Pour bien se placer sur scène, il faut savoir quand entrer et sortir. Voilà le type de feuille affichée dans les
coulisses afin que tous, comédiens et musiciens, pris sous le feu du trac, retrouvent au plus vite leurs repères !
Acte 1 :
Scène 1 : Le metteur en scène Ronald Mac Donald, a proposé à
sa troupe de venir préparer sa nouvelle pièce dans les lieux mêmes qui l'ont inspiré. Heather (qui va jouer la princesse Fiona) est déjà venue auparavant avec lui repérer le secteur (c'est aussi
à l'occasion de ce déplacement qu'elle a cédé au charme du séducteur, mais personne, à l’exception de Sheumas, ne le sait…). Elle est originaire de cette région du Caithness et elle retrouve en
compagnie de son nouvel amant, le londonien Max, (qui va jouer le rôle de John) les terres de son enfance.
Scène 2 : Sheumas est le complice de Ronald. C'est lui qui
manigance les choses et qui a tout organisé pour que le plan fonctionne : il joue avec les protagonistes de la pièce comme avec des pions. Par téléphone, il fait le point avec Ronald, alors que
les autres membres de la troupe sont tous arrivés dans le secteur et que le ceilidh va avoir lieu dans le pub du Black Cat.
Scène 3 : la scène se passe dans une rue de la petite ville de
Wick. Les trois comédiennes qui ont joué le rôle des sorcières dans Macbeth sont occupées à chercher le pub dans lequel doit se dérouler la première représentation publique
du Ceilidh.
Scène 4 : la comédienne Rebecca, maîtresse attitrée de Ronald et
ex-lady Macbeth est dans un état d'hystérie. Elle soupçonne son amant de la trahir et lui reproche amèrement de ne pas lui avoir confié de rôle dans sa nouvelle pièce. Ronald essaie de l’apaiser
et la rassure en lui rappelant qu'il lui a quand même confié le rôle de la mise en scène et, d’autre part, l’a chargée de dire un extrait d’une tirade de Lady Macbeth, extrait qui le fascine et
dans lequel l’héroïne exprime son tempérament monstrueux. Quand il parvient enfin à l'apaiser, il lui demande de l'aider à réaliser le crime qu'il a prévu : assassiner Heather. Après lui
promet-il, ils seront enfin libres de s’aimer et partiront tous les deux vers l'Argentine
Acte 2 :
Scène 1 : pour tromper l'ennui dans le pub où elles sont
arrivées un peu trop tôt, les sorcières font tourner les verres et invoquent l'esprit de John Sinclair.
Scène 2 : Max et Heather les rejoignent et plaisantent un peu avec
elles. Mais le rire tourne court et les deux amants trouvent que décidément, elles ont trop mauvais goût !
Scène 3 : le « ceilidh » dans le sens de « fest
noz » vient enfin de commencer, Sheumas peut annoncer l'entrée en scène de Ronald Mac Donald qui va présenter sa nouvelle pièce. Il laisse d'abord la parole à Rebecca qui « ouvre la
cérémonie » en récitant la fameuse tirade. A travers un duo lyrique avec Sheumas, elle évoque ensuite le site de la tragédie et invite le spectateur à faire un effort d'imagination pour se
transporter sur la Baie des Sinclair, du côté de Girnigoe et d’Ackergill, environ trois siècles plus tôt.
Scène 4 : John Sinclair est attaché dans le cachot du château. Il
hurle son désespoir.
Scène 5 : le frère cadet de John, Georges, vient agacer son
frère, à la fois par sadisme et par calcul : il cherche toujours à plaire à son père.
Scène 6 : alertés par les cris de John, le Master entre et
encourage son fils à traiter encore plus sévèrement son aîné... Ainsi ce dernier se trouve-t-il purement et simplement autorisé à commettre un fratricide. Enivré par son pouvoir et son ambition,
Georges invoque à son tour les « esprits meurtriers » de Lady Macbeth.
Scène 7 : reniflant la bonne affaire, les sorcières accourent.
Elles concluent un pacte avec Georges et lui promettent le Pouvoir absolu.
Scène 8 : de l'autre côté de la Baie des Sinclair, la princesse
Fiona souffre dans sa tour et exprime son désespoir. Les sorcières viennent la torturer. Excédée et dans un moment d’hallucination, cette dernière finit par se jeter au bas de la falaise et
devenir celle que la légende appelle : « la Green Lady ».
Scène 9 : Georges s'apprête à tuer son frère en lui donnant une
bouteille de whisky pour apaiser sa soif (il l’a auparavant nourri de viande salée…) Mais John, ivre d'alcool et de rage, parvient à le saisir et à l'étouffer avant de se cogner la tête contre
les murs de son cachot.
Scène 10 : les sorcières reviennent triomphantes pour savourer le
plaisir du carnage. Elles se disputent sur les corps étendus. Après une petite altercation avec ses deux comparses, Lou quitte la scène. Suzy finit, elle aussi, par sortir. On entend un cri qui
vient des coulisses : c’est censé être celui de « la Green Lady », c’est en fait celui de Suzy qui vient de découvrir le corps inanimé de Heather. Le scénario du Ceilidh
s’arrête là. La réalité a rattrapé la fiction et le piège prévu par Ronald se referme. Max, assommé par le faux thé glacé que contenait la bouteille de whisky ne peut plus réagir. Sur la scène,
c’est l’affolement…
Épilogue : Sheumas a retrouvé l'embarcation qu'il avait
préparée au bas de Girnigoe. Il amène à son bord Lou et Ronald. Rebecca, qui était venue au rendez-vous fixé par Ronald vient d'être assassinée par les deux amants diaboliques (c'est sans doute
Lou qui a commis le meurtre, on sait que la nature de Ronald est, comme celle de Macbeth, « trop pleine du lait de la tendresse humaine ». Sheumas a desserré le frein à main de la
voiture de Rebecca pour faire croire à un accident. Le brouillard est dense. Le metteur en scène a décidément bien réussi son coup !
The far north of Scotland.
Résumé du "Ceilidh"
Je continue ces jours-ci « la fiche technique » du Ceilidh afin de le rendre le plus clair possible à tous
ceux qui vont travailler avec nous, musiciens mais aussi techniciens avec lesquels je dois voir prochainement la question de l’éclairage, nouveaux lecteurs de ce blog…. Et puis, cette histoire,
avec ses personnages et sa trame à la fois réels et fictifs, avec sa référence à Macbeth et à l’histoire de John Sinclair est un peu « baroque » et il faut un effort de rigueur
pour faire comprendre à l’essentiel. Voici donc un résumé :
Ronald McDonald est
devenu célèbre en Grande-Bretagne depuis qu'il a mis en scène la seule pièce écossaise de Shakespeare Macbeth.
Profitant de ce succès, il vient d’écrire une nouvelle pièce qu'il baptise le Ceilidh. Or, certains des personnages du Ceilidh ressemblent étrangement à ceux
de Macbeth.
Ronald distribue justement les rôles aux
acteurs de la troupe qui ont déjà joué dans Macbeth. Le Ceilidh se passe au XVIIe siècle dans les Highlands d’Écosse, au Caithness. Il relate les événements tragiques liés à la
famille Sinclair : un père, monstre d'ambition et d'orgueil, enferme son fils John dans le cachot de Girnigoe et le torture à mort parce qu’il a osé défier son pouvoir. Il réserve le même sort à
sa fiancée, Fiona qui périt dans la tour d’Ackergill située non loin de Girnigoe. Son fils cadet, Georges, manipule dans l'ombre et cherche à gagner la confiance de son père pour obtenir à son
tour le pouvoir.
Telle est la trame de la pièce imaginée par
Ronald. En même temps, et cela ne se révèle qu'à la fin, elle permet à cet instable de réaliser ses ambitions (changer de vie, abandonner le métier du spectacle, devenir maître d'un immense
domaine en Argentine, épouser la fortune de Lou et se débarrasser de deux maîtresses encombrantes : Heather (qu’il a mise enceinte) et surtout Rebecca, l’intraitable amante, ex-lady
Macbeth.
les sorcières de Macbeth dans tous leurs états
Répétition en toute intimité avec les trois sorcières en ce premier jour de vacances de février. Françoise est disponible le samedi. L’occasion de travailler en profondeur les scènes décapantes
du trio infernal. La qualité de ces trois comédiennes, c’est qu’elles sont très flexibles et qu’elles n’hésitent pas à aller très loin dans le dérisoire. Ainsi, Diana, la plus pocharde des trois
– interprétée par Françoise – est-elle affublée d’un long manteau dans lequel elle va piocher comme en une cartouchière, le feu de fioles de whisky. Elle en joue facilement tout au long de la
scène.
Equipée de sa casquette de rappeur et de son jean large, Angeline met au point son moment de rap. (Sans quoi ce
texte ne pouvait pas passer la rampe !) C’est une véritable chorégraphie qu’il faut ajuster afin de faire fonctionner la machine à haranguer : gestes, doigts, déhanchements, nuques et
chorus, interpellation du public…
« Suzy : (S’en prenant elle aussi à Diana) Yeux jaunes et paupières rouges ! Qu’as-tu fait dans le compartiment du Londres-Edimbourg ?... La clope en
bouche !... (Elle mime la fumeuse) Locomotive à vapeur, une bouffée chasse l’autre ! (Elle mime le train à vapeur) Tchou, tchou !... (Elle s’essuie le
front) La fumée sèche le gosier, la fumée donne soif ! (Elle mime la buveuse) La bière coule le long des bielles de locomotive… (Sur un rythme de plus en plus
accéléré) La bière le long des bielles, la bielle le long des bières, la bière le long des bielles ! »
Dans les jeux de scène, je leur ai demandé d’être par moments un peu commères, façon « joyeuses commères de
Windsor »… Elles se chuchotent des choses à l’oreille, elles ricanent, elles sont malveillantes entre elles et avec les autres. « Gossips ! »
Par ailleurs, le double langage des sorcières est source d’un jeu permanent avec le public, avec le fil de l’action
et avec le groupe des sorcières. Il ne faut pas oublier le fait que, parmi les trois créatures, il y en a une, Lou, qui possède une longueur d’avance. En d’autres termes, elle est, dés la
première scène, en complicité avec le metteur en scène, (Chose que semble avoir deviné la fine Diana, quand elle dit :
« Diana : (Elle s’allume une cigarette)Suzy et moi, on n’y est pour rien ! C’est toi qui as traîné dans la chambre ! Moi, je voulais ressortir tout
de suite ! Mais toi, on se demande toujours pourquoi tu traînes tant quand tu es dans une chambre ! »
Fébrile, elle manigance le meurtre à venir, elle est de plain pied dans le réel… alors que les deux autres sont dans la fiction théâtrale et ne désirent qu’une chose : être en mesure de bien
jouer leur scène dans le Ceilidh…
« Suzy : J’ai l’impression de ne pas être prête. Rien que le fait de jouer aux sorcières, ça me donne le trac ! »
Il y a cependant des moments où Lou se laisse entraîner ou plutôt dirige le jeu des autres : je leur suggère de
faire sentir au spectateur qu’elles ont un pied dans la sorcellerie et un pied dans l’humanité (par la fibre d’une sexualité débridée !) Ainsi, quand, à la fin de la pièce, elles se
disputent les cadavres de John et de Georges (nouveaux Etéocle et Polynice !), Suzy s’attarde à contempler John. Cette sorcière, beaucoup plus jeune et malléable que les autres a un côté
Ondine… Et la blonde Angeline le joue bien… Elle cherche à imposer sa féminité, étouffée par les moments de frénésie passagère de Diana et Lou. C’est notamment le sens de la scène où, après avoir
fait tourner le verre et invoqué l’esprit, elles rivalisent devant l’esprit comme devant un beau mâle :
« (Le verre tourne de plus en plus vigoureusement, ce qui entraîne de comiques gesticulations autour de la table et favorise une scène d’hystérie collective.)
Lou : Hein ?... Hein ?...Esprit es-tu là ? Esprit, es-tu là ?... Hein ?... Hein ?...Esprit calme-toi, j’ai du mal à te suivre !
Diana : (En transe, la bouche en avant, la tête jetée en arrière) Esprit, voilà ma bouche !... Prends ma bouche ! Prends nos bouches !
Suzy, Lou : Prends nos bouches !
(Commence alors une « compétition » du genre burlesque)
Lou : Prends mes bras !
Diana : Prends mon souffle !
Suzy : Prends mes seins !
Lou : (Elle sent manifestement quelque chose et cela se traduit par un geste solennel et grandiloquent) Levez-vous, tempêtes sur la mer ! L’heure de la
tragédie est annoncée ! »
Première visite à Ackergill
Les indications techniques pour le spectacle s’accumulent afin de fournir aux intervenants extérieurs tous les éléments dont ils ont besoin pour trouver leur place. Je propose demain et après
demain un résumé de la pièce et une lecture tabulaire, mais prenons une bouffée d’oxygène côté Caithness en revenant à ma découverte de la fameuse Ackergill….
Dimanche matin. Mon premier dimanche écossais ! La couleur du ciel a changé. Le vent souffle, une pluie fine
qui harcèle. J’avance vers l’entrée d’Ackergill. La petite route qui mène à Castletown est déserte.C’est par un petit sentier qu’on pénètre sous l’allée d’arbres qui mène à la tour. Pas de signe
de vie.
La vieille bâtisse semble abandonnée. Je suis dans la cour. Le silence et les odeurs de varech. Tout est fermé.
Quelques petites fenêtres. Des toiles d’araignées sur les vitres. Je m’écarte du côté d’un vieux jardin sous des arbres un peu spectraux. La terre enfonce sous les pieds. Une végétation folle
court au-dessus des bordures et des dalles. De petites croix en bois, quatre ou cinq ont poussé là, pauvres plantes baroques gorgées d’eau et sans lumière. « To my favourite pet »… Je
ne me rappelle plus les noms des gisants de ce cimetière à chats ou à chiens. Les corneilles fâchées poussent des cris aigus. Les arbres grincent. En peu de temps je suis de plain pied avec
l’atmosphère étrange que je suis venu chercher en Ecosse. (C’était l’un de mes objectifs déclarés de ma mission d’assistanat : traquer les mystères écossais, fantômes, Nessie, fées, lutins…)
Je reviendrai sur tout cela.
Je reprends la direction du château. Sur le côté, un hangar et, tout au fond, un stock d’anciens meubles. Je caresse
le vieux bois, ouvre les tiroirs. Articles de journaux… Pas de lettres, pas de mèches de cheveux ! Pas d’apparition de belle châtelaine enfermée par un sortilège. Même si j’ai 23 ans et même
si je suis réceptif. En tout point digne de cette faveur après tout (je me dirai cela à chaque fois que j’irai au contact du mystère…) On n’est pas dans un conte de Maupassant et je suis un
pauvre picaro !
Mais soudain, un bruit de pas précipités sur le sable : un énorme chien mécanique, massif, court sur pattes,
comme monté sur roulements à billes… L’aboiement résonne sous la voûte du hangar. Un gros caillou qui tombe dans le puits de l’enfer !
La trogne patibulaire passe dans l’encadrement. Flagrant délit de furetage ! Je file sur le côté. Manœuvre
dissuasive : il reste plante là et continue d’aboyer. J’avance vite vers la falaise, saute par-dessus le fil barbelé, le chien à roulettes semble figé dans sa posture. On a jeté les
piles ? Un goéland, scotché sur le ciel gris, passe en grinçant. Bec jaune et pelage rouille. Un sémaphore un peu grippé ! En courant sur le talus, je croise un petit mouton noir avec
une bouille de rosace, et un gros mouton avec une face de bas-relief. Il a le granit de la falaise sur la tronche celui-là et l’écume de la mer dans la laine. Lui aussi manque de ressort. Là-bas,
de l’autre côté de la Baie, les chevaux de la mer déferlent sur Girnigoe. J’ai pris mes jambes à mon cou, et je galope à perdre haleine vers cette embarcation dont je connais déjà le refuge.
ceilidh au lycée : le spectacle en live
Le spectacle prend du relief. Il s’agissait en effet, lors de notre rencontre avec Arlette, de faire le point sur la
participation des musiciens et surtout de prévoir les entrées et sorties de façon à rendre plus naturelle leur présence. Effectuer un travail de direction d’acteur en quelque sorte, même si cela
est bien ambitieux dans la mesure où on n'a pas le temps de travailler suffisamment ensemble. Dans le Tennessee club, mis au point au dernier moment, cela ne s'était pas si mal passé, même
si certains des musiciens avaient avoué qu'ils se sentaient un petit peu mal sur la scène lorsqu'ils ne jouaient pas. Je développe le plus précisément possible l’article qui suit car je vais en
tirer le support distribué à chacun afin qu’il s’y retrouve plus aisément quand il va monter sur scène ! A la demande d’Arlette, je prévois également, pour les musiciens, une
« lecture tabulaire » de la pièce afin d’aider à une compréhension immédiate de ce qui se joue sur scène. (Publié prochainement dans ce blog)
Première bonne nouvelle, nous aurons sans doute un joueur de cornemuse au début, pour planter le décor,
sur le fond des premières diapositives, il jouera sans doute un air mélancolique du type de celui qu’Alastair Mac Donald met sur la chanson : « Floo’ers o’ the forest ». Nous
disposons d'un projecteur qui sera placé juste en dessous de la scène. Nous allons donc refaire une série de photos numériques, spécialement pour le spectacle lors de notre passage à Girnigoe,
fin avril prochain.
Autre détail important pour la suggestion de l'atmosphère : il y aura, côté jardin, une grande
harpe pour suggérer l’ambiance surnaturelle. Côté cour, la table d'échecs, pour suggérer l’ambiance machiavélique.
Acte 1 : avant la scène un, le synthétiseur, la flûte et le violon
sont en place pour le premier morceau : Donnie Munroe, « Calum Sgaire ». À la faveur d'un premier noir en fin de scène pour suggérer le changement de lieu (on passe du bord de la
falaise à l'hôtel), le premier groupe de musiciens sort pendant que rentre le suivant : synthétiseur, guitare, clarinette, violon, chant.
Lorsque Sheumas s'installe, je dis mon premier texte en gaélique puis les musiciens enchaînent sur le Run Rig : « Pog aon oidhche earraich ». Arlette était radieuse de m'annoncer
que, malgré la difficulté de la langue, la chanteuse sera en mesure d'interpréter le texte.
Suite à la scène deux, nouveau noir pour se transférer dans la rue avec les sorcières : elles seront à chaque fois associées à des musiciens. Elles en joueront comme d’accessoires de la
sarabande qu'elles mènent constamment sur la scène. Ainsi, se met en place le groupe clavier, synthétiseur, guitare pour le premier morceau emprunté à l'album de
la gothique Mylène Farmer : « avant que l'ombre ».
La scène quatre se joue à nouveau devant le château : il y a donc un noir. Pendant ce noir, un morceau de composition au synthétiseur crée une ambiance Hitchcock. La scène
terrible de Rebecca et de Ronald peut alors commencer. Le seul élément musical qui sera associé à ce long passage sera celui du jambé. La fin de la scène et de l'acte retrouve la
musique Hitchcock qui permet en même temps d'assurer le passage à l’acte 2.
Acte 2 : Se met en place, parallèlement, côté cour (à droite pour le public), un groupe violon, violoncelle, accordéon, guitare.
Côté jardin, un accordéon chromatique. La scène un est en effet très musicale : un air mélancolique de Silly Wizard, « Bridget o’Malley » assure l'entrée dans le pub :
c'est le moment où l'on voit les sorcières essayer de faire tourner les verres. Lou s’impatiente et invoque ses origines : « la danse argentine qui me remonte l'échine de la
mémoire ! ». C'est là qu’elle décide de s’exhiber et qu'elle va chercher l'accordéoniste pour un moment de tango. « Gottam Project » L'ambiance monte très vite par le biais de
cette séquence torride. L'excitation des sorcières est à son comble (c'est la scène du poulet qui vole !), ce qui permet aux musiciens d’affecter une sorte d'épouvante et de déguerpir, alors
que Heather et Max, eux-mêmes interloqués, avancent avec précaution vers le cercle des sorcières.
Lorsque la scène deux s'achève, Diana propose « On va danser ? » et elle va chercher tout naturellement le groupe guitare piano et chanteuse pour la chorégraphie
claquettes sur « Di ni mi » de Run Rig. Un « ceilidh » digne de ce nom a vraiment commencé, musique, danse, texte en gaélique (je ferai mon apparition en kilt à ce moment) et
pendant ce temps, s'installe, dès la sortie du groupe des musiciens, le violoncelle et la chanteuse côté cour, de la harpiste côté jardin. Quand Ronald a fini de
présenter le cadre de cette histoire, le morceau de Clannad : « fairy queen » peut-être interprété. Il y a un noir qui leur permettra de disparaître et de laisser la place au passé
: nous sommes au XVIIe siècle, c'est l'histoire de John Sinclair qui commence.
Pas de musiciens jusqu'à la fin de la scène six lorsque Georges invoque les « démons de la nuit » : à ce moment, dans cette espèce de nuit de Walpurgis, la cohorte des sorcières et des
musiciens : chant, batterie, pour le second morceau de Mylène Farmer et le ballet de claquettes sur « Fuck them all ».
La scène 7 est sur cette énergie, la nuit de Walpurgis se referme comme elle est venue avec un noir et peut-être des effets de strombinoscope, ce qui permettra au groupe harpe
flûte de se mettre en place pour la scène où l'on voit la future « green lady » exprimer son désespoir. C'est en effet au moment où elle se jette dans le vide qu’est interprété
le morceau de Clannad : « Theme from Harris Game ».
Nouveau noir qui nous amène à la scène 9, seul où l'on voit mourir Georges puis John. Tant de sang attire à nouveau la sarabande des sorcières avec la cohorte des musiciens : côté cour, le
groupe accordéon guitare clarinette, côté jardin le groupe accordéon, synthétiseur, flûte.
Ainsi les derniers musiciens sont en place pour les derniers morceaux : ceux de l'épilogue, Silly Wizard, « The fisherman lament » dont l'air mélancolique accompagne le geste de
Sheumas, occupé à ramer et à amener Ronald et Lou sur le rivage des Iles orcades. Enfin, sur les dernières paroles de Lou, commence l’air du même Silly Wizard : « Hame », dont je
dirai le texte, en vieil écossais bien roulé.