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Répétition du 6.02 (6/7)

Publié le par Eric Bertrand

L’un des secrets de l’acteur, c’est la façon dont, dès la première scène, il impose son énergie, son discours, sa façon d’être. Tout n’est pas dans le texte qu’il faut à tout prix débiter (défaut des jeunes comédiens)… L’essentiel est au contraire dans la façon d’entrer en scène et d’installer son personnage.
              A la scène 5, c’est la première entrée de Salvatore. Depuis le début, il entre en trottinette, soucieux de son image, parade, se donne un coup de peigne (scène déjà vue en Sicile, je l’affirme, même si ce n’était pas une trottinette mais un vélo, du reste, on se souvient que la scène du Moulin est petite et ne favorise pas les coups de pédale !)
              Ronan passe très vite. Il a trop hâte de dire le texte. Liliane inaugure ce soir-là un nouveau caméscope numérique qui va nous permettre entre autres d’améliorer la qualité de nos reportages. Il permet aussi d’offrir un regard immédiat sur une scène. Effet radical de ce petit bout de film : Ronan constate lui-même : « ça va trop vite. Je dois ralentir !... » Et pour cause !
 
« (…) Tiziana : elle adresse un clin d’œil à Lauredana et provoque Ornella : Qu’est-ce que tu dirais, toi, si, par exemple, Salvatore se mettait à la reluquer celle-là ?
Lauredana : oui, parfaitement ! Elle s’exprime dans un registre parodique. Si Salvatore descendait jusqu’à la plage avec son caleçon blanc et son beau vélo, pour poser à l’horizon son bleu regard si romantique…
Tiziana : si Salvatore descendait de son vélo pour aller prendre un bain... Lui qui, soi disant, craint l’eau tiède ! (…) »
 
 
Non mi piace Salvatore !...
 

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Répétition du 6.02 (5/7)

Publié le par Eric Bertrand

              La scène 4. Autre scène « inédite » sous cette forme… Nouveau numéro de bravoure des deux sœurs où l’on voit l’excentricité de Carolina (qui a la drôle d’idée de venir faire ses céramiques sur un ponton : elle arrive péniblement à les véhiculer jusque là à la faveur d’une entrée en scène plutôt folklo, pots, pinceaux, peintures posés sur une planche !)
              Elle vient là aussi pour retrouver un peu de sa jeunesse, le ponton étant une constante sollicitation (la fameuse « branloire perenne » chère à Montaigne, d’où les propos cités ci-après…) Nous sommes encore dans les scènes d’expo et le lecteur-spectateur doit percevoir quelque chose derrière ces deux conteuses… Quelque chose qui touche leur vie privée et leur passé. Les fameuses fractures existentielles…
              L’un des facteurs comiques de la scène, c’est l’attachement viscéral de Francesca qui ne supporte pas de laisser partir sa « jumelle » et qui vient la retrouver malgré son grand âge ! D’où une nouvelle petite dispute suivie bien évidemment de réconcialiation !
 
« (…) Carolina : (agacée) : ici,c’est un endroit idéal pour trouver le silence et l’inspiration. A condition de ne pas être importunée… (Soudain gênée par son agressivité) Je dis pas ça pour toi ! Mais, vois-tu, pour réaliser mes céramiques, j’ai besoin de calme ! Et le calme, ça ne dure pas longtemps crois-moi !... Dés onze heures du matin, les jeunes du camping commencent à arriver sur la plage. Le ponton devient alors une véritable caisse de résonance ! On dirait qu’ils le font exprès et qu’ils n’ont que le ponton pour s’amuser !… Mais, j’ai très bien compris… Dans le fond, le ponton, c’est la jeunesse, le temps, la vie qui passe… Du matin au soir, ils défilent, ils se battent pour monter les premiers, ils plongent, ils disparaissent, ils reviennent à la surface, ils reprennent leur place, ils chuchotent, ils crient, ils s’esclaffent, ils pleurent, ils font des expériences… et des taches sur la peinture. Comme dans la vie réelle… »
HPIM0019.JPG
 
Un posto ideale per trovare l'ispirazione...

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Répétition du 6.02 (4/7)

Publié le par Eric Bertrand

Quelques détails sur la reprise des scènes de l’acte 1. Je ne vais pas reprendre les analyses que j’ai fournies à propos du texte et de son interprétation… On trouvera dans ce blog des indications précises sur chacune de ces scènes (et je vous invite, Marion et Aurélie à le faire afin de gagner du temps et réfléchir sur votre personnage : par ailleurs, la version narrative de l’ouvrage est très utile aussi pour mieux comprendre contexte et psychologie… et puis, sur la Sicile, il y a « Donna Mimma » de Pirandello vu en cours en seconde…)
              La scène du prologue : entrée en scène et réactivité des enfants. Le prologue dure environ 15 minutes et c’est un morceau de bravoure ! « Les enfants » sont appelés par Carolina qui entre à grands cris sur la scène.
              Quand ils sont installés, elles commencent leur discours. Le texte postule la présence du public et implique une série de réactions qui amènent les enfants à réagir. Les Befana leur indiquent à quels moments elles attendent une réaction (interrogations, applaudissements, excitations), mais en même temps, elles captent l’intensité de leurs regards. Et Jenny confie que c’est un réel plaisir de raconter cette histoire devant l’émerveillement de ses partenaires !
 
« … Carolina : à un enfant dans l’assistance.
Descendante du Petit Prince tombée d’avion ?... Non !... Drôle de poisson volant surfant sur une vague de nuages ?... Non !... Espèce de rêveuse aux cheveux d’or tombée des nues !... Non !... Non et non ! Niente cosi… »
 
Strano pesce caduto delle stelle?...... Niente cosi !

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Répétition du 6.02 (3/7)

Publié le par Eric Bertrand

              Pour la première fois aussi sur la scène, avec l’aide d’Alain, nous avons tenu à mettre en perspective la série musicale qui accompagne les scènes : cela donne de la profondeur à l’acte. Du rythme aussi.
              Quelques temps forts, « Via con me » de Paolo Conte quand les « Befana » essaient de danser et s’essoufflent, les rebonds sur le dernier Celentano, leur moment de rêverie amoureuse sur Cocciante et « il mio rifugio », celui de Gilda, lascive sur « Gli amanti di Roma », la parade de Gigi sur « l’Italiano » de Tutto Cuttogno et enfin le désoeuvrement des deux garçons sur Zucchero « Senza una donna » que je traduis pour eux sous la forme : « privé de femmes » !
              Une parenthèse demain… Reprise du blog lundi matin…
Senza una donna, solamente masquerri !

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Répétition du 6.02 (2/7)

Publié le par Eric Bertrand

Pour redonner le moral à la troupe, rien de tel qu’un filage (même si, pour celles qui arrivaient, cette approche avait de quoi inquiéter…). J’ai fait quelques interruptions pour rappeler les grandes lignes mais globalement tout a pu se dérouler sans difficultés.
              Musique, bruitages, lumières, chronométrage, tournage, bref, il y avait de la variété sur la scène. Alain avait notamment préparé des bruitages qu’il a distillés tout au long de l’acte… D’abord, quand Gilda apparaît sur le ponton, à la scène 1, le spectateur entend la rumeur de la mer et quelques mouettes… De quoi se mettre dans l’ambiance ! Aussi bien côté public que côté scène… C’est important pour Gilda qui en profite pour se délasser et jouir de l’air du temps.
 
« (…) Gilda : il est à peine huit heures du matin… Qu’on est bien ! Elle se redresse, fixe l’horizon. Ma nouvelle maison est en face, à Torremuzza... Tout là-bas, sur la plage… Elle est blanche. Blanche sous le ciel bleu. Elle est belle ! Une maison de carte postale… Sur la colline, on distingue le village de Santo Stefano di Camastra. Le village de la céramique !... C’est l’été (…) »
 
Sono bella sotto il sole del mattino...
 
              Puis nouveau bruitage d’eau clapotante quand Francesca aborde au ponton. Enfin, au bar, scène 5, bruits de rue, klaxon…

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