« Journal du 22.06 : j’ai passé une journée d’activité intense autour de cet
acte II. J’en sors fatigué, presque écoeuré. Mais je peux affirmer que je tiens à peu près la pièce et que je vais pouvoir dés maintenant revenir sur l’ensemble, affiner les
personnages, leurs relations, leurs discours.
Je ne suis pas encore vraiment satisfait de la tournure de l’acte deux, même si je suis convaincu
que l’idée que je développe dans cette pièce est déjà bien représentée. Les personnages se découvrent les uns les autres dans cet espace particulier qu’est le ponton et la
métaphore qu’il représente. Gilda a bien agi comme un révélateur. C’est ouvertement une pièce sur l’amour et sur l’adolescence que je vais
travailler. »
Villagio vicino il mare.
Rubrique Goncourt :
Un plaisir malicieux comme celui que l’on éprouve à révéler un secret… Les élèves de la classe, ils sont 19 et je
ne les connais pas à l’exception de trois d’entre eux, ignorent tout de ce qui se tramait au-dessus de leur tête… Seul un garçon avait entendu parler du projet mais il avoue qu’il n’en a pas
parlé aux autres.
Pour arriver à l’Annonce, j’oscille entre l’effet du suspense et le ton du fatalisme, afin de dissimuler la pointe
d’exaltation qui me travaille mais qu’il faut masquer pour garder l’air raisonnable et rassurant.
Quand on est en première, quand on prépare le bac, on aime la mesure chez le professeur. Je l’ai souvent noté. Je
vais essayer d’être mesuré. Stratégie de la mesure… J’annonce d’abord les aspects positifs de l’opération, la rencontre des écrivains, la sortie à Rennes pendant deux jours, la confrontation
avec d’autres lycéens venus de tout le territoire, la couverture médiatique, la réutilisation des textes pour le bac de français … Et puis je finis par la question du contrat de
lecture !...
La pilule est assez bien passée, ils ont l’air ravi, demain, je donne la liste des sélectionnés.
Deux adolescentes très différentes
« Journal du 21.06 : le début de l’acte II met en confrontation deux types de
filles. La fille libérée : Gilda et la fille coincée : Tiziana. La scène se joue sur le ponton : Tiziana a rendez-vous avec Salvatore mais elle tombe sur Gilda qui ne
s’attend pas à la voir là à pareille heure.
Le ressort de la scène tient en deux points : d’abord, elle joue sur l’agacement de l’une et
l’autre des deux filles qui se gênent mutuellement, ensuite, elle joue sur le discours incitatif de Gilda qui pousse Tiziana à éclairer le contenu de ses pensées et à tout
mettre en œuvre pour séduire Salvatore puisqu’elle l’aime. »
L’opposition entre les deux filles reste en effet flagrante dans la version définitive. Elle produit un rapport
d’attraction-répulsion entre les protagonistes, intéressant pour les jeux de scène, pour l’évolution psychologique de la bande des villageoises et pour la progression dramatique de l’histoire.
Rubrique Goncourt : « Le projet Goncourt des lycéens sur les rails » !
A la demande de certains de mes lecteurs, j’ouvre à partir d’aujourd’hui une rubrique « Goncourt des
lycéens ». Elle intéresse tous ceux que la lecture passionne et l’aventure qui s’engage dans un lycée de Centre Bretagne mérite vraiment une page quotidienne.
Je vais être concis, tenir le carnet de bord de ce défi qui se jouera sur environ trois mois, la clôture de
l’expérience est prévue autour du 10 décembre. Elle implique les élèves de premières L dont j’ai la charge. A l’heure qu’il est, ils ne le savent pas, ils ont dix romans de la rentrée littéraire
à lire en environ huit semaines, je leur annonce « la bonne nouvelle » en début d’après-midi, comment vont-ils réagir !
PS : je viens de recevoir « le Ponton » en format PDF, 180 pages qu’il me faut relire pour en repérer les éventuelles coquilles… Après quoi, le chantier sera
terminé de ce point de vue…
Angelika, il puppo coi capelli biondi...
Manipulateur italien
« Journal du 20.06 :avant de passer à l’acte deux, un nécessaire aménagement s’est imposé. Il faut
serrer le cercle des relations et dynamiser les dialogues en fonction de l’acte à venir. En effet, il semble que je me dirige vers une confrontation entre les trois
filles qui, à l’évidence, « ont des vues » sur les deux garçons (Salvatore et Gigi). Elles n’ont encore jamais osé se déclarer mais leur ont bien fait sentir leurs sentiments
et ils ne sont pas dupes.
C’est l’entrée en scène de Gilda dans le champ de vision de Gigi qui précipite la fin de
l’acte : il propose aussitôt une mise à l’épreuve des filles au ponton. Cette mise à l’épreuve sera davantage une mise au pilori car son but est avant tout de s’amuser à
leurs dépens. La fille qu’il convoite en effet, c’est d’ores et déjà la séduisante Américaine.
Ainsi, il me semble important, dans cette fin d’acte, de mettre en évidence la versatilité
italienne et l’ardeur du désir quand il se manifeste après le traditionnel « coup de foudre » : le comique de la scène tiendra dans le jeu excessif de
Gigi qui, de l’état de passivité dans lequel il se trouvait au début de la scène, passe à un état de surexcitation… J’ai souvent observé cette versatilité de l’Italien au bar… »
Le ponton s’impose d’emblée comme un lieu expérimental. Gigi, sous ses airs de dragueur
italien, serait-il, dans une version beaucoup plus langoureuse et lumineuse, l’équivalent de Ronald Macdonald ? Je suggère cette piste aux lecteurs du « Ceilidh »…
Lo sguardo di Don Giovanni...
Les contraintes de rentrée
En ces temps de rentrée, des choses importantes se mettent en place pour le futur spectacle et
c’est aussi l’objectif de ce blog : renseigner le lecteur sur les diverses étapes de la création d’une pièce… Je mets donc en veilleuse le journal que je reprendrai demain.
D’abord, le texte. L’éditeur a reçu le manuscrit et promet une version PDF que j’aurai à corriger
des dernières coquilles dès réception.
Ensuite, les dates du spectacle. L’an dernier, l’Ecole de musique a retenu d’emblée le 2 juin pour
l’occupation du Moulin à Sons. Restait le Palais des Congrès. Après consultation, deux possibilités : 22 ou 29 mai. Réponse la semaine prochaine.
La rentrée s’annonce bousculée puisque j’embarque les premières L dans l’aventure du Goncourt des
lycéens… Aventure de lecture et de rencontres qui mériterait en soi un blog tant elle est riche et diverse en événements concentrés en dix semaines… J’y reviendrai peut-être au détour de
certains articles… En tout cas, cette réalité explique l’avance que j’ai voulu prendre avec le théâtre avant la rentrée.
Dans cette perspective, je reprends un congé atlantique dès ce soir … A lundi !
Prendiamo il tempo d'un café prima il lavoro !
La céramique à Santo Stefano di Camastra
« Journal du 19.06 : j’ai finalement prolongé l’apologue d’une
manière inattendue. Je voulais simplement boucler la scène de façon spectaculaire et cela m’a amené à trouver un prolongement particulier à l’histoire…
La légende d’Angelika, telle que je l’ai fait rapporter par Francesca, a quelque chose à voir avec l’origine
du développement de la céramique dans le village. Du même coup, cela renforce davantage la fonction de Carolina dans la scène et souligne l’hommage particulier que je
souhaite rendre au village de Santo Stefano di Camastra, dont la spécialité locale, c’est la céramique… »
Le motif des céramiques est très présent dans le texte. Il collabore à l’impression du pittoresque
du récit final (impression signalée par mes premiers lecteurs). La céramique est inscrite dans le paysage, et puis, Carolina, rappelons-le, est artiste en céramique et Gigi est
fils d’un marchand de céramiques... Pour preuve, je joins la première phrase du récit :
« Le soleil était ardent, tenace. Il chauffait la céramique du sol dans cette petite ville sicilienne de Santo Stefano di Camastra où les artisans cuisent des masques et des objets
d’ornement, de décoration ou de cuisine… »
Au chapitre des « potins », je signale aux amateurs de scène, la rénovation du site qui comporte cette
fois une série de vidéos qui dévoilent notamment tout le travail musical et qui donnent un bon aperçu du spectacle : « le Ceilidh ». Je rappelle l’adresse :
Ecco il primo personnaggio e la prima attrice : Angelika...