Comme je le précise dans la
présentation de cette vidéo, il constitue une somme d’expériences menées en Ecosse seul ou avec mon frère, toujours sur le terrain du wild et avec une
large inclination pour le mystère de ce pays et pour ce qui en fait la légende et le romantisme au sens plein, ce qu’un certain James Mac Pherson (plus connu sous le nom d’Ossian) a célébré dans ses anciens poèmes. (Pour ceux que ça intéresse, une série d’articles est consacrée à cet ancien barde dans les pages de ce blog
consacré au Ceilidh : année 2006)
J’ai acheté « l’Homme à la tête de chou » et Sir Henry « Histoire de Mélody Nelson ». Sur nos maigres deniers… A l’époque, acheter un disque, une cassette qui plus est, était pour nous un événement. Sir Henry empilait aux étrennes, les Deutz
Gramophon (er Mozart !) et moi, pas grand chose. Gainsbourg faisait date.
Un beau matin, il arrive dans la cour du lycée, dissumulant dans sa serviette la couverture d’un numéro du magazine « Lui » qu’il entr’ouvre
furtivement… Avec ce petit air de saint homme qu’il a longtemps eu dès qu’il s’agissait de choses intimes (il ne s’est jamais totalement défait de cet
air de Tartuffe qu’il avait un jour accepté de jouer en classe de français) il a murmuré en me dévoilant la couverture froissée : « Eric,
Mélody Nelson, c’est ça !... »
Parenthèse dans la série d’articles consacrés à Gainsbourg.
Il est enfin arrivé
et c’est un régal.
Très belle
production réalisée par mon frère sur les Highlands et toutes ces années de périgrinations et de mythologie écossaise. Fred a construit son montage à
partir de diapos dont les plus anciennes remontent à mon premier séjour dans le Caithness en 1983. Tout a commencé là…
On y retrouve aussi
des morceaux de films, des documents, et même une carte postale scannée. Mais au-delà de ce bonheur d’images artistement traitées avec un fond
d’irisation qui correspond bien à l’esprit de l’Ecosse, on retrouve, à travers ce beau reportage, des fragments de vie et de mythologie
personnelle, des moments d’émotion intense et d’expérience partagée… La traversée de la lande de Kinbrace à Bettyhill, la petite fée des
Highlands, la lande de Guillaume.
Mais je n’en dis
pas plus, le film sera bientôt disponible sur Daily Motion.
Un spectacle comme l’Homme à la tête de
chou et au cœur d’artichaut, entièrement dédié à Gainsbourg, passe inévitablement par la musique du maître, mais j’ai indiqué que j’allais revenir, dans cette série d’articles, sur l’aspect autobiographique.
La découverte de Gainsbourg est
liée pour moi à l’adolescence. A travers deux albums, « l’homme à la tête de chou » et « histoire de Mélody Nelson », que j’ai
découvert avec la complicité de mon copain « Sir Henry ».
A cette époque, nous
préparions le bac de français et nous découvrions avec passion la ciselure poétique de ces textes, la perfection de la forme, les rythmes syncopés et
les rimes originales de ces textes d’un genre si nouveau à nos yeux. Nous étudions Rabelais, Ronsard, Pascal, sous la baguette d’une vieille dame un peu crispée qui nous avait aussi fait sentir
par la fibre la part scabreuse de toute littérature… La suite demain !
Pour y voir Clerc est aussi un ouvrage sur l’impact des chansons sur la mémoire, ce que j’appelle au détour d’une page : « le juke box de la mémoire ». En en parlant avec des amis, j’ai
souvent constaté à quel point les chansons faisaient partie de notre expérience intime et c’est d’ailleurs notamment sur ce constat que je suis parti lorsque j’ai écrit ce dernier
ouvrage.
Il y a eu d’autres affleurements de la chanson dans mes textes. D’abord dans les pièces de théâtre et plus particulièrement leur mise en scène puisque le public a pu
constater à quel point elles tenaient leur place dans la représentation. Sans explorer leur dimension implicite ou autobiographique, elles étaient là et « mettaient en relief » une
histoire, une situation. Je pense évidemment à Gainsbourg, mais également au domaine écossais, à Mike Oldfield et aux airs de country, à Bob Dylan et aux
différentes musiques de films. J’y reviendrai dans les articles qui suivront.
Jack, on the route again ! (scène travaillée en cours)
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/