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La befana

Publié le par Eric Bertrand

« Journal du 24.07 : après avoir consacré quelques lignes d’explication à l’expérience du « cinéma en plein air », temps fort de l’été à Santo Stefano, l’entrée en scène de Francesca et de Carolina ne doit pas être ratée.
              Je consacre du temps à la présentation de ces deux figures à qui je choisis de donner le nom de « Befana sotto le stelle » : le nom de la Befana inscrit ces conteuses dans la tradition parce que la Befana fait partie de ces figures archaïques associées à la période de Noël. C’est un conte de Pirandello qui me l’a rappelé « Donna Mimma » mais je me souviens effectivement d’avoir rencontré, en classe de quatrième je crois, un texte nommé « la Befana » à l’époque où j’étudiais l’italien. La Befana, c’est une sorte de « mère Noël » d’après ce dont je me souviens.
              Par ailleurs, j’insiste aussi beaucoup sur les prémices du spectacle pour recréer l’ambiance et insister sur le travail de mime qu’effectue Francesca parce que, comme l’affirment ses ancêtres, dont elle colporte la tradition, « c’est dans le visage qu’on prépare la langue des contes ». Il est important de bien individualiser les deux actrices afin de mieux les identifier.

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Tradizione.....

 

Rubrique Goncourt :
La lecture continue, et les élèves se frottent avec curiosité aux différents livres de la sélection. Les premiers points de vue circulent et influencent leur choix. Certains ouvrages sont abandonnés au profit d’autres. Nous avons, les documentalistes et moi, eu envie de créer un premier événement dans une salle un peu plus officielle. Les élèves était réunis en rond et ils avaient chacun pour mission de livrer leur billet d’humeur en présence des autres. Certains ont déjà rédigé de véritables articles critiques qui pourraient très bien figurer dans le concours. Cette première base a permis d’ouvrir une conversation, une sorte de café littéraire, pendant lequel ils ont pu organiser leurs arguments et construire une réflexion en tenant compte des remarques des autres. Les avis sont partagés, mais déjà se détachent quelques titres : « le journal d’hirondelles », « fils unique », « disparaître », « Contours du jour ». Je livrerai quelques-uns des arguments prochainement.
 
Autre réaction :
Merci pour ces multiples messages qui fortifient et incitent à aller de l'avant, même si parfois on est un peu désemparé devant l'ampleur de la tâche . Au lycée Jean Lurçat de Perpignan la lecture a assez bien commencé : beaucoup ont lu deux romans. Ceux qui sont partis avec Les Bienveillantes n'en sont pas au même stade que les autres! Nous avons ouvert un blog accessible à partir du site du lycée car cette classe de seconde est comporte deux options: MPI pour la moitié et Sciences humaines pour l'autre moitié. Les "scientifiques" à l'annonce du projet ayant manifesté moins d'enthousiasme que les autres, l'informatique m'a semblé un moyen de souder la classe autour du projet. Cela tient lieu de journal de bord.
Bon courage à tous, bonnes lectures.

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Le Sigisbée

Publié le par Eric Bertrand

Au passage, quelques mots sur le phénomène particulier à cette région du monde qu’est « le comportement du Sigisbée ». Si on ouvre un dictionnaire, on trouve une définition qui identifie l’individu comme un amant transi qui aime de façon toute platonique sa dulcinée…
              Je ne connaissais que cette définition et la mettais au rang de l’anecdote littéraire jusqu’au jour où, dans une rue de Santo Stefano, avec mon ami Gaetano, je parlais d’un garçon que nous venions de rencontrer et qui s’en allait, fier et comblé, au bras de sa belle épouse.
              Gaetano m’avertit que, depuis plusieurs années, il était « cornuto », mais qu’il n’avait pas l’air de trop s’en faire… Il me donna l’explication. Sa femme avait trouvé un Sigisbée… en l’occurrence, un homme qui régulièrement, l’accompagnait au spectacle, l’emmenait voir des expositions, bref la sortait et évitait au mari la « corvée culturelle ».
              Elle recevait même des cadeaux de la part de son prétendant, ce qui avait pour effet d’alléger considérablement la bourse de son époux, lequel trouvait l'arrangement somme toute assez confortable... "Le cas est courant en Italie" m’avoua mon ami. "Il faut bien que les femmes trouvent moyen de s’épanouir !... Surtout dans une province écartée comme celle de Santo Stefano".
 
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C'è un occhio dietro alle finestre...
 
Rubrique Goncourt : un premier sujet d’écriture : Il faut que cette opération qui fournit la matière à une réflexion littéraire riche en illustrations diverses, permette un premier exercice d’écriture. Voilà le sujet que je propose à mes premières L afin qu’il puissent aller puiser dans la nouvelle matière dont ils disposent…
 
 « Je n’y arriverai jamais. Trop de livres, trop d’auteurs, trop de thèmes tellement différents !... Comment veux-tu que moi, médiocre lecteur, souvent paresseux, sceptique de nature, je me lance dans une telle opération !... et quand bien même j’y parviendrais, dans quel but ?... Quel profit personnel en tirerais-je véritablement ?... Il y a tant de choses à faire tous les jours !... Non, vraiment, je n’y arriverai jamais ! »
Vous venez de recevoir ce courrier écrit par un ami et, dans une lettre de réponse, vous essayez de le convaincre de rentrer plus activement dans l’opération. Appuyez votre raisonnement non seulement sur des faits mais sur des références littéraires.
 
Suite de réactions de collègues :
 
« nous avons reçu les livres samedi dernier (le 16),
un peu tard, mais heureusement en 8 exemplaires pour chaque roman. La classe
de 35 élèves s'est répartie en 3 groupes équilibrés, et chaque groupe
dispose d'un carton au CDI où sont stockés 2 exemplaires de chaque roman. Un
quatrième carton, avec aussi 2 ex de chaque, reste en permanence au CDI et
les élèves peuvent venir y lire quand il sveuleent en étant toujours sûrs de
trouver le roman qu'ils lisent.
Par chance, nous disposons d'un petite salle d'une quinzaine de places dans
le CDI dont l'usage a été réservé à cette classe pour le temps du goncourt.
Les élèves y trouvent aussi tous les articles de journaux glanés au fil des
semaines par les uns et les autres (depuis le mois d'août pour certains
articles, donc avant la sélection goncourt : c'est intéressant aussi...).
Chaque groupe a son planning d'emprunt, où les léèves inscrivent la date à
laquelle il sprennent et rendent un livre.
Après une semaine d'attente des livres, pendant laquelle nous avons
travaillé uniquement à partir de la presse, nous avons netamé la première
séance d ela semaine avec les livres par un "test de vitesse de lecture" où
chaque élève a dû calculer le nombre de mots lus à l'heure, en tenant compte
de la longueur moyenne d'une page (calculs très savants !!!) selon le type
de roman (évidemment Nothomb écrit moins de mots que Littell ou Fleischer).
Plusieurs séances en français et en Histoire Géo (la collègue est vraiment
partie prenante, c'est un régal !) consacrées à de la lecture silencieuse,
pour laisser les élèves avancer tranquillement sans stress. La semaine
prochaine, nous devrions pouvoir commencer quelques discussions, avant de
lancer des "cafés littéraires" sur une sélction de 3 romans de longueur et
de sujets variés.
Pour l'instant, les romans lus sotn Nothomb, Littell (6 élèves se sont
lancés dès le 1er jour de la remise de slivres), Fleischer, Vallejo, Poivre
d'Arvor et Miano. Pas d'échos véritables : ils lisent, c'est déjà ça.
Pour ma part, j'ai choisi parmi les plus courts : Nothomb, Vallejo, Bataille
et Audeguy, avec une préférence pour Vallejo.
Les deux documentalistes qui travaillent avec moi prennent régulièrement les
élèves en demi-classe pour la lecture et s'occupent en grande aprtie de
l'intendance (prises de RV à la FNAC ou avec les auteurs).
Nous avons deux élèves chargés de prendre des photos avec un appareil
numérique, trois qui s'occupent de la revue de presse à partir de cette
semaine, deux qui constituent le comité de rédaction du journal de bord et
deux autres qui collecteront les "billets d'humeur" des un set des autres au
fil des semaines.
Pardonnez la longueur du courrier, mais lire les vôtres m'a inspirée ce
soir.
 

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Les Siciliens dans la rue.

Publié le par Eric Bertrand

« Journal du 23.07 : dans la version narrative du « Ponton »,s’imposent différentes exigences : la nécessité de peindre la Sicile et l’arrivée de l’été : peinture du paysage sous le sirocco et puis sous le ciel bleu...
              Valoriser le contraste pour ne pas céder à l’image d’Epinal. La Sicile est un pays rude, austère, âpre. Montrer l’arrivée de l’été, l’agitation dans les rues et l’excitation des habitants… Les Siciliens offrent du spectacle de rue !  
              Faire circuler les potins et ainsi donner des informations sur la vie locale et notamment les activités culturelles : hommage discret à mon ami Gaetano, responsable culturel… Profiter également de ce « micro trottoir » pour poser la question sociologique : le poids de la tradition dans le village, la mentalité, le conflit avec la civilisation moderne, les rites estivaux…
              Au passage aussi, les ragots, les affaires privées dont les Italiens sont friands. Je donne la parole à des anciens qui scrutent les dessous des affaires… Notamment celle d’un Sigisbeo, histoire qu’on m’a jadis racontée d’ailleurs et qui touchait l’une de mes connaissances éloignées. J’y reviens demain… »

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Ma che succede ?

 

Rubrique Goncourt : des activités ludiques.
 
-         Fiction d’émission littéraire (invités sur un faux plateau télé, les élèves assument un rôle défini à l’avance. Chacun des intervenants se présente comme le spécialiste d’un des livres de la sélection : il s’appuie sur le contenu d’un article préalablement découpé dans le magazine Télérama : six des treize romans de la sélection.)
-         L’extrait d’interview enregistrée à la radio (un présentateur sur France Inter évoque Jonathan Littel. Les frères Poivre d’Arvor expliquent la pratique de l’écriture à deux).
-         Le « Micro trottoir » (chaque élève a préparé une phrase de réaction au livre qu’il est en train de lire. J’enregistre sur MP3 et je mets bout à bout chacune des interventions).
-         Lecture de l’article paru dans la presse l’an dernier à propos du dernier Michel Houellebecq ou à propos d’Amélie Nothomb.
-         Lecture d’articles écrits par des lycéens l’an dernier : ces articles ont été lauréats du concours des critiques Goncourt. Les élèves acquièrent une meilleure maîtrise de l’argumentation.
 
D’autres suggestions de collègues :
«Juste un mot rapide pour entretenir le contact mis en place : intéressant
ce blog et qui me conforte dans ma propre démarche.
Pour l'instant, ( je n'ai pas de blog et vais voir comment je peux
peut-être en créer un), je vous livre en vrac, en fonction de mes lectures
 et de celles de mon coéquipier,un collègue TZR rattaché  à notre
établissement et bien investi, pour conduire le bateau dans lequel nous
sommes désormais embarqués
Je travaille dans une première L et ils sont 35.  Je les ai 2 fois en
demi-classe dans la semaine.
 J'ai hier, après les premiers jours de lectures, distribué  un document
que je vous joins en pièce jointe : 2 objectifs: d'une part
 impulser un rythme de lecture car je fixe des échéances pour qu'ils la
ramènent à des dates précises  et d'autre part,  déjà ébaucher des
pistes pour une éventuelle rédaction de critique.
_Fils unique_ sera exploité pour le _biographique_  : je pense à 
l'épisode  des peignes cassés / _l'épistolaire et le libertinage_ : je
fais Les liaisons dangereuses ( je n'ai pas encore eu le temps de
réfléchir aux formes que je donnerai à ces exploitations- qui se feront
au fil de l'année et du traitement des objets d'étude), peut-être l_es
Lumières_.
_Ni toi ni moi_  m'a intéressé  pour l'intertextualité avec les
références à Benjamin Constant et /Adolphe /mais aussi  pour la
relecture du mythe d'Orphée avec une interprétation que je trouve
personnellement assez lacanienne sur le signifiant " perdre": Orphée "
perd" Euridyce : il cause sa mort comme Arnaud cause celle de la
narratrice-Hélène, comme Adolphe cause celle d'Ellénore. L'approche de
Camille Laurens d'un fiasco d'une  relation amoureuse (et  sexuelle) 
m'a paru très riche, sans doute parce qu'elle s'appuie sur ce qui dans
ces comportements convoque l'inconscient de chacun des protagonistes de
cette histoire, la relation à la mère en particulier, le langage et
qu'elle dépasse une simple narration larmoyante et narcissique.  ( à
voir là encore ce que je vais en faire )
_Ouest_ : j'en suis au moment où le héros, hobereau perturbé et rallié
aux idées républicaines de 1848, et hostile à Napoléon III tente une
correspondance avec Hugo exilé à Jersey et écrivant ses Châtiments  et
qui ne lui répond pas , tout occupé qu'il est à ce moment là à
invectiver Napoléon le petit. J'ai sollicité le collègue d'histoire pour
qu'il éclaire les élèves sur la période et une écriture d'invention que
m'a suggérée mon coéquipier serait d'imaginer une des lettres que ce
héros écrit à Hugo. Je vais distribuer à mes élèves le poème Ultima
Verba - j'ai commencé une séquence sur la poésie  même si ma
problématique n'a rien à voir avec la poésie satirique ou engagée. (ça
fera partie des activités complémentaires pour le descriptif du bac).
Je vais aussi faire bénéficier mes élèves d'un atelier de lectures
orales avec une comédienne sur des extraits qu'ils auront choisis.
 
Voilà pour l'instant où j'en suis de mes cogitations : nous nous
réunissons le collègue et moi vendredi matin pour affiner
l'exploitations de nos lectures. Je vous recontacte après.
Je trouve passionnant et motivant de travailler de cette façon……………………………………. 
 

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Il ne manque que les combattants !

Publié le par Eric Bertrand

               Problèmes de communication sans doute… mais le groupe des intéressés cette année était considérablement réduit. N’étaient présents que trois « anciens », deux comédiens et l’une des chanteuses… Nous ferons donc une annonce sur une affiche plus visible pour une dernière réunion la semaine prochaine.
              Pour autant, l’après-midi n’a pas été perdue... Nous avons repris contact avec l’école de musique, partenaire privilégié, pour évoquer l’univers italien que nous explorons pour la première fois cette année. La salle du Moulin à Son est encore mieux équipée que par le passé (cela fait bon temps que nous avons déserté le lycée, et de là à ce que nous recrutions chez les musiciens...)
              Un rideau de fond a été installé et l’éclairage est beaucoup plus soutenu. Alain, le technicien, travaille maintenant à plein temps et il sera un allié précieux pour le montage des spectacles. Nous avons aussi réservé la salle pour le mardi soir entre 19 h 30 et 20 et 21 h 30, et Jennifer bénéficiera de la plage qui précède (entre 18 heures et 19 h 30) pour chausser ses claquettes.
              Tout est fin prêt, même le livre est chez l’imprimeur, annoncé sur le site d’Aléas pour le 15 octobre prochain : http://www.aleas.fr/
 
              Rendez-vous donc le 28 septembre prochain !
 
 
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Un'altro anno sul teatro !
 
 
 
Rubrique Goncourt : activités en classe. En dehors d’un bilan progressif des lectures et de l’utilisation que j’en fais dans les cours, l’objectif de cette rubrique est aussi d’informer le lecteur des activités menées en classe autour des romans. Elles sont nombreuses et visent à diversifier les approches. Par exemple, on nous demande de tenir un journal de bord confié aux élèves. Ce journal de bord est donc effectivement rempli sous la forme d’un cahier. Mais nous allons opter pour un blog afin de pouvoir utiliser la matière informatique. D’autre part, le cours est émaillé de petits événements variés qui ponctuent le quotidien. Je reviens demain sur ses diverses formes de collaboration.
 
J’ajoute d’autres témoignages de collègues arrivés hier :
 
« l'opération a démarré tambour battant:
une classe de seconde inscrite officiellement, quatre
classes de seconde qui s'associent sur une partie de
la sélection et un prix Goncourt du lycée ouvert à
tous: administration, profs, élèves et parents.

L'ambiance est donc à la lecture et à des discussions
stimulantes. Mes élèves se sont d'abord jetés sur "Les
Bienveillantes"!! Incroyable!! Je me suis contenté
d'indiquer les passages qu'on pouvait lire beaucoup
plus vite comme l'avant-dernière partie "Air".

Nous organisons, les collègues de français et la
documentaliste, à tour de rôle des cafés littéraires à
partir de la semaine prochaine sur trois ou quatre
livres et pour une trentaine de participants à chaque
rencontre………………….
 
nous avons fait notre première rencontre cet 
après-midi, et à cinquante deux élèves dans le CDI, c'était un peu 
difficile. Non qu'ils aient été indisciplinés, ils se sont écoutés, 
répondus, et sont intervenus pour infirmer ou compléter ce que 
disaient leurs camarades. Mais  ils n'étaient pas disposés de manière 
pratique ni spécialement confortable, nous n'avions pas pensé à leur 
demander d'apporter leurs livres pour appuyer leurs propos, et il y a 
eu quelques flottements. C'était plutôt une affaire de tension et de 
rythme, un peu relâchés. J'ai découvert ce matin dans vos courriers 
l'idée des tables rondes, et on va se pencher dessus pour des raisons 
pratiques. Cela dit, il en est sorti pas mal de choses intéressantes. 
On a eu le temps en une heure de parler et de discuter des 
"Bienveillantes" (deux exemplaires distribués, seulement une centaine 
de pages lues), de "L'amant en culottes courtes", du "Journal 
d'hirondelle", d"'Ouest", du "Fils unique", de "Disparaître", du 
"Supplément", et du "Quartier général du bruit". Il y a eu des 
remarques, comme la présence insistante des thèmes du racisme et de la 
sexualité, des questions plus ou moins explicites : qu'est-ce qui fait 
un roman ? Qu'adresse un écrivain à son lecteur quand il écrit ? 
Qu'est-ce qui fait l'intérêt ou non d'une intrigue ? Ce n'est déjà pas 
si mal.
"Disparaître" a été chaudement recommandé par un élève qui a critiqué 
avec finesse le "Journal d'hirondelle" auquel il reproche une analyse 
psychologique trop insistante et une fin bâclée, on a pas mal débattu 
du "Fils unique", succès de lecture à cause des passages érotiques, 
mais apprécié aussi à cause de la reconstitution du contexte 
historique et l'allégresse du rythme - un élève s'interrogeant sur la 
légitimité de cette réponse légère aux "Confessions" (je ne l'ai pas 
encore lu), un autre pas du tout lecteur a expliqué assez clairement 
ce qu'il avait saisi de "Quartier général du bruit". C'était 
intéressant, parce que le reproche le plus fréquent était celui de 
l'ennui suscité par une intrigue "où il ne pass[ait] rien", en même 
temps que certains romans étaient loués malgré leur peu d'événements 
("Ouest", par exemple). En outre, c'est agréable d'être deux parce 
qu'on se renvoie la parole, et que notre dialogue s'inscrit dans le 
cadre de celui des élèves. Donc, c'était un peu brouillon, mais riche, 
et de façon générale, les élèves sont en effet très fiers et soucieux 
d'être à la hauteur de l'aventure qu'on leur propose. J'en ai un qui a 
haï "Le bois des amoureux", et qui est très content à la perspective 
de rencontrer Gilles Lapouge auquel il a envie de dire sa façon de 
penser, il en fait une affaire personnelle.
Finalement, certains élèves ont à peine lu une cinquantaine de pages, 
mais d'autres en sont à leur troisième, voire quatrième bouquin en une 
semaine, et la rencontre a dû stimuler leur esprit d'émulation. Les 
livres partent bien ? nous venons d'en récupérer une seconde série 
parmi laquelle "Un pont d'oiseaux" qui n'était pas dans la première 
livraison. Nous n'avons pensé à aucune manière rationnelle de les 
distribuer, ils les prennent au feeling ou selon le bouche à oreille. 
En tout cas nous remettons ça mardi prochain (c'est notre seule heure 
commune), histoire de faire les choses de façon plus formelle, et que 
les lecteurs récalcitrants ou paresseux se sentent tenus par des 
échéances précises.
Pour ma part, je n'ai lu que "Marilyn", qui m'a intéressée pour des 
tas de raisons mais que je trouve trop  long et pas vraiment réussi, 
et le "Supplément" qui m'inspire une violente antipathie. C'était donc 
tout à fait intéressant de découvrir les livres à travers les propos 
des élèves, et le prochain, pour moi, c'est Audeguy!

Pour répondre à la question posée par Florence au sujet des "aides à 
la lecture", je me suis posé la même question à propos de "Marilyn", 
et j'ai décidé de ne pas le faire parce que la confusion des 
personnages est à mon avis un des défauts du livre (je ne crois pas 
qu'il ait réussi son pari de la construction fragmentée) et qu'il est 
important qu'ils le formulent. Pas forcément comme défaut, mais pour 
qu'ils comprennent ce qui les égare. Et qu'ils décident si comme 
lecteurs ils ont envie ou non de suivre le romancier. Nous nous sommes 
bornés à éclairer le titre des "Bienveillantes", et à préciser tel ou 
tel détail à propos d'Audeguy parce que le sujet venait sur le tapis, 
comme dans une conversation, pas comme dans un cours.

"On leur a procuré une priorité à la cantine et une salle dans le CDI 
est consacrée à la lecture pour tous les élèves qui le désirent. Les 
tables rondes vont commencer." Ça c'est carrément bien ! mais notre 
CDI n'a qu'une salle? On voit qu'il y a des établissements où tout est 
très organisé et accompagné : chez nous, la simple "ouverture" du 
forum est une vraie galère, alors qu'au lycée de Poitiers, le Goncourt 
est dans les rubriques d'accueil du lycée, c'est super !........................
 

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Retour aux planches

Publié le par Eric Bertrand

 
              La trêve liée à la période de grandes vacances et du renouvellement de la matière est maintenant terminée. Je fais donc aujourd’hui une parenthèse dans le journal de l’élaboration de la nouvelle pièce pour évoquer l’un des premiers moments forts de « de la saison », celui de la présentation du projet aux élèves intéressés.
              J’ai fait afficher depuis la semaine dernière une annonce afin que tous les acteurs intéressés (comédiens, mais aussi claquettistes et musiciens) viennent se manifester et, le cas échéant, proposer leur participation. Il y a, comme l’année dernière, peu de rôles à distribuer du point de vue de la pièce elle-même : deux rôles masculins, et quatre rôles féminins, (elles sont six dans le Ponton, mais deux rôles sont déjà retenus par nos deux actrices attitrées qui, depuis maintenant quatre ans, cumulent les rôles de composition !
              Le lycée reçoit une assistante américaine cette année. Si elle est intéressée par le théâtre, j’aimerais bien lui proposer le rôle de Gilda qui est américaine : son accent donnerait un charme supplémentaire au personnage. La collaboration avec l’assistant américain d’il y a trois ans, avait produit des éclats sur le Tennessee club.(Christopher jouait bien mais en plus, faisait des claquettes à un très bon niveau…) Nous verrons en fonction de la demande... Le fait est que nous avons prévu le dispositif habituel pour une audition en bonne et due forme…
 
 
Una vista sul mare...
Rubrique Goncourt : ça démarre vraiment cette semaine. Les documentalistes ont affiché la sélection avec la photo des couvertures, d’autres élèves s’associent à l’opération et veulent rédiger des critiques Goncourt, certains collègues commencent à « courtiser » les romans. La course est entamée entre les élèves, un certain climat d’émulation dans l’équipe, prof, documentalistes, élèves… Par ailleurs, le courrier que j’ai envoyé à l’ensemble des 60 collègues qui participent à l’opération produit ses fruits. Il est intéressant de mêler nos expériences et de voir comment, au sein de chaque établissement, l’aventure est vécue. En guise d’illustration, je retiens quelques témoignages dont je maintiens cependant l’anonymat. Que l’aventure continue !
……………………….
"Nous avons commencé par préparer une expo sur l’ Académie Goncourt, les prix Goncourt et les « goncourables » que nous avons affichée dans le hall du lycée ; Nothomb passe tout seul ainsi que les « Poivre ». Les élèves ont eu à imaginer une lettre à l’un des goncourables pour leur présenter les avantages de préténdre à un prix (après débat oral) , vendredi nous avons prévu « coups de cœur et coups de gueule » petits articles très courts et spontanés, le tout avec le soutien des documentalistes. Pour aider les élèves à tenir dans l’effort , les docs et moi avons construit un classeur de toutes les critiques que nous avons trouvées dans la presse écrite et une doc a téléchargé des interviews d’auteurs (mais je n’ai pas eu le temps de les exploiter avec les élèves…). Voilà où nous en sommes mais je m’inquiète fort des délais, je trouve qu’ils ne lisent pas très vite (moi non plus d’ailleurs !)   en même temps je ne veux pas les brusquer et les bloquer !......................................
La prof est un peu dépassée par l'enthousiasme des élèves... Certains avancent vite, vraiment (certains élèves ont déjà fait un sort à Ni toi ni moi ou à L'amant en culotte courte...), et l'enthousiasme des autres lycéens a poussé à la création d'un prix en interne. Une cinquantaine de lycéens volontaires, de la seconde SMS à une terminale S veulent aussi se plonger dans les oeuvres et donner leur point de vue. Le Goncourt a crée au lycée une véritable dynamique de lecture, et c'est tout aussi effrayant qu'enthousiasmant…………………………………….
 
    "Même enthousiasme au lycée … les
élèves  ont commencé leurs lectures
 et  certains bons lecteurs attaquent le 3ème  livre : pour l'instant,
Amélie Nothomb, Stéphane Audéguy,  Camille Laurens
semblent ceux qu'ils ont lu le plus rapidement. Premiers débats
également par petits groupes avec des regards critiques plutôt
stimulants. Un travail d'équipe se met en place avec les autres
collègues de la classe………………………………………………………………………………….
 
"Nous avons mis en place dans notre lycée un forum
accessible à tous les participants. N'hésitez pas à y faire écrire vos
élèves, c'est fait pour cela :
http://www.lpi.ac-poitiers.fr/www/rubrique.php3?id_rubrique=101
N'hésitez pas à le nourrir vous aussi en tant que professeurs et
documentalistes (à ce propos, je ne crois pas qu'ils ou elles soient
dans cette liste; je viens d'y rajouter celui de notre lycée afin que ce
message lui parvienne aussi)……………………………………………………………..

"Ici aussi, certains élèves en sont au troisième roman 
depuis mardi dernier, avec des enthousiasmes divers (peu sont 
lecteurs). J'ai souri en lisant sur le forum de Poitiers (nous avons 
aussi un projet de forum en cours de réalisation) l'unique critique 
sur Gilles Lapouge : un de mes élèves s'est littéralement mis en 
colère contre le roman, qu'il a abandonné à la centième page, et m'a 
dit souhaiter en parler avec l'auteur... Pour l'instant, les favoris 
semblent être Vallejo, Miano et Nothomb, au hasard des bavardages de 
fin de cours car notre première rencontre a lieu ce soir. En tout cas, 
nombre d'entre eux prennent l'aventure très au sérieux ! Chez nous, 
les classes concernées sont une première L/ SI (innovation 
provisorale...) et une ES.
J'ai fulminé d'avoir loupé les émissions sur FC, nous allons tâcher de 
les récupérer. C'est une bonne idée que ceux qui repèrent les passages 
d'auteurs le signalent à tous.
Cette avalanche de courriers de toute la France est un autre plaisir 
de l'aventure !...............................................................................................................................


"Pour le moment le moral est au beau fixe, même si certains élèves sont un peu   déconcertés par certains des livres...Ce qui m'angoisse le plus: maintenir la flamme! ……………………………..
 
 
"Le Goncourt a commencé. Il
nous manque encore des livres mais ils devraient arrivés aujourd'hui. Pour
le moment les élèves sont fiers et inquiets. Certains sont sûrs de ne pas
tout lire, cetains sont des "rats de CDI". On leur a procuré une priorité à
la cantine et une salle dans le CDI est consacrée à la lecture pour tous les
élèves qui le désirent. Les tables rondes vont commencer. Véra la
documentaliste nous abreuve en revue de presse. Comment allez vous mener les
tables rondes ? Je ne sais pas trop comment faire. Par livre, par groupes
d'élèves ? A quelle fréquence ?.............................................

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