « le coin des Poissonnières »…
              Prochain roman ? Cette fois, ils sont tous là. Je ne sais pas sur lequel porter ma préférence. Le fameux pavé des Bienveillantes est arrivé. Mes collègues s’amusent en me voyant passer, un livre sous le bras. La couverture change tous les jours ! Avec la résignation du bagnard, je le prends dans ma valise, de manière à en évaluer la matière. 894 pages en écriture fine…c’est un sacré investissement, au détriment des autres ! J’ai envie de m’évader des travaux forcés ! De me retirer de Cayenne où je brise du caillou (des copies et des réunions !) et de m’exiler dans le Pacifique pour le lire. Je me retiens. L’habit du bagnard a des barreaux. Les Bienveillantes seront un terminus.
 
Info : France culture, 22h30, interview de l'auteur de "Marilyn"
 

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Paysage et psychologie

Publié le par Eric Bertrand

              « Journal du 21.07 : c’est donc reparti pour une nouvelle aventure narrative… Dés que je reprends le clavier, après un moment d’hésitation (de lassitude presque) à l’idée de refaire la même chose, de procéder à une sorte de nouvelle variation au sein d’un exercice laborieux, je m’aperçois que je me lance non pas dans la même histoire mais dans un univers bien différent, qui a ses règles et sa logique interne. Et je me reprends très vite au jeu.
              Je consacre un premier temps à l’évocation du paysage pour camper le décor et mettre en situation mon héroïne : Gilda. A la différence de la pièce, je vais travailler l’évocation du corps et de la psychologie. »
 
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Teatro e romanzo
 
Rubrique Goncourt : j’ai dévoré « Fils unique », notamment parce qu’il est riche du point de vue de l’exploitation pédagogique. J’en donnerai quelques pistes par la suite, mais en voici le thème… François est enfant unique, élevé et chéri par sa mère, Suzanne, qui n’a pas encore eu Jean Jacques. Le père, Isaac Rousseau, est parti sur les routes mais il revient, engrosse sa femme, laquelle y laisse sa malheureuse vie, François se retrouve seul, à courir les rues, laissant derrière lui le petit « singe savant » Jean Jacques. Il accomplit son apprentissage dans la compagnie d’un noble aux idées libertines, devient apprenti en horlogerie, fugue, pourfend l’injustice, s’associe à un vendeur de godemichés, reprend l’affaire et la clientèle. Se comporte en parfait libertin, amusant, libre, critique, leste… leste comme le style de ce roman.
  

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De la pièce au récit et du récit à la pièce.

Publié le par Eric Bertrand

« Journal du 19.07 : après quelques jours d’hésitation, liée aussi à l’effet de fatigue et de soulagement, j’ai décidé de reprendre le travail par la rédaction du volet narratif de la pièce comme ça avait été le cas pour le Ceilidh.
              Les raisons sont les mêmes et j’éprouve notamment le besoin d’éclairer le contenu de cette pièce par un retour via le narratif. Tant au niveau du contenu que de la dramaturgie, l’expérience du Ceilidh prouve que les deux approches s’enrichissent mutuellement. »
 
              Je me félicite après coup d’avoir eu le courage de ne pas céder à la tentation de la paresse, au cours de ces heures chaudes du mois de juillet. La reprise de la pièce par le narratif a bouleversé les données initiales…
 

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La stessa cosa per la Scozia...

 

Rubrique Goncourt : quand les livres arrivent...
Remarque : Les événements se précipitent dans l’aventure du Goncourt et le lecteur excusera un léger différé dans la relation des événements ! J’écris depuis le début une sorte de journal du Goncourt, et l’écart se creuse entre l’écriture de l’article et la mise en ligne…
 
Ca sonne comme le titre d’un film à grand spectacle et pourtant il y a un peu de cela… Les documentalistes m’ont averti dans l’après-midi : les livres sont arrivés ! L’idée est alors de « scénariser l’événement ». Il en manque quelques uns, en retard ou en rupture de stock comme c’est le cas pour le fameux « Les Bienveillantes » que les élèves semblent attendrent avec convoitise… mais une chose est sûre, il y a du livre sur la table et de la lecture en perspective ! Sept séries : nous sommes 22. J’ai donc désigné six groupes de trois et un groupe de quatre. Chaque est donc « propriétaire » d’un stock et les livres vont ainsi pouvoir tourner de façon autonome au sein de chaque groupe. Profitant de cet arrivage, j’abandonne le « Marilyn » dont je me suis fait une petite idée jusqu’à la page 82, pour m’emparer de l’ouvrage « Fils unique », qui s’intéresse au frère de Rousseau et semble devoir donner au lecteur une peinture du XVIIIe siècle. J’entrevois là, peut-être, l’occasion d’anticiper sur un autre objet d’étude : un mouvement littéraire.

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Rita Hayworth

Publié le par Eric Bertrand

« Journal du 14.07 : après relecture, j’ai décidé de reprendre la relation des cinq adolescents afin, notamment, d’affiner leur psychologie.
              Au début, Gigi doit donner l’impression d’un ennui, d’une torpeur sous le soleil. C’est Gilda qui vient secouer cette torpeur. Salvatore est de nature plus légère et vaine. Il cherche à s’amuser mais c’est Gigi qui oriente les choses.
              De leur côté, les trois filles manquent de maturité. Surtout Tiziana et Lauredana. Dans la scène qui se joue sur le ponton, Tiziana est face à Salvatore et n’ose pas se déclarer : comme écrit Musset : « c’est une chatte qui veut bien manger des confitures mais qui ne veut pas se tâcher les pattes ». Dans ce contexte, elle ressent une sensation forte mais réagit trop tard.
              Plus déterminée et mature est Ornella qui saisit l’occasion et qui commence avec Salvatore une véritable histoire d’amour, même si, en contrepoint, se joue en face d’eux une scène de galop amoureux qui frise l’indécence, ce qui incite (aussi dans la mise en scène sans doute –mais tout dépendra de l’actrice – à forcer le caractère provoquant de Gilda. Le nom qu’elle porte est lourd à porter : Rita Hayworth dans le film « Gilda » avait en son temps défrayé la chronique dans une forme subtile de strip-tease… Il faut que l’actrice atteigne à cette forme de subtilité. Il faut ainsi souligner l’intelligence tactique de la jeune Américaine de Torremuzza. »
 
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Sono bella sul pontile...
 
Rubrique Goncourt : je continue à « butiner » dans les livres afin de préparer à la fois l’opération et le programme de première. Avant de refermer le roman « Disparaître », j’ai encore repéré un extrait intéressant dans l’optique de la préparation à l’argumentation. Il s’agit d’un argumentaire destiné à présenter l’intérêt d’une biographie portant sur le personnage de Lawrence d’Arabie : « With Lawrence in Arabia »… Double profit à en tirer : aussi bien pour amener les élèves à défendre leur point de vue Goncourt mais aussi pour les amener à trouver les arguments et à les organiser en fonction d’un point de vue. Aussitôt tournée la dernière page de ce premier roman, je saisis le second, celui consacré à Marilyn sur lequel je reviendrai prochainement.
 
 

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