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Proust : le bal des têtes (13)

Publié le par Eric Bertrand

Epreuve du temps soulignée par le rapprochement avec l’océan... et la géométrie ! Il fallait y penser !

 

             « Mais d'autre part, l’aspect nouveau de Mme d’Arpajon ne m'était pas inconnu. C'était celui que j'avais souvent vu au cours de ma vie à des femmes âgées et fortes, mais sans soupçonner alors qu'elles avaient pu, beaucoup d'années avant, ressembler à Mme d'Arpajon. Cet aspect était si différent de celui que j'avais connu à la marquise qu'on eût dit qu'elle était un être condamné, comme un personnage de féerie, à apparaître d'abord en jeune fille, puis en épaisse matrone, et qui reviendrait sans doute bientôt en vieille branlante et courbée. Elle semblait, comme une lourde nageuse qui ne voit plus le rivage qu'à une grande distance, repousser avec peine les flots du temps qui la submergeaient.

               Peu à peu pourtant, à force de regarder sa figure hésitante, incertaine comme une mémoire infidèle qui ne peut plus retenir les formes d'autrefois, j'arrivai à en retrouver quelque chose en me livrant au petit jeu d'éliminer les carrés, les hexagones que l'âge avait ajoutés à ses joues. D'ailleurs, ce qu'il mêlait à celles des femmes n'était pas toujours seulement des figures géométriques. Dans les joues restées si semblables pourtant de la duchesse de Guermantes et pourtant composites maintenant comme un nougat, je distinguai une trace de vert-de-gris, un petit morceau rose de coquillage concassé ; une grosseur difficile à définir, plus petite qu'une boule de gui et moins transparente qu'une perle de verre (...) »

 

 

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Le point final à l’œuvre méditée depuis deux ans !

Publié le par Eric Bertrand

                 J’ai beaucoup travaillé ces derniers temps et je puis dire que j’arrive enfin au tournant attendu : j’ai mis le point final à « l’Organisme ». Non que le livre soit prêt à l’envoi et, partant, à l’impression !... Loin de là ! Mais je parle de « tournant » car l’expérience prouve que ce moment est déterminant.

                 Il me permet notamment de retravailler en amont et de corriger certains points narratifs en fonction de la logique du dénouement. J’ai aussi quelques nouvelles idées à intégrer, et la fiction que « j’enrobe » me permet de les intégrer.

                 L’été arrive à point pour assurer ce travail de fignolage et garantir la finalisation de l’ouvrage pour le mois de septembre, toujours chez le même éditeur.


 

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Proust : le bal des têtes (12)

Publié le par Eric Bertrand

             Pour un retour à proust, cette réflexion sur l’écorce humaine. Dans le fond, comme dans les Fables de La Fontaine où l’animal n’est qu’un masque du vice, dans le texte de proust, cette pâte qu’ajoute la vieillesse n’est aussi qu’un « cache-misère » !

 

             « En plusieurs, je finissais par reconnaître, non seulement eux-mêmes, mais eux tels qu'ils étaient autrefois, et par exemple Ski pas plus modifié qu'une fleur ou un fruit qui a séché. Il était un essai informe confirmant mes théories sur l'art (...)            

             D'autres n'étaient nullement des amateurs, étant des gens du monde. Mais eux aussi, la vieillesse ne les avait pas mûris et même s'il s'entourait d'un premier cercle de rides et d'un arc de cheveux blancs, leur même visage poupin gardait l'enjouement de la dix-huitième année. Ils n'étaient pas des vieillards, mais des jeunes gens de dix-huit ans extrêmement fanés. Peu de chose eût suffi à effacer ces flétrissures de la vie, et la mort n'aurait pas plus de peine à rendre au visage sa jeunesse qu'il n'en faut pour nettoyer un portrait que seul un peu d'encrassement empêche de briller comme autrefois.

            Aussi je pensais à l'illusion dont nous sommes dupes quand, entendant parler d'un célèbre vieillard, nous nous fions d'avance à sa bonté, à sa justice, à sa douceur d'âme ; car je sentais qu'ils avaient été quarante ans plus tôt de terribles jeunes gens dont il n'y avait aucune raison pour supposer qu'ils n'avaient pas gardé la vanité, la duplicité, la morgue et les ruses.
            Ceux-là, en vieillissant, semblaient avoir une personnalité différente, comme ces arbres dont l'automne en variant leurs couleurs semble changer l'essence (...)"

 

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Martinets et pélican

Publié le par Eric Bertrand

          Depuis quelques jours, les martinets sont en liesse dans les rues du centre-ville et le soleil déjà lourd échauffe l’atmosphère dans le matin. J’aime les cris des martinets, ils me ramènent aux rues de Lyon à l’époque où mon frère et moi finissions l’année scolaire dans notre chambre d’étudiant. Le martinet est un oiseau qu’on n’entend qu’en ville, dans les soirs chauds d’été.

           Et pendant ce temps-là, dans la campagne, le long des sentiers, les blés ont déjà pris la blondeur d’été et leur tête incline sous le vent en meme temps que j’écrase les pédales du VTT. Le bruit fin du dérailleur et le chant de la chaîne accompagnent la mélodie de juin. C’est la fin d’une période de travail intense. Le temps du Pélican qui, selon le mythe, n’a plus rien dans le ventre ou le foie pour nourrir ses enfants.

           Dans le feu de l’été, Prométhée panse ses blessures et se refait un foie tout neuf, en se disant que l’été est bien long avant qu’il ne remonte en haut du Caucase et que les coups de pédale, les foulées sur le sentier, les bains de mer finiront bien par reconstituer « le stock » à donner en pâture à la rentrée prochaine, à de petits aigles qu’il trouve de moins en moins affamés !


 


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Souvenirs d’Angleterre (période du 8 au 13 juin)

Publié le par Eric Bertrand

Réalisé à partir des impressions des élèves de la classe de 4°F

 

             Vivement l’Angleterre !

             J’y suis déjà ! London, Chelsea, Portsmouth, Hasting, Brighton, Saint Leonard, Greenwich...

             Foulé la pierre du pavillon royal, foulé le marbre du musée de la reine et du musée des sciences interactives, l’herbe de Trafalgar Square et l’herbe de Hyde Park. J’ai glissé sur la Tamise et sur le miroir de mes ambitions.

             J’ai vu tant de gens étonnants : j’ai vu une fille qui jouait du piano, j’ai vu une petite peste de cinq ans qui savait qu’on ne comprenait pas tout et qui en profitait bien, j’ai vu deux étudiantes australiennes, j’ai vu beaucoup de Chinois, et presque autant de Japonais. J’ai vu des écoliers en uniforme, et des Anglais blonds et pâles, j’ai vu beaucoup d’Anglais blonds et pâles. Les Anglais sont tous blonds et pâles et regardent tout le temps leur montre.

             J’ai vu le château de Hasting, j’ai vu les ruines du château de Guillaume le Conquérant.

             Le temps s’accélère, les minutes s’effondrent.

             J’ai vu des taxis rouges pressés comme des orange juice, des bus rouges comme les cabines téléphoniques. J’ai vu des maisons sans volets. J’ai vu l’ancienne horloge, la très belle et très haute Big Ben. J’ai vu l’heure mondiale et les lasers qui balaient la ville, balaient les minutes précieuses, rappellent inexorablement que le temps passe, que le temps passe, et j’aimerais déjà revenir...

            Le temps passe, le temps trotte à la petite foulée dans Hyde park... Et j’ai déjà compris que les Anglais mangent à 18h00, qu’il n’y a ni pain ni eau à table, que la nourriture n’est pas très recherchée et plutôt grasse. J’ai aussi compris qu’on avale céréales, confitures, pâte à tartiner et beurre de cacahuète dès le petit déjeuner. J’ai compris qu’on conduit à droite, j’ai compris comment fonctionnent les feux rouges. J’ai compris comment je peux changer mon argent et compris que je savais dire quelques mots de plus en anglais. Time is running down the river !

             Je me souviens du shopping en ville, shopping in the city, je me souviens des rouleaux du ferry et j’étais malade comme un chien, sick, sea sick like a dog ! Je me souviens de la relève des gardes, des parcs magnifiques, wonderful parks ! Je me souviens des rues et des maisons comme dans un film américain et j’étais l’héroïne. Je me souviens des oiseaux blancs, des beaux oiseaux blancs dans le ciel gris et d’un peu de fiente sur mon pull. Je me souviens de la couronne royale et des rubis. Je me souviens de l’or et des diamants, des Ferrari, des Lamborghini, des Dodge, des Nissan et des Mitshubishi, et j’étais le sultan. Je me souviens des écureuils dans les parcs, des longues heures de car avant l’arrivée, de la promenade en bateau sur la Tamise et des remouds des vagues jusque dans ma mémoire.

              Je me souviens des fous-rires, des pique-niques dans les parcs, meal of my memory ! Je me souviens de tout ! Remember everything !


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