Le collège a le don de multiplier les sigles (ce qui contribue à m’agacer et à augmenter
l’impression « d’étrangeté » à laquelle j’ai eu l’impression d’être confronté depuis la rentrée. Parmi ces sigles sybillins que les collègues font voltiger avec une confortable aisance,
il y a cette fameuse notion de B2i… J’ai quand même pu m’en faire une petite idée que je formule maintenant pour les nombreux non initiés !
Au détour de l’une de ces réunions échevelées où l’on évoque les difficultés rencontrées par
« l’équipe pédagogique », le principal a rappelé qu’il fallait « saisir nos items »… Renseignements pris sur le tas, entre le café de 10h00 et les élèves à
aller récupérer dans « les cases » des classes : voici un éventail de ces fameux « items » : « s’approprier un environnement informatique, accéder aux logiciels
et aux documents disponibles à partir de mon espace de travail, organiser mes espaces de stockage, paramétrer l’impression… » Charmant ! Il fallait que je prenne d’autres
renseignements, internet, c’est bien aussi pour cela !
Le B2i, en deux mots, c’est l’examen qui valide la pratique de l’informatique au collège. Il
s’acquiert au terme d’un contrôle continu. Les compétences sont validées sur toute l'année, pendant quatre ans et c'est à la fin de la scolarité au collège qu'on fait le bilan, et qu'on voit si
tel élève a acquis toutes les compétences. C’est bien en théorie, mais encore faut-il que la logistique suive et que les tripatouillages des hordes de gamins dans les salles
informatiques leur soient bénéfiques…
A partir de demain, j’indique de quelle façon je vais rendre cette corvée plus enthousiasmante…
Scrupules et tracas : littérature à l’école (8/13)
Suite et fin du commentaire de la collègue qui se demande comment corriger
la littérature de nos élèves. Je vous le livre à votre perspicacité !
« Je ne sais pas du tout si toutes ces explications seront utiles ni même si elles sont très claires. Ce que je peux dire, c’est que les copies m’ont pris
peu de temps à corriger une fois le tableau de coefficients établis. J’ai même pu renoncer à la correction en deux couleurs que j’utilisais jusqu’alors et qui me demandait à chaque fois double
lecture (beurk !). Autre avantage, cela m’épargne la torture de choisir « LA » note à attribuer. En effet, autant il m’est « facile » d’évaluer, autant j’ai du mal à
quantifier en nombre de points mon évaluation. L’usage des barèmes ne me permettait pas de résoudre cette difficulté et je me suis surprise plusieurs fois à « truquer » mes barèmes pour
faire correspondre la note à l’idée que j’avais de la copie. Et puis les barèmes sont toujours faits à la louche (au-delà de 5 ou 6 critères, ils deviennent une torture pour le correcteur) j’ai
donc l’impression que ce système est à la fois plus fiable, plus précis et qu’il me libère du moment de culpabilité où j’appose le chiffre fatal de la note ».
Cris et chuchotements sur le site
Nouvelle parenthèse qui concerne le site… Pour optimiser l’attractivité de ce
site récemment rénové (recrudescence de visiteurs en ce moment du fait de l’actualité Julien Clerc), Jenny vient de rajouter des éléments plus vivants que je vous invite à (re) découvrir
directement en ligne : on se souvient peut-être de l’interview de Patricia Martin à propos des « Nouvelles pour l’été ».
Mais on y trouve également désormais les extraits des pièces de
théâtre (sur « Daily Motion »). De bons moments de partage en direct, c’était cela aussi la magie de l’écriture théâtrale. Bientôt, d’autres extraits viendront enrichir ces
derniers.
Scrupules et tracas : littérature à l’école (7/13)
Deuxième étape sur trois de la proposition de correction d’une valeureuse collègue :
« 1re étape de la correction :
- Je
corrige classiquement en plaçant des codes dans la marge : G (faute de grammaire) V (faute de lexique A (accent) M (majuscule) T (trait d’union) etc.
- Si
mon devoir porte sur un ou deux points précis, je garde un codage spécifique pour ces points afin de repérer rapidement l’acquisition d’une notion. Par exemple, j’avais décidé de faire
travailler sur les connecteurs spatio-temporels j’ai donc marqué dans la marge CT à chaque fois qu’il y avait un problème de ce côté.
2e étape de la correction : je compte
- D’un côté, je compte tout ce qui met à mal la cohérence du récit (erreur de temps, de ponctuation + erreurs sur les connecteurs). Je leur attribue des points selon leur
gravité, en fonction de mes objectifs de leçon. Par ex. pour ce devoir, un élève qui avait fait 4 erreurs de temps (-4), deux erreurs de ponctuation (-2) et une erreur sur les connecteurs (-2)
s’est retrouvé avec « -8 ».
- Puis, je compte le nombre de fautes lexicales ou grammaticales et je note un nombre de points en moins qui peut varier selon que c’est un devoir en classe, à la maison ou
pour toute autre raison. Je peux enlever davantage de points en fonction de ce qui a déjà été vu en classe (par exemple -2 sur « et/est »). Admettons qu’une copie ait eu -10 sur cette
partie. Ainsi, l’élève se trouve avec « - 18 ».
- Je
compte alors le nombre de lignes dans le devoir et je divise le nombre d’erreurs par le nombre de lignes ce qui me donne un coefficient. Supposons que mon élève ait écrit 20 lignes, il
aura donc un coefficient de 0.9 (en divisant les 18 points par les 20 linges) soit une note de 15.5/20 d’après mon tableau. »
« Les Chevaux de la mémoire » chez Scripta
Dans le prolongement de mes états d’âme d’hier, j’ai lu dans le blog de mon ami
Francis (voir le lien dans la rubrique « mes liens ») d’autres considérations sur l’étrange sentiment qu’un auteur éprouve quand son livre sort.
Je vous invite à consulter ses récents articles qui accompagnent la nouvelle de la
publication chez Scripta de son ouvrage : « les Chevaux de la mémoire », une œuvre pleine de sensibilité et de rudesse, que j’ai eu le plaisir de découvrir en
avant-première en avril dernier.