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Epreuves du loft : Loft Story version TF1 (6/7)

Publié le par Eric Bertrand

« (…) Bien sûr, la télé réalité n’a pas échappé non plus au soupçon. Avec ses candidats testés, contraints de se plier au jeu de rôle réécrit. Mais elle les a vite retournés à son avantage, récupérant le concept de manipulation pour créer de nouveaux jeux (…) »
 
Loft History 2084 : (Acte 2, Scène 2)
 
« (…) Lex : Pour résumer cette brillante démonstration, vous êtes dans le loft comme dans un séminaire expérimental. Vous serez guidés par les nombreuses astuces que la direction des programmes vous a concoctées ! Acceptez tout, les conseils, les consignes, les interruptions momentanées, les spots publicitaires et vous deviendrez ainsi les vedettes incontestables du XXIIème siècle.
 
Happy Face : Don’t forget : relax, relax…
 
Piou Piou :  Piou piou piou dans ton corps !… Un oiseau sur la branche !
 
Lex : Attention en régie, on donne le feu vert ! Je veux quelque chose de spectaculaire !… Pour se mettre dans l’esprit de l’ancien loft, vous allez commencer par reprendre les extraits de Ionesco que je vous ai distribués et demandé d’apprendre ! (cavalcade, mise en place des caméras). Tarzan, Bobby, La Goulue, Rosalinde! En coulisses de ce côté là ! Alpha, Diva, Fleurette, Happy Face, Béta, de ce côté-ci ! (…) »   

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 Don't Move ! And listen to what I'm telling you !

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Corps brûlant… Loft Story version TF1 (5/7)

Publié le par Eric Bertrand

« (…) Des émissions multiplient les confessions d’anonymes sur leur drame personnel ou sur des sujets jadis tabous comme le viol, la drogue, la sexualité. Mais un palier a été franchi. Avec le loft, on est passé du témoignage à la démonstration. Avant, l’impudeur était véhiculée par la parole, elle se traduit désormais par les actes. Loana ne raconte pas comment elle fait l’amour dans une piscine : elle le montre (...) »
 
Loft History 2084 : (Acte 1, Scène 2) Entrée en scène des Indécents : chorégraphie sensuelle.
 
« (…) Témoin I : J’avais de longs cheveux qui dansaient sous le soleil et jusqu’en bas des reins. Je butinais, je voletais … Abeille insatiable, excitée de pollens de toutes sortes, j’évoluais de garçon en garçon avec grâce et légèreté. Inconstante et libertine, je me jouais de tout. Mais aujourd’hui, ma chevelure s’est accrochée à un mauvais chardon, et mes essences précieuses douloureusement se dissipent …
 
Témoin II : Et mes fesses et mes hanches ! … Quel programme ! Quel show pour allumer les hommes !… J’avais ça dans le sang et la moelle épinière, et je me balançais tout au long des trottoirs où j’affichais mes grâces… Mais aujourd’hui, l’anesthésie coule dans ma croupe, met du marbre dans mes jambes, dans mes reins, dans mon dos, mes épaules, mon ventre.
 
Témoin III : Mon plus grand plaisir était de tomber amoureuse ! J’aimais l’amour ! J’aimais sentir mon cœur s’emballer, rougeoyer, crépiter, trembler mes mains, flageoler mes genoux, pulser mes veines... Mais aujourd’hui tout s’est arrêté, et je sens la mort qui s’empare de moi, qui m’étreint le cœur et les veines, qui me ronge les mains, les genoux…
 
Témoin IV : J’avais un corps brûlant, un cœur battant, j’avais des partenaires d’un instant. Comme je les enlaçais, comme je les caressais, les embrasais, les tripotais et comme je les serrais contre moi !… Mais aujourd’hui mes doigts se sont décharnés et ils ne me servent plus qu’à gratter mon ventre inlassablement.
 
Témoin V : J’aimais à caresser la peau des hommes, à embrasser leurs lèvres, à partager leurs frissons, à butiner leur épiderme. Je suis aujourd’hui usée dans ma chair et une petite bête qui monte, qui monte, qui monte, me travaille la plante des pieds, m’arrache les ongles et me tire les cheveux.
 
Témoin VI : Dans les rues où je circulais librement, si vous saviez quel était mon plaisir à traquer la beauté des femmes. Je repérais les plus belles, je promenais sur elles un regard gourmand, je m’excitais, m’excitais, m’approchais toujours plus, toujours plus… Et alors, et alors … ma main osait s’aventurer sur les zones les plus bombées et les plus séduisantes… Mais aujourd’hui mes pieds sont devenus rigides, mes chevilles se brisent, mes articulations craquent, je suis le prince aboli d’un château de cartes (…)

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Just freedom...

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Orwell dans le loft. Loft Story version TF1 (4/7)

Publié le par Eric Bertrand

                 Autre effet de la télé réalité, ce qu’elle a apporté au contenu des fictions :
« (…) Les scénaristes en ont vite intégré les codes : des dialogues plus réalistes, des scènes plus crues, une esthétique de l’image volée. Si l’on gratte le vernis du succès des séries américaines, on trouve toujours Big Brother derrière… ce qui est sûr, en revanche, c’est que l’audience de la télé-réalité a rendu la fiction plus offensive et audacieuse (…) »
 
Loft History 2084 : (Acte 1, Scène 3)
 
Big Brother : (vexé, redevenant sérieux). C’est donc bien au spectacle vivant qu’il nous faut livrer la dernière bataille ! Détruisons les théâtres, interdisons les spectacles de rue et nous aurons cause gagnée !
 
360 Spot : La violence et la répression sont encore impuissantes face à l’esprit de résistance, mais vous savez très bien que depuis la fin du XXème siècle, du côté de l’image est la toute puissance. 357 Magnum me faisait consulter récemment un extrait du deuxième ouvrage de référence : « 1984 » de Georges Orwell. On peut lire cet extrait comme on lirait le témoignage de n’importe quel cinéphile d’aujourd’hui. En cela, Orwell ne s’était pas trompé sur le progrès de notre civilisation… 357, si vous voulez bien lire le témoignage…
 
357 Magnum : (lisant) « Hier, soirée au ciné. Rien que des films de guerre. On voyait un homme criblé de trous et la mer devenait rose autour de lui. Le public riait à gorge déployée quand il s’enfonça. On voyait ensuite un canot de sauvetage plein d’enfants. Un hélicoptère lâcha sur eux une bombe de vingt kilos qui éclata avec un éclair terrifiant et le bateau vola en éclats. Des bras d’enfants furent projetés en l’air. Il y eut des applaudissements nourris venant des fauteuils… » 
 
(Je précise que ce passage en italiques est la reproduction d’un extrait de 1984 d’Orwell.)

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Let's go Shotgun ! Action !

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« Visage lisse » : Loft Story version TF1 (3/7)

Publié le par Eric Bertrand

A en croire les statistiques du blog, cette série d’articles sur le loft attire de nouveaux lecteurs : je rappelle pour eux qu’il y a moyen de voir quelques extraits des coulisses de la pièce sur « Daily motion » à l’adresse suivante :
 
              Reprenons l’article du Télérama : « (…) Usé le Loft ? Pas tant que ça : TF1 nous en catapulte ces jours-ci une resucée, « Secret Story » censée être encore plus proche de l’original néerlandais « Big Brother » et son parti pris de filmer des inconnus à huis clos (…) »
 
Loft History 2084 : (Acte 1, Scène 3)
 
« (…) Big Brother : Cependant le concept de l’émission est resté dans les esprits. Dés le début des années 2000, les lofteurs sont devenus des héros. En 2050, Loana est rentrée au musée Grévin et a remplacé le buste du dernier homme de science. Plus de vieux, plus de rides, plus de fronts intelligents, plus d’airs inspirés !…Mais Loana au musée Grévin incarne la sensualité, le désir, la concupiscence, le vice, bref les causes les plus élémentaires de la maladie que nous nous employons à combattre … Il faudra à terme éliminer Loana et aboutir au visage lisse et transparent.
 
Big Mother : Alors notre idée est la suivante : trouvons au moins un individu du type mâle reproducteur non contrôlé, entourons le de femelles en chaleur et proposons une nouvelle édition du Loft … Une édition différente cependant de celles que nous avons pu connaître par le passé … une édition non plus bêtifiante mais au contraire faussement intelligente avec des lofteurs comédiens de théâtre qui appartiendront forcément à la caste des « Indécents » et qui, tout naturellement, paraîtront brillants, rebelles, cultivés, curieux de tout. Bref, un Loft qui sera, au bout du compte, un miroir aux alouettes destiné à confondre une bonne fois pour toutes tous les amateurs de grands sentiments, tous les touche à tout du théâtre, tous les saltimbanques de tout poil, cracheurs de feu de Shakespeare, de Marivaux et d’Ionesco, germes d’épidémie définitivement pistés.
 
360 Spot : (enthousiasmée). Et ainsi nous triompherons du mal par l’image ! Et ainsi les écrans seront propres, astiqués, détachés, impeccables, irréprochables.
 
358 Shotgun : Et ainsi nos divisions de pompiers pourront cesser d’allumer des feux et pourront jusqu’à la nuit des temps allumer leurs mégots et les regarder fumer !
 
357 Magnum : (émerveillée).  Et ainsi la Police Urbaine pourra indéfiniment astiquer le cuir des révolvers et des belles combinaisons luisantes qu’on met sur les motos ! (…) »

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 Do what I want and don't do what I do !

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Loft Story version TF1 (2/7)

Publié le par Eric Bertrand

            Je reprends mon analyse de la télé réalité avec pour objectif de mettre en regard l’article évoqué et des extraits de « Loft History 2084 ». Pour apprécier l’impact de ce type d’émission, l’article du « Télérama » commence par une analyse selon laquelle la télé-réalité a véritablement envahi le petit écran. En témoignent les reportages diffusés autour des cérémonies d’investiture du président à l’Elysée…
 « (…) Dans cette émission, l’important n’est pas tant ce qu’on montre que le seul fait de montrer. Tout et tout le temps (comme dans Loft Story, l’émission de M6 qui exhibait en continu le quotidien de 12 colocataires) quitte à engager un marathon de petits faits et de longs vides où se mêlent la solennité et le trivial, le public et le privé … »
 
Loft History 2084 : (Acte 2, Scène 1)
 
« (…) Bobby : Moi, c’est tout le contraire ! J’adore l’idée qu’on me voit, tout le temps, tout le jour, sous toutes les coutures ! (Elle fait valoir ses formes rebondies) Déjà au lycée j’avais gagné au concours « Ecran total ». Le prof nous avait appris à cacher nos sentiments devant une caméra … « Visage lisse ! Visage lisse ! » qu’il disait toujours… Finalement, j’avais montré mes fesses et j’avais remporté le concours ! Ouais ! je veux que le téléspectateur soit intoxiqué de mon image ! Et que je fasse la Une des journaux quand je sortirai de là… le retour du Loft en 2084, c’est génial… »
 
«  (…) La Goulue : Mais vous ne savez encore pas que le loft, ça a toujours été une émission dans laquelle il ne se passait rien. C’était justement ce qui faisait son charme, le rien !
 
Rosalinde (faussement choquée). Rien !… et mon talent… c’est du néant ?
 
Bobbie : et mes seins, et mon dos, et mes reins, et mon génie, c’est du néant ?
          Rosalinde : (la parodiant, agacée).  « Et mes seins, et mon dos, et mes reins, et mon génie, c’est du néant ? »… et mon cul, c’est du néant ? (…) »
Loft History 2084 : (Acte 2, Scène 2)
 
« (…) Lex : Or vous avez été sélectionnées pour vos formes arrondies que nos caméras vont parcourir sous toutes les coutures. (Elle prend un petit air sadique, fouette le sol comme pour les entamer à l’avance). Zooms et éclairages tous azimuts sont vos complices ! … les feux de la rampe sur votre croupe, c’est la lumière du loft. Les coups de projecteurs sur vos jambes et sur vos seins, c’est la lumière du loft. Les étincelles dans les yeux des comédiens, c’est la lumière du loft (…) »

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 La lumière du loft...

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