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Littérature et marges de la Bretagne

Publié le par Eric Bertrand

          Lorsque j’ai commencé ma carrière de professeur, je me suis retrouvé dans une petite ville du Nord du département de Loire Atlantique : Chateaubriant. J’ai eu aussitôt un petit coup de cœur pour cette région de forêts et d’étangs où je faisais mon entrée timidement dans les marges de cette Bretagne que Hugo (que je lisais toujours à cette époque) évoquait dans son 93.

         J’ai rencontré des gens attachants, et croisé le destin de certains élèves que je n’ai pas oubliés. Parmi ces gens, il y a Pierric Marsac qui me fait le plaisir de me présenter son roman via un mail. Le thème m’en a l’air passionnant et je m’empresse d’en communiquer le contenu à ceux qui aiment lire et qui s’intéressent à ce type de roman où la fiction rencontre l’Histoire. 

 

 

ÉD I T I O N S D U PE T I T V ÉH I CU L E

DÉCEMBRE 2009

Veuillez renvoyer ce bulletin avec votre règlement à l’adresse suivante :

Éditions du Petit Véhicule 20, rue du Coudray 44000 NANTES

Tél. 02 40 52 14 94 e-mail : epv2@wanadoo.fr www.petit-vehicule.asso.fr

LE SECRET DU SÉNATEUR

de Pierric Marsac

( roman)

Voici une histoire solidement charpentée. Le Secret du

sénateur est né d’un désir de conjuguer la grande histoire et

la chronique familiale de l’auteur dans la seconde moitié du

xxe. Pierric Marsac vit à Châteaubriant. Son père, apprentiboulanger,

approvisionnait en pain le camp de Choisel où

Guy Môquet et ses compagnons étaient internés. Chacun

connaît les fusillés de Châteaubriant et de Nantes. Cette

mémoire familiale lui donne l’envie d’écrire un récit où

deux jeunes garçons, Flavio et Simon, dans les années

soixante, vont être les témoins et les découvreurs de noeuds

et d’enjeux tragiques liés à la seconde guerre mondiale.

Résistances et collaborations avec son cortège d’héroïsme,

de lâcheté et de délation construisent la trame et les drames

de ce livre chargés de tensions, d’impasses et d’aventures.

Pierric Marsac a su révéler la noirceur de l’âme humaine

cristallisée dans le personnage du sénateur mais aussi le

vrai des coeurs purs car autour des jeunes garçons, c’est

toute une galerie de portraits réussis et la description

achevée d’une époque si proche de notre temps. Cette

fiction se déroule aux confins des départements de la

Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire et de la Mayenne. Le

monde hippique est une des toiles de fond de ce roman

« policier ». Les hommes souffrent, se vengent, risquent

leur peau pour une certaine idée de la liberté. Ce livre

raconte cela. On est toujours rattrapé par son destin et

l’auteur nous offre des tranches de vie implacables. Les

paysages, l’atmosphère des champs de course et des milieux

hippiques sont l’autre aspect qui harmonisent les péripéties

de ce poignant roman.

 

Luc Vidal

 

Je souhaite recevoir le livre Le Secret du sénateur de Pierric Marsac

au prix de 18 € + 2 € de frais de port, soit 20 €.

Mme Mlle M.

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Je joins à ce bulletin un chèque de …………………€ à l’ordre de l’association des Éditions du Petit Véhicule.

Veuillez renvoyer ce bulletin avec votre règlement à l’adresse suivante :

Éditions du Petit Véhicule 20, rue du Coudray 44000 NANTES

Tél. 02 40 52 14 94 e-mail : epv2@wanadoo.fr www.petit-vehicule.asso.fr

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Réveil proustien

Publié le par Eric Bertrand

          Et pour terminer cet hommage à Proust, un extrait qui relate l’un de ces nombreux éveils de la conscience, si présents dans la Recherche, dans la mesure où ils donnent le branle à l’imagination et au développement de la sensation.

       

         « Dès le matin, la tête encore tournée contre le mur et avant d'avoir vu, au dessus des grands rideaux de la fenêtre, de quelle nuance était la raie du jour, je savais déjà le temps qu'il faisait. Les premiers bruits de la rue me l'avaient appris, selon qu'ils me parvenaient amortis et déviés par l'humidité ou vibrants comme des flêches dans l'air résonnante et vide d'un matin spacieux, glacial, et pur; dès le roulement du premier tramway, j'avais entendu s'il était morfondu dans la pluie ou en partance pour l'azur.

        Et peut-être ces bruits avaient-ils été devancés eux mêmes par quelque émanation plus rapide et plus pénétrante qui, glissée au travers de mon sommeil, y répandait une tristesse annonciatrice de la neige ou y faisait entonner à certain petit personnage intermittent de si nombreux cantiques à la gloire du soleil que ceux-ci finissaient par amener pour moi, qui encore endormi commençais à sourire, et dont les paupières closes se préparaient à être éblouies, un étourdissant réveil en musique. »


 

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Robe vénitienne de Proust

Publié le par Eric Bertrand

                 On ne quitte pas Proust aussi facilement ! Avant de tourner la page, voici deux autres aspects de cette œuvre fabuleuse, le premier, consacré à l’élégance et à la ville de Venise...

                « Si je n'avais jamais vu Venise, j'en rêvais sans cesse, depuis ces vacances de pâques qu'encore enfant j'avais dû y passer, et plus anciennement encore par les gravures  de Titien et les photographies de Giotto que m'avaient jadis données Swann à combray.
La robe que portait Albertine ce soir là,  me semblait comme l'ombre tentatrice de cette invisible Venise... Elle était envahie d'ornementation arabe comme Venise,  comme les palais de Venise dissimulés à la façon des sultanes derrière un voile ajouré de pierres, comme les reliures de la bibliothèque Ambrosienne , comme les colonnes desquelles les oiseaux orientaux qui signifient alternativement la mort et la vie , se répètaient dans le miroitement de l'étoffe, d'un bleu profond qui, au fur et à mesure que mon regard s'y avançait, se changeait en or malléable par ces mêmes transmutations qui, devant la gondole qui s'avance, changent en métal flamboyant l'azur du grand canal. Et les manches étaient doublées d'un rose cerise, qui est si particulièrement vénitien qu'on l'appelle rose tiepolo »

.

 

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Le Petit Prince dans tous ses états (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

             Salle de maths qui est aussi la salle de la scène « Cramoisi-Business man » propice à l’exhibition. C’est le foirail, la fête des affaires, salle colorée, agressive, saturée de sons divers empruntés aux pubs télé, flashs d’infos et autres gimmicks de la modernité. Les comédiens devront être à la hauteur et avoir le franc-parler de camelots sur leurs paquets de marchandises.

            Salle d’histoire géo. Ambiance beaucoup plus paisible, à base d’éclairages qui figurent le passage du temps, le cycle du jour et de la nuit. Possibilité de projection pour représenter le planisphère et figurer par l’image ce qu’il y a dans le texte.

            Salle de musique : le moment de la découverte de l’amour... Attention à ne pas verser dans la grivoiserie ou l’obscénité ! Evidemment, la rose est séductrice, évidemment elle parle de la naissance du désir et du frisson des corps mais il faut amener le spectateur à autre chose... En d’autres termes, les élèves sont en sixième, pas de Bilitis ou d’ambiance Crazy Horse. Comme le souligne le metteur en scène, il est plus intéressant de tirer l’amour du côté du sublime.

             L’idée serait donc de faire sortir la fleur d’un cadre posé bien en évidence comme un grand tableau. Elle s’avancerait lentement, s’arrêterait, repartirait et finirait par retourner dans le cadre, laissant ainsi la voie libre aux accents de la spiritualité... le moment où le Petit Prince se récite des vers.  


 

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Le Petit Prince dans tous ses états (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

              Le texte de la pièce étant à peu près fixé, il nous restait à nous réunir en équipe pour redéfinir le projet. L’effort porte désormais sur les lieux de la représentation et sur la mise en scène des cinq scènes. Chaque salle étant, comme chaque scène, porteuse d’une tonalité différente, il nous reste à déployer le travail en fonction des différents relais. Voici les idées retenues :

             Dans la salle de SVT, c’est la nuit étoilée. Le silence du désert est représenté par le travail remarquable du collègue de musique qui, dans ses premières ébauches qu’il nous a fait écouter, demande aux élèves de formuler les sons du silence. Cette interrogation conduit à un résultat sonore surprenant qui convient bien à l’inquiétude du désert dans lequel le Petit Prince vient d’atterrir. Silence astral et silence de bêtes à l’affut... Rappelons que la scène fait vivre la faune du désert.

             Au-dessus de nos têtes devrait passer un petit avion éclairé, reproduction en miniature du gros avion de la salle d’Arts Plastiques. Le collègue de technologie qui a rejoint le projet suggère un effet de surprise : l’avion viendrait de la salle qui jouxte la salle de SVT et irait finir sa course dans le couloir à côté... Un ange passe.

            Salle d’Arts plastiques, présence encombrante de l’avion qui écrase l’espace et autour duquel les spectateurs et les comédiens trouveront à se placer. Le collègue de musique imagine une « ambiance mécanique », des bruitages de moteur pour créer une atmosphère en harmonie avec le thème de la panne, largement présent dans la scène (...)


 

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