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livres

« Le Sourire étrusque » de José Luis Sampedro

Publié le par Eric Bertrand

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                   Fumer une cigarette devant la maison, manger de l’oignon et du pain bis pour le petit déjeûner, rentrer à pied chez soi, dormir avec ses enfants, trasmettre soi-même le message transmis plutôt que de chercher d’improbables infos dans les livres, regarder la neige rester blanche, manger des nourritures d’hommes, s’asseoir dans des fauteuils durs... Tels sont quelques uns des repères de ce personnage du « nonno » qui arrive de Calabre chez son fils et qui ne retrouve rien dans la ville de Milan où il doit lutter contre le cancer qui le ronge. Il appelle sa maladie la « rusca »...

                   Le combat est perdu d’avance, mais le grand-père a le temps de manifester ses convictions et d’imposer son style de vie et de fonctionnement a son entourage. Il développe en même temps une relation privilégiée avec son petit fils, Bruno, (pseudo que lui avaient donné, au temps du maquis, ses camarades partisans). Bruno est âgé d’à peine un an mais le grand-père voudrait lui transmettre, dans cette dernière ligne courbe de la vie, un peu de cet essentiel que les gens des grandes villes ont oublié depuis longtemps...

                   Même s’il reste peu de temps, cette durée intense et assumée permet au vieillard d’accéder à la plénitude qu’exprime « le sourire étrusque », œuvre d’art qui ouvre et referme le roman et qui invite le lecteur à comprendre l’ouvrage au-delà des lignes et des mots... L’ouvrage est émouvant, d’autant plus émouvant quand on a eu un grand-père italien excentrique, lui aussi mort de la « rusca »...  Cf : « Aimer la vie » dans les Nouvelles pour l’été

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"Je vais bien, ne t’en fais pas", le livre...

Publié le par Eric Bertrand

                      J’avais tellement aimé le film que je me suis procuré le roman d'Olivier Adam... Pour une fois, j’ai été déçu par la version littéraire. Toute la force du scénario se dilue dans une écriture qui ne satisfait pas et des analyses qui laissent le lecteur sur sa fin. Dans le film, certains épisodes sont forts, dramatiques, émouvants... Ils se perdent ou s’évanouissent dans le roman.

                      Pas d’hôpital pour Lily (qui s’appelle Claire), à peine un début d’anorexie, pas de relation amoureuse (en revanche des aventures d’un soir du genre plutôt raccoleur d’ailleurs), pas d’approfondissement de la psychologie des parents ou du père (si bouleversant dans le film), pas de véritable dénouement ni même de « chute », cette chute qui causait une secousse au spectateur...

                      Bref, j’avais pensé (pour changer de registre) le faire étudier éventuellement à des élèves de collège, c’est raté ! Je me contenterai du film, à revoir avec plaisir, quoi qu’il en soit.

 

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"La mort du roi Tsongor" de Laurent Gaudé

Publié le par Eric Bertrand

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               Toute la ville de Massaba vibre de l’annonce du mariage de la fille du roi Tsongor, Samilia, qui doit avoir lieu le lendemain avec Kouame, le prince des terres du Sel. Mais le ciel se couvre car revient Sango Kerim, celui à qui la princesse avait promis, alors qu’ils étaient enfants, de lui donner sa main. Il a couru le monde et est venu réclamer son dû.

               Pour éviter le conflit entre les deux hommes, Tsongor demande à Souba, son fils cadet, de parcourir le monde et de lui édifier sept tombeaux. A ce moment seulement son âme sera libérée, et cessera d’errer en attente de l’apaisement de la mort. Pour l’heure, il confie à son fidèle Katabolonga la mission de l’aider à mourir afin que le deuil protège le royaume. Mais rien n’y fait et les deux rivaux se lancent dans une guerre sanglante que même ne peut arrêter.

               Le roman fait alors défiler des silhouettes effrayantes qui jouent le jeu de la dissuasion avant de se livrer aux pires atrocités, chacune des tribus ayant ses propres rituels d’exécution de l’adversaire. La guerre s’enlise et semble ne jamais devoir se terminer, Masssaba tient toujours et Sango Kerim persiste. Samilia décide alors de se donner à Sango Kerim pour honorer sa promesse et mettre un terme au massacre. Stratégie vaine... Le guerrier ne veut en aucun cas abandonner la ville, au contraire, il souhaite la lui offrir plutôt que de faire d’elle une errante.

                  La guerre continue donc et finit par lasser Kouame qui, sentant la fin venir, vient réclamer une nuit d’amour à Samilia. Samilia la lui accorde car, au fond d’elle, elle sait très bien que c’est lui qu’elle aime. Ragaillardi par le feu de ce corps, Kouame reprend la guerre avec un acharnement redoublé. Samilia qui s’en va... Dans son errance, elle s’écarte du champ de mort et reste, avec son frère cadet Souba, la dernière mémoire du roi Tsongor.

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Un avis sur « le Ponton »

Publié le par Eric Bertrand

Périodiquement, je donne à lire aux lecteurs de ce blog, avec l’accord des intéressés, les avis que je reçois concernant mes livres, toujours soucieux de proposer ainsi un éclairage différent sur ce que j’ai déjà écrit. Merci à son auteur ! Ces retours m’intéressent toujours !

 

J'ai fini " le ponton"

J'ai trouvé ce livre léger et rafraîchissant comme un soda glacé et pétillant bu à la terrasse ombragée d'un café un jour de grosse chaleur...Ce roman est baigné du soleil de Sicile, gorgé des couleurs de cette île qui t'est si chère (on est allé en Sicile il y a 4/5 ans et les noms que tu cites : Cefalu, Agrigante, Taormine résonnaient à mes oreilles comme de beaux souvenirs!) Tu décris bien l'atmosphère ce ces lieux, leur gaieté, la douceur d'y vivre.

J'aime bien les personnages hauts en couleurs (les 2 femmes, les jeunes) et le regard tendre que tu poses sur eux, les dialogues souvent amusants, la jolie légende du début, la description des ressentis et des émotions (féminines pour certaines et bien vues!) la "confrontation " joyeuse entre ces 2 générations. C'est une chouette idée d'avoir fait de ce ponton estival le "théâtre" de tous ces évènements!

J'ai passé un agréable moment à le lire, un avant-goût de vacances. J'attends ton futur livre (celui-ci je l'aurai vu grandir dans ta tête!) avec impatience!

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Retournements de la Fortune

Publié le par Eric Bertrand


La route, la poussière et le sable.Les Etats Unis. par Golgot38
  

La scène se déroule sur le sol américain, à l’issue d’une malencontreuse mésaventure. Dans le contexte actuel, elle prend une résonance particulière...

 

          « Devant nous, un groupe de prisonniers enchainés les uns aux autres passèrent lourdement : ils portaient tous un même uniforme et, sur le dos de la veste brune qui les assimilait les uns aux autres était inscrit, à la façon d’un matricule, le nom de l’établissement en lettres capitales : ORLEANS PARISH PRISON. (...) Au bout de quelques secondes, je n’avais plus rien que ma chemise défaite. Un employé s’approcha de moi et me riva au poignet un bracelet rouge vif avec un numéro de matricule et un nom d’emprunt : « Alix Birtram ». Sans aucun artifice de fiction, j’étais devenu, grâce à l’intervention de la police de la Nouvelle Orléans, un drôle de personnage transitoire, sans âme et sans dignité, répondant au nom d’Alix Birtram. Le numéro de cet individu précédait, dans les registres de la prison, celui du dit Bastel Verstex (...)

          Ils avancèrent, abasourdis dans leur cellule et s’effondrèrent, chacun sur un banc étroit et glauque où couraient des cafards et des punaises. Birtram en écrasa une, de rage : une odeur nauséabonde se répandit aussitôt (...) Dans les cellules voisines, des hurlements s’élevaient par intermittences, et les clés des geôliers faisaient l’unique tic-tac de la nuit (...)

          Vers la fin de l’après-midi, un cliquetis dans la serrure secoua la torpeur des prisonniers. Verstex et Birtram furent amenés jusqu’à une grande pièce située en sous-sol D’autres individus piétinaient là, dans l’obscurité, dans l’attente d’un jugement (...). »

 

Extrait de la Route, la Poussière et le sable

 

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