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Le livre de Marina Neary (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

Wynfield’s Kingdom

Synopsis

 

                     Welcome to 1830s Bermondsey, London’s most notorious slum, a land of gang wars, freak shows and boxing matches.  Dr. Grant, a disgraced physician, adopts Wynfield, a ten-year old thief savagely battered by the gang leader for insubordination.  The boy grows up to be a slender, idealistic opium addict who worships Victor Hugo.  By day he steals and resells guns from a weapons factory.  By night he amuses filthy crowds with his adolescent girlfriend, a fragile witch with wolfish eyes. Their tragicomic idyll ends when Wynfield falls under the spell of an elusive benefactress and leaves his bohemian, semi-criminal circle to follow her to Westminster.  There, in the company of blue-blooded outcasts, he learns the secret of his origin and the role he is destined to play in the history of England.  Invoking the ghosts of English anarchists, Guy Fawkes and Oliver Cromwell, Wynfield enters the world’s biggest tavern – the Parliament, where he meets the most ruthless boy gang in the world – the British aristocracy.  Using the mixture of chemicals, satire and horror, Wynfield stages an unforgettable performance and subdues the ruling class – if only for one day. 

 

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Le livre de Marina Neary (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

              Les lecteurs de ce blog connaissent Marina, cette amie américaine de longue date. Nous nous sommes connus par le biais de Victor Hugo dont elle est fanatique (le mot n’est pas fort) et notamment de « l’Homme qui rit » puisqu’elle avait eu en main mon essai à propos de ce roman.

              Autre point commun qui nous a rapprochés : le goût pour l’Ecosse et le celtisme. A travers « le Ceilidh », nous avons eu d’intéressants échanges puisqu’elle envisage de le monter un jour sur la scène américaine.

              Marina est en effet comédienne, metteur en scène et auteur. Son premier livre     Wynfield’s Kingdom vient d’être édité et on peut se le procurer via le site Amazon dont voici l’adresse :

 

http://www.amazon.fr/Wynfields-Kingdom-Marina-Julia-Neary/dp/1934757993/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=english-books&qid=1256823462&sr=8-1

 

               J’ai demandé à Marina de bien vouloir présenter son travail et je propose dans les deux jours qui viennent de livrer cette présentation à ceux d’entre vous qui comprennent l’anglais. D’abord le synopsis et puis ensuite une biographie.

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Hommage à Claude Lévi-Strauss

Publié le par Eric Bertrand

          Les familiers de ce blog ont souvent croisé le nom de Levi-Strauss sur les différents articles. Notamment ceux qui ont été consacrés à l’étude de Vendredi ou la vie Sauvage de Tournier, fidèle élève du célèbre ethnologue.

          Ainsi celui-ci intitulé « Elèves de Lévi-Strauss » rédigé en avril dernier et qui annonçait une série d’articles sur le Robinson revisité par Tournier, façon Lévi-Strauss :

 

« Homme, il faut se taire pour écouter le chant de l’espace qui affirme que l’ombre et la lumière ne parlent pas (ces gens méritent plus notre respect que notre curiosité : Monod).

 

         C’est un proverbe touareg que cite en le commentant l’arpenteur de désert qu’était le grand Théodore Monod. Je relis en ce moment des pages de Claude Lévi Strauss dont la leçon essentielle pour les générations futures est dans la même veine.

         C’est aussi la grande leçon du livre « Vendredi ou la vie sauvage », de son illustre élève Michel Tournier.

         Les élèves apprécient en général cette œuvre que je ne me lasse pas d’étudier avec eux : au lycée, c’était la version « Limbes du Pacifique », au collège, c’est la version « Vie sauvage »…

 

         Je souhaiterais terminer cet hommage simplement sur quelques phrases du maître, pillotées çà et là dans son œuvre :

« Le barbare, c’est l’homme qui croit à la barbarie »

« La civilisation mondiale ne saurait être autre chose que la coalition, à l’échelle mondiale, de cultures préservant chacune son originalité »

« Une humanité confondue dans un genre de vie unique est inconcevable parce que ce serait une humanité ossifiée »

« L’aube n’est que le début du jour, le crépuscule en est une répétition »

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Les ressources de la langue et du larynx...

Publié le par Eric Bertrand

                  Pas de triomphalisme du côté de « la belle langue française ». A l’heure des SMS et autres déformations de l’écriture, la tendance actuelle est à l’économie et à la paresse intellectuelle. C’est du reste l’inclination naturelle propre à toutes les langues qui vise à la simplification...

                 Relativisons ces propos en livrant ce matin l’analyse éclairante du linguiste Claude Hagège que je lis et écoute toujours avec délectation...

                 Comment dire la diversité du monde ?... Comment enclore l’infini du monde dans la périphérie limitée de ce qu’il nomme « l’appareil phonateur » qui s’étend des lèvres au larynx ?... Nous ne disposons en français qu’une gamme bien restreinte de sons réalisables, voyelles et consonnes réunies.

                  D’autres langues sont riches d’un nombre beaucoup plus élevé de sons. Claude Hagège cite par exemple dans le Caucase, une langue qui dispose de 56 consonnes ou une autre au Cambodge qui comporte 24 voyelles... Ce qui invite sinon à l’humilité du moins à la curiosité intellectuelle...

                  Heureux le linguiste qui fait souffler dans « son appareil phonateur » les vents du large de toutes les langues !

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L’article du mois : parler de Baudelaire

Publié le par Eric Bertrand

A l’occasion de cette rubrique, je remets en ligne l’article rédigé en début de mois. Rien que pour le plaisir de « reparler de Baudelaire ».

 

             « Homme libre, toujours tu chériras la mer ! », « Fortes tresses, soyez la houle qui m’emporte », « Quand les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne... Je vois se dérouler des rivages heureux qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone... »

             Pas un cours de poésie sans une référence à l’un de mes trois maîtres : Hugo, Baudelaire, Rimbaud. Une évidence à mes yeux : quand on parle de poésie, un seul texte de l’un des trois suffit pour appréhender ce que poétiser veut dire... Et lequel des trois convient le mieux à des adolescents, ou à des étudiants ? Ou, plus exactement, lequel choisir pour « transmettre le message » et donner envie d’aller plus loin ?

             J’ai écrit deux essais sur Hugo, un roman dont le personnage principal est baptisé « Bateau ivre » du fait de son goût pour la poésie de Rimbaud... mais je n’ai écrit qu’une nouvelle et un petit article sur Baudelaire : cf « Baudelaire champion de surf ».

             C’est pourtant celui des trois qui me paraît aller le plus loin dans l’expérience poétique... Oui, Charles, malgré sa raideur de dandy et ses humeurs de cormoran, est à mes yeux le plus compréhensible et le plus viscéralement humain. Baudelaire est avant tout un sensuel. Le poète en lui respire, voit, écoute, savoure, « mange des cheveux bleus » pour quitter « le port » et s’en aller « vers de charmants climats ».

             Au lieu de fermer les yeux et de s’abandonner à la langueur d’un plaisir égoïste, Baudelaire est un virtuose de l’observation et de l’analyse, toujours attentif à ce qui se produit en lui quand il cultive les sensations. Les sens en éveil, il entreprend dans les poémes de « l’Idéal » une quête obstinée qui lui permet de creuser et de dévoiler les ressources de l’imagination. Que ce soit auprès de l’une de ses maîtresses, au fond d’un verre de vin ou sur le culot de sa pipe de hachish, il parvient à faire résonner son vers à 100000 watts. Il est un amplificateur de sensations. Et il tend au lecteur cette magique enceinte... Comme il l’écrit dans « le poème du hachish » :

« Vous croyez être assis dans votre pipe et c’est vous que votre pipe fume. Une question : comment sortirez-vous enfin de cette pipe ? »

             Les poémes de Baudelaire fleurent bon l’Amsterdamer...

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