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livres

Mille six cent ventres de Luc Lang

Publié le par Eric Bertrand

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             La perspective de la conférence à venir a eu notamment le mérite de m’amener ces dernières semaines à intensifier mes lectures et à en choisir certaines aux dépens d’autres pour les présenter aux lecteurs. Dans le cadre d’un retour sur les œuvres sélectionnées ou primées au Goncourt des lycéens, j’avais dans les rayons de ma bibliothèque un roman qui avait eu le prix en 1998, celui de Luc Lang intitulé Mille six cent ventres.

              L’idée du roman est intéressante : l’intrigue se noue sur fond de révolte de prisonniers dans la prison de Strangeways en Angleterre à l’époque de Margaret Thatcher. Le narrateur, un certain Henry Blain, est le cuisinier de cet établissement pénitentiaire et il dirige dans son « orchestre » les mille six cent ventres des prisonniers qu’il prend plaisir à malmener. Le personnage est en effet un individu mal intentionné qui se sent pousser des ailes parce qu’il a ce pouvoir burlesque de commander aux aérophages. Mais ce n’est même pas drôle !  

               A ce défaut de Blain s’en ajoutent bien des autres, notamment celui de la vénalité. Comme l’actualité se saisit de l’affaire, les journalistes trouvent que la maison du cuisinier offre un parfait point de vue pour leurs reportages sur la prison. Ils y peuvent accéder moyennant paiement. Le cuisinier triple aisément son salaire dans ces conditions.

              Mais notre homme est également un dangereux pervers sexuel à l’affut des femmes qui passent à sa portée. Et c’est là que le bât (résille !) blesse... Le roman se vautre un peu facilement dans la fange du sexe et de la pornographie et finit par saturer le lecteur à force de scènes de bacchanales obscènes et priapiques. Le cuisinier amateur de tragédies de Shakespeare a déjà assassiné (assaisonné) trois personnes et les a enterrées dans son jardin. Il en exécute une quatrième, une certaine Louise, quinquagénaire qu’il déflore et à qui il donne vite le goût de l’érotomanie. Montée sur ses grands chevaux, l’amazone hennissante en veut toujours plus et en vient à lui demander de l’étrangler un peu, pour accentuer son plaisir (elle a lu ça dans un magazine sur la sexualité au Japon). Avec cet homme-là, c’est tenter le diable !

                Evidemment, Henry Blain finit par être soupçonné et les fantômes de ses victimes, comme à la fin de Macbeth, viennent le hanter... C’est une pauvre référence qui nourrit maladroitement le dénouement et qui laisse au lecteur une impression de débauche d’effets purement gratuits et finalement grotesques.

 

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Les Vice-rois de Gérard de Cortanze (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

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                    C’est dans ce contexte de passion que Roberto rencontre Diodata, poétesse sulfureuse et elle aussi pilote de voitures écervelée. Au fil des victoires cette silhouette l’accompagne jusqu’à devenir la femme pour laquelle il décide de vivre. Rien ne doit passer avant le bonheur de l’amour. C’est le message que lui transmet, avant de mourir, le vieil Ercole Tomasso qui lui confie avoir regretté toute sa vie son seul amour, la Sarde Tessa. Le livre accomplit ainsi une boucle et permet au lecteur de retrouver, après 600 pages, comme un écho des premières pages.

                    C’est l’un des charmes de cet ouvrage qui fait parcourir deux époques et permet, à travers l’esprit de deux aristocrates atypiques, de sonder le temps des chemises rouges de Garibaldi puis celui des chemises noires de Mussolini. Au fil de l’Histoire et des événements économiques et politiques, le château et les terres de Cortanze, si chères au cœur du père et du fils deviennent des lieux fantômes habités de souvenirs et soumis à la convoitise des nouveaux riches. Par mains côtés, « les Vice-rois » rappelle « le Guépard » de Lampedusa.

 

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Les Vice-rois de Gérard de Cortanze (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

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                  Un roman saga qui met en lumière les membres d’une même famille. D’abord Ercole Tommaso, envoyé en mission en Sardaigne au nom de l’unité italienne. Ercole est un homme raffiné, de la caste des aristocrates. Il est aussi un homme de guerre, fin stratège plongé dans les tourments de son pays. Cet homme est un célibataire endurci qui connaît des femmes au charme particulier : Tessa, opposante politique en Sardaigne puis Luisa qui lui donne un fils, Roberto. La silhouette de Tessa, la Sarde, m’a particulièrement plu car elle évoque pour moi ces figures siciliennes qu’on trouve dans « le Ponton » et les contes de Pirandello.

                   L’histoire s’intéresse au fils d’Ercole Tommasso qui devient mécanicien et pilote automobiles et qui acquiert son surnom de « vice-roi » pour le caractère chevaleresque de ses victoires. Le père et le fils ne partagent pourtant pas les mêmes valeurs d’autant que le sport automobile est dangereux et que chaque course cause un drame. (A suivre)

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Article à propos d’histoire des arts.

Publié le par Eric Bertrand

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                 J’avais annoncé en août me semble-t-il la « commande » par « les Cahiers pédagogiques »  d’un article au sujet de l’histoire des arts. L’article était envoyé et « l’affaire » suivait son cours.

                 Je viens de recevoir un courrier m’indiquant que les choses se précisaient et que, comme l’exige la logique d’une publication collective, il fallait « recalibrer ». Non seulement « recalibrer » mais, à l’examen, réactualiser l’article car depuis le mois d’aoüt, étant donné que je m’y exprime au sujet du projet « théâtre », beaucoup d’éléments sont à ajouter !

                       Cette évidence marquera aussi une nette différence par rapport à l'article paru dans l'ouvrage ci-dessus.

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René Frégni tel qu’en lui-même (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

                    Quand j’ai parlé de sa fille avec René, Marilou avait sept ans. La sihouette de cette fille unique, protégée, tendrement aimée revient régulièrement dans ses ouvrages.

                     L’interview que je publie est d’ailleurs en lien avec un autre ouvrage : « On ne s’endort jamais seul »  (après « Elle danse dans le noir » évoqué hier). J’ai étudié en seconde ce livre, plus abordable me semble-t-il par de plus jeunes élèves (même s’il reste très sombre et plonge dans les méandres de l’humanité). Il y décrit le rapt d’une petite fille dans une école de Marseille et la quête déchainée du père qui finit par la retrouver dans des conditions invraisemblables.

                      Il s’agit donc bien d’un roman : (personne n’a jamais enlevé Marilou !) mais le narrateur ressemble trait pour trait à l’auteur qui n’a fait que se projeter, lui et son entourage, dans un scénario redouté. Derrière son narrateur, l’écrivain entraîne le lecteur  dans une fiction vertigineuse. Et pourtant le réel n’est pas loin. L’ouvrage rencontre tout l’univers de René, les truands qu’il connait, qu’il aime (ceux qu’il a aidés pendant ses ateliers d’écriture en prison) et les autres, ceux qu’il redoute... On se promène dans un Marseille à la fois attachant et inquiétant, rempli de soleil, d’ombre et de saveurs provençales.

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