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Répétition du 23.01 (5/5) : puppi siciliani

Publié le par Eric Bertrand

Je reprends enfin la main sur le net, ce qui assure des articles réguliers et des photos… Je reviens demain sur la répétition d’hier, je finis d’abord la série sur celle du 23...
Les deux sœurs ne font pas que raconter une histoire… Le lecteur / spectateur a le sentiment de pénétrer au sein d’une intimité. Les deux vieilles dames se disputent facilement, font des caprices, boudent… C’est ce qui se passe vers la fin de l’épilogue lorsque Carolina veut mettre un terme à l’histoire et que Francesca conteste sa proposition. Il y a fâcherie.
              Carolina va bouder dans un coin. Ses céramiques sont posées dans la chignole, elle va les retrouver et elle se met à peindre, feignant ouvertement l’énervement. Mais rien ne dure. Carolina a besoin de sa sœur. Elle l’invite à revenir dans le conte et c’est le motif du livre de légende dans lequel elle va lire « la suite de l’histoire ».
              Gros livre enluminé. Au départ un vieux trieur dans lequel je mettais mes fiches de paie. Objet détourné, n’est-ce pas le mérite de la légende et du théâtre ?
 
« (…) Carolina : ainsi finit l’histoire d’Angelika, la belle jeune femme prisonnière de son armure !
Francesca : mimant l’indignation. Non, c’est pas fini !
Carolina : je sais bien que c’est pas fini !... C’est pour remettre de la peinture sur ton pinceau que je dis ça !
Francesca : elle va voir ce que Carolina a dessiné et revient, l’air perplexe.
Alors, je continue !… Le matin suivant, une vieille femme qui ramassait des coquillages trouva l’armure sur la plage. Quand elle voulut la ramasser, toutes les pièces du métal se disloquèrent sous ses doigts et s’envolèrent comme des pétales dans l’air léger… Elle s’adresse directement à sa partenaire. Carolina, s’il te plaît, au lieu de bouder, ouvre maintenant le manuscrit de la légende (…) »
 
              HPIM0106bis.jpg
Vieni nella legenda di Angelika...

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Répétition du 23.01 (4/5)

Publié le par Eric Bertrand

 
Toute cette scène du prologue requiert une grande concentration de la part des comédiennes et une capacité à tenir la scène : elles ont en effet de longues tirades à dire, par conséquent, elles doivent occuper l’espace. Intonations, jeux avec le public, déplacements… Il faut donner une idée vaste de la Sicile : Carolina arpente la scène, s’enfonce vers le fond, s’arrête :

« (…) Carolina : elle plongea dans le Détroit de Messine, entre Charybde et Scylla, longea longtemps la côte, s’écarta un peu sur les collines, cueillit les fleurs et les oranges, marcha dans les temples et les théâtres antiques, s’enfonça dans la montagne, but du bout des lèvres le vin de l’Etna, grignota quelques amandes (…)

La marionnette les aide à raconter… Quand l’évocation de la vie et de l’échec des sensations s’achève, Angelika est allongée par terre. Francesca est à genoux à côté d’elle. Carolina la rejoint. Toutes les deux s’inclinent sur le corps étendu :

« (…) Francesca : et puis une nuit, elle s’est enfin assoupie… Pas très loin d’ici… sur la plage de Capo d’Orlando. Et alors, et alors, pour la première fois, quelque chose a bougé dans son corps, sous l’armure… Elle a commencé à rêver… »
HPIM0101.JPG
Puppo sognante !

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Répétition du 23.01 (2/5)

Publié le par Eric Bertrand

 
Toujours privé de connexion, je glisse ce nouvel article en décalage par rapport au précédent (répétition du 23.01 : 3/5) Il manquait un échelon, c’est réparé !
J’en profite pour rappeler que mardi, en présence des « nouvelles », nous travaillons au filage de l’acte 1. Parallèlement, nous ferons un rapide bilan, en début de séance, avec Marina qui propose une synthèse de son questionnaire (premier trimestre). Quelques uns des enregistrements MP3 ayant raté, nous les rerpendrons parallèlement afin que je puisse distribuer les CD dès jeudi.
Une grande partie du jeu de scène du début consiste à « installer » la conteuse… Moment burlesque ! C’est Carolina qui est chargée de « l’opération » : elle fait tomber la cape et Francesca jaillit de la chignole. Pendant qu’elle s’adresse aux enfants qu’elle reconnaît bien même si certains ont grandi, elle installe les ustensiles et notamment la cafetière et la tasse en céramique. Francesca a besoin de son café pour stimuler son imagination…
Il faut que le public sente « la vibration » du café quand elle en boit la première gorgée ! Commence alors l’évocation de la légende d’Angelika. La marionette fournit un bon ustensile scénique. Carolina la fait vivre par un jeu de mouvements. En même temps, elle interpelle les enfants, les invite à réagir… Il faut que les jeunes comédiens qui ne sont encore que des figurants dans la foule des petits réagissent. Certes, ils ont grandi mais ils ont gardé le même attachement pour la Befana. Et je demande à Matthieu, à Ronan, à Hélène et Samantha, de retrouver une spontanéité d’enfants. C’est comme un jeu entre eux et la Befana, et la participation est un vieux rituel excentrique qui a ses codes et ses initiés ! Le public doit sentir cela.

« … Francesca : c’était il y a bien longtemps… Le ciel étoilé couvrait la mer et les montagnes de Sicile. L’Etna fumait paisiblement sa dernière cigarette avant de s’endormir. Quand, soudain… Une traînée lumineuse et… « Badaboum ! »… Une drôle de petite fille tomba par terre, au pied d’un olivier !... D’où venait-elle ? Qui était-elle ? Personne ne le sait !
Carolina : à un enfant dans l’assistance.
Descendante du Petit Prince tombée d’avion ?... Non !... Drôle de poisson volant surfant sur une vague de nuages ?... Non !... Espèce de rêveuse aux cheveux d’or tombée des nues !... Non !... Non et non ! Niente cosi… Assolutamente niente ! Una cosa incredibile!1… »
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Caretta per le Befana...
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Nouvelles recrues !

Publié le par Eric Bertrand

              Je l’avais annoncé et la nouvelle a circulé, les deux nouvelles Siciliennes sont « recutées »… Aurélie, ma jeune partenaire pour la mise en scène, pratiquant par ailleurs le théâtre dans le cadre de l’IUFM, piaffait à l’idée de jouer dans une « vraie pièce ».

              Je lui ai proposé de choisir et elle a retenu Lauredana. Il me restait à trouver parmi mes élèves une fille motivée, prête à incarner Tiziana. Il y a eu quelques hésitations… Envie chez deux d’entre elles mais retenue et panique à l’idée de jouer devant les lycéens.

              Finalement, c’est Marion, élève de seconde, qui a décidé de s’impliquer dans le rôle. Elle a donc d’ores et déjà le texte et le programme de répétitions. Rendez-vous mardi pour cette nouvelle version du Ponton ! Et peut être avant sur ce blog, mais rien ne va plus avec la connexion !

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Répétition du 23.01 (3/5)

Publié le par Eric Bertrand

 
Encore un peu de patience, une actrice m’a dit oui pour Lauredana, reste Tiziana et l’actrice potentielle se réserve encore vingt quatre heures pour apporter sa réponse. Et puis la connexion est annoncée (sous réserves !) pour demain… A suivre !
En attendant, la suite de la répétition du 23…

Le thème de la carcasse… Angelika est une marionnette envellopée dans une armure. Elle est lourde et sonore et cette « ceinture de chasteté » qui l’enveloppe donne prise à une réflexion sur la cuirasse de la part de la Befana. Angélika est belle mais son corps est emprisonné dans la ferraille. Tellement emprisonné qu’elle ne peut ni respirer, ni jouir.
Elle tombe du ciel, elle n’est pas de la terre, elle est d’une autre nature. Elle a pourtant, dit la légende, pris l’apparence humaine, mais elle ne peut pas en savourer les fruits. Cette réalité de l’armure, du casque, de la « quincaillerie » a fonction de métaphore puisqu’elle anticipe sur l’histoire à venir : l’adolescent sous le carcan de l’usage, sous la brimade du qu’en dira-t-on, sous la pression des principes inculqués de génération en génération, sous l’œil réprobateur des garants de la Tradition, les petits vieux sur les bancs, les mères, les pères, les frères, Francesca, Carolina, Tiziana, Lauredana et tous ceux du village qui disent la même chose…

« (…) Francesca : la petite fille dégringola, la petite fille n’eut même pas mal !… Son corps était tellement encapuchonné, blindé, zingué !
Carolina : un chevalier en armure ! Une carapace ! Une impénétrable coquille !
Francesca : mais une coquille vide ! Une coquille creuse. Sans noyau ! Un os sans la moelle !
Carolina : difficile début dans ce bas monde pour la voyageuse des astres ! Sous le carcan, impossible de sentir, impossible de s’enivrer, impossible de rêver, impossible de sourire, impossible de pleurer, impossible d’aimer… impossible d’aimer !… Vous vous rendez compte ! Condamnée, dés la naissance, à une pitoyable existence de feuille morte !
Elle se met à l’écart et commence à dessiner sur l’ardoise.
Francesca : la pauvre petite fille se mit alors à glisser, fruit sec, sur cette terre inconnue… Peut-être qu’en voyageant, peut-être qu’en mûrissant, ça finirait par aller mieux ! C’est en tout cas ce qu’elle se dit en se relevant sur ses petites jambes graciles sous la grosse armure (…) »

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