C’est la théorie de Michel Schneider (écrivain psychanaliste, découvert dans ce blog l’an dernier à
propos de son beau roman sur Marilyn Monroe) : tout écrivain, tout individu même ne fait que reproduire des mots qui ne lui appartiennent pas.

Cela me rappelle les propos désobligeants d’une collègue à propos de mon « Loft History
2084 » qu’elle accusait de « plagiat ».
A cette époque, mon intention était, dans mes pièces, de servir la littérature par des œuvres revisitées et
recréées. Par des clins d’œil littéraires, je voulais rendre Orwell ou Tennessee plus accessibles, et montrer en même temps leur incroyable modernité dans des domaines
comme celui de la téléréalité ou de « l’ultra moderne solitude » chère à Souchon…
Retour du Goncourt (2/2)
J’ai en effet participé à deux reprises à cette opération qui vise à promouvoir la
littérature contemporaine dans le cadre des lycées. Comme je l’évoquais rapidement dans l’article précédent, l’association qui organise l’expérience intérieure des régions me proposait ce titre
d’intervenir au cours d’une réunion afin de présenter plus particulièrement le travail que j’ai proposé dans le cadre de l’utilisation de l’outil internet.
On se souvient peut-être que, sitôt que l’opération avait commencé, j’ai voulu la mutualiser les expériences
menées en classe et en lecture avec l’ensemble des collègues afin de collaborer en direct. Je vais donc présenter une synthèse de ce que cette collaboration accrue a apporté à l’esprit
du Goncourt des lycéens.
Retour du Goncourt (1/2)
On se souvient de la grande époque du Goncourt des lycéens qui avait doublé ce blog (à
l’époque consacré à la mise en scène du « Ponton ») d’une rubrique spéciale (voir les pages écrite entre septembre et décembre 2006)
Grand moment de partage autour des livres de la rentrée littéraire et plaisir de se retrouver
autrement que dans la structure des cours habituels. Voici la bonne surprise mail que j’ai reçue récemment.
Nous fêtons cette année les 20 ans du Goncourt des lycéens en
organisant une journée destinée aux anciens participants,
enseignants, documentalistes et élèves... Le rendez-vous est fixé à
Rennes le samedi 20 octobre prochain (oui c'est très bientôt...) pour
une journée d'études et d'échanges baptisées "le Goncourt des
lycéens, 20 ans après".
Nous y prévoyons une série de témoignages d'anciens participants
entrecoupés d'extraits des 19 romans lauréats lus par des lycéens
rennais, une analyse sociologique de la formation du jugement dans le
cadre de cette opération (par Martine Burgos), un regard critique sur
les choix des lycéens depuis la création du Prix (par Philippe-Jean
Catinchi), le tout sous le regard bienveillant d'Edmonde Charles-Roux.
organisant une journée destinée aux anciens participants,
enseignants, documentalistes et élèves... Le rendez-vous est fixé à
Rennes le samedi 20 octobre prochain (oui c'est très bientôt...) pour
une journée d'études et d'échanges baptisées "le Goncourt des
lycéens, 20 ans après".
Nous y prévoyons une série de témoignages d'anciens participants
entrecoupés d'extraits des 19 romans lauréats lus par des lycéens
rennais, une analyse sociologique de la formation du jugement dans le
cadre de cette opération (par Martine Burgos), un regard critique sur
les choix des lycéens depuis la création du Prix (par Philippe-Jean
Catinchi), le tout sous le regard bienveillant d'Edmonde Charles-Roux.
Dans ce courrier d’invitation, on m’offre une intervention, laquelle ? J’y reviens demain.
Shakespeare : « Peines d’amour perdues » à la Coursive (3/3)
Le propos de Shakespeare dans sa pièce me rappelle cet éternel affrontement des sexes auquel j’ai été sensible dans les mises en scène passées. C’était la même
chose dans « Beaucoup de bruit pour rien », « Comme il vous plaira » et dans « La Mégère apprivoisée » : une vigoureuse arrogance et une aptitude
« à tourbillonner par les mots », de désopilants raidissements afin de dire non à l’amour.
Cette situation est particulièrement théâtrale et aboutit à
de singulières joutes ou à de savoureux monologues où les personnages sont confrontés à leurs contradictions et leur ridicule. Shakespeare excelle dans ces moments
de lucidité accrue où le masque tombe et où le corps (et parfois l’obscénité du désir et des pulsions) s’exprime directement. Pour cela j’ai notamment apprécié la
traduction (et les jeux de scène) mise au goût du jour qui parvient à décaper le texte des pudeurs ou pudibonderies de François-Victor Hugo (ce dernier fait toujours autorité dans
la plupart des éditions de poche en circulation.Shakespeare : « Peines d’amour perdues » à la Coursive (2/3)
Mon arrivée à Loudéac avait été marquée par la mise en scène de « Beaucoup de bruit pour
rien » puis par celle de « Comme il vous plaira » et de « la Mégère apprivoisée » (voir photos dans le site). On retrouve tout
dans « Peines d’amour perdues » le même brio et la même fantaisie qui font le charme des comédies de Shakespeare. En même temps ce goût du verbe, ce délire des mots et
le caractère farfelu de certaines situations propres à bouffonner.
Ainsi pour le lecteur qui ne connaîtrait pas cette comédie, le sujet en est simple : quatre
gentilshommes décident de ne se vouer qu’à l’étude pendant trois ans. Cela implique qu’ils fermeront leurs portes à tous les plaisirs et à toutes les dames. Or, manque de chance,
(ou providence ?) un quatuor de jeunes femmes passe par là et met aussitôt en difficulté et les jeunes arrogants.