Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

En faveur de « l’Esquive »

Publié le par Eric Bertrand

J’ai évoqué dans ce blog le travail que je fais en classe autour de certains films et notamment « l’Esquive » : (opération « Collège au cinéma ») Voici une correction que je leur distribue après leur avoir demandé de rédiger une lettre dans laquelle ils devaient argumenter en faveur de l’Esquive… On avait au préalable défini quelques arguments en classe…

Argumentation à partir de « l’Esquive »

Proposition de correction axée sur l’usage des arguments 

NB : la correction qui suit s’efforce de montrer qu’on peut parler d’un film en s’appuyant sur des arguments. Ces arguments doivent toujours être expliqués puis illustrés (partie en italiques). Chaque argument doit être la base d’un paragraphe et s’enchaîner naturellement avec l’argument qui précède (souvent à l’aide de mots de liaison ou connecteurs logiques)… 
          J’ai d’abord admiré à quel point ce film parvient à nous intéresser à partir d’une intrigue très simple et dépouillée… (De quoi parle l’Esquive ?...)

          Au bout du compte, ce qui m’a paru particulièrement intéressant dans ce film, c’est la façon dont le réalisateur traite des sentiments. Krimo aime Lydia mais hésite avant de le lui avouer, Lydia aime Krimo mais préfère la situation de séduction. Elle apprécie que le garçon lui fasse la cour, qu’il la regarde, la convoite au point de réclamer le rôle d’Arlequin pour pouvoir jouer à ses côtés.

          Et c’est là que le film réalise un intéressant tour de passe-passe… Il analyse avec justesse les subtils rapports que peuvent entretenir le théâtre et la réalité. Les jeunes qui jouent Marivaux (Krimo et Lydia) sont rattrapés par la fiction. En effet, dans cette pièce du Jeu de l’Amour et du hasard, qu’a choisi de leur faire jouer leur professeur de français, c’est précisément le fameux « marivaudage » qui est en jeu. Lisette est une simple servante, mais sa maîtresse lui demande de la remplacer auprès de celui que son père lui a désigné pour mari. Et de fait, Lisette acquiert le droit de « jouer à la maîtresse ». Le rôle lui tient tant à cœur qu’elle exige du pressant Arlequin qu’il modère ses ardeurs et qu’il joue avec elle le jeu de la séduction, exactement comme les maîtres… Tant qu’il n’aura pas appris les belles manières et le beau langage, elle s’amusera à « esquiver »  Lydia ne désire pas autre chose de Krimo… Le baiser, ce sera pour la fin, quand elle l’aura décidé mais certainement pas pendant les répétitions.

           On voit donc dans ce film que non seulement les personnages s’identifient à ceux qu’ils jouent dans la pièce mais aussi que la situation dans laquelle ils sont plongés (la réalisation d’une pièce du registre soutenu dans le cadre de la banlieue) amène le spectateur à une prise de conscience d’ordre politique. Si ces jeunes défavorisés sont capables de se hisser au niveau de distinction du théâtre de Marivaux, tout comme Lisette est capable de se hisser au niveau de sa maîtresse, alors le théâtre prend tout son sens. Il offre au spectateur l’occasion d’une réflexion sur la place de chacun dans une société où les choses bougent et où le langage est un fabuleux moyen de communication…


Le Tennessee Club (10) : le départ...                      

                                                   

 

 

Voir les commentaires

Petite valise voyageuse

Publié le par Eric Bertrand



Ceux qui me connaissent ont forcément vu la désormais « mythique petite valise » qui me sert de « cartable » en même temps que d’accessoire scénique. C’est une vieille valise (à la vérité, il y en a deux, une grosse et une petite) que j’ai couvertes d’autocollants de divers endroits du monde.

Dès que je voyage ou que quelqu’un pense à moi, les valises complètent leur collection… Etant donné la place importante que prennent les Etats-Unis dans ma création, il me faut trouver de nouveaux autocollants. Un voyage vers les States serait le bienvenu mais dans l’immédiat, j’ai demandé à Marina si elle voulait bien trouver une solution… Voici notre échange à ce propos…

 Oh, I absolutely adore those carry-on suitcases.  They have so much character.   Most Americans don't travel with those hand-carried suitcases.  They drag everything on wheels(…)
 
If you ever need stickers from America, all you have to do is ask.  There are millions and millions of stickers here.  Do you want anything that has to do with sports?  Every baseball team has its logo available on stickers.  Just give me some ideas of what you need (…) I will look for something with the Grand Canyon, or Niagara Falls.  Those are traditional North American landscapes.

I'll look for nature landmarks, including Klondine and all those places that Jack London visited. He's the American Hugo, you know. Romantic, in love with the ocean, a sympathizer with the oppressed masses and a compulsive womanizer.


Le Tennessee Club (8) : projets...

Voir les commentaires

La réécriture de Macbeth

Publié le par Eric Bertrand

Le lecteur se souvient peut-être que l’un des axes d’approche pour l’écriture du Ceilidh a été la relecture et la réécriture de Macbeth adapté à un univers plus proche du polar noir que de la tragédie bien que les deux genres se mêlent étroitement dans la pièce. Cet aspect de mon travail est celui qui intéresse principalement Marina dans la manière dont elle veut présenter le projet. Témoin ce petit échange entre nous par courriels interposés.

Yes, it would be fabulous, and we just need to find our market, because I KNOW there will be people who'll want to see the show knowing it's a spin-off of Macbeth. Unfortunately, that's how you have to market it to American people - that it's a "spin-off" of something. Otherwise they just won't make the connection. You need to tie to back to Shakespeare, and they'll remember what you're talking about. Marina

Remind that when I first wrote for "the Ceilidh", my idea was to work over a spin off of Macbeth because I wanted my pupils to get the opportunity of getting involoved in the atmosphere of the scottish tragedy...
Eric


Le Tennessee Club (7) : la montée de la crise

Voir les commentaires

Collaboration entre la scène et la vidéo

Publié le par Eric Bertrand

Marina à qui je faisais allusion hier est aussi attachée que moi à diffusion de la littérature et du théâtre. Elle a écrit une pièce qu’elle est en train de produire et envisage de passer par une réalisation vidéo. Son grand projet serait ensuite de travailler dans le même sens sur le Ceilidh

 

 

Then I spent the whole evening with Nadine, who is a professional producer (I met her through a poetry seminar), and she told me that she will help me with casting and producing.  It will be a minimalistic filmed play.  We'll be able to send it to independent film festivals later on.  It's such a blessing to have a professional producer on my side, because I am more creative and shy, I can't deal with people very well.  And this girl is very sharp and energetic, and very well-connected.  I don't want to get too excited just yet, but she is the answer to my prayers.  I really need a professional producer who knows the industry well, because I've spent too many years in the basement of my house.
 
If that goes well, you know what's going to be the next step - that's right, LeCeilidh.

Je reviendrai demain sur ce projet.


Le Tennessee Club (7) : arrivée dans le Tennessee club...

Voir les commentaires

Zoologie

Publié le par Eric Bertrand

           Ceux qui fréquentent ce blog et ceux qui me côtoient savent que je travaille depuis quelques mois sur une œuvre qui concerne le collège et la vision que j’en ai. Je le dis tout de suite, elle n’est pas reluisante. J’observe, j’écoute, j’échange des impressions et le courriel que j’ai reçu récemment de mon amie américaine Marina va bien dans le sens de ce que je suis en train d’évoquer…            Boris and I went to Stamford High, and it was a total zoo. The kids were really wild. I feel so sorry for my teacher. But we got through the presentation, more or less. The quality of work was really poor, I must say. Those kids can barely put two words together. And this is America's future. Yikes. Oh well, I am going to try to be positive, and hope that I can reach those kids who want to be reached.



Le Tennessee Club (6) : "On va régler des comptes..."

Voir les commentaires