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« Cyber café 2.4 » : « Commémoration du Goncourt des lycéens » (6/8)

Publié le par Eric Bertrand

              (…) Tout a commencé à Paris, un jour de juillet 2006. Oh, pas au Café de Flore ni au café Procope, mais simplement dans la salle de réunion d’un établissement parisien. On était à peu près tous là, réunis entre gens qui acceptaient de s’embarquer dans l’aventure du Goncourt... J’aime autant vous dire qu’épuisés par les derniers oraux, les copies diverses, dans ce début d’été rayonnant, on n’en menait pas large… Mais on s’embarquait tout de même. Le Goncourt, ça fait comme le café, rien qu’à exciter, rien qu’à énerver… A l’issue de la réunion, on a compris le message, on a puisé la lumière du phare, un dernier petit noir pour la route, on n’allait peut être jamais se revoir, jamais plus entendre parler les uns des autres, et mener notre équipage en pleine mer. On deviendrait des rameurs fous divaguant sous la bannière d’un établissement perdu dans les courants contraires. Bien sûr, il y aurait les coups de fil du délégué régional, les collègues, les faisceaux de lumière de la FNAC, là-bas, tout là-bas, au bout de l’horizon !
              Début septembre, j’ai reçu comme tous les capitaines de vaisseau, un mail de l’association « Bruit de lire ». J’ai aussi lu les noms des autres destinataires et c’est là que j’ai deviné l’odeur du café. Une soixantaine de contacts… Ce café dont je rêvais, il allait ouvrir ses portes à des lecteurs de partout, et n’importe quand. Les gens viendraient y échanger sur leurs insomnies et leurs idées blanches. Professeurs hagards, lecteurs insomniaques. J’ai lancé la bouteille à la mer. Je le tenais virtuellement dans la transparence de la bouteille ce cyber café du Goncourt. C’est quand même fou l’effet, l’effet que ça fait… (…)

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25.10. « Commémoration du Goncourt des lycéens » (5/8) : « cyber café 1.4 »

Publié le par Eric Bertrand

Comme je l’ai indiqué au début de cette série d’articles, « le jeu » consistait aussi pour chacun des intervenants à livrer une communication sur un aspect du vécu lié au Goncourt. Je vais donc, dans les trois jours à venir, donner en épisodes ce que j’ai proposé en matinée à la salle très attentive et presque « recueillie » pendant toute la commémoration…
Couleur cyber café
              « Des écrivains comme Camille Laurens ou Alain Fleisher nous ont montré que l’intertexte donnait une jubilation supplémentaire à la communication littéraire… Pour cette « communication » autour du Goncourt et de l’internet (ce que l’éducation Nationale nomme peu élégamment « les TICE »), j’ai choisi de vous raconter une petite fable sur le café et de jouer moi aussi sur un intertexte peut être moins académique que Benjamin Constant ou Marcel Proust. Pour des raisons de temps, (espresso per favore), acceptez que je la lise au lieu de vous la dire ou pire, de vous la chanter.
              Sur la cadence d’un texte de Gainsbourg, je voudrais simplement rendre hommage au café. Cyber café, que j’aime ta couleur café… J’ai toujours aimé les cafés. Pas le café gris qu’on jette au fond du gobelet dans les matins pisseux du pousse-chagrin, pas le café éprouvette qu’on dégomme sur un quai de gare sous les hauts-parleurs. Non, plutôt quelque chose comme le café philosophique à la sortie du spectacle ou le café littéraire, en compagnie d’un bon libraire et de bons lycéens qui ont des livres de poches sous les yeux. Alors j’entends murmurer tous ces bracelets, jolis bracelets de la pensée… »

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« Commémoration du Goncourt des lycéens » : retour sur La Rochelle (4/8)

Publié le par Eric Bertrand

              Après la rencontre, samedi, en fin d’après-midi, j’ai repris la voiture pour un retour sur La Rochelle. Le temps de parcours est assez long (environ trois heures) et je me suis trouvé dans la situation de mon narrateur dans « Pour y voir Clerc »…
              Celui qui me représente dans la partie directrice de l’ouvrage, qui fait l’expérience de la cassette-madeleine et qui ouvre, à travers les différents morceaux qu’il écoute dans la voiture des « coffrets de temps perdu »… Je rappelle pour le lecteur que cette situation n’a pas existé, et que c’est seulement une ficelle narrative pour assurer le lien entre les morceaux de Julien Clerc évoqués dans le livre.
              Quoi qu’il en soit, samedi, je me suis offert une série de vieux Julien Clerc en forçant le volume du lecteur de CD… « la Californie », « Niagara », « Zucayan », « Ce n’est rien », « l’élépant est déjà vieux »… Comme il y a toujours dans mes écrits un support auditif (l’oreille me fait écrire comme pour d’autres c’est l’œil, ou le nez ou la bouche !), je me suis senti en profonde harmonie avec une part de moi-même par la conscience presque « rassurante » d’avoir écrit sur ces textes que je me délectais davantage à écouter. Le livre va bientôt sortir, et cette évidence produit un apaisement. J’avais fait la même expérience en écoutant les vieux airs écossais après le Ceilidh, ou les airs siciliens après le Ponton. Ainsi l’écriture continue-t-elle l’exploration des fragments du vécu qui sont aussi des fragments d’univers ou d’interrogation (Celtisme, mythe américain, rêve italien, chanson populaire, grands auteurs, sensations, imaginaire, enfance, condition humaine…).

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« Commémoration du Goncourt des lycéens » : le discours de Philippe (3/8)

Publié le par Eric Bertrand

              Parmi les temps forts de ces discours prononcés par tous ceux qui ont « mouillé leur chemise » à l’occasion de ces années de Goncourt, il y a eu celui de Philippe.
              J’ai retrouvé à travers ce qu’il a dit le compagnon et complice au lycée de Loudéac, celui qui, pendant que je menais l’aventure « Black Polaroïd » faisait écrire un roman-photos à ses élèves, celui qui se promenait un Rimbaud sous le bras et parlait de la force concrète de la littérature…
              En effet, dans son discours, il a parlé du Goncourt comme d’une « aventure » qui devait permettre aux élèves de sortir de « l’ornière » stigmatisée par Rimbaud et de construire avec le professeur une expérience unique et fragile, celle de la lecture partagée…

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Commémoration du Goncourt des lycéens : (2/8) Chaussée de la madeleine, à Nantes...

Publié le par Eric Bertrand

              J’ai souhaité faire escale à Nantes vendredi soir… Il y a dans Nantes des souvenirs vifs. Je ne me suis jamais détaché de cette ville où j’éprouve toujours un plaisir savoureux à flâner. Ville surréaliste qui a conquis Breton, les surréalistes, Julien Gracq, et le jeune professeur venu enseigner pour la première fois au lycée.
              Second volet de l’aventure de « Colette if du Loup des Acqs »… Au tournant du siècle, c’est du côté de Nantes que l’écrivain collectif du lycée se tourne. Une opération de mémoire est proposée aux Nantais dans le cadre du « Grenier du siècle », sur le site de l’ancienne usine LU. L’objectif consiste à léguer un objet à un descendant, juste avant la fermeture des portes, le 1er janvier 2000… et le 1er janvier 2100, elles s’ouvriront à nouveau.
              Sur cette base réelle, j’ai proposé à chacun de mes nouveaux élèves de première L l’écriture de nouvelles qui les mettraient en scène à travers une lettre et un objet destinés à leur descendant. Passionnant dialogue et fascinant tête à tête, en dépit des règles du temps et de l’espace… Quel objet choisissent-ils ? Quelles valeurs cherchent-ils à transmettre ? Quelle représentation ont-ils de leur descendant ? Leur ressemble-t-il ? Comment la ville de Nantes va-t-elle évoluer en un siècle ?... Telles sont quelques unes des questions qu’ils se sont posées, avant de rejoindre la cité des Ducs de Bretagne un jour de juin à l’occasion d’une émission sur Radio Nantes et d’une signature au Lieu Unique, librairie située à deux pas du fameux grenier !
             Au fait, il est situé Chaussée de la Madeleine, située juste au pied de l’ancienne usine LU.

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