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Deux couples en contrepoint

Publié le par Eric Bertrand

          « Journal du 23.06 :je sais par expérience que la phase la plus dure, celle du « chantier », est pratiquement achevée et qu’elle annonce la seconde phase, celle de la construction définitive et de la finition. J’en suis là. Ce n’est déjà plus le travail à la tâche, mais un travail plus « distingué ».
              Pour me mettre dans l’ambiance, et aménager les moments de musique et de danse, je suis en train de fouiller dans la discothèque pour assurer en musique de fond les disques de vedettes italiennes plus ou moins connues : Zucchero, Paolo Conte, Claudio Baglioni, Laura Pausini, Eros Ramazzoti, Gian Maria Testa, Adriano Celentano… Il y a une longue scène entre Salvatore et Tiziana. Je vais logiquement en ajouter une entre Gilda et Gigi. Elle aura des spectateurs : Salvatore, Tiziana avertis par Lauredana et Francesca et Carolina. Cette scène est fondée sur la technique du contrepoint que j’ai déjà expérimentée dans le Tennessee club. Elle permettra, à travers une double séduction, d’établir un savoureux contraste entre la retenue du couple Tiziana-Francesco et la passion sensuelle du couple Gilda-Gigi. »
 
              S’il y a toujours effectivement le contrepoint dans la version finale, les acteurs ont changé : le couple romantique, c’est celui que constituent Salvatore et Ornella. J’ai beaucoup travaillé cette scène notamment dans la version narrative. C’est même le dernier chantier mené avant remise à l’éditeur.
 
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Un copio con un'altro vicino !

 
Rubrique Goncourt : tout simplement pour aujourd’hui, la liste des élus … Première réaction ? Treize romans au lieu des dix annoncés, et un certain nombre de pages ! Et les élèves ne sont sans doute pas au bout de leur surprise… Je visite demain leurs réactions à l’écrit.
 
Sélection Goncourt des Lycéens 2006 :
 
Fils unique, Stéphane Audeguy (Gallimard) 262 pages (17,50€)
Un pont d’oiseaux, Antoine Audouard (Gallimard) 429 pages (21€)
Quartier général du bruit, Christophe Bataille (Grasset) 114 pages (11,90€)
Supplément au roman national, Jean-Eric Boulin (Stock) 154 pages (15€)
L’amant en culottes courtes, Alain Fleischer (Seuil) 612 pages (22€)
Le bois des amoureux, Gilles Lapouge (Albin Michel) 346 pages (20€)
Ni toi ni moi, Camille Laurens (P.O.L.) 400 pages (19,90€)
Les Bienveillantes, Jonathan Littell (Gallimard) 910 pages (25€)
Contour du jour qui vient, Léonora Miano (Plon) 274 pages (18€)
Journal d’Hirondelle, Amélie Nothomb (Albin Michel) 136 pages (14,50€)
Disparaître, O. et P. Poivre d’Arvor (Gallimard) 324 pages (18,50€)
Marilyn dernières séances, Michel Schneider (Grasset) 400 pages (20,90€)
Ouest, François Vallejo (Vivianne Hamy) 266 pages (18,50€)
 

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Doute !

Publié le par Eric Bertrand

              « Journal du 22.06 : j’ai passé une journée d’activité intense autour de cet acte II. J’en sors fatigué, presque écoeuré. Mais je peux affirmer que je tiens à peu près la pièce et que je vais pouvoir dés maintenant revenir sur l’ensemble, affiner les personnages, leurs relations, leurs discours.
              Je ne suis pas encore vraiment satisfait de la tournure de l’acte deux, même si je suis convaincu que l’idée que je développe dans cette pièce est déjà bien représentée. Les personnages se découvrent les uns les autres dans cet espace particulier qu’est le ponton et la métaphore qu’il représente. Gilda a bien agi comme un révélateur. C’est ouvertement une pièce sur l’amour et sur l’adolescence que je vais travailler. »
 
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Villagio vicino il mare.

 
Rubrique Goncourt :
              Un plaisir malicieux comme celui que l’on éprouve à révéler un secret… Les élèves de la classe, ils sont 19 et je ne les connais pas à l’exception de trois d’entre eux, ignorent tout de ce qui se tramait au-dessus de leur tête… Seul un garçon avait entendu parler du projet mais il avoue qu’il n’en a pas parlé aux autres.
              Pour arriver à l’Annonce, j’oscille entre l’effet du suspense et le ton du fatalisme, afin de dissimuler la pointe d’exaltation qui me travaille mais qu’il faut masquer pour garder l’air raisonnable et rassurant.
              Quand on est en première, quand on prépare le bac, on aime la mesure chez le professeur. Je l’ai souvent noté. Je vais essayer d’être mesuré. Stratégie de la mesure… J’annonce d’abord les aspects positifs de l’opération, la rencontre des écrivains, la sortie à Rennes pendant deux jours, la confrontation avec d’autres lycéens venus de tout le territoire, la couverture médiatique, la réutilisation des textes pour le bac de français … Et puis je finis par la question du contrat de lecture !...
              La pilule est assez bien passée, ils ont l’air ravi, demain,  je donne la liste des sélectionnés.  

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Deux adolescentes très différentes

Publié le par Eric Bertrand

              « Journal du 21.06 : le début de l’acte II met en confrontation deux types de filles. La fille libérée : Gilda et la fille coincée : Tiziana. La scène se joue sur le ponton : Tiziana a rendez-vous avec Salvatore mais elle tombe sur Gilda qui ne s’attend pas à la voir là à pareille heure.
              Le ressort de la scène tient en deux points : d’abord, elle joue sur l’agacement de l’une et l’autre des deux filles qui se gênent mutuellement, ensuite, elle joue sur le discours incitatif de Gilda qui pousse Tiziana à éclairer le contenu de ses pensées et à tout mettre en œuvre pour séduire Salvatore puisqu’elle l’aime. »
 
              L’opposition entre les deux filles reste en effet flagrante dans la version définitive. Elle produit un rapport d’attraction-répulsion entre les protagonistes, intéressant pour les jeux de scène, pour l’évolution psychologique de la bande des villageoises et pour la progression dramatique de l’histoire.
 
Rubrique Goncourt : « Le projet Goncourt des lycéens sur les rails » !
 
              A la demande de certains de mes lecteurs, j’ouvre à partir d’aujourd’hui une rubrique « Goncourt des lycéens ». Elle intéresse tous ceux que la lecture passionne et l’aventure qui s’engage dans un lycée de Centre Bretagne mérite vraiment une page quotidienne.
              Je vais être concis, tenir le carnet de bord de ce défi qui se jouera sur environ trois mois, la clôture de l’expérience est prévue autour du 10 décembre. Elle implique les élèves de premières L dont j’ai la charge. A l’heure qu’il est, ils ne le savent pas, ils ont dix romans de la rentrée littéraire à lire en environ huit semaines, je leur annonce « la bonne nouvelle » en début d’après-midi, comment vont-ils réagir !
 
PS : je viens de recevoir « le Ponton » en format PDF, 180 pages qu’il me faut relire pour en repérer les éventuelles coquilles… Après quoi, le chantier sera terminé de ce point de vue…
 
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Angelika, il puppo coi capelli biondi...
 

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Manipulateur italien

Publié le par Eric Bertrand

            « Journal du 20.06 :avant de passer à l’acte deux, un nécessaire aménagement s’est imposé. Il faut serrer le cercle des relations et dynamiser les dialogues en fonction de l’acte à venir. En effet, il semble que je me dirige vers une confrontation entre les trois filles qui, à l’évidence, « ont des vues » sur les deux garçons (Salvatore et Gigi). Elles n’ont encore jamais osé se déclarer mais leur ont bien fait sentir leurs sentiments et ils ne sont pas dupes.
              C’est l’entrée en scène de Gilda dans le champ de vision de Gigi qui précipite la fin de l’acte : il propose aussitôt une mise à l’épreuve des filles au ponton. Cette mise à l’épreuve sera davantage une mise au pilori car son but est avant tout de s’amuser à leurs dépens. La fille qu’il convoite en effet, c’est d’ores et déjà la séduisante Américaine.
              Ainsi, il me semble important, dans cette fin d’acte, de mettre en évidence la versatilité italienne et l’ardeur du désir quand il se manifeste après le traditionnel « coup de foudre » : le comique de la scène tiendra dans le jeu excessif de Gigi qui, de l’état de passivité dans lequel il se trouvait au début de la scène, passe à un état de surexcitation… J’ai souvent observé cette versatilité de l’Italien au bar… »
 
              Le ponton s’impose d’emblée comme un lieu expérimental. Gigi, sous ses airs de dragueur italien, serait-il, dans une version beaucoup plus langoureuse et lumineuse, l’équivalent de Ronald Macdonald ? Je suggère cette piste aux lecteurs du « Ceilidh »…
 
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Lo sguardo di Don Giovanni...
 

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Les contraintes de rentrée

Publié le par Eric Bertrand

              En ces temps de rentrée, des choses importantes se mettent en place pour le futur spectacle et c’est aussi l’objectif de ce blog : renseigner le lecteur sur les diverses étapes de la création d’une pièce… Je mets donc en veilleuse le journal que je reprendrai demain.
              D’abord, le texte. L’éditeur a reçu le manuscrit et promet une version PDF que j’aurai à corriger des dernières coquilles dès réception.
              Ensuite, les dates du spectacle. L’an dernier, l’Ecole de musique a retenu d’emblée le 2 juin pour l’occupation du Moulin à Sons. Restait le Palais des Congrès. Après consultation, deux possibilités : 22 ou 29 mai. Réponse la semaine prochaine.
              La rentrée s’annonce bousculée puisque j’embarque les premières L dans l’aventure du Goncourt des lycéens… Aventure de lecture et de rencontres qui mériterait en soi un blog tant elle est riche et diverse en événements concentrés en dix semaines… J’y reviendrai peut-être au détour de certains articles… En tout cas, cette réalité explique l’avance que j’ai voulu prendre avec le théâtre avant la rentrée.
              Dans cette perspective, je reprends un congé atlantique dès ce soir … A lundi !
 
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Prendiamo il tempo d'un café prima il lavoro !

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