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Nouvelle version de la légende de la green lady

Publié le par Eric Bertrand

La version que rapporte la propriétaire d’Ackergill Tower diffère encore un peu de celle déjà évoquée dans ce blog. Dans le château de Keiss, situé à égale distance de Girnigoe, mais sur le côté opposé, il était une fois une princesse norvégienne d’une extrême beauté… Elle était promise à un homme de sa condition dont elle était également éprise. Le mariage était prévu et son futur mari, originaire du Caithness, avait dû quitter la région pour aller régler quelques affaires du côté d’Inverness.
              Pendant son absence, une troupe de soldats étrangers fit escale dans la tour voisine. Le bruit de la beauté de la châtelaine de Keiss ne tarda pas à parvenir aux oreilles de ces soudards affamés et oisifs. Immédiatement, le capitaine de la troupe céda à l’évidence de son instinct et tomba sous le charme de la princesse. Il la ravit (lequel des deux fut « ravi » !) et la fit enfermer dans le donjon d’Ackergill. On connaît la suite…
              Cette version met en avant un motif essentiel dans le Ceilidh : celui de l’amour contrarié.
              Mrs Ballister raconte cette histoire avec un certain automatisme. Ce n’est que folklorique et ses hôtes n’ont pas cette préoccupation. Elle privilégie plutôt le « confort » du bâtiment et celui des invités qu’elle reçoit régulièrement à l’occasion de séminaires. Elle a acquis le château voilà environ 20 ans. Il n’était plus qu’une vieille bâtisse, vouée à la désolation : elle est fière d’en avoir fait cette élégante demeure qui embauche 18 domestiques et deux jardiniers.
              Les temps barbares d’Ackergill Tower sont définitivement abolis et le secret de la « green lady » veille dans l’inconscient des anciennes pierres.
              Aux livres et aux légendes de le réveiller et de le faire remonter à la surface comme les rêves ou les lapsus !

HPIM1023.JPG Girnigoe Castle from Ackergill tower's window

Max : Voilà donc nos deux châteaux hantés et le lieu du drame !
Heather : Exactement ! John Sinclair, personnage que tu vas jouer, hante le cachot de Girnigoe Castle et la dame verte que je joue rôde au bas de la falaise d’Ackergill et cherche en vain à retrouver John Sinclair, son unique amour !

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Ackergill Tower

Publié le par Eric Bertrand

Rendez vous au château ce lundi après midi à 15h00. La voiture de location, une Scénic rouge maculée par la boue du cottage, glisse le long d’une allée forestière impeccablement entretenue. La prestigieuse demeure se dresse là, tout au bout du chemin, face à la mer. Deux tracteurs flambant neufs circulent sur les gazons. Odeur d’herbe fraîchement coupée.
              Une domestique en kilt nous ouvre la porte et nous invite à monter au premier étage de la tour, dans une salle spacieuse et éclairée dont les fenêtres donnent sur la mer et Girnigoe Castle… « Tea ? Coffee ? » Elle revient avec un immense plateau qu’elle pose devant nous. “Mrs Ballister won’t be long”.
              La maîtresse de céans apparaît, très élégante dans un habit vert, sobre. « Green lady » !... Nous parlons du livre et du site qu’elle a apprécié et recommandé à Malcolm Sinclair, l’actuel comte de Caithness. Je profite de cette occasion pour lui demander sa version de la légende du château
              Elle diffère encore un peu de celle que j’ai rapportée à l’occasion de la conversation avec Alan et Alison. Je réserve cette version, ainsi que la suite de la visite, pour demain.
 
HPIM1026.JPG
 
Tea in the leaving room, in Ackergill Tower.

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whaligoe steps

Publié le par Eric Bertrand

Un peu plus au nord de Badbea, on tombe sur le site de Whaligoe steps. « La crique de la baleine », surnommée ainsi parce que plusieurs grands squales sont venus s’y échouer. Longtemps, Whaligoe a été un port de pêche très actif et quand un cétacé venait finir sa course sur les côtes alentours, il était remorqué jusqu’à Whaligoe puis dépecé.
              La grande période de Whaligoe steps, c’est celle des « Silver darlings ». Le hareng était pêché et ramené directement à cette crique où il était fumé. On peut voir encore en bas les cheminées des fourneaux et le treuil qui servait à remorquer les bateaux. Outre la réception du poisson, les femmes avaient aussi la charge de remonter les paniers de hareng tout en haut des 365 marches rituelles qui les ramenaient à la route. La période de prospérité n’a pas duré et cet endroit qui résonnait de vie est à nouveau livré à la désolation et aux grands vents.
              En haut des marches, nous avons sympathisé avec David Nicholson, petit homme passionné qui est en charge depuis une vingtaine d’années de la préservation et de la restauration du site. Il parle avec enjouement du lieu et manifeste un réel intérêt pour ces « touristes qui se sont égarés là », dans cet endroit si à l’écart du reste des hauts lieux touristiques des Highlands. Méticuleusement, ce « travailleur de la mer » a su redonner à ces pierres si exposées une fermeté à toute épreuve.

HPIM0757.JPG

Looking for the silver darlings

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Badbea

Publié le par Eric Bertrand

Comme promis, retour à l’Ecosse pour les dernières étapes du voyage en Caithness au printemps dernier. J’en étais arrivé à l’évocation de deux lieux essentiels pour comprendre l’esprit du lieu : Whaligoe steps et Badbea. Quand on quitte la route qui longe la mer et les plages de sable entre Golspie et Helmsdale, on aborde les premières rampes de ce que les gens appellent ici « the Ord of Caithness ». Secteur souvent infranchissable en hiver. Le Caithness devient une île. La route devient l’otage des hautes falaises.
              La falaise est un des motifs essentiels dans le Ceilidh : c’est un signe, elle s’impose à cet endroit et se prolonge, de façon quasi ininterrompue, jusqu’à John o’Groats, « the last house in Scotland » comme disent les guides touristiques.
              C’est le long de cette falaise que s’est jouée par exemple la tragédie de Badbea. Elle est liée au chapitre dramatique des « Highland clearances ». Pour des raisons d’ordre économique, les propriétaires terriens, et en particulier le fameux duke of Sutherland, ont pensé au détour du XX°siècle qu’il était plus rentable de mettre des moutons là où il y avait des hommes. Les familles d’exploitants agricoles ont dû quitter leurs fermes, les terrains qu’ils cultivaient pour s’en aller vivre ailleurs, en Nouvelle-Zélande, en Amérique ou en des endroits inhumains comme celui-là, Badbea, où le terrain est en pente et tombe à pic dans la mer.
              À tel point que les enfants étaient attachés à une corde les jours de grand vent. C’est là qu’ont survécu quelques malheureuses familles, dans cet endroit sauvage et inhumain entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe. Quand on s’arrête à Badbea, sur la A9, on marche un peu en direction de la falaise et on trouve un mémorial et quelques clichés en noir et blanc.

HPIM0742.JPG

Going down to Badbea...

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Nouvelles perspectives

Publié le par Eric Bertrand

               Avant de reprendre le journal écossais auquel est consacré ce blog, je peux à ce jour annoncer au lecteur que je vais changer de pôle… Et nous transporter dans l’atmosphère méridionale de la Sicile.
              C’est en effet dans cet autre pays que je connais bien que j’ai décidé de camper le cadre de ma future pièce. Je me suis donc lancé dans l’écriture depuis début juin et j’alimente un journal de la création que je mettrai en ligne quand le temps sera venu. Dans l’intervalle, je préfère avancer dans un relatif  incognito le plus longtemps possible…
              Avant de me lancer dans cette aventure (compulsive ?) de l’écriture, j’ai pourtant ressenti de petites réticences au moment du spectacle : lourdeur administrative, remarques désobligeantes, souvenir cuisant des difficultés pour mener de front les cours, l’écriture et la mise en scène, absence de reconnaissance par le lycée… Par exemple, toujours pas de lieu pour répéter et une salle de claquettes qui va être démolie l’an prochain du fait du programme de restructuration de l’établissement (restructuration qui annonce un hypothétique « pôle culturel » pour 2009 mais rien dans l’immédiat !)
              Mais je dois dire que l’implication de mes acteurs, de nos partenaires, notamment de l’Ecole de musique, m’ont redonné la foi. Philippe et Arlette ont d’ores et déjà retenu la date du 1er juin 2007. En échange de quoi ils nous laissent l’utilisation de la scène du Moulin à Sons.
              C’est donc parti pour un voyage dans la Sicile profonde… je tourne délibérément le dos à la littérature anglo-américaine que j’ai honorée six années d’affilée. Je tourne le dos à toute référence littéraire aussi. (Les spectateurs pourront bien lire Pirandello ou Sciascia ou Vittorini, s’ils veulent se mettre dans l’ambiance), je n’exploiterai cette fois aucune oeuvre ! Plus de clin d’œil ou d’intertextualité… Que ceux qui ont jugé mes pièces « trop intello » ou « trop compliquées » se rassurent, je saurai ménager leur petite intelligence.
              J’ai donc choisi de faire cavalier seul. Mon objectif pédagogique est toujours d’ouvrir les élèves à d’autres cultures et de poser, à travers la scène et le texte des questions qui les touchent de près…
              A suivre dans quelque temps… Il faudra que je commence par changer le nom de ce blog !
 
hpim1107-1.jpg
Cambiare...
 

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