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Répétition du 27.03

Publié le par Eric Bertrand

Une bonne répétition mardi soir, même si le filage complet que j’espérais n’a pu s’achever… J’ai voulu revenir sur le travail de certaines scènes, profitant de la bonne réceptivité des comédiens et de leur meilleure maîtrise du texte.
              L’acte un fonctionne bien. Jenny a mis au point la chorégraphie « provocation » avec Coralie, et cela lui donne de l’aisance dans les déplacements, notamment quand elle s’avance vers la table des garçons. Il y a un échange de regards appuyé qui dure huit temps.
              Les commères perfectionnent leurs airs de gallinacées : je leur suggère de donner des coups de bec au moment où elles embêtent Ornella.
 
« (…) Tiziana : elle adresse un clin d’œil à Lauredana et provoque Ornella : Qu’est-ce que tu dirais, toi, si, par exemple, Salvatore se mettait à la reluquer celle-là ?
Lauredana : oui, parfaitement ! Elle s’exprime dans un registre parodique. Si Salvatore descendait jusqu’à la plage avec son caleçon blanc et son beau vélo, pour poser à l’horizon son bleu regard si romantique…
Tiziana : si Salvatore descendait de son vélo pour aller prendre un bain... Lui qui, soi disant, craint l’eau tiède !
Lauredana : si Salvatore se mouillait un peu les cheveux, lui qui porte toujours son peigne à la ceinture pour arranger les mèches folles…
Tiziana : si Salvatore……..(...)”
 
              Enfin, la scène sur le ponton entre Tiziana et Salvatore gagne en qualité. Salvatore parvient à troubler sa rigide partenaire et Marion trouve assez bien le moyen de le faire percevoir au public, d’autant que Ronan devient plus entreprenant. Comme le fait remarquer Liliane, reprenant une expression anglaise : « she lets her hair down »… Au propre comme au figuré…
 
« (…) N’importe ! Toi, tu es venue jusque là… Alors, regarde vers le large, Tiziana ! Respire enfin ! Est-ce que tu sens, comme moi, ta poitrine qui se gonfle et tes yeux qui se dilatent… (Il lui ébouriffe les cheveux) Comme ça, ça te va mieux ! Ça te donne un air sauvage à tout faire craquer ! Embarquons-nous, Tiziana ! Tes cheveux se soulèvent, ta bouche est humide… »
 
              Fabien (ex-comédien dans le Gainsbourg et le Loft) est venu nous voir ce soir et trouve ce spectacle encore plus « osé » que les autres, et il ajoute que les comédiens maîtrisent bien leur jeu et n’ont vraiment pas froid aux yeux…
Attenti giovanni ! (Photo Nino)
 

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Les mots des contes et leurs effluves…

Publié le par Eric Bertrand

Et s’il y avait, dans le récit des Befana, un personnage qui, comme on l’a vu, annoncerait le destin non plus de Gigi, d’Ornella ou même de Carolina jeune, mais des deux Befana … A la relecture du passage suivant, je propose ce rapprochement  et le livre à votre sagacité…
 
« (…) Francesca : elle va voir ce que Carolina a dessiné et revient, l’air perplexe.
Alors, je continue !… Le matin suivant, une vieille femme qui ramassait des coquillages trouva l’armure sur la plage. Quand elle voulut la ramasser, toutes les pièces du métal se disloquèrent sous ses doigts et s’envolèrent comme des pétales dans l’air léger…
 
              A la manière d’une Befana, « la vieille femme » collecte… Ainsi, cette « envolée de pétales dans l’air léger » serait une métaphore du conte et du message qu’il diffuse à la façon d’un pollen ! D’autant que, dans la légende d’Angelika, ce sont les pétales qui créent la vie dans la ville de Santo Stefano…
 
« (…) Carolina : elle déplie un manuscrit jauni et se met à lire.
Une pluie de pétales s’abattit ce matin-là à Santo Stefano di Camastra, provincia di Messina… Aussitôt, et comme mus par une force surnaturelle, les habitants de la ville coururent chercher tout ce qui faisait couleur : du vin, des fruits, des fleurs, et des peintures… des peintures de toutes les couleurs ! Peintures vives comme l’amour, pourpres, roses, jaunes, vertes, bleues… Soleil, mer, passion, frénésie. Les hommes et les femmes riaient et s’embrassaient, et aussitôt, tous les enfants, garçons et filles, armés de pinceaux, se mirent à peindre, à peindre partout, sur les assiettes, sur les verres, sur les cruches, sur les plats, sur les murs des maisons, sur le pavé des rues, sur les trottoirs, sur les galets de la plage… La céramique était née dans la ville de Santo Stefano di Camastra (…) »
Ragazzi e vecchi sulla piazza... (Photo Nino, Caltagirone, Sicilia)
 

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Rencontre avec Jean

Publié le par Eric Bertrand

J’ai rendu visite mercredi dernier à un ancien collègue de maths devenu éditeur. Matheux littéraire et artiste qui, à ses heures perdues, joue de la mandoline au sein d’un groupe de musique local. Avec Daniel, autre collègue de physique, Jean interprétera trois morceaux pendant le spectacle : « la tarentelle », « Gigi l’amoroso » et « Bella Ciao »…
              C’est un réel plaisir de retrouver cet ami avec qui, il y a quelques années en salle des profs, nous parlions littérature. Avec lui, j’avais notamment accompagné deux classes à Guernesey pour un pèlerinage sur Victor Hugo…
              Il m’a confié avoir beaucoup aimé « le Ponton » et sa perspicacité d’éditeur me reproche une chose, c’est d’avoir négligé de donner au lecteur une indication à propos de « la Befana sotto le stelle ». Je le dis maintenant (mais je crois l’avoir indiqué dans les premiers articles qui concernent la gestation de la pièce) : la Befana est en Italie un personnage légendaire qui apparaît à la période de Noël…
Mandolina...

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Répétition du 20.03 (2/2) : « Poulailler song » !

Publié le par Eric Bertrand

              L’un des bons moments de la répétition du 20, c’est celui où l’on cherchait à donner du relief aux personnages de Tiziana et de Lauredana. Je sentais qu’il y avait une potentialité dans le discours que tient Lauredana au moment où elle parle avec Tiziana, dans la scène 2. C’est une commère, une authentique commère, digne héritière de ces femmes en noir qu’on voit assises sur les bancs en Sicile. Ce qui l’anime, c’est surtout la volonté de médire. D’ailleurs, de tous les personnages, c’est la seule qui résiste à l’épreuve du ponton. Elle ne change pas, elle se « fossilise ».
              Pour outrer ce trait de caractère, sa capacité à glousser, je demande à Aurélie, toujours très réceptive, d’accentuer le geste de son bras, d’aller jusqu’au battement systématique, à la façon dont un poulet battrait des ailes, de reserrer la bouche un peu « cul de poule », bref d’aller vers la volaille. Je pense à ce moment à la chanson de Souchon : « Poulailler song », « la volaille qui fait l’opinion » : Tiziana doit exécuter aux côtés de sa comparse le même type de rituel. Elles sont dindes toutes les deux. Elles ont du plumage qu’elles ébouriffent quand elles sont en colère, un peu plus loin dans la scène.
              Marion et Aurélie travaillent de façon très complémentaire, elles maîtrisent parfaitement le texte et la scène a gagné en vigueur…
 
«  (…) Ornella : n’exagérez pas toutes les deux ! On dirait que vous êtes des saintes à la procession ! Elle ne fait de mal à personne après tout ! Et puis… (Elle montre l’horizon d’un geste évasif) c’est au large !... Pas sur la plage !
Tiziana : certainement, oui !... Ça commence sur les planches d’un ponton et on sait pas où ça va s’arrêter !
Lauredana : ça, tu l’as dit ! Ça peut vite dégénérer… Sur un coin de sable, sur la piste de danse d’une discothèque, dans un bar, dans la rue, sur la passeggiata, Porta Palermo, Porta Messina, devant les petits vieux recroquevillés sur leurs bancs de bois, les enfants qui mangent leurs glaces ou les garçons qui n’en perdent pas une, assis sur leurs vespas !... Elle me dégoûte à présent ! (…) »
Patati e patata sotto la scala ! (Photo Nino, Caltalgirone, Sicilia)
 

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Répétition du 20.03 (1/2) : chambre froide !

Publié le par Eric Bertrand

Ces considérations musicales évoquées, je reviens sur la dernière répétition au Palais des Congrès mardi soir… Répétition en chambre froide… Il faut rappeler le coup de froid sur la Bretagne et la neige fondue qui tombait vers 22h00 au moment de la sortie. Conséquence, la salle de spectacle était glaciale et la troupe figée…
              Pas une grande répétition dirons-nous… Les textes se sont comme solidifiés pour certains au point que c’était du théâtre de « paroles gelées » comme dit Rabelais ! Deux de nos comédiens accusaient en tout cas de sérieux trous de mémoire au point qu’il a fallu encore une fois rappeler l’importance de se présenter sur la scène avec le texte au cœur !
              Sitôt qu’un comédien joue mal, cherche la réplique, il plombe le jeu des autres et l’effet est navrant. De bons moments cependant, notamment dans la scène des trois commères. J’y reviens demain.
E ancora lontano il spettacolo... (Photo Nino, Caltagirone, Sicilia)

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