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Dettes à Souchon : l’article du mois

Publié le par Eric Bertrand



             C’est toujours subjectif, et je laisse au lecteur le soin d’en décider ! Je ne fais que proposer afin de remettre en ligne l’un de ces articles qui émaillent le blog au jour le jour : il s’agit de celui paru en deux parties les 2 et 3 décembre consacré à l’influence des chansons de Souchon..

 

Cette année est importante. Sortent des disques événements pour moi… Julien Clerc comme Souchon ne sortent pas des disques tous les ans. Avez-vous entendu "Ecoutez d'où ma peine vient" ou "parachute doré"?

           Dans mon panthéon musical, ils partagent la même faveur.

           Pas de la même façon. Ce qui m’a toujours séduit chez Souchon, c’est la tonalité et la ciselure des textes. Le regard sur le monde également… Et les mélodies un peu désabusées, entraînantes cependant, les « Foules sentimentales », « Si le ciel était vide » et autres « Rive gauche à Paris ». Je partage des inquiétudes qui sont celles du chanteur et les mêmes élans souvent brisés. Mieux, je trouve chez lui une résonnance littéraire, des côtés Flaubert, et une démarche un peu proustienne qui a suscité mon livre : écoutons Souchon pour commencer :

 

Des villas des mimosas

Au fond de la baie de Somme

La famille sur les transats

Le pommier les pommes

Je regardais la mer qui brille dans l’été parfait

Dans l’eau se baignaient des jeunes filles qui m’attiraient

Les promenades le long des dunes en voiture

Pendant qu’elles regardaient en haut la lune pure

Je mettais dans mes mains leurs doigts et j’étais le roi

Comme dans les chansons d’amour d’autrefois.

Tous ces petits moments magiques de notre existence

Qu’on met dans des sacs plastiques et puis qu’on balance

Tout ce gaspi de nos cœurs qui battent

Tous ces morceaux de nous qui partent

Y’en avait plein le réservoir au départ.

 

           Quand j’ai écrit « Pour y voir Clerc », dans ma peinture des années 72-75, j’ai oublié d’évoquer « l’Amour 1830 », une des premières de Souchon. Tout a commencé là !

           C’était ma période Alfred de Musset et Chopin, « Toi aussi t’en as rêvé des cornemuses »… Et puis il y a eu « bidon », « la balade de Jim », « les nouvelles pour dames de Saumerset Maugham », « de quoi j’ai l’air avec mes détails, mes haltères… ». En présence des filles, les autres mecs me filaient toujours des complexes… « Il a déboulé dans l'soir en disant: "Mes malles sont encore au port", moi j’étais largué, classé, elle était bouche bée, et lui c’était Robert Taylor »… La silhouette désarmante des filles, les "caterpillars" comme il dit...  Hymne permanent à l’élégance, bien au-dessus des « jupes des filles » ! « La beauté d’Ava Gardner »… « J’suis mal dans ma peau, en cow-boy très beau… ».

            Les chansons de Souchon offrent un cinéma à bon marché et tout est tellement cinématographique dans la plupart de ses textes… « Vendeuse de glaces, boulevard de la plage, sous sa bâche elle était belle »… Tailler la zone, Robert Zimmerman, l’ambiance Bugatti, sur les banquettes de molesquine des Limousines, « J'aime les regretteurs d'hier, qui trouvent que tout c'qu'on gagne, on l'perd, les fumées dans les chemins de fer, la beauté d’Ava Gardner »

            Souchon repasse les années comme sur une bande super 8 : « écoutez l'histoire entre Trouville et Dinard »…  Le passé tremble, le présent se crispe : « Moi aussi j’en ai  rêvé des rêves tant pis, tu la voyais grande et c’est une toute petite vie, Tu la voyais pas comme ça l’histoire, Toi  t’étais tempête et rocher noir, Mais qui t’a cassé ta boule de cristal, cassé tes envies rendu banal… Mais qui t’a rangé à plat dans ce tiroir, comme un espadon dans une baignoire … c’est pas toi qui y’es, dans le bagad de Lann Bihouë ».

            C’est au bout du compte des pages de la vie de chacun qui s’écrivent et s’écoutent à travers plus de trente ans des chansons de Souchon. Si nos vies se déploient au-dessus de nous comme les ramures d’un arbre, à chacun de retrouver sa souche !

          

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Retour de vacances et perspectives

Publié le par Eric Bertrand

               Et d’abord meilleurs vœux à vous tous lecteurs de ce blog ! La pause des vacances de Noël s’achève et je reprends ce matin la main sur l’ouvrage. J’ai cependant rédigé un certain nombre d’articles mis en veilleuse pour les jours à venir…

               De quoi les articles traiteront-ils précisément dans les jours à venir ? Après l’article du mois et les deux articles promis avant les vacances, il sera question de livres, de bilans, de cadeaux, de course à pied, d’auteurs, de rencontres, de chansons…

               Alors, ne perdons pas de temps ! A demain !

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Pause de Noël

Publié le par Eric Bertrand

Avec les vacances scolaires, s’amorce le moment rituel du retour aux sources. Nous prenons la route ce matin même et, de ce fait, pause dans ce blog, le temps de changer d’air et de goûter l’espace de respiration qu’accorde ce temps précieux.

           Profitez-en bien vous aussi cher (e) lecteur et rendez-vous au tournant de cette année ! (Titres des articles à venir : « J’irai dormir à Hollywood » et « De la poésie à l’urinoir »)


 

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Cavalcade pour Simenon

Publié le par Eric Bertrand

         Mardi dernier a eu lieu notre sortie IDD qui devait couronner le travail autour du roman de Simenon, « le Voyageur de La Toussaint ». Froid vif, 28 élèves de quatrièmes, quatre collègues ayant tous planché sur l’ouvrage afin d’entraîner la joyeuse équipe sur les pas des personnages de la fiction.

         Les préparatifs de l’opération étant fixées entre 9 et 10h00, pointage, consignes, réfectoire, chargement des sacs à dos, bus de ville, nous débarquons au parc des Esplanades. Une voiture est sur place avec le reste de la logistique. Les élèves sont aussitôt répartis par groupes de 7 : ils doivent réaliser leur parcours à travers les rues de La Rochelle et passer aux cinq points fixes indiqués sur 5 cartes qui leur seront remises au fur et à mesure. A chacun de ces points, un commerçant muni d’un poinçon qu’on lui a remis la veille, valide leur passage. Ils doivent alors présenter leur feuille de route poinçonnée au collègue qui les suit à distance et ne peuvent continuer leur mission qu’à condition de répondre à la question sur le roman et le lieu où ils se trouvent.  Voilà pour le principe.

           Ca parcours physique et culturel est aussi une course d’orientation et l’équipe qui réalise la meilleure performance est celle qui conjugue les deux qualités nécessaires : déplacement rapide et vivacité intellectuelle. La bonne connaissance de l’ouvrage facilite évidemment la tâche. Après quelques tatônnements le matin (les élèves rochelais ne connaissent pas si bien leur ville, et les pages du roman sont figées par le froid de l’hiver), les équipes prennent le coup l’après-midi ! La méthode est rôdée : certains galopent le livre en main pour répondre à la question pendant que d’autres « sprinters » progressent à toute allure vers le lieu indiqué sur la carte. Les profs ne lâchent pas la filature et détalent derrière eux, equipés de leurs dossiers. Place Verdun, Saint Jean d’Acre, place de l’Hôtel de ville, kiosque des Ecrivains de la Côte (clin d’œil au passage), quai Valin… Les Rochelais assistent médusés à cette folle cavalcade qui réunit pour le meilleur ou pour le pire un adulte et sept voyous lancés à toute allure dans la trame d’un roman de Simenon !


 

John Sinclair's rendez vous ! 

 

 

 

 

 


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Atelier d’écriture : conte collectif (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

Voici donc comme annoncé hier la rédaction du conte collectif imaginé par des élèves de sixièmes.

 

             Sur le bord du grand Océan, dans une maison de coquillages, Marine et Marin vivaient heureux. Ils s’amusaient bien ensemble car ils avaient la passion de la mer et ils riaient souvent, leur chien Martin et leur chat Sacha à leurs trousses. Marine portait un jean vert océan qui plaisait beaucoup à Marin. Ce qui faisait le bonheur de Marine, c’était le drôle de chapeau que portait toujours Marin. Elle ne savait pas bien pourquoi, mais ce chapeau avait le don de la faire rire.

              Un jour, un grand vent s’abattit sur le rivage et fit s’envoler le chapeau. Plus une trace de lui ! Un pauvre fétu de paille évanoui ! Marine pleura beaucoup. Quant à Sacha, il ne daignait même plus se lever pour réclamer sa pitance. Même le bon Martin, naguère si joyeux, restait prostré dans un coin de la maison et levait à peine les yeux quand on l’appelait. Finis les jeux sur la plage ! Marin errait tout seul sur le rivage et son chapeau lui manquait à lui aussi ! Qu’allait-il faire désormais ? Le ciel était plombé, une sinistre bruine tombait obstinément sur la maison de coquillages.

              Il s’assit, la tête entre les mains, tout contre les « murs » de sa maison et prêta l’oreille à ce qui se disait dans sa conscience et dans le creux des plus gros coquillages qui tapissaient les parois.

Avez-vous déjà prêté l’oreille à un coquillage ? On n’entend pas que la mer !...

Soudain, son esprit s’alluma. Son chapeau avait tout simplement dû s’envoler, emporté par une bourrasque. Il irait donc le rechercher lui-même !

               Sans plus attendre, il bondit sur sa pirogue. La mer était calme, presque verte, d’une teinte amoureuse, un peu comme le jean de Marine ! Il pagaya vigoureusement en direction de l’île qu’il voyait de son rivage : peut être le chapeau avait il volé jusque là… Soudain, alors qu’il donnait un coup de rame un peu plus fort que les autres, il vit se dresser en face de lui la figure du Dieu Poséidon. Les coquillages qui le connaissaient et le décrivaient souvent dans leurs récits affirmaient qu’il fréquentait ces eaux, mais Marin ne l’avait encore jamais vu ainsi. Il fut impressionné par la massive silhouette qui se dressait devant lui.

« Ne t’en fais pas, mortel. Ton chapeau n’est pas perdu ! Il a simplement atterri sur l’île des vaches sacrées, juste en face !... Rassure-toi ! L’une d’elles a voulu l’avaler mais elle l’a seulement ruminé avant de le rendre à la prairie et au vent. Si tu le trouves, tu obtiendras en supplément le présent de la vie éternelle car c’est désormais la salive et l’estomac d’un Dieu qui le protègent ! »

               Et sans autre explication, Poséidon replongea vers ses abysses. Marin sentit sa force redoubler. Il eut vite fait d’atteindre l’île. Décidément, les dieux étaient avec lui car sitôt qu’il eut posé le pied à terre, un vent se leva et lui amena, dévalant les lointaines prairies, le divin chapeau ! Il eut envie de l’embrasser tant il débordait de joie. Du reste, dès que le chapeau se posa sur sa tête, il se sentit un autre homme. Sa tête, ses bras, ses jambes avaient acquis une puissance extraordinaire. Le temps de le penser, il était sur le bateau, il était sur la mer, il était devant la maison de coquillages.

                 Le jour se levait à peine. C’était à nouveau un jour de grand soleil et l’océan roulait des vagues fines et belles, comme des lèvres maquillées. Des sourires de vagues, pensa Marin ! Et soudain, la porte de la maison s’ouvrit et Martin bondit sur lui en jappant. Sacha était monté sur le dos de son compagnon et, par goût du jeu, il attrapa le chapeau sur la tête de son maître. Alertée par le vacarme, Marine était sortie sur le pas de la porte. Un grand sourire illuminait sa face. Sacha lui avait mis le chapeau sur la tête et tournait entre ses jambes, tout fier de lui.

« Comme il te va bien ce chapeau ! s’exclama Marin, coiffée de la sorte, tu as l’air d’une véritable déesse, et je pèse mes mots ! »


 

Strathmore on a very sunny day

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