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Répétitions des 27 et 28.02 (4/11)

Publié le par Eric Bertrand

Mercredi après-midi, Palais des Congrès. Retrouvailles avec la grande salle qui a connu tant de moments forts depuis le début des représentations. Je revois à chaque fois que je reviens là, des fragments de scènes du passé. Des Shakespeare aux dernières réalisations… Les morceaux de bravoure des meilleurs de mes comédiens galvanisés par la rumeur du public, notamment le public des lycéens, généreux mais si facilement déconcentré…
              L’optique est le travail en profondeur : contrairement aux soirs de semaine, nous disposons de trois heures devant nous. L’occasion de revenir en profondeur sur les scènes de l’acte deux, les unes après les autres pour ce lent et fascinant façonnement du jeu de l’acteur et de son déplacement sur la scène. Sans aucun préalable, les choses se font dans la matière même du jeu, à l’issue de tentatives diverses et de propositions qui émanent souvent des comédiens eux-mêmes.
              On revient sur le détail de chacune des scènes dans les articles qui suivent.
              Au passage, l’adresse d’un site sur l’importance des marionnettes en Sicile… Clin d’œil à l’un de nos personnages fondateurs : Angelika…
 
hpim1107.jpg
Personnagi non sono tutti umani...
 

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Répétitions des 27 et 28.02 (3/11)

Publié le par Eric Bertrand

L’émotion des Befana… L’épilogue est un moment fort. Tout affleure à la mémoire, les drames personnels et familiaux, les souvenirs d’amour trahi, les frustrations, les images du passé… Beaucoup de  concentration dans le public et Françoise et Jennifer savent le texte… 21h15, c’est la fin de la répétition. Beaucoup d’émotion au fil des mots, et une part d’affectif qui rejaillit dans la voix même des deux actrices. Et pour couronner le tout, la mélancolique chanson de Gian-Maria Testa qui bouclera le spectacle : « sono belle le cose… »
 
« (…) Francesca : je suis restée auprès d’elle etelle m’a tout appris…
Carolina : « La Beffana sotto le stelle », c’est toujours elle !
Francesca : elle t’a attendue tu sais… Elle était convaincue que tu reviendrais. Et elle avait raison : au bout de deux ans, tu es revenue... Tu avais beaucoup changé… Ton regard s’était terni, tu avais coupé tes cheveux, ta voix traînait un peu. Tu étais vêtue d’une bien étrange façon et tu ne riais plus… Pour me rassurer, la mamma affirma que si on avait du mal à te reconnaître, c’était à cause de ton maquillage… Elle dit même en riant que tu ressemblais à Angelika, la marionnette…
Carolina : elle sourit, de plus en plus émue. Je revois la scène, le jour de mon retour… C’était comme dans un conte de Pirandello… Il faisait très chaud, le sirocco soufflait… Pour me faire plaisir, elle m’a proposé un plat de polenta pour le dîner et des cédrats de Sicile… Longtemps, je l’ai serrée dans mes bras, puis je suis montée au grenier, j’ai enfilé une vieille jupe et je suis venue l’aider à préparer la polenta… Jamais on n’a travaillé la pâte comme je l’ai travaillée ce jour-là !... »
HPIM0981.JPGEmozione sul pontile... "Sono belle le cose"...
 

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Répétitions des 27 et 28.02 (2/10)

Publié le par Eric Bertrand

L’une des suprises de cette répétition de mardi, c’est Alain qui la fournit. Alain est le technicien, toujours présent pendant les répétitions. Il écoute, s’affaire, installe des projos, essaie des lumières, des ambiances, envoie la musique, commente au passage…
              Et puis, à la fin de l’acte deux, au moment où les Befana se mettent à chanter leur hymne de « Gigi l’amoroso », l’heure est à la nostalgie… Les deux sœurs se souviennent de leur ancien amour en Amérique, et l’accordéon vibre… « Gigi, c’est toi là-ba dans le noir ?... » Sauf que cela devient, dans la gorge de Carolina, « Alan, c’est toi là-bas dans le noir ? »… Alain surgit de la table de mixage et il avance un peu vers la scène. C’est très beau, très dense. Il incarne pour un instant, le fantôme d’Alan, l’amant disparu, cause de la fêlure orginelle
 
« (…) Carolina : (dans un registre un peu coquin pour se libérer d’un poids d’angoisse) : rappelle-toi ses jolies lèvres, ses cheveux blonds et ses grands yeux, ses petites fesses bien fermes, les bracelets luisants à ses poignets, l’élégance et l’énergie qu’il avait quand il faisait des claquettes… Quel beau danseur !... Nous étions toutes les deux vraiment folles de lui !
Francesca : dingues, complètement dingues !... Je t’ai beaucoup enviée à l’époque… J’aurais voulu partir, moi aussi… Vivre une grande aventure, loin de Santo Stefano, suivre comme toi des cours de claquettes à Los Angeles (…)"
HPIM0948.JPGDopo l'Americano, ecco l'Americana...
 

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Répétitions des 27 et 28.02 (1/10)

Publié le par Eric Bertrand

Les acteurs dans le vide du filage de l’acte deux… C’est la norme ! Il faut que les acteurs retrouvent tout seuls leurs repères. Psychologiquement, ça fait beaucoup de bien. En deux séances, nous avons l’impression d’avoir parcouru un chemin immense : une sorte de panoramique de la pièce telle qu’elle apparaîtra sous les yeux des spectateurs…      Evidemment, il ne s’agit pas que d’un panoramique et les défauts sont innombrables dès que l’on « redescend sur terre » et que l’on s’attache à « la réalité du terrain ».
              Les acteurs, notamment parce que le groupe a changé, ont perdu beaucoup de leurs repères. Le texte fait encore un peu défaut et les nouvelles arrivantes crient au secours… Comment se placer ? Comment dire ? Comment jouer ? L’intérêt de la séance du lendemain, c’est qu’au Palais des Congrès, je reviens précisément sur ces scènes-là pour travailler dans le détail et mieux fixer les choses. Alors, on commence demain sur le détail.
HPIM0989.JPG
 
Pubblico ?

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Voyage sicilien.

Publié le par Eric Bertrand

J’ai présenté hier le site de Nino et j’y reviens aujourd’hui à travers cette citation du texte qui montre à quel point les personnages sont impliqués dans un paysage et dans la réalité physique d’un pays. J’insiste auprès des comédiennes pour qu’elles fassent sonner ces noms de lieux qui sont porteurs d’une densité ne serait-ce que par leurs connotations
 
«  (…) Sous le métal, le soleil, l’éclat de la mer, la chaleur tiède du printemps épanouissaient les formes de son corps. Tous les hommes parlaient d’elle et de cette lourde armure qui ne laissait aucun sillage.
Carolina : ils parlaient d’elle dans toute la Sicile. A Messina, à Cefalù, à Palermo, à Taormina, à Catagna, à Agrigente, à Syracusa, à Caltanissetta, dans les îles Lipari, Vulcano et Favignana, et jusque dans les petits pays comme ici, à Santo Stefano di Camastra !   
Francesca : jamais elle ne s’arrêtait quelque part.
Carolina :elle ne faisait que glisser sur la surface de la terre sicilienne !
Francesca : rien ne la troublait, ni les parfums suaves des fleurs et des fruits, ni les odeurs fortes de la mer, ni la caresse tiède du sirocco qui passait dans ses cheveux et entre ses jambes. Les hommes la regardaient, lui envoyaient des baisers… elle ne se retournait pas et son visage restait de marbre.
Carolina : une rose céramique figée ! Un visage en terre cuite ! Avec une touche bleue sur les yeux et une touche rouge sur les lèvres… Elle ne faisait que passer son chemin sur la terre (…) »
 
La carezza della primaverra sul paesaggio... (Foto Nino)

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