Retour mardi dernier du manuscrit de mon article sur Hugo. Je suis soulagé, cela convient. Mais l'article comporte quelques annotations, desiderata de l’éditeur qui sont directement liés à la police de publication (Nous sommes une vingtaine à participer à l’ouvrage) et je dois surtout revenir sur le nombre de caractères, le fameux nombre de « caractères espaces compris ». Mission d’autant plus difficile qu’il me faut ajouter quelques paragraphes sur des personnages et des romans que je n’ai pas mentionnés dans la première version.
En outre, et toujours dans un souci de « maquette », on me demande de fournir deux extraits de romans susceptibles d’alimenter une épreuve de bac. Deux journées intenses de travail, un regard intraitable sur « les scories » de l’idée et de l’écriture, résultat du « dégraissage » : 46075 caractères ! Mission accomplie, le manuscrit repart aujourd’hui chez l’éditeur sous la forme d’un CD.
Cela faisait longtemps qu’un bon collègue du LEP (notre établissement comporte à la fois un lycée général et un lycée professionnel) souhaitait mettre en scène une adaptation de « Matin brun ». Il a monté une troupe qui répète le mardi entre midi et deux heures et prépare cette réécriture du célèbre apologue de Franck Pavloff contre le nazisme : « Matin brun ».
Ce projet lui tenait à cœur, il y travaille avec un collègue d’arts plastiques. Nous allons donc pouvoir offrir un double spectacle les 22 mai et 1er juin prochains. D’ores et déjà je l’annonce aux fidèles de ce blog, il y aura de l’animation en coulisses et de la variété sur scène puisque la troupe « Matin brun » fera la première partie (environ quinze minutes).
Une lectrice me fait remarquer récemment qu’il y a beaucoup de sensualité, sinon d’indécence dans cet ouvrage… Et pour cause ! Nous sommes sous l’ardeur du climat sicilien et le texte se veut hymne à une forme d’hédonisme orchestré par Gilda…
Je faisais allusion hier à « Loft History 2084 ». On se souvient peut-être que j’y ai mis en scène la caste des « Indécents » pour faire contrepoids à Big Brother et chanter les charmes de l’humanité contre les dangers de l’artificiel.
Alors en cela il y a bien une filiation (obsession ?) qui se révèle au sein de ces deux ouvrages et, partant, dans mes choix d’écriture… Parce que j’attache une place importante, qui plus est à notre époque où règne la machine, à l’importance des sensations de tous ordres…
Una tazza di cappuccino e poi, un fiore per favore !
Le lecteur de ce blog sait quelle place tient la chanson « Gigi l’Amoroso » dans le Ponton… C’est en triant mes cassettes VHS en vue de la numérisation annoncée que je suis tombé sur un passage que j’avais oublié : c’était dans le Loft History 2084. Il y avait parmi les lofteurs un personnage appelé « Diva » et dont l’originalité et la manie était de pousser la chansonnette.
Et c’est justement « Gigi l’Amoroso » qu’elle entonnait au moment où la bande à Big Brother lui intimait l’ordre de se montrer plus discrète ! Céline interprétait avec talent cette Diva, un peu castafiore sur les bords, avec sa couronne de miss France et sa voix haut perchée à tous les coins du loft : « Je ris de me voir si belle en ce miroir ! »…
Les spectacles ont toujours adressé des clins d’œil plus ou moins explicites aux anciens…
On était sur le ponton hier avec Souchon, j’y reviens aujourd’hui à propos d’une réaction qu’a eue mon frère dernièrement, quand il a commenté le titre de l’ouvrage. Il a tout de suite pensé à cette formule de Rimbaud qu’on trouve dans « Le Bateau ivre » : « les yeux horribles des pontons »…
Le contexte n’est pas le même mais le mot est là, avec toute cette pesée qu’il a pour nous deux, vieux admirateurs d’Arthur… « Les pontons ! », évidemment, comment n’y avais-je point pensé ? Et immédiatement, je nous revois dans notre rafiot d’appartement d’étudiant, mansarde « infusée d’astres », à écouter maître Ferré hurler « le Bateau ivre ».
Il y avait de la lumière dans les appartements alentours, mais comme elle était falote et comme les planches de notre deux pièces cuisine, avec ses taches de vins bleus, clapotaient dans le froid de l’hiver.
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
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