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Le Tennessee club (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

 
              D’abord, une bonne année à tous ! Pleine d’émotions, de lectures et de spectacles…
              Avant de revenir sur les derniers événements liés aux vacances (avec une surprise) et de retrouver, dès mardi, le contact avec la troupe, je finis ma rubrique sur les différents ouvrages qui précèdent « le Ponton »…
              Avec le Tennessee club, l’atelier retourne aux Etats-Unis, à travers le prétexte de Tennessee Williams et de la belle chanson chantée par Johnny Halliday : « Quelque chose de Tennessee »…
              J’ai voulu essayé d’expliquer ce qu’impliquait « ce quelque chose » en prenant appui sur la scène. J’ai donc lu un certain nombre de pièces de l’auteur américain, y ai capté une atmosphère particulière et puis y ai plongé des personnages qui m’appartenaient aussi un peu. Des personnages inspirés en même temps des personnalités de mes meilleurs comédiens du moment, ceux qui jouaient depuis Gainsbourg et qui souhaitaient terminer l’aventure théâtrale sur un texte plus « dramatique » que les autres, avec des personnages plus douloureux, sinon tragiques...
              En ce printemps 2003, ils sont nombreux sur la scène mais ils ont tous quelque chose de Tennessee, et c’est sur ce message que se termine la pièce… L’Ecole de Musique commence avec nous sa collaboration, c’est un grand moment… Quelques exemples de ce « quelque chose » à partir de demain !
 
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America...
 
 
 

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Lectures du ponton

Publié le par Eric Bertrand

 

Avant le départ en vacances de Noël, je mets en ligne un dernier article (je n’ai toujours pas retrouvé la ligne internet !) J’ai évoqué les réactions de lecteurs et propose de rester dans ce domaine car il touche quelque chose d’important : le pouvoir d’un livre… D’abord ce beau témoignage de ma sœur Béatrice qui se trouve en commentaire à l’article « dédicace » et qui m’a bouleversé. 

« Ecriture miroir de l’âme, étrange circonvolution des mots et des maux de l’écrivain ; ainsi ressentis-je les pages du Ponton… un devant de scène dupant, faisant croire aux chauds rayons du soleil sicilien, à la douceur des granites et à la beauté caramel des filles de là-bas… Mais tout n’est pas si simple…

Certes « l’été sicilien, clair, ardent et lumineux » commence, avec ses parfums d’agrumes et d’olivier, mais cet été est coincé (page 7) entre le trou noir du néant (« plus d’étoiles la nuit, plus de lune … une étendue grise… un voyage sur un autre globe…) et une tentative de guérison incertaine (« le pouls de l’Etna » et une côte en « fusion » indicateurs typique de maladie !

Même le premier tableau de rue nous promet un « activité fébrile » qui se termine à bien y regarder en assemblée immobile et aux portes des cimetières : « croix », « reliques » « châles noirs », « bas gris », « main tremblante », où le « paisible » de la « marche» est inquiétant compte tenu de la main tremblante qui la précède…

Mon dieu ! Francesca ! Fausse vivante, fausse conteuse, qui traîne derrière elle toutes les traces du chagrin et de la mort : (page 12) : « se figea », « lèvres rouges…et pendantes », « regard fixe », « le corps raide » ; puis ses yeux tournent dans les orbites, on ne voit que le blanc (page 13), qu’est-ce cela sinon l’agonie et la souffrance du départ… Tout cela est acté et joué page 20, lorsque malgré le spectacle devant théoriquement porter joie et amusement à Santo Stefano, « un profond silence plane », que Francesca se « tait définitivement », dans une « torpeur stupide » et que Carolina lui ferme les paupières, geste mortuaire par excellence, quand même les applaudissements du public, conscient du drame, se font « discrets ».

Page 47, le duo se reforme sur le ponton, avec pour compagnon des abysses inquiétants comme l’Hades (« du fond des eaux, une créature gluante et innommable », il y est question « d’offrandes » et de « paradis qui n’existe pas », tandis que page 48 : « sous les barreaux visqueux, les algues ont poussé et dessinent des silhouettes vagues et lascives qui remontent des profondeurs ».

Page 68, ce même ponton est comme un lieu de passage entre deux mondes, abysses encore et toujours inquiétantes : « les algues vertes montaient toujours le long de l’échelle, éclairaient l’eau d’une teinte un peu fade et trouble », tellement trouble que « il a eu peur de sauter à l’eau … à moins qu’il n’ait déjà plongé lui aussi » ; quel trouble double sens…

Cette eau qui déforme les choses, les rend différentes (page 63) : « dans l’eau, ses pieds et ses chevilles s’étaient légèrement déformées et les jambes de Tiziana avaient enfilé une sorte de bas trouble et translucide. Le Ponton offrait un espace de réverbération et une logique de transparence… ». Limite entre 2 mondes ???

Vision d’un Passage, d’un douloureux passage, fable d’un monde fragile, inconscient et pourtant toujours au bord d’un Abysse effrayant, le Ponton reflète pour moi toutes les angoisses de l’Homme face au monde inconnu de la Mort, laissant un goût amer, au bord de la répulsion face à ces réalités pourtant insondables.

Autre lecture

Toute autre interprêtation est tout aussi recevable, témoin celle que j’ai reçue par courrier : en voici un extrait : « Le Ponton m’a fait penser aux vacances et au sud… Tu exprimes bien les situations et donnes envie d’être à nouveau jeune… J’ai connu cette situation à la piscine avec mes copains et mes copines de l’époque… »
Intéressant point de vue qui renvoie à la valeur métaphorique du ponton ; ce que j’ai en effet voulu faire, c’est de fournir, à travers cette base, un support à des souvenirs personnels et à une intimité particulière : ici, c’est la piscine qui rejaillit dans la mémoire, la piscine et tout cette parade aquatique qui l’accompagne.
Vous avez sans doute des souvenirs de parade aquatique ? Vous êtes sur le ponton !

Vous me direz, ce n’est pas une activité de saison ! Faisons du ponton par exemple un téléphérique ! Bonnes fêtes de Noël et rendez-vous le 3 janvier si tout va bien !

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PS : une dernière info littéraire ! Pour ceux qui ont suivi l’aventure Goncourt, j’ai parlé d’un site convivial afin de continuer d’échanger entre élèves et professeurs sur la littérature : j’avais d’abord annoncé un site « le Télégramme » mais c’est finalement un site skyblog qui a eu la préférence de mes élèves : en voici l’adresse : http://parlons-litte.skyblog.com
Bienvenue à tous !
 

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Mandoline en passant

Publié le par Eric Bertrand

       Petit article à la sauvette toujours... Pour indiquer que ce soir nous avons rendez-vous avec notre joueur de mandoline qui vient parler avec nous du morceau qu'il interprétera sur scène. Au téléphone hier, nous avons insisté sur la nécessité d'un "décalage" dans le choix des airs. Il propose donc quelque chose comme "o Sole mio " ou "O bella ciao" qui figure d'ailleurs dans les chants traditionnels exécutés par les "Befana" !

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Rentrée littéraire à la Médiathèque

Publié le par Eric Bertrand

 

Toujours victime de soucis de connection, je glisse un article ce matin pour ne pas perdre le fil, un article « dépouillé », sans photos, envoyé d’un poste de fortune. J’espère que d’ici à la fin de la semaine, tout rentrera dans l’ordre…
La médiathèque avait consacré ce vendredi soir à la Rentrée Littéraire. La première partie a été consacrée à la présentation des romans dont ceux de la sélection Goncourt. C’est pour cette raison que certains élèves de la Première L étaient présents pour livrer leurs points de vue.
La deuxième partie était consacrée à la présentation du « Ponton ». Une trentaine de lecteurs étaient présents et une petite partie d’entre eux avait déjà lu, ce qui rendait l’exercice intéressant. J’ai joué sur du velours car ils ont tous visiblement apprécié. Ce qui m’interesse surtout, c’est de voir ce que chacun signale au cours de sa lecture… Je cite en vrac quelques uns des commentaires.
  • Précision troublante du style qui restitue parfaitement l’atmosphère.
  • Justesse de l’analyse des rapports entre les adolescents.
  • Récit à tiroirs qui peut se lire sous des angles différents.
  • Surprise de la narration qui alterne des moments graves et des moments désopilants.
  • Diversité des personnages : élégance des vieilles dames à qui on s’identifie, variété des adolescents.

Il est intéressant d’échanger avec le lecteur. Pour reprendre une métaphore amusante de Michel Tournier à propos du livre : il dit que les livres sont des « vampires secs »… Ceci pour expliquer que c’est le lecteur qui donne son « sang » aux pages … Le rouge m’est monté aux joues ce soir-là !

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Autour du Ponton et des livres du Goncourt des lycéens

Publié le par Eric Bertrand

Des perturbations dans le réseau internet... Les temps s'annoncent difficiles pour les prochains articles... Patience !

Le Ponton a fait sa sortie officielle à la librairie Majuscules à Loudéac mercredi dernier. J’en reparle ce soir à la médiathèque en présence des lecteurs intéressés par la rentrée littéraire. L’impression qui domine à propos de cette rentrée à laquelle j’ai consacré la « Rubrique Goncourt », c’est que l’aventure touche à sa fin.
Après la lecture compulsive et l’euphorie des Rencontres, beaucoup des acteurs de l’opération se sentent découragés, pour ne pas dire déprimés. Phénomène de « baby blues » annoncé du reste depuis longtemps par ceux qui avaient déjà vécu l’opération… Mais pourquoi se laisser abattre ?
L’aventure ne s’arrête pas là, bien au contraire ! Elle a semé un ferment littéraire qu’il faut laisser s’exprimer à présent. Rencontres, propos littéraires, témoignages d’écrivains, réflexions sur le livre et le métier du livre, titres de romans, perspectives de lectures… Autant de sujets qui ont suscité l’intérêt des « happy few » qui n’étaient pas si « few » que ça à Rennes et qui pourraient s’exprimer au travers d’un cybercafé littéraire que je propose sur le blog du Télégramme dont je rappelle l’adresse.
 
N’hésitez pas à nous y rejoindre vous autres amis du livre et de l’écriture, j’ai déjà adressé un courrier destiné à ce projet à mes élèves et collègues partenaires. Relayez l’info si elle vous séduit !

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