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René Frégni : la pensée jaillissante de l’autodidacte (1/8)

Publié le par Eric Bertrand

 


René Frégni devant les lycéens de Vieljeux par Sheumas1

« Lorsque j’ai commencé à parler de mes livres, je ne savais pas ce qu’était un « incipit » et le seul concours que j’avais passé c’était celui qui consistait, avec les minots des quartiers de Marseille, à mesurer la longueur de son sexe »... René Frégni s’adresse aux lycéens spécialistes des incipits avec ce naturel et cette simplicité qui font toute la saveur de son discours.

Chez Frégni, ce qui s’impose d’abord, c’est ce parfum épicé, cette senteur particulière qui fleure bon la Canebière et les collines de l’arrière-pays. On s’assied facilement à ses côtés pour l’écouter et se laisser entrainer dans le vertige des mots. Derrière la plaisanterie, l’anecdote scabreuse, on perçoit la profondeur des idées et le regard tendre, humaniste, fragile, d’un homme qui a parcouru les champs de l’humanité et qui cite avec émotion les phrases du grand Giono, écrivain qui, comme lui et comme Shakespeare, aime les hommes et la terre de Provence. La Littérature n’a pas de patrie, mais elle nous parle de nos racines... et, comme le disait précisément Giono, « le plus grand écrivain provençal, c’est Shakespeare ! »

Quand je l’ai raccompagné à son train vendredi en début d’après-midi, un pâle soleil brillait sur le vieux port de La Rochelle et faisait tinter les mâts : c’est encore une phrase de Giono qu’il m’a citée : « Le soleil n’est jamais si beau que quand il éclaire la route du voyageur qui reprend son voyage ».

 

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Article du mois : « Alceste à bicyclette » : y-a-t-il quelqu’un au bout du « Philinte » ? (Intégral)

Publié le par Eric Bertrand

 

 

C’est la fin de l’hiver. En alliance avec la mer et les plages du débarquement de Rivedoux et de Sablanceaux, le pont de l’ile de Ré, trace avec le continent une sorte de ligne de démarcation épaissie par le rideau de pluie. Les rares voitures continuent de passer de l’autre côté, là où la vie promet de s’arrêter. Familles, familiers, nantis propriétaires de villas à vendre, sportifs élégants juchés sur de vieux vélos, amoureux de la mer, des oiseaux et des marais, peintres, photographes, poètes, penseurs...

Les volets verts sont fermés et la mer a des teintes grises. Dès le lever du pâle soleil, les rares cyclistes en mal d’escampette affrontent, sur les pistes cyclables, les tirs obliques du vent et la poudre des marais salants. Et les blancs goélands passent en estafettes, indifférents aux tourments des hommes. Dans « le Misanthrope » de Molière, Alceste est de ceux-là. Fatigué du monde et de ses vanités, des masques et des « tours de souplesse dorsale », le héros de la pièce favorite de Rousseau s’est lui aussi retiré du monde. Il aspire à une retraite écartée, à une sorte de paisible hermitage qui servirait de refuge à sa mélancolie.

« Trahi de toutes parts, accablé d’injustices / Je vais sortir d’un gouffre où triomphent les vices / Et chercher sur la terre un endroit écarté / Où d’être homme d’honneur on ait la liberté »... Serge Tanneur, héros du film de Philippe Le Guay, « Alceste à bicyclette », ressemble à cet Alceste-là. A la suite d’une dépression, il a quitté les paillettes et le « show-bizz » et a voulu « tourner la page ». Tout près des grandes plages de sable de Trousse-Chemise, entre les Portes et Ars en Ré, il médite désormais en « promeneur  solitaire ». Son repaire est une maison délabrée située au cœur de l’un de ces villages rétais qui, pendant tout l’hiver, fait de son nombril un corridor de volets verts et de façades blanches. « Et la cour et la ville / Ne m’offrent rien qu’objets à m’échauffer la bile ». Et pour cause... dans le ventre de sa maison léguée par un vieil oncle, Serge, intraitable Fabrice Lucchini, enrage faceà la fosse sceptique qu’il faut purger, aux tuyaux d’évacuation « qu’il faut raccorder ». Comment ça, « être raccordé », lui qui tient tant à son « indépendance » !...

C’est à ce moment précis que Gauthier Valence, acteur de télévision à la mode, « de passage dans la région », rend visite à son vieil ami qu’il a côtoyé naguère sur les plateaux. A la vérité, il a une idée derrière la tête : celle de lui proposer les rôles d’Alceste et de Philinte. Les deux complices enfin réunis joueraient en alternance les deux personnages du « Misanthrope » : le « romantique chiant », celui qui refuse le genre humain et le diplomate formaté, celui qui joue et s’accommode des masques et des grimaces. « Et mon esprit enfin n’est pas plus offensé / De voir un homme fourbe, injuste, intéressé / Que de voir des vautours affamés de carnage / Des singes malfaisants et des loups pleins de rage. »

Cette idée ne convainc pas immédiatement le misanthrope rétais, mais elle le travaille, d’autant qu’il connaît par cœur déjà les longues tirades des premières scènes, et qu’il les aime et qu’il se plaît à les réciter sur tous les tons, dans toutes les positions. Alors qu’à cela ne tienne ! On se donne cinq jours pour essayer le texte et pour se décider... Moments de réflexion et d’introspection, moments de jubilation et d’énervement (fichu portable de Gauthier qui n’arrête pas de sonner et qui casse la musique et la concentration !), moments de diction (faut-il scander le texte et respecter la cadence de l’alexandrin ou banaliser le vers pour le « panier de la ménagère » et le vider comme un poisson sur un marché ?)

Pour le plaisir du spectateur et des badauds affolés par la présence d’acteurs dans le petit village (bel effet de mise en abîme de ce qui s’est vraiment passé l’an dernier autour d’Ars en Ré pendant le tournage...), les deux comédiens ferraillent et disent le texte. Emule des théories de Stanilavski qui veut que l’acteur imagine « le passé du personnage », Gauthier Valence propose par exemple, sous l’œil sceptique de son partenaire, un Alceste boitillant, qui aurait transformé sa haine du père castrateur en haine contre la société !

Le combat et la conviction de Serge est d’un autre ordre. Il rappelle un peu le combat que Lucchini mène chaque jour sur la scène quand il dit les textes de La Fontaine, Céline  ou Flaubert... Accroché à la beauté musicale du vers et à « la magie organique » de l’alexandrin, il exige de la nièce de la patronne de l’hôtel (qui commence le métier de comédienne en tournant dans les pornos) une tirade de Célimène. La jeune fille obtempère, mais elle est pressée... « Son mec » l’appelle sur son portable et Molière n’est pas au bout du fil, ni du Philinte d’ailleurs ! Dans quelques heures, elle tourne à Prague, dans des studios spécialisés où mettre en bouche l’alexandrin ne sert pas à grand chose... Soupirs de l’élégant Alceste et du dandy Philinte !

De toute manière, la vie réserve encore son lot de surprises et d’émerveillement au vieil ours d’Ars en Ré qui s’amourache, chemin faisant, d’une Italienne désabusée, une anti-Célimène fâchée contre les hommes. « Des amants que je fais me rendez-vous coupable ? Puis-je empêcher les gens de me trouver aimable ? Et lorsque pour me voir ils font de doux efforts / Dois-je prendre un bâton et les mettre dehors ? » Et voilà Alceste Philinte qui, aux côtés de Francesca, sur le Pont de Ré, renonce à la vasectomie qu’il avait programmée à l’hôpital de La Rochelle et qui chante à tue-tête una vecchia canzona italiana...  « Gira il mondo, gira ! »

« gira il mondo... Un mondo
Soltanto adesso, io ti guardo
Nel tuo silenzio io mi perdo
E sono niente accanto a te »   

 

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Retour au blog !

Publié le par Eric Bertrand

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Les batteries sont comme on dit « rechargées » notamment grâce à un petit détour inattendu par un coin de Bretagne dans lequel nous n’étions pas retournés depuis longtemps : Quiberon et Belle-Ile. Cela va générer aussi une série de photos qui serviront d’illustrations aux articles à venir, même si elles n’ont pas de rapport avec la matière abordée !

Quant à la matière ? Comme promis, la suite et fin des articles sur Frégni et le bilan de sa conférence à La Rochelle. Une série d’articles sur une pièce de Goldoni que j’ai vue avec mes élèves. L’article du mois demain... Et puis, au milieu de tout ça, les nombreuses surprises et notamment, la finalisation de la pièce de théâtre (qu’on joue fin mars), l’avancée du travail sur la Bretagne... Alors, bon vent !

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Un mot avant la pause

Publié le par Eric Bertrand

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J’interromps ce blog pour la pause des vacances qui va me permettre de remettre à flots les divers chantiers en cours. Le bilan Frégni va se poursuivre dès la rentrée avec un film et des impressions prises sur le moment.

             Il y aura aussi l’approche de la pièce et la finalisation du travail sur la Bretagne, autant d’éléments qui constituent déjà une réserve importante d’articles...

             Je vous donne donc rendez-vous début mars !

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« Les Chemins noirs » de René Frégni

Publié le par Eric Bertrand

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Le roman annonce, dès son ouverture, un espace à parcourir : « tout a commencé » et la fin comporte l’idée d’un cheminement avec le mot « chemin » : Quand j’ai été assez loin, j’ai beuglé dans le noir pour que reste à jamais, malgré toute ma haine, sur mon chemin, une trace d’amour. Le thème de la nuit (présente, elle aussi, dans le titre : « les chemins noirs » est récurrente dans tout le livre et souligne symboliquement la présence du tragique de l’existence (nuit du cachot, nuit du Monténégro et des trois assassins, nuit de l’ivresse à Istanbul, nuit des urgences à l’hôpital psychiatrique...).

Dès la première page, le personnage principal est confronté à des opposants contre lesquels il devra se construire : « ils m’ont enlevé les menottes ». Ce « ils » désigne la justice qui fait de lui, d’emblée, un marginal, un vagabond de la race des « vagabonds du rail » de Jack London. L’identité de René Brandoli pose problème : malgré lui, le doux rêveur du début, le voyageur solaire en quête de « palmeraies » ou de « pierre brulée » doit endosser le statut de hors la loi et se cacher sous de fausses identités et de faux habits (le vêtement souvent grotesque - l’habit du sous-préfet en Corse - masque la silhouette véritable du fuyard et trahit le manque d’épaisseur du candide devenu assassin en cavale). La hantise du néant hante le personnage qui est dépossédé de lui-même à partir du moment où il est saisi par la justice : c’est le sens qu’on peut donner par exemple à ces quelques lignes d’analyse relatives aux clochards décrits au détour d’une page dans le métro de Paris : Je crus distinguer comme des sacs pleins jetés pêle-mêle (...)  C’étaient trois clochards qui dormaient l’un dans l’autre. Je les ai regardés de plus près et j’ai pensé à moi. Qui sait s’ils n’avaient pas commencé comme moi eux aussi jadis ? Entrant dans la vie comme j’étais entré ici, par une porte dérobée des ténèbres. Tout le livre peut se lire comme une reconstruction de l’identité aliénée par le traumatisme du début...

La reconstruction de l’évadé se fait dans le temps, l’espace et l’enchaînement des péripéties souvent burlesques. En cela, le personnage apparaît comme issu de la tradition du roman picaresque. Il y en avait des flopées de routes qui partaient fouiller par le monde des destins fugitifs. C’est l’instant le plus dur de choisir son chemin. Après, les tracas de la vie vous roulent au jour le jour comme les accidents du sol un ruisseau. Peu doué pour les actions héroïques, mais doté d’une sensibilité exacerbée, le narrateur utilise certains traits comiques qui rappellent les figures de Charlie Chaplin ou de Tex Avery.

Souvent confronté au stade le plus vil de l’humanité et à des situations parfois calamiteuses ou extrêmement périlleuses, René Brandoli n’a pourtant rien d’un James Bond, mais il s’en sort. Ainsi ce portrait indirect au moment de l’entrée en cellule : Rentre tes fesses ! Regarde-moi dans les yeux ! Là, les yeux. Non mais qui est-ce qui m’a foutu un engin pareil... C’est les yeux ou le corps que t’as de tordu ? L’écrivain manie avec talent l’autodérision, et cette évocation du « regard » de Brandoli renvoie aussi, pour ceux qui le connaissent, à l’un de ses complexes auxquels il fait souvent allusion dans le reste de son œuvre. Ce mélange d’autobiographie et de fiction ainsi que ce statut d’antihéros (hérité notamment du Voyage au bout de la nuit, livre culte de René Frégni) contribuent à faire de René Brandoli, au-delà de ses faiblesses et de ses lâchetés, un personnage attachant.

          Il aimait le voyage, le voyage devient pour lui la seule issue de secours. Le roman, très cinématographique (les références au cinéma sont nombreuses) constitue une sorte de « road movie ». Le récit, débute en septembre 1966. René vient d’être arrêté pour désertion sur une route de Grèce. Le statut de repris de justice ne le lâchera pas jusqu’au bout du roman. De Marseille, il est transféré dans la prison militaire de Verdun. Après un hiver éprouvant, tant du point de vue humain que physique, il parvient à s’enfuir et, au moment de l’évasion, tue un homme. Sa cavale échevelée le mène à Marseille puis en Corse où il passe quelques mois. Il y retrouve la chaleur du soleil et le contact au corps torride de Béatrice, la petite amie d’un certain Valentin, son premier allié sur ce chemin périlleux où les hommes sont des loups pour l’homme. Grâce à l’aide de Béatrice, il se cache dans un monastère (épisode hors du temps qui annonce dans une certaine mesure à la fois celui de la montagne du Monténégro et celui des chapelles grecques)

Au moment où René explique à sa façon à un moine lubrique comment trouver « le chemin des femmes », la principale intéressée, Béatrice, revient avec Valentin et l’aide à quitter le territoire français et à passer à l’étranger sous la fausse identité de Valentin Jeudi (nom de celui dont le visage, suite à une violente agression, est devenu « un masque »).

Le passage dans le Monténégro (où il passe l’hiver) apparaît dans le roman comme une zone intermédiaire, quasi onirique, durant laquelle le héros fait des expériences qui oscillent entre le rêve et le cauchemar, comme s’il côtoyait les démons de l’enfance à travers des références aux livres de contes. Un pays de sauvages où on vous égorge dans les bois. (Et, de fait, après avoir échappé à la virile étreinte d’une bergère « velue comme un gorille », au cours d’une nuit vraiment cauchemardesque, il échappe par miracle à trois meurtriers qui le traquent avidement)

Enfin, au moment de la fonte des neiges, il s’échappe de la maison de « l’ogre ». Le géant était inquiet. Il avait raison. Une nuit qu’il ronflait à soulever le toit, je me glissai dehors (...) je pris sous la lune le long chemin noir. A ce moment, il prend ce qu’il appelle « le chemin des femmes », sorte de retour à la vie réelle après la parenthèse.

Cette tendance du récit à entrainer le lecteur aux limites du réel appréhendé comme une menace ou un reflet de  l’abjection par le personnage génère bien d’autres figures cauchemardesques au fil des aventures. (On pourrait citer dans ce défilé de chimères la scène où Mariette est attifé par les fantasmes des prisonniers dans la cellule, la description de sa pendaison, l’évocation du beau visage de Valentin transformé par les coups en « nouveau Gérard Philippe », la vieille fantomatique croisée dans le cimetière, les silhouettes spectrales de l’asile, l’animation effroyable du cadavre du vieillard « travaillé » par la lubricité déchainé de l’obsédé sexuel de l’asile psychiatrique...)

C’est le retour du printemps et il s’installe à Istanbul. Très vite, l’aventure donne une réalité à l’intuition relative aux femmes. Le « chemin des femmes », c’est celui qui le mène à Lydia, puis à Charlotte. En effet, il fait la connaissance de Lydia, revendeuse de drogue désaxée avec laquelle il s’installe. Le temps passe et, dans leur appartement sur les toits, au-dessus d’Istanbul, elle donne naissance à une petite fille que le papa nomme Charlotte. L’accouchement, a lieu en automne et Lydia disparaît aussitôt avec un autre homme.

Pour René, le temps de l’errance et des chemins recommence. Il emprunte les chemins grecs, les mêmes que ceux qu’il a été contraint d’abandonner au début du roman. C’est aussi le signe d’un nouveau cycle de la construction du héros qui commence en Grèce. La même lumière y règne, celle des chapelles qui surplombent la mer. C’est Dieu qui payait le lait. Elle semble protéger d’un voile de spiritualité et de religion le couple du père et de la fille avant leur retour à Marseille juste après les événements de mai 68.

Non, c’est moi qui avais changé, pas eux. J’étais devenu au fil des jours, je le sentais bien, entièrement salaud. Oui, salaud ! Prêt à tout à présent pour sauver ma peau. Salaud jusque dans les derniers replis de mon ventre, avec un cœur plus noir que l’encre la plus noire.  

Nouvelle forme de confrontation avec une réalité plus noire encore, celle qui révèle l’humanité souffrante et vacillante de l’hôpital psychiatrique où le sexe reste la seule réponse possible à la mort, la maladie et la violence.

Dernière épreuve avant l’ultime départ et la séparation de deux êtres désormais unis l’un à l’autre, s’apportant mutuellement, comblant l’un pour l’autre le vide de l’existence. Le faux Valentin Jeudi est rattrapé par son double infernal et doit reprendre sa cavale en tombant la défroque de son double pitoyable amené aux urgences par Police Secours. Sous la peau cirée lézardaient encore les trainées palies des vieilles cicatrices. J’en connaissais tout l’itinéraire. Le temps n’avait fait que lui jeter au visage ses nouvelles insultes. Un visage dont ne restait à présent que le canevas (...) Un visage crépusculaire (...) La trame mouvante d’une vie...

Par un étrange effet de mise en abyme, en cette fin de roman, le visage de Valentin est une métaphore de tout le roman : comme une sorte de miroir déformant, il renvoie à travers son « canevas » à toute l’aventure vécue par Brandoli tout au long d’un récit initiatique qui n’a cessé de faire et de défaire la silhouette d’un homme malmené par l’existence et le destin.   

 

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