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Ambiance entre jeunes

Publié le par Eric Bertrand

« (…) Salvatore : tu es vraiment génial, Gigi ! Ces trois crâneuses nous courent après depuis six mois… Et devant tout le monde, elles font semblant de se moquer de nous… Chiche, on leur met le dos au mur ! (…) »
 
              Valentina, Stella, Marinella… ils sont tous regroupés entre les deux places de la ville par bandes de filles et de garçons en cette période de semaine sainte (si importante dans une Sicile très pratiquante) qui permet aux jeunes qui font leurs études à Messine, Palerme, plus loin, jusqu’à Milan, de revenir au pays. Dans les rues, les rues et les églises, des enfants chantent des chansons pieuses et préparent des processions (je consacre un article prochain à la procession).
              Les filles complotent en secret par groupes, le coude sur le parapet qui surplombe la mer, Joconde au sourire niaisement énigmatique, au portable à la ceinture, un coin de ventre pendant comme un gros lobe d’oreille avec ou sans piercing. Les garçons télépathent. L’œil coule sur le nombril. Ils décrochent le portable et parlent avec de grands gestes, à cheval sur la selle de leur vespa ou avachis sur les sièges.
              Les mots éclaboussent. Les syllabes en italien, à la différence du français, font porter les accents sur des zones acoustiques qui varient selon la longueur du mot. Cela donne un plaisant effet de ricochet, souligné par la paresse lascive de la voix : casa, Santo Stefano, ragazza, bella giornata…Quand vous passez auprès des groupes de jeunes particulièrement volubiles en fin de journée, cela donne un effet savoureux de roucoulement. D’autant qu’ils et elles s’étonnent facilement de ces Français en tenue légère alors qu’ils portent encore des blousons et des pulls sous le beau soleil printanier.
Dove sono le ragazze, dove sono i ragazzi ?
 

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Répétition du 17.04 (2/2) : réaction dans le public

Publié le par Eric Bertrand

             Quand approche le moment du spectacle, on voit passer des gens intéressés par « ce qui se cache derrière le rideau »… Si le blog en est un coin levé, la salle de répétition en est un autre et je publie ce matin le point de vue de l’une des spectatrices venues là avec son petit garçon de cinq ans. Ce genre de point de vue est toujours stimulant pour l’ensemble de la troupe.

              « C'était vraiment sympa d'assister hier à une partie de répétition, même si je n'ai pas pu rester jusqu'au bout car cela aurait fait trop tard pour Eol. Il était fatigué depuis un moment mais il ne voulait pas partir. Il me répondait à chaque fois : "Non, c'est pas fini !". Il a vraiment apprécié. Je ne regrette pas de l'avoir emmené car non seulement il a été très sage comme il me l'avait promis, mais en plus la répétition l'a beaucoup intéressé. Et il a adoré les passages musicaux. Au moment où nous sortions, il m'a dit "c'était très très bien". Je pense qu'il aura envie de revenir. Tout ceci me fait encore davantage regretter - égoïstement car c'est tellement génial pour vous - que vous partiez l'an prochain. J'aurais aimé avoir davantage l'occasion d'approcher cet atelier d'expression artistique. Et je pense que le fait d'assister à quelques répétitions aurait contribué à forger chez Eol - et plus tard chez Louarn - un goût pour l'expression (...)"

 

Un po di sogno sul teatro...

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Répétition du 17.04 (1/2) : le temps des musiciens

Publié le par Eric Bertrand

Comme je l’ai annoncé depuis la reprise, je vais interrompre périodiquement ce reportage sicilien pour continuer de donner des indications sur la progression de la mise en scène.
              Mardi soir, dans une ambiance sympathique de retrouvailles, (et puis de visiteurs présents dans la salle) première répétition avec une partie des musiciens. (Mandoline, accordéon, guitare, batterie, piano, chanteurs…) Une large place leur était donnée car la plupart d’entre eux sont impliqués dans d’autres activités et ne se consacrent au spectacle que très tard. Ils découvrent donc la réalité de la scène, même s’ils ont entre les mains le texte que leur a soigneusement confié Arlette qui les dirige avec beaucoup de maestria. Place aux musiciens donc, qui ont essayé des accords, interprété des morceaux, souligné des passages avec brio ou hésitation selon les cas. Il ne s’agit que d’une première.
              En ce qui concerne les comédiens, j’ai déjà cette impression (qu’on ressent quand on laisse des élèves s’en aller vers leur examen), que les jeux sont faits, que c’est désormais à eux de trouver les dernières ressources, intuitions, coups de génie… Du reste, même s’ils n’ont pas eu le temps de jouer beaucoup de scènes, j’ai trouvé qu’il y avait du progrès chez chacun d’eux. On voit que les vacances ont porté leurs fruits.
              Je leur propose de trouver une autre date pour essayer de retravailler en finesse entre nous, mais ce n’est pas évident de « sinuer » à travers toute cette période marquée par des jours fériés et des ponts. Ce blog s’efforcera de donner encore quelques dernières pistes pour le jeu (j’ai notamment dans mes « reportages siciliens » prévu un article sur « la gestuelle »…) En tout cas, mardi prochain, rendez-vous est pris avec la presse à l’occasion de la deuxième.
 
la_mandoline_2.jpg
 
Musica siciliana...
 

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Circulation à Messine

Publié le par Eric Bertrand

Première répétition avec une partie des musiciens hier soir. J’y reviens prochainement. Continuons notre reportage sicilien…
              Gaetano le constate, la circulation en ville est un enfer. Les gens passent au rouge, klaxonnent si tu marques l’arrêt, descendent de leur voiture en plein milieu du trafic pour passer dans un magasin, s’acheter une pizza, un paquet de cigarettes, un journal… Créent un embouteillage monstre, imposent la loi d’un geste obscène et attirent une averse de coups de klaxon, de doigts levés en phallus.
              La circulation reprend, comme en suspension magique, jusqu’au prochain feu rouge. Et les marchands de fruits, de légumes, de chaises, de fauteuils relax, de canapés et divans étalent la marchandise tout au long du périphérique des fois qu’un conducteur fatigué ait envie de s’arrêter cinq minutes pour aller manger une orange, croquer dans un fruit, se détendre les jambes ou reposer le moteur de la 500.
 
« (…) Francesca : (Elle jette un à un les morceaux d’écorce qu’elle a accumulés à côté d’elle. Elle se laisse griser) Regarde ce que je fais de mon orange ! « Orange sanguine ! », note bien le détail ! J’enlève l’écorce. Je la découpe en petits bouts et je prépare plein de petits bateaux ! Du zeste de bateaux !... Une vieille recette…Voilà toute une flottille de dériveurs à la voile colorée ! Et hop, je les lance au fil de l’eau, je les vois partir et j’invente les histoires que je raconte le soir, aux enfants du village (…) »
 
C'é un posto per ognuno nel trafico !

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Ambiance italienne

Publié le par Eric Bertrand

Extrait du chapitre 2 de la version narrative : « (…) Vespas, Fiat 500, bicyclettes blanches, Saint Christophe sur le guidon, baladeurs, sonneries de téléphones cellulaires, voix nasillardes, chaînes d’or aux cous, poignets, chevilles, pantalons de flanelle légers, bermudas, jupes virevoltantes, hauts talons, lunettes de soleil éclatantes, on s’embrasse, on s’arrête au bar, «Due gelati ! », « Due caffé », « Due granità », « Due brioche con gelato »[1]. En Sicile, on est vite dans l’ambiance comme en témoigne l’un des premiers chapitres du livre…
 
              L’un des objectifs déclarés du spectacle et en même temps du roman qui précède la version théâtrale, c’est de recréer pour le lecteur l’ambiance si particulière de cette île du sud de l’Italie. Je vais donc consacrer l’article d’aujourd’hui à l’évocation des premières impressions fortes que ressent le voyageur qui se trouve entraîné dans un flux de circulation un peu dépaysant…
              Arrivée sous un beau soleil rose qui plonge derrière la montagne à la sortie de Palerme. De grandes fleurs jaunes font bouquet de feux d’artifice, figues de barbarie, palmiers de toutes espèces, citrons et oranges aux arbres, oliviers, ficus, magnolias, coquelicots, variétés généreuses de mimosas… mais prudence, prends garde à l’émerveillement et au sentimentalisme quand tu es au volant !
              Anarchie sur la route. Vieilles guimbardes à trois roues remplies de fruits, de légumes, de poissons, Fiat 500 sans rétros s’infiltrant dans le trafic à force de queues de poissons, motos, vespas, conducteurs décontractés, « cellulario » dans une main, cigarette dans l’autre, parlant malgré tout avec les mains… On double à droite, on klaxonne de tous les côtés, parfois un cheval miteux qui se débine et s’engage dans une petite rue…
              Avec Gaetano qui est l’un des amis que nous retrouvons à Santo Stefano, nous évoquons dès le premier soir le problème du trafic en Italie… On y revient demain.


[1] « Due gelati ! », « Due caffé », « Due granità », « Due brioche con gelato » : « deux glaces ! », « deux cafés ! », « deux granites ! », « deux brioches avec glace ! » (spécialités siciliennes)
Ciao Salvatore, ciao Gigi, ciao Tiziana, ciao Lauredana, ciao Ornella...

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