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« Cyber café 4.4 » : « Commémoration du Goncourt des lycéens » (8/8)

Publié le par Eric Bertrand

« Je viens de 
me faire adresser des reproches par le jeune homme chargé des TICE au 
lycée parce que le Rectorat les aurait agonis d’avoir voulu installer 
un forum, acte contraire à sa politique (celle du Rectorat). 
L’administration est en émoi, mais ne m’en a rien dit (je les ai 
entendus causer de moi dans le téléphone en appelant le 
secrétariat…). Le forum n’est toujours pas installé (j’en ai demandé 
l’autorisation à  la rentrée, et je devais le modérer, en outre) et je 
suis une criminelle en puissance, je le sens bien !... »
« Je ne résiste pas au plaisir de vous faire profiter de la prose de mon 
pro adjoint :
**J'avais insisté  sur le contrôle à priori par vous même des messages 
publiés, dont vous même en avez convenu, or, dés mon premier essai 
j'ai publié un message en direct avec un contenu fantaisiste. C'est 
pourquoi sans plus attendre,  mais tout en informant l'assistant informatique] de la raison, j'ai interrompu ce 
forum. Nous ne pouvons supporter l'utilisation d'un site en ligne pour 
lequel n'importe qui peut publier n'importe quoi en direct. La 
responsabilité de l'établissement est engagée directement et ce n'est 
pas acceptable. Que pourrais-je répondre à un collègue mis en cause 
par un éventuel message ? un propos raciste ? Si cela devait arriver 
vous ne seriez pas la première mise en cause. Les risques inhérents au 
fonctionnement d'un établissement tel que le nôtre sont suffisamment 
nombreux, pour ne pas en ajouter  d'inutiles.
Néanmoins lorsque vous aurez trouvé les solutions techniques adaptées 
au contrôle à priori des messages, n'hésitez pas à venir me soumettre 
ce nouveau projet. Contrairement à ce que vous semblez exprimer je 
l'examinerais de manière bienveillante.* »
 
              Ces deux messages montrent bien qu’on ne contrôle jamais tous les gens qui s’invitent au café et que celui qui se tient au percolateur doit constamment moudre son grain ! On en a marre de café et c’est terminé, on attend que ça se tasse
 

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« Cyber café 3.4 » : « Commémoration du Goncourt des lycéens » (7/8)

Publié le par Eric Bertrand

              (…) Mais comment relayer et créer une vraie plate-forme lisible à tous ? Je tenais un blog de nature littéraire depuis environ deux ans. http://genese.over-blog.com. Le matin du 5.09, j’y ai intégré une « rubrique Goncourt » et j’ai commencé à raconter par le menu tout ce qui avait trait au Goncourt, tout, absolument tout… Son organisation matérielle, la rotation des livres, la coopération avec les partenaires, les contacts, le financement, les sourires et les grincements de dents, le dévoilement du projet, les réactions des principaux intéressés, la lecture des romans, les activités autour, le cahin-caha du programme académique et le chaos du Goncourt... Bref, le quotidien d’un prof chahuté par douze livres qui s’invitent dans sa classe, son établissement, sa bibliothèque, sa vie personnelle, sa tasse de … café : couleur café, que j’aime ta couleur café !
              Et, à la table du café, ils sont nombreux à venir s’asseoir cinq minutes siroter le petit noir. Chacun y va de soncommentaire. Vide son sac, confie ses angoisses ou ses joies. Parallèlement, les communications entre collègues vont bon train sur ce qui est devenu une « liste de diffusion »… Je les pousse vers le blog et vers le café… Un consommateur qui passe au cyber, c’est une ville qui entre avec lui, une région, un environnement, des élèves, des forums. Avec les documentalistes de Fulgence, Florence et Gwenaëlle on s’enivre de café. Les témoignages bouillonnent, les avis fusent, on ne boit plus, on écrit, on pianote, on parle, de tout, d’enfance, de désert, de totalitarisme, de société, de sexe, évidemment. L’amour sans philosopher, c’est comme le café plus vite passé mais que veux-tu que j’y fasse ? Car il n’est pas facile de tenir un blog au sein d’un établissement, l’outil internet « fait TICER » : je citerai pour exemple ces propos de deux collègues recueillis dans le blog               (…)

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« Cyber café 2.4 » : « Commémoration du Goncourt des lycéens » (6/8)

Publié le par Eric Bertrand

              (…) Tout a commencé à Paris, un jour de juillet 2006. Oh, pas au Café de Flore ni au café Procope, mais simplement dans la salle de réunion d’un établissement parisien. On était à peu près tous là, réunis entre gens qui acceptaient de s’embarquer dans l’aventure du Goncourt... J’aime autant vous dire qu’épuisés par les derniers oraux, les copies diverses, dans ce début d’été rayonnant, on n’en menait pas large… Mais on s’embarquait tout de même. Le Goncourt, ça fait comme le café, rien qu’à exciter, rien qu’à énerver… A l’issue de la réunion, on a compris le message, on a puisé la lumière du phare, un dernier petit noir pour la route, on n’allait peut être jamais se revoir, jamais plus entendre parler les uns des autres, et mener notre équipage en pleine mer. On deviendrait des rameurs fous divaguant sous la bannière d’un établissement perdu dans les courants contraires. Bien sûr, il y aurait les coups de fil du délégué régional, les collègues, les faisceaux de lumière de la FNAC, là-bas, tout là-bas, au bout de l’horizon !
              Début septembre, j’ai reçu comme tous les capitaines de vaisseau, un mail de l’association « Bruit de lire ». J’ai aussi lu les noms des autres destinataires et c’est là que j’ai deviné l’odeur du café. Une soixantaine de contacts… Ce café dont je rêvais, il allait ouvrir ses portes à des lecteurs de partout, et n’importe quand. Les gens viendraient y échanger sur leurs insomnies et leurs idées blanches. Professeurs hagards, lecteurs insomniaques. J’ai lancé la bouteille à la mer. Je le tenais virtuellement dans la transparence de la bouteille ce cyber café du Goncourt. C’est quand même fou l’effet, l’effet que ça fait… (…)

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25.10. « Commémoration du Goncourt des lycéens » (5/8) : « cyber café 1.4 »

Publié le par Eric Bertrand

Comme je l’ai indiqué au début de cette série d’articles, « le jeu » consistait aussi pour chacun des intervenants à livrer une communication sur un aspect du vécu lié au Goncourt. Je vais donc, dans les trois jours à venir, donner en épisodes ce que j’ai proposé en matinée à la salle très attentive et presque « recueillie » pendant toute la commémoration…
Couleur cyber café
              « Des écrivains comme Camille Laurens ou Alain Fleisher nous ont montré que l’intertexte donnait une jubilation supplémentaire à la communication littéraire… Pour cette « communication » autour du Goncourt et de l’internet (ce que l’éducation Nationale nomme peu élégamment « les TICE »), j’ai choisi de vous raconter une petite fable sur le café et de jouer moi aussi sur un intertexte peut être moins académique que Benjamin Constant ou Marcel Proust. Pour des raisons de temps, (espresso per favore), acceptez que je la lise au lieu de vous la dire ou pire, de vous la chanter.
              Sur la cadence d’un texte de Gainsbourg, je voudrais simplement rendre hommage au café. Cyber café, que j’aime ta couleur café… J’ai toujours aimé les cafés. Pas le café gris qu’on jette au fond du gobelet dans les matins pisseux du pousse-chagrin, pas le café éprouvette qu’on dégomme sur un quai de gare sous les hauts-parleurs. Non, plutôt quelque chose comme le café philosophique à la sortie du spectacle ou le café littéraire, en compagnie d’un bon libraire et de bons lycéens qui ont des livres de poches sous les yeux. Alors j’entends murmurer tous ces bracelets, jolis bracelets de la pensée… »

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« Commémoration du Goncourt des lycéens » : retour sur La Rochelle (4/8)

Publié le par Eric Bertrand

              Après la rencontre, samedi, en fin d’après-midi, j’ai repris la voiture pour un retour sur La Rochelle. Le temps de parcours est assez long (environ trois heures) et je me suis trouvé dans la situation de mon narrateur dans « Pour y voir Clerc »…
              Celui qui me représente dans la partie directrice de l’ouvrage, qui fait l’expérience de la cassette-madeleine et qui ouvre, à travers les différents morceaux qu’il écoute dans la voiture des « coffrets de temps perdu »… Je rappelle pour le lecteur que cette situation n’a pas existé, et que c’est seulement une ficelle narrative pour assurer le lien entre les morceaux de Julien Clerc évoqués dans le livre.
              Quoi qu’il en soit, samedi, je me suis offert une série de vieux Julien Clerc en forçant le volume du lecteur de CD… « la Californie », « Niagara », « Zucayan », « Ce n’est rien », « l’élépant est déjà vieux »… Comme il y a toujours dans mes écrits un support auditif (l’oreille me fait écrire comme pour d’autres c’est l’œil, ou le nez ou la bouche !), je me suis senti en profonde harmonie avec une part de moi-même par la conscience presque « rassurante » d’avoir écrit sur ces textes que je me délectais davantage à écouter. Le livre va bientôt sortir, et cette évidence produit un apaisement. J’avais fait la même expérience en écoutant les vieux airs écossais après le Ceilidh, ou les airs siciliens après le Ponton. Ainsi l’écriture continue-t-elle l’exploration des fragments du vécu qui sont aussi des fragments d’univers ou d’interrogation (Celtisme, mythe américain, rêve italien, chanson populaire, grands auteurs, sensations, imaginaire, enfance, condition humaine…).

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