Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Les ressources de la langue et du larynx...

Publié le par Eric Bertrand

                  Pas de triomphalisme du côté de « la belle langue française ». A l’heure des SMS et autres déformations de l’écriture, la tendance actuelle est à l’économie et à la paresse intellectuelle. C’est du reste l’inclination naturelle propre à toutes les langues qui vise à la simplification...

                 Relativisons ces propos en livrant ce matin l’analyse éclairante du linguiste Claude Hagège que je lis et écoute toujours avec délectation...

                 Comment dire la diversité du monde ?... Comment enclore l’infini du monde dans la périphérie limitée de ce qu’il nomme « l’appareil phonateur » qui s’étend des lèvres au larynx ?... Nous ne disposons en français qu’une gamme bien restreinte de sons réalisables, voyelles et consonnes réunies.

                  D’autres langues sont riches d’un nombre beaucoup plus élevé de sons. Claude Hagège cite par exemple dans le Caucase, une langue qui dispose de 56 consonnes ou une autre au Cambodge qui comporte 24 voyelles... Ce qui invite sinon à l’humilité du moins à la curiosité intellectuelle...

                  Heureux le linguiste qui fait souffler dans « son appareil phonateur » les vents du large de toutes les langues !

Voir les commentaires

L’article du mois : parler de Baudelaire

Publié le par Eric Bertrand

A l’occasion de cette rubrique, je remets en ligne l’article rédigé en début de mois. Rien que pour le plaisir de « reparler de Baudelaire ».

 

             « Homme libre, toujours tu chériras la mer ! », « Fortes tresses, soyez la houle qui m’emporte », « Quand les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne... Je vois se dérouler des rivages heureux qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone... »

             Pas un cours de poésie sans une référence à l’un de mes trois maîtres : Hugo, Baudelaire, Rimbaud. Une évidence à mes yeux : quand on parle de poésie, un seul texte de l’un des trois suffit pour appréhender ce que poétiser veut dire... Et lequel des trois convient le mieux à des adolescents, ou à des étudiants ? Ou, plus exactement, lequel choisir pour « transmettre le message » et donner envie d’aller plus loin ?

             J’ai écrit deux essais sur Hugo, un roman dont le personnage principal est baptisé « Bateau ivre » du fait de son goût pour la poésie de Rimbaud... mais je n’ai écrit qu’une nouvelle et un petit article sur Baudelaire : cf « Baudelaire champion de surf ».

             C’est pourtant celui des trois qui me paraît aller le plus loin dans l’expérience poétique... Oui, Charles, malgré sa raideur de dandy et ses humeurs de cormoran, est à mes yeux le plus compréhensible et le plus viscéralement humain. Baudelaire est avant tout un sensuel. Le poète en lui respire, voit, écoute, savoure, « mange des cheveux bleus » pour quitter « le port » et s’en aller « vers de charmants climats ».

             Au lieu de fermer les yeux et de s’abandonner à la langueur d’un plaisir égoïste, Baudelaire est un virtuose de l’observation et de l’analyse, toujours attentif à ce qui se produit en lui quand il cultive les sensations. Les sens en éveil, il entreprend dans les poémes de « l’Idéal » une quête obstinée qui lui permet de creuser et de dévoiler les ressources de l’imagination. Que ce soit auprès de l’une de ses maîtresses, au fond d’un verre de vin ou sur le culot de sa pipe de hachish, il parvient à faire résonner son vers à 100000 watts. Il est un amplificateur de sensations. Et il tend au lecteur cette magique enceinte... Comme il l’écrit dans « le poème du hachish » :

« Vous croyez être assis dans votre pipe et c’est vous que votre pipe fume. Une question : comment sortirez-vous enfin de cette pipe ? »

             Les poémes de Baudelaire fleurent bon l’Amsterdamer...

Voir les commentaires

Salon du Livre à La Jarrie

Publié le par Eric Bertrand

                Comme je l’avais indiqué dans un récent article, je participe aujourd’hui au salon du livre de La Jarrie dont je rappelle le site ci-dessous.

http://www.lajarrie.fr

 

                En cliquant sur « les auteurs » le lecteur retrouvera quelques figures locales que je commence à connaître pour les avoir rencontrées dans les divers salons et manifestations littéraires.

                Prenons par exemple l’écrivain Robert Bené (spécialiste de l'ile de Ré) qui bénéficie d’un franc succès lors des séances de dédicaces. Récemment, au salon du Livre du Bois en Ré, il me disait tout le bien qu’il pensait du Salon de La jarrie...

                Il se trouve qu’il est un ami d’enfance de mon père et que, dans mon souvenir éloigné, je revois responsable du « Ranch » dans l’île de Ré. J’y ai fait ma première initiation au cheval...

                Nous nous retrouvons ainsi trente ans plus tard sur « la même selle » !

Voir les commentaires

L’Homme à la tête de chou... et autres feuilles

Publié le par Eric Bertrand

                J’ai toujours eu un rapport unique avec cet album de Gainsbourg. Cela remonte à loin et je dois beaucoup à ce disque que j’ai immédiatement aimé avec passion. C’est notamment à cette œuvre que j’ai emprunté de larges extraits dans mon adaptation pour le théâtre : « l’Homme à la tête de chou et au cœur d’artichaut ».

                 Je garde aussi dans mes tiroirs, l’idée d’écrire quelque chose à partir de l’œuvre de Gainsbourg...

                 Et voilà une nouvelle qui vient de tomber et qui me réjouit : Bashung, dont j’écoute souvent le dernier album a pu enregistrer avant son décès un album consacré à « la tête de chou », on peut en écouter quelques extraits sur le site suivant : c’est délectable :

 

http://www.lexpress.fr/culture/musique/ecoutez-alain-bashung-chanter-l-homme-a-tete-de-chou-de-gainsbourg_824526.html

Voir les commentaires

Lord Jim, Don Quichotte de la mer, Emma au milieu des bonaces

Publié le par Eric Bertrand

               Don Quichotte partant sur les chevaux de la mer, Mme Bovary rêvant dans la cabine d’un transatlantique... Ce serait un peu ça « Lord Jim » de Joseph Conrad... Un personnage qui rêve au grand océan à partir des lectures de récits héroïques, tempêtes, visions, actes grandioses...

               Autant de motifs qui donneraient la vocation à n’importe quel capitaine en herbe... Et c’est le cas de Lord Jim qui, le moment venu, après des années de traversées monotones, se trouve confronté à une grave avarie et abandonne le navire, et les passagers ( !) pour prendre la fuite.

               Mais, chose inouïe, ces derniers ne périssent pas en mer, ils sont sauvés in extremis et déposent contre le capitaine indigne. Celui-ci est alors torturé de remords, bien conscient en même temps d’avoir manqué « l’exploit » tant attendu. Il ne le voyait pas comme ça l’exploit ! L’exploit avait à ses yeux une allure plus romanesque !

 

Voir les commentaires