Le titre de l’article n’est pas simplement un jeu sonore dont le « mordant » Jack
était friand… C’est simplement un retour sur mon projet théâtre au collège… Si je reste en poste au collège (n’oublions pas que je demande dès cette année ma mutation au lycée), je monte un
projet à PAC en sixième comme je l’ai déjà expliqué précédemment.
A partir de quelle base ? Là était la question… Après avoir songé au Jack, j’en
suis venu moi-même à la conclusion que le texte était trop dur et « décoiffant » pour des sixièmes (même décoiffés !)
L’idée serait de revenir plus raisonnablement à des cadres qu’ils abordent dans les programmes de sixièmes… Pourquoi pas un atelier d’écriture à partir des Fables de La
Fontaine. On sait que je réfléchis en ce moment à l’animalité et ces créatures bondissantes conviendraient bien à cette expérience de théâtre.
La Seconde surprise de l’amour à la Coursive
Comme Shakespeare, on sait que Marivaux
La situation initiale est simple et très marivaudienne, deux êtres éplorés, déçus par l’amour, se trouvent rapprochés
par une complicité d’amitié. Ils ont soupiré, ils ont été blessés, ils ont plu, ils ont voulu plaire, prennent plaisir à se le dire, à se le faire remarquer, à analyser le flou du sentiment, à se
l’entendre dire, à se sentir seuls et à nouveau disponibles sans pour autant consentir à se vouloir abandonnés.
Car la machine à séduire est prompte à se déclencher et il est toujours si doux et enivrant de tomber peu a peu dans les mailles du filet amoureux. C’est à ce
plaisir là que cèdent facilement les deux amants blessés qui se recomposent un visage et un cœur et qui finissent par s’avouer qu’ils s’aiment.
La pièce est un peu lente, manque de rythme, mais l’analyse est toujours aussi fine… c’est le
scalpel du naturaliste qu’on devine derrière les ombres des amants… Et l’obsession de Marivaux à faire durer cette situation de jeu qui précède la « chute dans le
mariage ». Le metteur en scène l’a bien compris quand, dans les derniers instants de la pièce, il fait allumer la salle. Les personnages disent alors, disent enfin, « qu’il faut se
marier » et la belle lumière de rêve dans laquelle baignait la scène a cédé la place à la lumière crue des hommes et du monde et de la fin du spectacle
jubilatoire des cœurs qui battent déjà beaucoup moins fort.
a fourni le plaisir de la scène aux premières expériences de l’atelier d’Expression artistique. Nous avons assisté mardi soir à la pièce moins connue de cet auteur, « La Seconde surprise
de l’amour » dans une mise en scène de Luc Bondy.
Spectacles morcelés
Comme je l’indiquais récemment, l’accès à You Tube m’amène à diffuser sur le net et de façon progressive, l’ensemble des
spectacles sur DVD que j’ai à disposition.
C’est un héritage important que je lêgue puisque beaucoup des acteurs qui ont participé à mes pièces n’ont pu récupérer tous les supports.
En même temps, pour tous ceux qui n’ont pas pu assister aux spectacles ou qui ont lu les pièces sans imaginer « le rendu » sur la scène, c’est
l’occasion de découvrir autrement les textes.
J’ai donc mis en ligne Gainsbourg, quasi en intégral, « Jack », et je suis en train de travailler sur
« le Loft » dont l’acte d’introduction est déjà disponible. Vous pouvez accéder à ces vidéos en construction en tapant « sheumas1 ».
Jack London, Joseph Conrad et Victor Hugo
L’idée d’un travail sur cet écrivain est en train de germer dans mon esprit avec la même impérieuse nécessité que celle que
j’avais ressentie lorsque j’avais voulu écrire sur « l’Homme qui rit » ou sur « les Travailleurs de la mer »…
Produire un travail de nature universitaire m’a toujours profondément ennuyé. Ce qui sent la poussière et la sueur de cabinet me
rebute. Mais plonger dans la mer avec Gilliatt, remonter les chemins de la Green-Box avec Gwynplaine et Ursus, ça, c’est quelque chose !... Il y a un autre écrivain qui me tenterait, son
père traduisait en anglais « les Travailleurs de la mer » : c’est Robert Conrad !
Jack London et Martin Eden
Ce retour à Jack London se traduit pour moi actuellement dans la relecture de « Martin Eden » et
probablement dans la programmation de l’étude de « L’Appel de la forêt » dans une de mes classes. « Martin Eden » est une œuvre fascinante et d’une richesse extraordinaire.
Je dirai en deux mots qu’elle met en scène un auteur nommé Martin Eden qui est le double de Jack London et qu’elle
nous fait parcourir les tourments de la création littéraire tels que les a vécus cet aventurier marginal dont l’écriture dérangeait les milieux intellectuels et bien pensants par
la force et la rage de sa nature même.
Qu’on lise par exemple cet extrait du chapitre 9 : « Ce fut alors que, dans un élan d’inspiration, naquit son
grand projet. Il écrirait. Il serait les yeux qui font voir le monde, les oreilles qui le font entendre, le cœur qui lui donne l’émoi. Il écrirait sous toutes les formes : de la poésie, de
la prose, des romans, des récits et du théâtre comme Shakespeare (…) » Quel beau programme, si riche en connotations !