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Va et vient du dramatique au narratif et vice versa

Publié le par Eric Bertrand

Dans l’attente de nouveaux événements, je reprends le fil du « journal de création du Ponton », là où je l’avais laissé :
              « Journal du 12.08 : l’une des différences qui m’apparaît au fur et à mesure des corrections qui avancent (j’en suis à la page 24), c’est que, dans le narratif, je m’attache beaucoup plus à la psychologie des personnages, à ce qui se passe sous la peau et à toutes ces manifestations qui effleurent dans l’analyse et qui passent inaperçues au théâtre. Au théâtre, les choses doivent être manifestées de façon beaucoup plus évidente et tant pis si le spectateur ne les perçoit pas.
              Même si, dans ma relecture de la pièce, je vais faire en sorte d’enrichir le texte de ces nuances, il me semble impossible de les intégrer. D’où, une fois de plus, l’intérêt de cette formule d’ouvrage double dans laquelle, décidément, je trouve intéressant de m’investir !... Quelles sont ces « nuances » dont je parle ? Quelques exemples demain...
 
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Gira, gira la testa di Gigi...

 
 
Rubrique Goncourt :
 
Interview d’Amélie Nothomb. Rencontre du 11 octobre. (4/4)
 
 
Vous dîtes toujours avoir peur du ridicule, de vous faire trop remarquer mais pourtant vos livres sont tellement spéciaux…
 
Vous avez tout à fait raison, c’est très paradoxal. C’est vrai qu’il y a en moi ce côté très adolescent : « -surtout ne nous faisons pas trop remarquée… » et en même temps mes livres ne collent pas avec cela. Mais j’assume tous mes paradoxes, ce paradoxe se retrouve d’ailleurs dans Journal d’ Hirondelle, c’est un livre sur le thème du secret. En soi c’est un paradoxe car est-ce que le meilleur secret ne serait pas de ne pas écrire de livre ? Mais non, le livre doit quand même exister, il doit exister pour que le secret soit préservé, c’est absurde !
 
Donc vous êtes quelqu’un qui se décrit comme paradoxal…
 
Oui enfin j’ai l’impression qu’on est nombreux dans la confrérie ou du moins, j’essaie de me rassurer en le pensant…
 
Et avez-vous eu d’autres projets avant d’écrire vraiment ?
 
Aucun. C’est aussi une chose qui, je croie, me différencie de beaucoup de gens, c’est que je suis un peu un néant, je ne suis bonne à rien, je n’ai pas particulièrement envie de faire 10000 choses, j’ai envie d’écrire, point. Je suis une vraie monomaniaque, et cela tombe bien car je n’ai de talent pour strictement rien d’autre. Je suis moi-même entourée de gens qui ont tous les talents, qui défilent bien, qui jouent d’un instrument de musique, qui font du sport… Moi, en dehors de l’écriture vraiment, il n’y a rien. Mais je constate que ce rien m’a quand même conduite à quelque chose parce que vos m’auriez rencontrée à vos âges, je n’étais rien, je n’étais pas comme vous. Jamais je n’aurais participé au Goncourt des lycéens, jamais je n’aurais eu le courage de faire une chose pareille. Ce qui m’a permis de dépasser mon isolement qui était formidable, c’est le fait d’écrire et le fait de publier des livres. C’est une intégration par voie de littérature.
 
Votre « isolement formidable » est encore un autre paradoxe…
 
(rires) Oui, c’en est un.
 
Et connaissez-vous d’autres écrivains dans ce milieu ?
 
Vous savez, c’est très difficile. Ma position n’est pas facile parce que je suis un écrivain très envié, cela fait 14 ans que je suis best-seller et il n’y en a pas d’autres que moi à l’être depuis si longtemps. En plus je ne suis pas cacochyme, je n’ai pas l’air foncièrement désespérée donc ça suscite de grandes jalousies chez les autres et il n’y a rien à faire quand je vais au devant d’eux, c’est peut être paranoïaque de ma part mais je ne le pense pas, je sens toujours des sous entendus extrêmes qui sont gênants, il n’y a pas de transparence, il y a toujours des petites perfidies qui sont lancées… Finalement les seuls écrivains avec lesquels je peux vivre de grandes amitiés sont les écrivains de best-seller car il n’a y pas ce côté :  « -Oui mais vous n’êtes qu’un écrivain commercial » ou des petites piques comme ça. Je suis par exemple très amie avec Henri-Emmanuel Flique qui en effet a des ventes phénoménales donc quand je le vois je sens bien qu’il ne se pose pas la question :  « -Est-ce qu’elle vend plus que moi ?? » (rires).
 
Donc ce côté commercial, vous l’assumez totalement…
 
Vous savez je ne l’ai pas fait exprès mais d’autre part je ne pleure pas. Franchement, gagner beaucoup d’argent, je ne vais pas vous dire que c’est foncièrement désagréable ! (rires)
 
Et comment accueillez-vous la critique ?
 
Avec l’habitude… Vous savez on n’est pas best-seller depuis 14 ans sans des démolitions à n’en plus finir… Ca a commencé dès le deuxième livre, je ferais même mieux de dire dès le premier qui a été « ratiboisé » par la critique en Belgique mais à cause du nom que je porte. Par contre en France, ô merveille personne ne savait qui étaient les Nothomb, cela s’est très bien passé. La France m’a un peu fait l’effet d’être le pays du Salut, vous savez un peu comme l’Amérique pour les Européens, les bagnards qui fuyaient … Tout dépend du niveau, les critiques pour journal d’Hirondelle n’ont pas été bonnes par exemple mais franchement ça va. L’an passé j’ai écrit le livre Acide sulfurique qui m’a valu des critiques insupportables…
 
Ce livre est pourtant magnifique, vous faîtes la juste comparaison de la télé-réalité et des camps de concentration…
 
C’est très gentil vous me faîtes bien plaisir en me le disant mais si vous saviez,j’ai été vraiment humainement insultée et ce qui était pour moi insoutenable, c’est qu’on m’accusait, avec ce livre, d’insulter les victimes de la Shoah… Alors que c’était exactement le contraire ! J’ai écrit pour que cela ne se reproduise pas car il me semble que l’on n’est jamais vraiment à l’abri de ces choses là. Ca c’était vraiment une insulte gravissime très très pénible à endurer. Après ça si on se contente de dire que votre livre est nul, vous haussez les épaules.
 
Mais les critiques restent des critiques et les lecteurs avant tout des lecteurs !
 
Exactement. C’est pour les lecteurs qu’on écrit.
 
La grande majorité de vos lecteurs a d’ailleurs aimé Acide sulfurique !
 
Ah bah vous me faîtes plaisir ! (rires)
 
Et justement, que pensez vous réellement de la télé-réalité ?
 
Franchement j’en pense exactement la même chose que ce qui est dit dans ce livre. Alors il y a des critiques qui m’ont dit : « -Mais enfin comment pouvez vous comparer la télé-réalité avec les camps de concentration ? Quand bien même on pourrait avouer qu’il y a des choses graves dans la télé-réalité, cela n’atteint pas du tout ce degré ! ». Je leur ai alors demandé s’il fallait attendre l’insoutenable pour réagir ou réagir dès que ça devient inacceptable. C’est exactement ce qu’il s’est passé en 1940, c’est parce que les gens disaient : « -Oui mais ils ne sont que déportés… », on ne savait pas qu’ils étaient gazés mais est-ce que l’idée qu’ils soient déportés n’est pas déjà insoutenable ? N’y avait-il pas déjà de quoi réagir ? Donc il faut réagir tout de suite, il ne faut bien sûr pas attendre qu’il soit trop tard pour le faire !
 
Réaction de collègue :
 
Je viens de lire le message de Véro et je n’ai rien à ajouter. Je partage l’analyse y compris les effets de la rencontre sur les élèves qui, pour certains des miens, étaient persuadés qu’ils allaient s’ »em… » ( ainsi qu’ils l’ont dit ensuite à Mylène Reboul, notre représentante de la FNAC lors de sa visite hebdomadaire). Ils ont été enchantés et redynamisés pour la majorité, avec des jugements assez pertinents sur les auteurs : on s’amuse avec Boulin ( genre jeu du chat et de la souris mais les élèves se sont pris pour les chats et non l’inverse !), et on prend au sérieux Audouard surtout. Olivier Poivre d’Arvor qui a mis longtemps à se dérider, a moins plu. 
Le rythme de lecture des élèves est bien reparti depuis la rencontre et en dépit de notre lycée-chantier-bourbier qui nous fait rentrer dans des salles algéco humides, très humides même, après les intempéries, forcément méditerranéennes, de la semaine.
Je partage les interrogations d’Agnès quant à L’Amant en culottes courtes que je viens de terminer et qui n’a aucun succès auprès de mes élèves.
Merci à Eric pour son courrier concernant Fils unique, sur lequel mes élèves de 1e L se sont jetés ( deux élèves l’ont achetés puisque ma classe Goncourt est une classe de seconde) après un cours où j’avais évoqué son existence comme fausse autobiographie. Le bouche à oreille a ensuite fait le reste. Comme j’ai programmé Don Juan et Les Liaisons  la question du libertinage au XVIIe et XVIIIe siècle est au coeur de mes préoccupations.
Je reviens au Goncourt pour évoquer aussi l’émission de Radio Bleue Roussillon à laquelle nous avons participé, trois des élèves de la classe, Mylène Reboul et moi. Ce devait être une émission interactive sur la lecture avec des questions d’auditeurs mais il semble que la tranche horaire (comme on dit dans le jargon radiophonique) de 9h-9h30,  ne soit guère favorable à la lecture car nous n’avons eu aucun appel téléphonique ! L’intérêt de l’entreprise n’en a pas moins été très grand, notamment en ce qui concerne l’expression orale et la capacité à répondre avec clarté sur les livres lus.
Le blog est reparti ( la fermeture du CDI avait un peu arrêté l’activité des élèves) et je vais dire à mes élèves d’aller regarder celui d’Amiens puisqu’il est ouvert !
 
 

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Zucchero et les autres : la bande son

Publié le par Eric Bertrand

En prévision de la rencontre avec Arlette, notre partenaire musique pour le spectacle, dès les premiers jours de la rentrée, je dois faire le point sur les musiques et Jennifer est en train d’évaluer sur quels morceaux elle va proposer une chorégraphie. Voici en tout cas la liste des titres retenus pour l’ensemble du spectacle : amateurs de canzone italiana, laissez-vous bercer !
 
-         Angelo Branduardi : « la demoiselle »
-         Paolo Conte : « Via con me »
-         Richard Cocciante : « Il mio rifugio »
-         Gianmaria Testa : « Gli amanti di Roma »
-         Adriano Celentano : « C’é sempre un motivo ».
-         Adriano Celentano : « Ancora vivo ».
-         Toto Cuttogno : « l’Italiano ».
-         Paolo Conte : « Sotto le stelle del jazz »
-         Zucchero : « Senza una donna ».
-         Dalida : « Gigi l’Amoroso »
-         Adriano Celentano : « la barca »
-         Gianmaria Testa : « Sono belle le cose »

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Un po di musica ...

 

Rubrique Goncourt :
 
Interview d’Amélie Nothomb. Rencontre du 11 octobre. (3)
 
 
Dans quel cadre écrivez-vous, ce qui vous inspire, à quel moment ?
 
D’abord j’écris absolument tous les jours, sans exception. D’environ 4h à environ 8h du matin, au saut du lit, juste au moment où je me réveille. La seule chose que je fais entre le moment où je me réveille et le moment où je commence à écrire, c’est que je bois d’un trait un demi litre de thé trop fort et que je m’habille énormément parce que ça donne froid d’écrire. Mais tout de suite je me mets à écrire, j’écris frénétiquement dans un état mental et physique extrêmes pendant plusieurs heures et après ça va. C’est comme si j’avais expulsé ce que j’avais besoin d’expulser pour être viable.
 
 
Que cela vous apporte-t-il d’écrire ?
 
C’est mystérieux comme question, mais en même temps c’est quand même singulier. Cela fait maintenant tellement d’années que j’écris et je sais que je pourrai pas vivre sans. Tous les matins au réveil, je me réveille dans la même angoisse, qui est un peu l’angoisse d’Urbain quand il se réveille et qu’il ne sait même plus qui il est. Je sais que tous les matins je dois tout reconstruire, donc ça recommence…Et en même temps, cela m’apporte de la jouissance. C’est très difficile d’écrire, mais je le fais dans un état de jouissance extrême et cela donne des sensations fortes et c’est vrai que je suis toujours à la recherche de sensations fortes.
 
 
A partir de quand avez-vous commencez à écrire ?
 
Avant l’âge de 17 ans, je n’ai pas écrit une seule ligne. Jamais je ne me le serais autorisée. J’ai été élevée dans un très grand culte de la littérature. Très grande lectrice, fille de très grands lecteurs, sœur de grande lectrice. Du coup la littérature pour moi était un temple. Ce qui ne m’incite pas du tout à écrire, au contraire, on se sent tout petit devant la littérature et on se dit : « jamais je ne serai assez grotesque pour aller me commettre dans ce temple ». Finalement, ce qui m’a autorisé à écrire, ça a été un livre de Rilke qui s’appelle Lettre à un jeune poète que j’ai lu justement à 17 ans et où la question de l’acte d’écrire y est posée de façon tellement différente de la façon dont je me le posais moi, (c'est-à-dire que moi je me disais « je n’écris pas parce que je suis indigne »), tandis que Rilke répond à la question d’une façon totalement différente, à savoir, la question n’est pas « suis-je un bon écrivain ? » (Parce que ça de toute façon, on en sait jamais rien), la seule question qu’on peut se poser c’est « est-ce que je peux continuer à vivre sans écrire ? Est-ce que écrire est pour moi une question de vie ou de mort ? ». Et je peux vous assurer qu’à cet âge là, ma condition de vivante n’était pas si sûre. J’ai vraiment compris que oui c’était une question de vie ou de mort. Donc je ne peux pas me poser la question de savoir si je pouvais me mesurer à Proust, puisque évidemment je ne le pouvais pas, Mais je pouvais écrire parce que c’était une question de vie ou de mort.
 
 
Vous éprouviez donc un certain mal-être ?
 
Un mal-être phénoménal, comme je crois on en éprouve souvent à vos âges…
 
 
Vous en êtes-vous servie pour écrire Antéchrista ?
 
Ca il est clair que Antéchrista est à 95 % autobiographique. J’ai eu ma Christa, qui ne s’appelait pas ainsi, mais j’ai été Blanche. Et alors, c’est très singulier parce que tout le monde m’a dit « Blanche, c’est moi, les vieux messieurs, les jeunes filles, les jeunes gens, les mères de famille... », mais personne ne m’a dit « ah ! Je me suis reconnue dans le personnage de Christa », donc moi je me dis « mais où se cache-t-elle ? » (rire
 
Question cinéma, aimez-vous les films en général ?
 
Je passe ma vie au cinéma. Ca a commencé pendant mon adolescence lorsque je suis arrivée en Europe, me sentant terriblement seule, j’y allais tous les jours voir absolument n’importe quoi et c’est d’ailleurs une attitude qui m’est restée. Même si je ne vais pas au cinéma tous les jours je suis du style à aller absolument tout voir : les films américains comme Superman et puis la troisième rétrospective du cinéma turkmène.
 
Et le dernier film en date ?
 
Un film chinois que j’ai vu vendredi dernier qui s’appelle « Voiture de luxe ». Formidable.
 
Et est-ce que tout cela vous a donné envie de travailler au cinéma ?
 
Vous savez cela ne s’improvise pas. On a vu beaucoup d’écrivains ces derniers temps s’imaginer qu’il suffit de prendre une caméra et de filmer, Bernard Henry Lévy par exemple, on a tous vu le grand chef d’œuvre que ça a donné. Je n’ai pas tellement envie de me ridiculiser, d’autre part ce que je fais comme écrivain occupe tellement de mon temps, j’ai une telle passion pour ça que je me dis : à chacun son métier. Vous savez moi je suis tellement comblée par ce que je fais… En plus je vois des gens aussi merveilleux qu’Alain Cornaud qui se tournent vers moi pour faire des films avec ce que je fais que je me dis :  « -raison de plus pour ne pas se couvrir de ridicule, laissons faire les spécialistes ».
 
Réaction de collègue :
Un grand merci de Nîmes à vous tous qui animez ces rencontres virtuelles mais ô combien réelles quand régulièrement je me connecte à la machine infernale.
Phil le bloggeur m’agace un tantinet moi aussi et les commentaires des internautes ne méritent pas vraiment le temps que l’on passe à les consulter, même s’il y a quelquefois d’heureuses surprises.
Nous sommes tous orientés vers le tiercé gagnant : pour ma part, j’ai demandé vendredi à mes élèves de répondre aux questions suivantes :
1)Quel est mon tiercé d’après les romans que j’ai lus ?
2)Ce tiercé est-il modifié par les remarques de mes camarades sur les romans que je n’ai pas encore lus ? Quel est le nouveau tiercé que je propose ?
3)Quel est mon tiercé des romans que j’élimine ?
Après dépouillement de ces votes :
Sont éliminés sans contestation aucune :
Quartier général du bruit et Supplément au roman national. Rien d’évident quant au 3°
Le tiercé gagnant est assez loin d’être net car les élèves comptent sur les dix jours de vacances pour poursuivre ce marathon et avant de se prononcer pour 3 romans, je ne peux que comptabiliser les 6 ouvrages qui retiennent leur faveur au 20 octobre :
Journal d’Hirondelle
Marilyn dernières séances
Nitoi ni moi
Ouest
Disparaître
Contours du jour qui vient 
Juste après, Un Pont d’oiseaux et L’amant en culottes courtes sont à égalité.  
Le succès de Journal est dû au fait qu’ils l’ont tous lu, que le roman est court et à même de séduire des élèves de seconde qui lisent peu en général.
Celui de Marilyn et Nitoi ni moi est en partie lié à l’effet des rencontres avec les auteurs, le 3 octobre à Marseille, mais en partie seulement car les élèves avaient déjà apprécié les ouvrages et ont été en fait confortés dans leur choix.
Antoine Audouard les avait charmés lors de la rencontre et ils ont été nombreux à emprunter le roman, mais le succès n’est pas vraiment au rendez-vous.
Personnellement je voterais pour Fils unique mais mes élèves le trouvent sans intérêt. Dommage… J’exploiterai tout de même certains passages en espérant qu’ils garderont quelques souvenirs pour l’année prochaine.
J’ai encore une question à vous poser à tous : comment procédez-vous pour choisir le délégué régional ?
La semaine dernière, j’ai demandé aux élèves d’indiquer par écrit s’ils souhaiteraient être délégué et d’argumenter leur réponse. Sur une classe de 32 élèves, 8 sont réellement intéressés et ceux qui ont répondu par la négative ont justifié leur position de façon sincère et même touchante. Et ce ce moment je me torture pour savoir comment désigner le délégué…
 

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La couverture et son quatrième

Publié le par Eric Bertrand

              Il manquait dans la présentation du travail autour de la pièce l’image de la couverture et de son quatrième. C’est réparé ! C’est encore l’exemplaire unique, l’éditeur n’ayant pas eu le temps de commencer l’étape de la distribution.
              De mon côté, j’attends un carton pour livrer un certain nombre de lecteurs. En priorité les comédiens qui doivent découvrir le volet narratif du Ponton de façon à mieux saisir leur rôle, leur personnage et l’ambiance sicilienne …

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Ecco "il Pontile" colla ceramica...

 

 

Rubrique Goncourt :
 
Interview d’Amélie Nothomb. Rencontre du 11 octobre. (2)
 
 
Vous en avez écrit un livre d’ailleurs...
 
J’en ai écrit un livre que je ne pensais pas écrire à ce moment là.
 
Livre qui est superbe pourtant !
 
Merci. Et cet à ce moment là donc que... mais ça c’est bien plus tard puisque j’avais 23 ans que je me suis dit bon maintenant tu as fait le tour de la question tu es rentrée au Japon tu as vu ça marche pas non plus. D’autre part tu écris tu le sais, depuis longtemps. Qu’est ce que tu risques à envoyer un manuscrit à un éditeur ? Tout ce que tu risques c’est être ridicule ; mais regarde tu es déjà ridicule. Mais regarde tu es Dame pipi dans une compagnie japonaise franchement... Est-ce que tu as déjà perdu la face il ne peut rien t’arriver de pire. Donc finalement j’avais raison, c’est bel et bien grâce au Japon mais d’une façon bien sûr, totalement paradoxale.
 
Mathilde : Donc le premier manuscrit que vous avez envoyé aux éditeurs c’était le récit de... ?  
 
Pas du tout ! « Stupeur et tremblements » est venu bien plus tard ! Le premier roman que j’ai écrit juste après et que envoyé aux éditeurs c’est le premier publié à savoir « Hygiène de l’assassin ». Vous savez à l’époque j’avais pas trop envie de me vanter de ce qui m’était arrivé au Japon. Je n’aurais jamais imaginé que j’en tirerais un roman, plus tard. Si j’ai pu, huit ans plus tard écrire sur ce sujet c’est parce que sans doute j’étais un écrivain avec son petit succès et que je me suis dit bon finalement la honte est passée maintenant je peux me risquer à parler de tout ça.
 
Et justement pour « Hygiène de l’assassin » on a beaucoup beaucoup aimé vraiment ce livre et on voulait savoir pour le personnage de Prétexta si vous vous étiez inspiré d’idées... de vos idées ou alors d’idées que vous trouviez autour de vous, de gens arrogants ?
 
C’est très gênant. Vous allez peut-être, être très choquée par ma réponse mais la vérité c’est que, vraiment je me suis inspirée de moi ! Bon comprenons nous bien quand j’ai écrit ce livre j’avais 23 ans je me suis dit  « t’es comme tout les écrivains, t’a envie de parler de ton nombril, or ton nombril n’a vraiment aucun intérêt. Comment me rendre intéressante, eh bien je vais me déguiser en mon contraire ! Je suis une femme, prenons un homme. Je suis jeune, prenons un vieillard. Je suis relativement aimable, prenons un être parfaitement odieux. Je ne suis absolument pas célèbre, prenons un prix Nobel de littérature. Moyennant ce déguisement, derrière lequel personne ne pourra me reconnaître je pourrai faire passer toutes mes idées parfois de façon un peu monstrueuse. Mais je peux dire que globalement j’endosse tout ce qu’il dit, sauf que je ne suis pas misogyne mais sans être misogyne le moins du monde il m’arrive d’être très irritée par certaines attitudes féminines ! Et je dirais que ma seule vraie différence avec Prétexta, c’est que je n’enlèverai aucune page à la Princesse de Clèves ! Je trouve que ce livre est parfait !
  
Avez-vous des livres préférés ?
 
Ma liste de mes livres préférés est infinie bien sur, il y a la princesse de Clèves, les Liaisons Dangereuses, le bal du comte d’Orgel, le Coup de grâce, le Pavillon d’or… la liste est très longue.
 
Quel est votre livre de chevet ?
 
Il y a un livre que je lis chaque année, et pourtant ce n’est pas celui que j’ai le plus relu de ma vie, mais chaque année je me lis le portrait de Dorian Grey. Il y a mille raisons aussi bien littéraires que psychologiques de relire ce livre.
 
Vous inspirez-vous de ces livres ?
 
Ce n’est pas si simple, je trouve que ce serait une très vilaine façon de rendre hommage à ces livres que de m’inspirer d’eux. D’autre part, il est certain que le fait de les avoir tellement lus, m’a influencée mais dans mon inconscient, ce n’est pas un acte volontaire. Je ne me dis pas « bon, faisons comme Oscar Wilde », (ce serait d’ailleurs du dernier ridicule de se prendre pour Oscar Wilde !). Je suis moi, mais avec toutes mes composantes c’est comme Prétexta dit : « on écrit aussi avec ce que l’on a mangé, mais dans ce que l’on a mangé il y a aussi bien la littérature que la nourriture », donc ça fait partie de moi.
 
A notre âge, aimiez-vous les cours de français ?
 
Je n’étais pas très bonne. Je n’avais pas de très bons points ni de très bons résultats ni en dissertation, ni en composition française. Mais bon, j’ai toujours aimé lire à côté de ça, donc je n’étais pas rétive au moment où il y avait les listes de lecture.
 
 
Réaction de collègue :
 
Avant de partir me mettre au vert j'apporte ma contribution à toutes les info. ou interrogations qui ont circulé sur le réseau  ces jours derniers. En ce qui concerne le rôle de la Fnac: à Perpignan, très positif. Toujours prêt, toujours partant, toujours accompagnant.Une aide  précieuse et efficace donc.
Le choix de mes élèves ( de seconde): difficile encore à déterminer; les vacances devraient être décisives. Début octobre les noms de Nothomb et de Poivre d'Arvor revenaient sans cesse, tandis que Boulin était violemment rejeté de même que Bataille, mais pas pour les mêmes raisons (toutefois quelques lecteurs avaient été sensibles à l'écriture de Bataille). Fleischer n'a pas été apprécié par ceux qui ont eu le courage de le lire. Litell, lu par a une poignée de courageux dès les premiers jours de septembre , a beaucoup plu, de  même qu'Audeguy. Depuis le 16 octobre, date de la rencontre avec trois des auteurs, tous se sont précipités sur Ouest, Contours du jour qui vient, Le bois des amoureux, qui à mon avis avaient été délaissés. Il n'y a plus qu'à attendre la rentrée!
En ce qui me concerne j'ai mon tiercé provisoire: Fils unique, Ouest et LesBienveillantes. Je n'ai  lu ni Schneider, ni Lapouge encore...
 
A tous les Grands et nobles profs du secondaire qui participent au Goncourt des lycéens, je souhaite des vacances méritées et bienfaisantes. Merci pour vos messages toujours lus avec plaisir et intérêt et à bientôt pour la dernière ligne droite !

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La cariole !

Publié le par Eric Bertrand

J’ai parlé de l’importance des accessoires dans cette pièce et notamment dans la scène du prologue. La marionnette Angelika a déjà été présentée en image… Dans la suite logique de la dernière répétition amplement déclinée ces jours-ci, je mets en ligne l’un des accessoires importants qui va accompagner l’apparition scénique de Francesca et Carolina : la cariole… Je rappelle que les conteuses font une entrée en scène fracassante et passablement ridicule ! D’où l’idée de cet « engin » récupéré du vieux chaîs rétais de mes arrières-grands-parents.
              On appelait ça « la chignole » et, sur les petites routes de Ste Marie de Ré, j’en ai fait des tours là-dedans avec les cousins cousines un peu plus agés que moi ! Voilà que « la chignole » reprend du service ! En l’occurrence, les Siciliens sont attachés à la culture et les vieilles « charettes » font partie du patrimoine…
 
Prologue
 
Entre sur scène (avec fracas), une femme aux cheveux blancs qui souffle dans un clairon et qui tire une charrette, c’est Carolina : juchée sur cette charrette, en position de bonze, une autre femme aux cheveux blancs, c’est Francesca. Elle est noyée dans une grande robe de chambre qui accentue son allure solennelle.
Carolina s’arrête au milieu de la scène, des enfants et des adolescents ont accouru, ils forment un cercle autour de la charrette.
 
Carolina : adesso, un spettacolo unico ! Stasera per i bambini e per i giovani, un spettacolo unico ![1]C’est la soirée de la conteuse ! “La Beffana sotto le stelle” ! Chaque été, « la Beffana sotto le stelle » revient sur la place du village ! C’est l’été sicilien qui recommence et les toiles de la tradition sont brodées dans le ciel ! Elle fait un signe en direction de la charrette. Accrochez-vous bien, car Francesca tient l’aiguille !
Francesca : elle jaillit de la charrette.
Et Carolina donne le tissu ! Bienvenue les enfants !… C’est incroyable comme certains d’entre vous ont grandi ! On ne voit pas le temps passer ! Mais vous êtes toujours aussi fidèles !
 
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Ci manca Francesca e Carolina per il mercato !


 
 
 
Rubrique Goncourt : interview Amélie Nothomb
 
Une collègue a envoyé le bilan d’interview d’Amélie Nothomb à Rennes, je la fournis en plusieurs épisodes.
 
Interview d’Amélie Nothomb. Rencontre du 11 octobre. (1)
 
Comment vous décririez vous en un seul mot ?
 
Hou la ! C’est vache comme question, j’ai vraiment envie de vous la renvoyer. Si vous deviez me décrire en un seul mot qu’est ce que vous diriez ? J’a tellement peu de perception de moi.
 
Armandine : Moi je dirais déjantée.
Mathilde : Géniale.
Anna : Talentueuse.
Pierre : Et mystérieuse.
 
Bon alors je préfère m’en remettre a votre jugement je crois que j’y gagne beaucoup !
 
Avez-vous tenu un journal intime dans votre jeunesse ? Qui aurait été comme un déclencheur.
 
Eh bien non parce que justement je suis une grande paranoïaque, et je suis absolument sûre que si j’avais tenu un journal intime quelqu’un aurait chercher et réussi à le lire. Je suis absolument sûre que si j’avais surpris ce quelqu’un en train de lire mon journal je n’aurais pas pu m’empêcher de l’assassiner. Donc dans le but de ne pas assassiner mon prochain, je n’ai pas écrit de journal intime.
 
Donc vous vous êtes inspirée de vous pour le personnage dans Journal d’Hirondelle ?
 
Oui mais de toutes les composantes de moi, je suis aussi bien Urbain qu’Hirondelle ou que Youri, je me donne pour devoir d’assumer tout mes personnages. Ils doivent tous avoir leur légitimité. Même quand le pire d’entre eux entre en scène je dois accepter d’être lui parce que sinon on ridiculise ses personnage, je les assume tous.
 
Ce n’est pas trop dur de s’appeler Amélie Nothomb ?
 
C’est une question intéressante, il y aurait beaucoup de façons d’y répondre. Il faut quand même voir que même si c’est difficile c’est quand même surtout un cadeau. Tant de gens écrivent, tant de gens voudraient être publiés, quand ils le sont tellement voudraient que ça marche pour eux, j’ai un peu l’impression d’avoir gagné au Loto, je trouve que se serait un petit peu insupportable que je me plaigne. Je ne dis pas qu’il n’y a pas des aspects difficiles mais je vois ça plutôt comme un privilège. Il y a aussi une autre façon de répondre a cette question c’est que je viens de Belgique ou mon nom était lourd à porter pour diverses raisons, et j’ai voulu être publiée sous pseudonyme quand je suis arrivée en France pour tenter d’être publiée, et l’éditeur m’a dit « Vos histoire belco-belges je m’en fiche complètement, moi je trouve que Nothomb ça sonne bien donc j’oublie votre désir de pseudonyme et vous vous appellerez de votre vrai nom Amélie Nothomb » A ce moment je l’ai mal vécu, et pendant les premières années en Belgique toutes mes interviews commençaient mal parce que on me disait toujours « Qui êtes-vous par apport à tel ou tel Nothomb », j’avais toujours ce poids sur mes épaules et maintenant ce n’est plus le cas même en Belgique ils ont oublié tout ce que ce nom cachait de lourd à porter comme si maintenant Nothomb en Belgique signifiait Amélie. Alors je le vis comme une très grande victoire car c’est comme si cette notoriété avait effacé les notoriétés plus lourdes à porter qui m’ont précédée dans mon pays.
 
 
Comment expliquez vous cette notoriété ?
 
 
L’expliquer j’en suis incapable, franchement je vous le dit avec une sincérité absolue si on m’avait dit à votre âge que cette histoire aller m’arriver, je ne l’aurais jamais cru et je ne pense pas non plus que je l’aurais souhaité. Quand j’ai tenté la publication je ne m’attendais même pas a être publiée. Quand j’ai été publiée je m’attendais encore moins à ce que ça marche ! Donc je dois dire que je vis ça avec une stupéfaction qui me fait peur parce que je trouve que chaque année c’est plus incroyable. Parce que sommes des gens qui deviennent célèbres, et il y en a plus chaque année, mais le plus étonnant c’est que ça dure. Le plus difficile ce n’est pas seulement valable pour la notoriété, c’est valable pour tout, pour l’amour pour l’amitié, le plus difficile en tout c’est de durer ! Et de voir que ça dur c’est certainement ce qu’il y a de plus incroyable dans l’affaire !
 
Justement par rapport à cette notoriété comment vous le vivez ? Comment vous l’expliquer ?
 
Alors l’expliquer j’en suis incapable ! Franchement je vous le dis avec une sincérité absolue si on m’avait dit à votre âge par exemple que cette histoire allait m’arriver mais je ne l’aurais jamais cru et je ne pense pas non plus que je l’aurais souhaiter... Quand j’ai tenté la publication je ne m’attendais même pas à être publiée et quand j’ai été publiée je ne m’attendais encore moins à ce que ça marche ! Donc je dois dire que je vis ça avec une stupéfaction qui ne cesse pas parce que je trouve que chaque année c’est plus incroyable parce que des gens qui deviennent célèbres il y en a chaque année. Mais le plus étonnant c’est que ça dure, ça ce n’est pas fréquent le plus difficile c’est pas seulement valable pour la notoriété c’est valable pour tout. C’est valable pour l’amour c’est valable pour l’amitié ; le plus difficile en tout c’est de durer et de voir que ça dur, c’est sans doute le plus incroyable dans l’affaire...
 
Mathilde : Et justement vous dites qu’à notre âge jamais vous ne vous seriez imaginer vivre comme ça, comment vous étiez à notre âge ?
 
Ouh ! J’étais très mal. J’imagine que vous avez seize ans j’étais pas si bien que vous ! J’étais en train de sortir d’une très longue et très douloureuse anorexie, j’avais des problèmes de santé à n’en plus finir. Je n’avais aucun ami j’était extraordinairement seule, heureusement que j’avais une sœur parce que si je n’avais pas eu de sœur je n’aurais eu aucune compagnie...
 
C’est la « Juliette » dont vous parlez dans « Biographie de la faim » ?
 
Voilà, exactement ! Oh je vois que vous avez lu d’autres livres de moi...
Franchement quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard moi je me souviens je me disais « mais comme si j’avais un avenir » Je n’était pas punk physiquement mais je l’étais dans ma tête en ceci que vraiment « no futur » ! Le seul avenir que je pouvais endosser c’était l’idée de retourner au Japon. Pour moi vivre au Japon c’était une ambition suffisante : c’était le pays de ma naissance, c’était le pays de mes premiers souvenirs je me disais si tu peux ne serait-ce que retourner sur cette terre tu seras sauvée et peu importe de là tu feras n’importe quoi. C’est ce qui s’est passé d’ailleurs je suis retournée au japon et vraiment j’ai fait n’importe quoi et tellement n’importe quoi que même moi avec mon peu d’ambition, non comme même … Dame pipi c’était...
 
Réaction de collègue :
Un petit mot pour vous faire part d'une expérience nouvelle et
exceptionnelle dans une carrière de "petit prof du secondaire" liée au
"Goncourt" ! Par le biais de la chargée de communication de la fnac de
Nantes qui vraiment s'active, nous propose des tas d'idées et vient nous
rendre visite régulièrement, nous avons été 3 élèves et moi "les invités
"d'une émission de télévision en direct sur Télé 7 (chaîne de télé locale)!
quelle angoisse... séance maquillage et questions en direct et non préparées
sur les modalités du Goncourt avec un journaliste , il faut les dire très
sympa; de plus 10 élèves étaient invités en régie pour découvrir le
fonctionnement d'une émission! je crois que j'étais aussi détendue que le
jour de l'oral du CAPES, c'est vous dire! mais quelle aventure !! du coup
toute la classe est invitée à la même émission la semaine du 20 novembre
pour parler des votes et du lauréat, qui peut parler de sclérose de
l'enseignant au
bout de 23 ans dans de telles conditions? je peux vous
garantir que les élèves sont fous de joie et regonflés à bloc pour continuer
leur lecture!
 

 
 

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Highland ? Et l’Ecosse ?

Publié le par Eric Bertrand

Retour de Bretagne nord. L’eau est forte, vigoureuse et transparente. Je n’ai pas pu résister au bain. On peut encore se baigner en Bretagne à cette période, je vous le garantis !
              Il y avait, tout au long de ces falaises, un air écossais qui me ramenait à l’Ecosse… Rappelons-nous les paroles de Rebecca…
 
« Cet endroit saigne la vérité brute ! La lande est mauve, le vent souffle dans les bruyères, la falaise est abrupte, l’océan gronde et le désespoir est partout autour de nous ! »
 
              A tous les amateurs des Highlands et du Ceilidh, si amplement visités dans le blog de l’an dernier, j’avais promis quelques nouvelles chemin faisant. Le spectacle ne s’est pas clos sur le tomber de rideau au Moulin à Sons… Le livre continue d’exister et l’envoi du DVD aux Ecossais a beaucoup plu…
              Pas de perspective de visite au pays des Sinclair cette année puisque c’est « le tropisme sicilien » qui prévaut, il n’en reste pas moins vrai que je reste proche de ce pays d’adoption.
              Je voulais profiter de ce petit clin d’oeil à l’Ecosse pour signaler deux sites aux amateurs : un superbe diaporama musical (sur une bande son du groupe Run Rig, un de mes favoris si souvent évoqué dans ce blog l’an dernier…) et une radio en gaélique pour tous ceux que le détour par la langue des Hautes terres avait séduits.

Back to the wilderness of Scotland...

 

Rubrique Goncourt : Les Rencontres (2/2)…
 
              Des ateliers : chacun y participera en plus petit comité accompagnée de deux autres classes, chaque classe assistera à trois ateliers différents : l’un avec des académiciens pour parler de l’institution littéraire (comment devient-on membre de l’académie Goncourt ? comment travaillent les académiciens Goncourt ? Quels sont les critères de sélection des romans et du prix ? Un autre atelier avec un éditeur ou directeur de collection pour mieux comprendre la chaîne du livre (qu’est-ce qu’un éditeur ?comment découvre-t-on un auteur ? Quels sont les risques ? Est-il facile d’être éditeur aujourd’hui ?) Un dernier atelier avec un critique littéraire, pour faire partager le plaisir de lire et de transmettre (comment s’y retrouver parmi tant de livres ? Comment aborder un ouvrage ? A-t-on le droit de tout dire dans une critique ? Comment justifier son avis ?
              Le plateau de rédaction : le journal du Goncourt sortira deux numéros pendant les deux jours des rencontres. Un plateau de rédaction sera ouvert en permanence accueillant le comité de rédaction du lycée de Sévigné mais aussi tout ceux que tentent l’interview, le billet d’humeur ou les scoops de couloirs. Ils travailleront avec l’aide des animateurs. Dès la rentrée, inscrire un élève motivé, sachant que sa participation au comité de rédaction lui prendra une demi-journée sur le temps des rencontres.
              La soirée. Nous proposerons aux lycéens la soirée musique le jeudi 7 décembre. C’est une demande qui est faite chaque année. Au menu musique de jeunes musiciens, un bar sans alcool et du temps pour discuter… cette soirée se terminera vers 22 h 15 les retours dans les hôtels se feront au plus tard 23 heures.
 
Réaction de collègue :
Cet après-midi, avant de partir en vacances de la Toussaint et d’élire le (la) délégué(e) qui représentera la classe aux rencontres régionales de Rennes, s’est déroulé un mini-marathon pour échanger autour de plusieurs livres : Disparaître, Ouest, Les bienveillantes, Fils unique, Supplément au roman national, Journal d’hirondelle, Un pont d’oiseaux.
L’équipe éducative s’est mobilisée ; les professeurs de sciences expérimentales ont cédé « leurs » heures de TP, l’élection du délégué se fera en cours d’espagnol ; trois ateliers tournants sont animés par six professeurs, la Conseillère Principale d’Éducation, la documentaliste et l’aide-documentaliste.
C’est l’occasion de faire le point sur les lectures, les coups de cœur, les abandons, les incompréhensions.
Certains ont beaucoup lu, d’autres moins, la quasi-totalité a fait l’effort d’essayer, de goûter à des lectures différentes, de dépasser les premières réticences.
Quelques impressions saisies au vol :
Le journal d’hirondelle d’Amélie NOTHOMB a été beaucoup lu....et provoque des réactions variées depuis « Elle ne s’est pas donné beaucoup de mal... » jusqu’à «  ...j’ai bien aimé cet amour impossible ... » en passant par  « Mais qu’est-ce qu’il y avait de si intéressant dans ce journal intime ? ».
Jean-Eric Boulin et ses violentes diatribes du supplément au roman national n’ont convaincu personne et en ont découragé plus d’un : beaucoup d’abandons de lecture, de l’incompréhension devant une telle noirceur, un tel manque d’espoir... « Pourquoi tant de haine ? ...Il n’a pas fini sa crise d’adolescence... »
Le changement de narrateur et le contexte historique délicat du Pont d’oiseaux ont découragé les lecteurs lycéens...et passionné les lecteurs enseignants, qui tentent de donner quelques clés permettant d’entrer plus facilement dans ce roman.
Contours du jour qui vient et Ouest sont aussi souvent lus, et plébiscités... « c’est curieux , dans Ouest, les opinions sont à l’envers, le maître est progressiste , le valet est conservateur »… « mais non, le garde-chasse Lambert n’est pas conservateur, il est contre son maître »… « il y a de l’humour dans ce livre… »
A propos de disparaître … « j’ai choisi à cause du thème du coma… »…. » la première phrase : « …j’ai raté ma sortie »….  m’a donné envie de lire » .
Cependant, les clés de lecture historiques manquent ( Lawrence d’Arabie n’est pas arabe…il est anglais ! »
Les deux collègues qui ont lu les bienveillantes contextualisent, expliquent, éclairent...du coup, les neuf volumes des bienveillantes sont emprunté pour les vacances de la Toussaint.
On échange, on réagir, on sent des frémissements, des tendances...il reste à lire encore pendant les vacances, et au retour des vacances, à désigner le tiercé gagnant de la classe pour le confier à notre déléguée .
Cà y est, elle est élue : ce sera Julie Leroux…qui part en vacances avec quatre livres sous le bras.
 

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