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Atelier d’écriture : conte collectif (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

             La nécessité d’avancer le programme de sixième me fait légèrement « tourner le dos » à La Fontaine, même si je reste proche de l’univers des Fables avec l’analyse du conte… « Le Conte dans tous ses états », tel est l’objet d’étude sur lequel nous réfléchissons depuis quelques semaines.

             Dans ce cadre, j’ai demandé aux élèves de participer à un « conte collectif » : le principe est simple en apparence, chacun doit prolonger la phrase de son voisin par une phrase qui « continue » l’histoire. On s’aventure là dans des zones difficilement contrôlables, mais le rôle du meneur de jeu (qui fournit la phrase amorce) est précisément de recadrer et de contrôler les dérapages divers !

             A l’issue de vingt minutes de « tour de table », j’ai fait recopier aux élèves le schéma narratif de ce que nous avions inventé et je leur ai promis d’en rédiger le contenu pour le lendemain. Petit défi personnel que je m’étais lancé en cette période un peu touffue des conseils de classe ! Il faut bien accorder une place à la création de temps en temps ! Le résultat demain !

Coming down the valley of Stathmore...

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La machine (proposition de correction du sujet d’écriture)

Publié le par Eric Bertrand

Comme le narrateur de « la Colonie Pénitentiaire », vous êtes responsable d’une machine très particulière dont vous présentez le fonctionnement à un auditeur. A travers un paragraphe explicatif, vous décrirez cette machine et vous expliquerez dans quel but elle fonctionne (attention à bien varier les expressions du but)

Consignes : vous avez le droit de vous servir du cours. Vous devez tenir compte des éléments du barème ci-dessous et les coller sur votre page de garde.

 

- Originalité et imagination. (4)

- Respect de l’énonciation (discours à un auditeur qui est là pour s’informer) (4)

- Expression écrite. (4)

- Respect de la forme explicative. (2)

- Utilisation d’au moins deux formes pour exprimer le but. (2)

- Orthographe. (2)

- Présentation et mise en page. (2)

 

 

             Le collège venait de m’exclure une seconde fois pour « usage abusif de MP3 ». Je traînais mon ennui dans un salon du multimédia et des nouvelles technologies lorsqu’un exposant à l’air empressé m’aborda :

              « Jeune homme, accordez-moi cinq minutes d’attention, le temps pour moi de vous présenter un appareil qui va bouleverser vos habitudes de collégien... Car vous êtes collégien, n’est-ce pas ? Je vois ça à votre mine et à votre air désoeuvré !... Le collégien se sent décomposé sitôt qu’on le prive de sa bande de copains et de copines, je le sais bien ! Eh bien, quand vous allez les revoir, ils ne vous lâcheront plus, c’est moi qui vous le dis ! En effet, si vous m’écoutez bien, vous allez être en mesure de leur présenter à votre tour tous les avantages du « MP4 spécial collège » que voici !

              La première caractéristique de ce MP4 spécial collège, c’est que, sitôt que son propriétaire le souhaite, il devient parfaitement invisible, de sorte qu’on puisse l’utiliser pendant tous les cours. La matière organique qui le constitue est à base de tissus de caméléon, aussi, le corps central de l’engin épouse-t-il entièrement le milieu dans lequel on le pose : la paume de la main, voyez ma main, la trousse, le papier quadrillé de la copie ou du cahier, le bois du bureau. Le fil, comme les oreillettes qui assurent l’écoulement voluptueux de la musique dans le fin fond de votre conduit auditif et de votre imaginaire sont, de surcroit, également transparents.

              Le prof qui circule à cinquante centimètres de votre table ne peut les remarquer. Vous savourez les derniers airs à la mode téléchargés la veille et il vous trouve invraisemblablement attentif, il vous sourit même, et vous lui rendez un sourire d’enfant comblé !... Le plaisir du son associé à celui, plus délicat, de la traîtrise !

              Attendez, ne souriez pas si vite ! Touchez donc ce fil… La matière qui le compose possède la propriété suivante : elle réagit aux voix et analyse le son pour le restituer sous une autre forme… Un exemple ? La voix du professeur, en général forte et nerveuse, produit une vibration particulière qui est du meilleur effet sur la musique… Sans le savoir, le prof devient DJ et crée spontanément et sous vos yeux ravis des mixtes exclusifs !... Les maths à la sauce Tokyo Hôtel, l’anglais à la sauce Britney Spears, Kafka et Marivaux à la sauce techno.

              Une dernière chose, ce matériel qui allie astuce et haute technologie est pourvu d’un détecteur de malveillance placé juste au-dessous du fil d’alimentation. A la moindre tentative de larcin, une petite mâchoire en latex s’extrait de l’habitacle afin de mordre l’assaillant et de lui enlever toute envie de recommencer !

               Bref, équipé de ce nouvel appareil, je vous garantis des heures voluptueuses et paisibles au sein de votre collège ! 

Valley of Strathmore.

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Darwinisme au collège…

Publié le par Eric Bertrand

              Le lecteur de ce blog s’est sans doute aperçu qu’au bout d’un an d’exercice de mes fonctions dans un collège, je n’aborde plus la  pédagogie sous le même angle et que le vieil adage selon lequel « là où la chèvre est attachée, il faut qu’elle broute »… montre que l’espèce enseignante n’assure sa survie que par sa capacité à l’adaptation au milieu.

              Fort de cette conviction teintée de darwinisme, je vais donner, dans les trois articles à venir une série d’exemples qui montrent que je me suis en effet adapté tout en préservant mon identité.

              Je ne reviens pas sur les développements à partir du théâtre qui en constitue sans doute la meilleure illustration, mais je propose deux récentes activités d’écriture tout à fait symptomatiques : la première, en présence des quatrièmes, la seconde en présence des sixièmes…

               A la suite de l’étude d’un extrait d’un texte de Kafka dans lequel l’auteur présente une machine, j’ai demandé aux élèves d’imaginer une machine… Suite à quoi, j’ai rédigé une correction…

 

Our old friend Don in Thurso, pilot in the RFA.

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Souchon rencontre Baudelaire

Publié le par Eric Bertrand

Suite aux demandes de certains et certaines d’entre vous, je publie ce matin un article autour d’une autre chanson de Souchon…

 

           Appartement surchauffé. Ventilateur. Métro. Zone… « A la fin, tu es las de ce monde ancien… »

           Tu avances vers le jardin public. Il fait chaud. Des ribambelles de gamins poursuivent une petite balle même pas ronde. Entre deux arbres, au coin de la pelouse, une espèce de gardien de but exécute une drôle de parade. Ballon hypnotique, gant de velours, gestes faussement câlins.

           Un couple est allongé dans l’herbe, herbe échauffée, herbe fumée. Pas d’herbe cendre au cœur de l’après-midi de juin…

           MP3 aux oreilles, tu écoutes Souchon.

           Toi aussi, tu balances des coups de pied dans une petite boite en fer.

           Sur un banc, les souliers noirs posés sur le sable du sentier, un étudiant africain lit « les Fleurs du mal ». Tu as toujours aimé regarder ce que les gens lisent. Tu te souviens du poème « A une passante », naguére appris par cœur pour épreuve de récitation… La rue assourdissante ! Piaillerie du jardin public. Au fond le galop des chevaux de bois et les enfants qui tournent.

« Un éclair puis la nuit, fugitive beauté dont le regard m’a fait soudainement renaître ».

           La bande des gamins se précipite, la drôle de balle frôle le banc. C’est un ballon « révolver et chapeau clown ».

          « Allo maman bobo… », fin de plage.

          Conduit complice, lobe de l’oreille, coup de pied, but !... Nouvelle plage : Souchon, « le Mystère ». La nuée est allée piailler du côté des deux arbres et du gardien. Vol plané. Grand silence ! A peine un frisson de brise.

           Page de Baudelaire soulevée.

          « Agile et noble, avec sa jambe de statue »… « La belle Peggy du saloon ».

          Une fille a surgi du fond de la pelouse ou des herbes fumées ! Elle porte des lunettes noires et des mèches folles. Elle glisse sur le sentier. Le visage est fin, la nuque souple balance, grande feuille bruissant sous les arbres, les cheveux en pinceaux. Elle ne fait que passer, et le jardin public est son aquarelle.

          Un portable sonne au fond de son sac. La statue descend de son piédestal. Ralentit sa marche.

Mais ce n’est pas tant Suzanne qui me plaît tant.
C’est le mystère qui est dedans, le mystère dedans, le mystère dedans.
Je suivais musiques et paroles mon chemin de rossignol chantant mon chant émouvant…

            Le téléphone à son oreille, « le mystère » à la tienne soudain suspendu. Tu retiens ton souffle. Elle ne dit rien. Pas la même chanson ! Sa voix, tu ne l’entendras pas ! Réfugiée au fond de son palais… Et sa gorge qui se soulève.

            Un air contrarié. Et le portable continue son refrain au fond du sac. Elle est repartie.

« Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse… »

             Le même balancement des hanches, une balade entre deux hémisphères. « J'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais… ».

             Tu voudrais la suivre, tu n’es pas un pirate : « les sorties de port à la voile »… Tu préfères garder tes étoiles sur le cadastre de la mémoire…
Mon amour comme ses yeux brillent quand elle jette pour moi ses espadrilles pourtant la voilà repartie retrouver l’autre abruti qui lui fout des marrons quand il est rond. Mais ce n’est pas tant cette fille qui me plaît tant. C’est le mystère qui est dedans, le mystère dedans.

               Sur le banc, l’étudiant africain a levé les yeux. Il reste en suspens sur un vers. Puis son doigt tourne la page.
Les statues de jeux qu’on hisse, qu’on embrasse et puis qu’on dévisse.
Ce n’est pas tant ce monde qui me plaît tant c’est le mystère qui est dedans, le mystère dedans, le mystère dedans, le mystère dedans.

 

Whale bone in Caithness

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Le Voyageur de la Toussaint sur France 3

Publié le par Eric Bertrand


          Est-ce un hasard, ou bien ai-je de lointaines accointances avec les programmateurs de France 3, toujours est-il que la télévision propose ce dimanche à partir de 20h40 un téléfilm adapté du roman de Simenon auquel j’ai consacré une série d’articles récemment.

          Comble de coïncidence, nous faisons notre sortie IDD (Itinéraire De Découverte) dans les rues de La Rochelle ce mardi 16.12… Les élèves ont eu du mal à suivre le film tourné en 1941, du fait de la mauvaise qualité de la bande. L’occasion pour ceux qui ont mal lu, mal vu, de se rattraper sur le poteau !

          Rendez-vous donc à tous les amateurs de La Rochelle et des romans de Simenon.


 

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