Dans le prolongement de l’article d’hier et pour anticiper sur celui de demain, je signale aujourd’hui l’important
travail de saisie qu’est en train de réaliser mon frère autour de « la Route, la poussière et le sable » : la numérisation et l’animation de l’ensemble des diapos
réalisées sur la route pendant le fameux voyage aux States en auto-stop.
Voici deux de ces diapos marquées par une époque et la fraîcheur éphémère du début de voyage, entre
Montréal et New York (15000 kms avant la fin environ)
J’ai vingt-trois ans. Je suis en train d’accomplir « le virage ». Le voyage aux Etats-Unis en
auto-stop juste avant de partir « en mission » pour un an dans les Highlands d’Ecosse. Deux pays qui vont me marquer profondément et générer des livres.
La référence aux States est importante dans le livre car le
thème américain a été un peu « anticipé » par les chansons de Julien Clerc…
J’y accorde aussi de l’importance dans la construction même de
l’autobiographie dans la mesure où l’expérience américaine renvoie à ce que la vie peut offrir d’exaltant pour « tirer » un accidenté grave (référence au 1er
décembre 1970, date où je tombe dans le coma) vers la résistance contre la mort clinique.
Heading to California, through Arizona. "Le Caravanier".
J’ai quatorze ans. Je n’écoute que Julien Clerc. Je vis dans un environnement de
posters et je guette les 33 tours de l’idole. Quatorze ans. Age trouble dont j’évoque les contradictions dans l’ouvrage.
Avec mon frère, éternel complice à qui je consacre la dédicace de « Pour y voir Clerc »,
(je reviendrai prochainement sur cette dédicace), nous dormons dans un « lit-bateau ». Il est au-dessous…
Bref, j’ai opté pour une série de trois photos qui mettent en relief l’évolution du « je » et les trois « âges » auxquels il est fait référence dans le
récit : six ans, quatorze ans et vingt trois ans.
A six ans, j’entends des airs à la radio et cela attire mon attention. Quelques airs de l’époque sont évoqués dans le début de
l’ouvrage : je les entends chez mes grands-parents qui habitent à Metz, Sacha Distel, Gigliola Cinquetti, Dalida… On se souvient du grand-père italien et de la nouvelle : « Au
cinquième étage sans ascenseur »…
Combien de lecteurs flânant dans les rayons des librairies sont sensibles à la couverture… Un
éditeur soigne toujours sa couverture et Aléas attache une importance particulière à l’exploitation de l’image (ils éditent d’ailleurs beaucoup d’ouvrages relatifs à la
photographie et au cinéma)
L’idéal eût été de reproduire en couverture du livre l’un des albums phares de l’œuvre :
« Ce n’est rien » ou « la Californie » (d’ailleurs, je les décris dans deux passages distincts) mais cela eût nécessité l’accord du photographe de
l’époque, etc…
Mais l’ouvrage est surtout de nature autobiographique. Dès demain, je propose de mettre en ligne
les trois photos retenues et de justifier le choix.
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/