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Scotland, my mistress !

Publié le par Eric Bertrand

En famille, nous avons marché sur la piste du Grand cerf jusqu’au coucher du soleil et j’ai appris à Nolwenn des vieux airs écossais. Regarder au loin, plus avant. Suivre les formes des nuages dans le ciel. Retrouver les empreintes sur le sentier. Ramasser des blocs de tourbe pour le feu de cheminée. Nous nous sommes tous les quatre allongés sur la bruyère près du ruisseau. Dans l’air transparent, les nuages se dispersent. C’est beau la lande quand le soir vient.
              Je suis reparti samedi matin à travers le sentier qui pénètre dans la forêt, de l’autre côté du ruisseau : « Druim a Crachernie », d’après la carte d’état-major suspendue sur le mur de la cuisine au cottage. C’est une voie forestière sans issue. Le vent est fort et vient du Nord. À peine 7°. Les sapins ne protègent. Je m’arrête au bout de l’allée. M’allonge sur le tapis de bruyère. Plus un poil de vent dans le creux des arbres et dans ce théâtre de verdure. Je crie mon texte du spectacle à la joue de la lande : le gaélique lui va bien :
 
Chi mi’n tir son robh mi nam bhalach. Is toigh leam a bhith à dol dhon mhonach ans an’Alba, ann’s a mhadainn. Agus is leam a bhith a coiseacdh faisg air a cnoc, agus an allt. Agus a griadnach, cola ris deoch uisce. Ha mi a’smoniaradh gum bi grianach nam phocaid a huile bha.
 
              Nous partons pour Girnigoe dés mon retour puis Bucholie et John o’Groats et les Stacks of Duncansbay. Probablement…
              « Are you a monk, Eric, always going around your Highlands and never looking for a girl friend !”
C’était la phrase que me disait sur le ton de l’humour le fameux Sandro que j’ai déjà évoqué dans ce blog. Il s’enfonçait dans son siège, s’allumait une espèce de cigarette, fermait les yeux, et, clairvoyant, envieux peut-être, ajoutait : « Or perharps, Scotland is your mistress ! »
Ce qu’en termes plus démesurés, Sinclair proclame quand il s’écrie dans l’acte 2 du Ceilidh :
 
« Je resterai donc le maître absolu du nord de l’Ecosse. Mon domaine s’étend désormais au nord jusqu’aux îles Orcades, au sud jusqu’à Inverness! J’ai soumis toutes les contrées du Sutherland. La montagne, la bruyère, les petits lochs au fond des glens, les villes, les villages, les jolies filles qui s’y promènent le soir, tout m’appartient ! »
 
Et son fils Georges, le frustré, renchérit un peu plus tard, dans un monologue où il tombe le masque :
 
« Patience ! Patience ! Il faut continuer de tricher ! Il n’est pas inébranlable ! Un jour, je lui succéderai et je serai roi de toute l’Ecosse ! Mon royaume s’étendra encore bien plus loin que le sien ! Par ruse, je gouvernerai l’ensemble des Highlands, d’Inverness à Ullapool, des îles d’Iona aux îles d’Arran, des Iles Hébrides aux frontières de l’Angleterre. Et je séduirai une princesse étrangère pour étendre encore mon royaume !... »
 
              On voit ainsi comment, en aval, le jeu des filiations entre les personnages, leurs passions, leurs liens héréditaires rejoint, beaucoup plus en amont, la géographie intime de l’auteur
 
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On we go, to the magic land...

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Prince in the heather

Publié le par Eric Bertrand

              C’était un soir de juin, les derniers assistants qui m’avaient accompagné cette année-là s’apprêtaient à quitter les Highlands. Dernière réunion mélancolique du côté d’Ulapool… Nous avions gravi un « ben » qui dominait la mer, face aux îles Hébrides, et comme le soleil était chaud, la bruyère tiède, nous nous étions allongés. « Prince in the Heather » : tel était le titre d’un livre que je parcourais à ce moment. Et c’était bien cela… je pensais que nous avions l’air en effet, en cette fin de saison, rassasiés des plaisirs de l’aventure, de « Princes in the heather »…
 
              Un peu comme ce premier matin de l’arrivée au cottage… C’est vendredi matin, j’ai quitté vers huit heures la petite maison isolée. La lande est tout autour. Un sentier longe un torrent, « le Torran water » qui se transforme en « Cnoc glas water ». Il mène au loch Caluim… Le lecteur s’aperçoit déjà que nous nageons en plein gaélique !
               Le vent est fort. Souffle à la face. 10°. La terre est trempée. En courrant, je scrute l’horizon. Sur le sentier, des empreintes de chevreuil. Le soleil  parvient à percer et m’éclaire la « cnoc » d’un éclat mordoré.
               Un paysage suspendu, comme une tenture d’apparat. Accueil de la lande. Je m’avance recueilli dans le silence profond de cette immensité désertique. Et puis tout à coup, un roulement qui vient du fond de la lande. Le galop d’un cerf qui s’arrête à trente mètres de moi. Sa robe est mordorée, épouse les teintes du paysage. Ses bois brillent comme une couronne. Il m’a aperçu, me regarde de haut. Puis il s’évanouit, en même temps que les nuages. Le soleil fait cligner les yeux.

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First view from the cottage...

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Ecosse : aéroports

Publié le par Eric Bertrand

Le départ vers les Highlands est toujours une aventure, quel que soit le moyen de locomotion choisi... C’est ce que suggère la tirade de Diana dans la scène 3 de l’acte 1 :
 
« Diana : (S’allongeant à même le sol comme sur la banquette d’un wagon. Long soupir) Dans le Londres-Edimbourg, j’ai trompé l’ennui, huit heures d’affilée !... Et dans le Edimbourg-Inverness, cinq heures d’affilée, la banquette chavirait et me donnait la nausée…Et dans le Inverness-Wick, cinq heures d’affilée, la tête comme un cargo dans une marée noire… Bouh !... Je me suis réveillée dans le coaltar ou dans les nues !... »
 
              J’ai longtemps pris le car au départ de Lyon. Parfois le train, la voiture… Mais, pour une si courte et intense période, l’avion s’impose. Il n’y a pas de ligne directe entre Nantes et Inverness mais transit par London Gatwick et beaucoup d’attente au cours de ce transit…                 L’occasion idéale pour rédiger les notes et impressions de voyages (matière première de ce blog) et pour écrire des « fragments ».
              Parmi ces « fragments » (ne perdons pas de vue le principe même de ce blog, à savoir la réalisation progressive de la pièce !), celui qui concerne le spectacle à venir : Arlette m’a demandé de lire un texte en appui à la musique jouée en début de spectacle. Je me suis inspiré de la chanson « hame » de Silly Wizard qui figure au programme et en ai adapté les paroles, afin de souligner certains motifs et d’obtenir quelques variations. Voilà cette page :
 
Hame, hame, o hame, hame where I’ll be,
Hame, hame, o hame, hame in my hame country
Where the birds fly the moors
In the bonnie noon tree
 
Hame, hame, o hame, hame where I’ll be,
And the ruins, and the standing stones,
And the cairns and the rocky landscapes
And the cliffs and the crofts
In the bonnie noon tree
 
Hame, hame, o hame, hame where I’ll be,
With the red deers, and the seals,
And the golden eagle and the bonny moorhen
Which are running in the heather
In the bonnie noon tree.
 
Hame, hame, o hame, hame where I’ll be,
I go through a wild space
Covered with purple colours and smelly peat
The roofs of the crofts and dreaming smoke
In the bonnie noon tree.
 
              On notera que ce texte est proche dans sa thématique de celui que je dirai en gaélique et que je le prononcerai « à l’écossaise » au tout début et à la fin du spectacle.

 Wick Airport : the final destination ! But we'll come by car up to Wick !

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Retour des Highlands et du cottage

Publié le par Eric Bertrand

Je reprends aujourd’hui le clavier puisque mes problèmes de connexion semblent s’être résolus pendant mon absence. Comme je l’indiquais d’Inverness, j’ai beaucoup de choses à tirer de mon carnet de notes et notamment en relation à la fois avec le Ceilidh et les Highlands… Amateurs de cette région, bienvenue ! En attendant, je mets en ligne aujourd’hui l’article que je n’avais pu envoyer au jour du départ…
 
              J’interromps là cette série sur les mystères écossais. D’autres chapitres sont prévus et je les reprendrai bientôt, après mon retour des Highlands. C’est le moment idéal pour revenir sur le territoire du « Master of Caithness » ! Alors, quelles perspectives ?...
              Pas de connexion pendant mon absence bien sûr. La nature sauvage reprend ses droits… Le voyage est prévu du 25 (ce soir même) au 5 mai… Retrouvailles avec les terres, je prends la voix de Heather pour le dire…
 
« C’est le ciel des Highlands, c’est la lande du Caithness et les odeurs de tourbe qui voltigent dans l’air ! Je suis chez moi, Max ! »
 
              Mais aussi avec les amis, les gens sympathiques du Caithness : il y a une chanson populaire qui dit « you will always be welcome in Caithness », le clan Sinclair, les gens d’Ackergill … Des photos des châteaux afin d’éventuellement compléter le diaporama prévu pour la scène. Et puis l’achat de quelques accessoires supplémentaires, une cravate pour Sheumas, des chaussettes avec le « thistle », peut être une « Bonnie prince Jacket »… La promotion du Ceilidh (j’apporte un stock de livres qui m’ont été commandés). Et puis respirer l’air écossais, s’en imprégner davantage afin d’en faire souffler le vent sur la scène le mois prochain car le compte à rebours a commencé.
               Garantie de souvenirs à mon retour ! A bientôt !

That's the marvellous place ! Right in the moorland for eight days...

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Départ pour l'Ecosse

Publié le par Eric Bertrand

Juste un petit mot sur le départ. Pas de photos, pas de commentaires particulier (difficultés insurmontables de connexion en ce moment) Juste le temps de  dire que je retourne aux sources, "in my land"...  Comme dit Heather dans "le ceilidh", " c'est le ciel du Caithness, c'est la lande du Caithness et les odeurs de tourbe qui voltigent dans l'air, je suis chez moi Max"... Retour autour du 6 mai, je vous tiendrai informés ensuite... Mais au programme des rencontres, lesSinclair, les gens d'Ackergill et les amis et les châteaux... Le "Ceilidh" sur la sellette en tout cas, beaucoup de livres me sont commandés, la valise est lourde ! Et puis il faudra que j'en parle en anglais !

A bientôt à tous pour un retour des Highland !

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