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Côté Moulin à Sons

Publié le par Eric Bertrand

              Pas de bilan de répétition ces jours-ci car le Moulin à Sons a programmé un concert. L’occasion pour les comédiens de se recentrer sur l’apprentissage du texte… Et puis, maintenant, ils ont le récit et doivent le lire pour mieux cerner les personnages, les paysages, les enjeux…
              Côté musiciens, j’ai remis hier en passant au Moulin à Sons les exemplaires du Ponton qui reviennent à Arlette et Alain. Jenny en a transmis un à Françoise. Je revois Liliane mardi prochain et pourrai lui glisser le sien. Ainsi, nous possédrons tous les six, l’ouvrage de référence et non plus les photocopies volantes, souvent fautives qui circulaient pendant les répétitions ! (Fautives parce que lorsque j’envoie en document joint le texte de la pièce, c’est au moment où je n’ai pas porté les ultimes corrections que me demande de faire l’éditeur… Parfois, cela va plus loin que les simples coquilles… des mots, des phrases ont changé !)
              Arlette que j’ai entrevue au Moulin à Sons m’annonce radieuse qu’elle a trouvé « un chanteur » : Louenn qui jouait de clarinette l’an dernier sur le Ceilidh (on aperçoit Louenn sur le film en ligne sur le site de l’atelier : http://www.atelier-expression-artistique.com  : extrait « Eric. Gaël ») De mon côté, j’attends la réponse d’un ancien collègue, prof de maths, féru de littérature et de Victor Hugo et joueur de mandoline à ses heures.
              J’attache de l’importance à la mandoline dans le spectacle, j’explique pourquoi demain.

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Musica siciliana ...

 

Rubrique Goncourt : l’aventure Goncourt trouve évidemment un terme avec la révélation du roman prix Goncourt des lycéens 2006. La rubrique n’est cependant pas définitivement close, simplement entre parenthèses car il y aura une relance prochainement à l’occasion des reconcontres Goncourt qui auront lieu à Rennes les 6 et 7 décembre prochains…
 
 

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Indécence de l'Américaine : répétition du 14.11 (6/6)

Publié le par Eric Bertrand

La dernière scène travaillée mardi est celle qui fait intervenir les filles siciliennes, qui, sous le commandement de Tiziana, regardent de loin Gilda qui se pavane sur son ponton. J’ai apporté des jumelles.
              La présence d’un accessoire dans les premières séances est toujours un élément rassurant qui permet au comédien de trouver une contenance et qui, en même temps, rajoute un effet d’illusion. En dehors du fait que les jumelles permettent à ce « corps expéditionnaire » du matin d’épier Gilda et de la mettre à distance (environ cent mètres, alors que, sur la scène, elle n’est qu’a deux mètres d’elles !), elles sont la base d’un jeu de scène qui canalise l’énergie. Ce qui se passe sur le ponton est incroyable, proprement scandaleux, irresistible… et parce qu’elles voudraient mieux voir, mieux juger, mieux s’affirmer (elles ne partagnet pas le même avis au sujet de l’Americana !)elles se disputent les jumelles.
 
« … Lauredana : après s’être installée à l’avant-scène et avoir braqué les jumelles en direction du ponton : mais c’est pourtant vrai !
Ornella : elle prend les jumelles. C’est vrai ! (Soupir admiratif) J’en reviens pas !... Quelle audace !… Il faut oser tout de même !
Tiziana : c’est la troisième fois en trois jours ! Voilà comment ça s’est passé… Lundi, j’ai dû me lever plus tôt pour accompagner mon frère à la gare et, au retour, je me suis attardée à regarder la mer… c’est là que je l’ai vue nager et s’installer comme ça, sur le ponton, il n’était même pas sept heures du matin !
Lauredana : non, mais regardez-la, celle-là ! J’en reviens pas, moi non plus ! Mais pour qui elle se prend !
Tiziana : à mon avis, elle ne m’a pas attendue pour commencer ! Elle doit faire ça tous les matins !... Encore une de ces drôles d’habitudes d’Américaines !
Ornella : j’aime beaucoup son maillot de bain ! Très original ! J’en ai jamais vu de semblable, même dans les magazines !  
Lauredana : moi, je trouve ça ridicule !… Tu veux que je te dise, Ornella, ça fait plutôt mauvais genre !... Et puis, t’as vu ses lunettes de soleil !... »
 
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Non ci credo, non ci credo ! Dov'é l'Americana ?

 
Rubrique Goncourt : le climat à Rennes (3/3).

Ensuite on est allé à la mairie. Discours officiels longs et pompeux,
buffet, et départ rapide pour un grand nombre d'entre nous. Nous avons
appris dans le train que les Parisiens étaient invités le soir même à
une réception chez Plon, en présence de l'auteur. Je n'ai pas de
détails, si quelque parisien pouvait nous en donner.

Voilà en quelques lignes notre aventure. En rentrant, 7 heures de train,
on se disait qu'on avait vécu plusieurs jours en un jour, pris dans un
tourbillon, une sorte de transe même. Les élèves n'ont pas vu le jour
passer et sont quasiment restés enfermés pendant deux jours, en comptant
l'étape régionale. Ce qui reste c'est beaucoup de joie. Les élèves
étaient tout à fait conscients de vivre une aventure unique. Et nous
aussi. Je devrais avoir un texte de ma déléguée Nina dans les jours à
venir, je vous le ferai suivre ainsi que mes photos que je vais rentrer
ce soir dans l'ordinateur.

Les documentaristes d'Aloest production étaient là. Toujours aussi à
l'écoute de ce qui se passait. On devrait avoir de belles images par
eux.
 
 

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Carpe diem : Répétition du 14.11 (5/6)

Publié le par Eric Bertrand

A l’autre extrémité de la scène, dans la scène du contrepoint, Gilda et Gigi hâtent le mouvement. Les paroles sont crues, précipitées. Les gestes précis, sans ambiguités. Nos deux comédiens sont assez à l’aise dans cette série de postures dont je leur laisse l’initiative.
              Coralie doit cependant porter son effort sur la voix. Trouver des accents qui frisent la vulgarité. Si son personnage parle de façon imagée, c’est davantage par dérision que par esprit poétique. Elle n’est pas Ornella qui, à la différence de sa « voisine », s’amuse avec les sous-entendus des mots et découvre en jubilant les charmes du double langage.
 
« … Ornella : je n’ai jamais osé sortir de chez moi à l’heure de la sieste, quand le soleil tape sur la terre craquelée.
Gigi : la Sicile est une terre craquelée sous le soleil. Mais ton corps est un golfe de fraîcheur.
Salvatore : à l’heure de la sieste, tout le monde est couché et cherche la fraîcheur au fond des chambres.
Ornella : cet après-midi, chiche, je fais le mur et je descends te rejoindre sur la plage. Mes parents n’en sauront rien.
Gilda : viens savourer avec moi les grosses pastèques roses et juteuses qu’on fait exploser sur le sol pour les ouvrir !
Ornella : ce matin,ils me croient au marché en train de leur acheter une livre de pastèque et une livre de figues fraîches.
Gigi : mon fruit préféré, ce sont les figues. Tes lèvres sont des figues pulpeuses que je veux croquer même au cœur de l’hiver.
Salvatore : tu aimes bien faire la conversation avec les marchands de fruits ?
Ornella : je prends mon temps quand je fais le marché !... »
 
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Frutta e mercato...
 
 
 
Rubrique Goncourt : le climat à Rennes (2/3).
 
Pour répondre à ta question Agnès, il nous manquait un sixième tiercé,
celui de Paris, qui avait aussi Valléjo et Audeguy. Ils ont reparlé de
tous les livres et Audeguy est finalement revenu en force, 10 voix
contre 12 à Miano.

Tout ça on ne le savait pas. Les profs étaient consignés au
rez-de-chaussée. Vers 12 heures, un train de presse est arrivé,
journalistes, radio et caméra, Sylvie Germain etc... on s'est senti
dépossédé de l'événement. On attendait en bas. Sur l'écran le journal de
FR3 national est passé en direct, encore quelques minutes bien longues
avant que Maxime ne fasse l'annonce publique. Ce jeune canadien a 23
ans, il avait arrêté ses études ce qui explique son âge. En fait les
Canadiens, 13 en tout, 6 présents en France, étaient des volontaires qui
ont lu la sélection en dehors de leurs heures de cours. L'opération est
prise en charge chez eux par une fondation privée qui finance des
projets liés à l'éducation.
 
 

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Hommage à Guillaume : la dédicace

Publié le par Eric Bertrand

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J’interromps momentanément le bilan de cette répétition du 14.10 que je reprendrai demain…
              Quelque chose me tourmente… Maintenant que le livre est présent dans sa « version froide » et « magasinière », j’ai relu quelques passages du Ponton pour comprendre… Un livre édité est un livre qui circule et qui, d’une certaine manière, vit sa vie ! Je l’ai à chque fois vérifié… Or, beaucoup de ceux qui l’ont eu en main m’ont posé la question de l’origine de la dédicace de la page 2 : « A Guillaume, enfant du ciel »… A la vérité, je suis de plus en plus sidéré par le contenu du livre, comme si, en dehors de moi, quelque chose m’avait guidé dans l’écriture
              Mais revenons à la dédicace… Je dois dans un premier temps relater des faits douloureux qui en sont inséparables. 
              Douloureuse explication que je fais pour mes lecteurs et qui implique évidemment la part inconsciente de l’œuvre. A présent que tout est fini, quand je relis certains passages, quand je décrypte certains motifs, je dois bien le reconnaître, Guillaume est là…
              Et cela me trouble profondément, car, je le répète, au moment de l’écriture, rien n’a été volontaire ni délibéré… Alors quoi ?...
              Nous avons vécu au cours de l’été 2005 un drame terrible : la disparition de Guillaume, fils cadet de ma sœur Béatrice et de mon beau-frère Hubert et ceci dans des circonstances abominables… Jeune voyageur déjà infatigable (Egypte, Ecosse, Italie, Croatie, Gallicie…), dans ce beau mois de juillet, il venait de faire une sortie canyoning, il sillonnait avec ses parents et son frère Aurélien les routes d’Espagne… Il avait treize ans, il était adorable, promis à un avenir flamboyant… Tous ceux qui le côtoyaient étaient conquis par le magnétisme de cet enfant à qui ses parents avaient donné toutes les chances… Sur une route stupide, le violent accident de voiture et le scénario atroce de la mort subite.
              Après un tel drame, nous avons tous porté un deuil lourd et insupportable… La souffrance au quotidien, la douleur des proches et l’inadmissible évidence de son absence.  
              Et depuis, comme tous les autres, je n’ai cessé de penser à lui, essayé de trouver des modes d’expression pour m’adresser à lui, l’entendre, le voir et le sentir encore à nos côtés… et soudain, voilà que je le retrouve là, infiniment présent sous les masques du texte… Dans le corps de cette marionnette qui tombe du ciel et qui a des airs de Petit Prince, dans la jeunesse des personnages, dans l’éclat du soleil et des fruits, dans la leçon de vie que comporte le récit... Voyageur des astres, adolescent éternel sur le ponton, il dérive dans sa pleine mer et, sur ses planches, il nous regarde nous agiter dans ce théâtre éphémère de la vie…
              Voilà pourquoi, la dédicace.
 
« … Francesca : une larme est venue dans son œil sec et bleu. Une larme a roulé… Puis une autre, puis une autre, puis une autre… Un ruisseau intarissable qui a fondu dans le sable, a fini par la soulever, doucement, par la porter jusque sur les flots. Et ensuite, la mer a tiré son beau corps onduleux vers le large… Alors elle a plongé du côté des îles Eoliennes... On n’a retrouvé le matin que son armure, brillant sur le sable fin de la plage comme un coquillage vide… Mais certains pêcheurs de thon disent qu’ils la croisent parfois. Elle est installée sur un radeau fantastique où abondent les fleurs et les fruits. Il paraît que ses beaux cheveux blonds flottent dans l’air, qu’elle ouvre des yeux éblouis, et que son corps lumineux et tiède ressemble à la proue d’un vaisseau de sirène… »
 
 

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Scène en contrepoint : répétition du 14.11 (4/6)

Publié le par Eric Bertrand

Nous avons enchaîné sur la scène en contrepoint : l’idée, on le sait, est de mêler les deux « bulles »… chaque couple seul au monde et dialoguant pour un public voyeur… L’un des intérets du théâtre, n’est-ce pas précisément que le texte nous rend complices de ce qui se dit dans un secret de convention ? Tout n’est pas si voilé. Le texte se charge de ce que les spécialistes appellent « double énonciation » et les dialogues interfèrent entre les deux couples pour les personnages mais aussi pour le spectateur.
              D’un côté, les romantiques Salvatore et Ornella, de l’autre, les « directs » comme disent les élèves, Gilda et Gigi.
              Sur le principe qui établit qu’au théâtre, on n’attend jamais son tour pour parler, mais qu’on est dans le personnage et qu’on est dans la relation, Salvatore et Ornella travaillent par le geste et les regards dans la pudeur et la délicatesse. Rougissements, gestes nerveux, maladroits, retenues, audaces, marivaudages… Et voilà un bout du texte sur lequel ils exécutent leur tentative d’approche, tandis que l’autre couple avance à grands pas, on y revient demain.

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Influenza di Angelika sui copi...

 

Rubrique Goncourt : le climat à Rennes (1/3).
 
              Comment se sont déroulées les délibérations nationales à Rennes ? Je mets en ligne à partir d’aujourd’hui le reportage transmis par une collègue…
 
« Quelques mots de plus sur la journée à Rennes.
Le dimanche soir nous avons eu un verre d'accueil qui a permis de faire
connaissance, de retrouver les têtes connues, les collègues vus à Paris
en juin. Puis dîner chez Léon le cochon. Les élèves ont vite sympathisé,
les Canadiens se chargeant de l'ambiance, chants et même danse à la
fin... De notre côté ambiance plus sage. Nous avons rencontré
Philippe-Jean Catinchi, critique littéraire au Monde. Nous avons passé
une soirée délicieuse avec lui, il est d'une culture incroyable et
surtout un fervent défenseur du GDL. Ça fait vraiment du bien. Vous le
verrez dans les rencontres régionales de Bruit de Lire, c'est lui qui
animera à Rennes et Montpellier les forum de critique littéraire.
Le lendemain, à 9 heures, les délégués se sont installés à la Chope, une
brasserie du centre de Rennes. Le lieu est assez exigu. La presse
commençait à s'installer, des fils partout. Le jury est resté trois
heures en enfermé. Jeanie nous a dit que les
débats avaient été de
qualité… »
 
Réaction de collègue :
Un petit mot, à mon tour, pour apporter ma contribution... ça lit envers et contre tout, contre tout le travail annexe surtout... mais nous en sommes tous au même point ! les vacances vont permettre certes d'être plus disponibles ; les élèves ont pris des réserves pour "s'occuper", et avancer ! moi aussi, comme quelques uns d'entre vous, je suis un peu effarée de constater que certains jeunes n'ont lu que 2 ouvrages : pour des Term L ça n'est pas terrible... ils arguent du trop plein de travail, mais tout de même ...j'espère qu'ils vont un peu se reprendre pendant les vacances . Quand je vous lis, et vous "entends" raconter vos rencontres avec les écrivains (toujours bon à prendre! ) je vous envie un peu : ici, on n'a été contacté par personne, on nous a visiblement totalement oubliés ! c'est très dommage, car je suis certaine que cela aurait stimulé le gain (regain) d'intérêt des élèves

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